Olivier-Clément Cacoub, Grand Architecte Tune

Premier Grand Prix de Rome en 1953, architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux, il était l'auteur de nombreuses réalisations en France et dans le monde, notamment en Afrique.

Né le 14 avril 1920 à Tunis, Olivier-Clément Cacoub avait débuté sa carrière comme architecte-conseil auprès de la République tunisienne. Surnommé l'"architecte du soleil", il était généreux en paroles ("Je conçois des plans pour les hommes. A ces hommes, je propose un habitat rénové, des structures repensées, une tentative de rencontre de la tradition et de la modernité ou, tout simplement, une architecture heureuse"), et aussi en amitié, une amitié qu'il partagera, par exemple, avec Jacques Chirac. Ce dernier le défendra longtemps pour plusieurs projets majeurs dans la capitale. Deux verront le jour : la rénovation du marché Saint-Germain (Paris-6e), chef-d'oeuvre de Jean-Baptiste Blondel, achevé en 1818 et rénové de façon telle par Cacoub et son associé Yves Roa, de 1985 à 1995, que peu d'historiens s'y retrouvent. La postérité n'aura pas été plus tendre pour l'immeuble appelé Le Ponant (1989), en bordure du parc André-Citroën (Paris-15e). Un troisième projet majeur - deux tours en arc, porte Maillot, censées faire de nouvelles entrées pour Paris - rencontra tant d'hostilité qu'il dut être abandonné.

Dans la lignée des grands cabinets d'architectes de l'après-guerre, Cacoub se préoccupait plus d'efficacité que de l'évolution des tendances architecturales. Il avait fini par se trouver en décalage avec le renouveau de l'exigence architecturale qui accompagna les années Mitterrand.

C'est ainsi que, parmi ses nombreux travaux, Olivier-Clément Cacoub aura été l'auteur de l'université d'Orléans, de l'aménagement du campus universitaire de Grenoble, du Palais de la Méditerranée à Nice. En Afrique, il se montre aussi prolifique : en Tunisie (le palais présidentiel de Carthage, le stade de Monastir, des hôtels et stations balnéaires) ; au Cameroun (palais présidentiel de Yaoundé) ; en Côte d'Ivoire (palais présidentiel de Yamoussoukro) ; en République démocratique du Congo.

Plus récemment, il avait signé sans susciter d'émotion particulière l'extension du Palais des festivals de Cannes.

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