| Accueil | Annonces | Arts | Calendar | Cartes | Chat | Commentaires | Communautés | Coutumes | Culture | Délires
| Enregistrement | e-Souks | Forum | Fun | Galerie Photo | Genealogie | Harissatheque | Histoire | JRencontre
 | Kandil | KesTuCherch | La bouffe | Links | Loterie | Medias | Musique | Objectif | Paracha | Plan du site | Portail
| Recherche | Religion | Sommaire | Sondages | Souvenirs | Telecom | Tunes Célèbres | Voyages |
 

 

 

Le festival du cinéma israélien 2005


Le festival du cinéma israélien

Le cinéma israélien commence à prendre ses aises et son envol ; pour preuve il sort des sentiers battus se confortant dans des voies plus égocentristes et s’exporte plus facilement du fait de son champ plus international (1). Sa production est plus florissante (2). Prenons « Colombian love » un film délirant de Stacy Kano (3) qui montre le vent de folie qui s’empare des protagonistes de l’histoire après le mariage de deux d’entre eux. Une œuvre farfelue délurée qui n’est pas sans rappeler Blake Edwards (4) par son ton désinvolte et son regard grave et souriant sur les vicissitudes de la vie. « Tu marcheras sur l’eau » et « Metallic blues » posent leurs regards sur l’Allemagne d’aujourd’hui et d’hier. Dans le premier signé de Eytan Fox (5) nous voyons Eyal (Lior Askenazi ) , un agent du Mossad tenter de retrouver la trace d’un ex officier nazi. Pour cela il se fait passer pour guide touristique auprès du petit fils venu en terre sainte saluer sa petite sœur Pia. Il se lui d’amitié avec les deux membres de cette famille pour mieux infiltrer leur entourage et s’approcher du criminel recherché qui s’avère responsable de la mort de ses parents. Deux générations antagonistes vont se rencontrer - celle qui incarne le bras vengeur et celle devant porter un héritage honteux – s’affronter et se responsabiliser. Pourquoi Pia est-elle venue se fixer en Israël ? Pourquoi Lior est-il fatigué des missions du Mossad ? Le second film incriminé réalisé par Danny Verete (6) commence sur une anecdote ; deux garagistes ayant acquis à bon prix une voiture de collection décide de la revendre en Allemagne au prix de sa valeur et se termine sur une note dramatique. Ce road movie va propulser nos deux hommes dans une contrée hostile et réveiller chez l’un un passé douloureux au travers leurs mésaventures. Ils seront victimes de racisme , de vol et de violence .. Une œuvre remarquable et forte avec des scènes intenses, d’un cinéaste qui nous avait déjà conquis avec ses œuvres précédentes. « Feux de camp » de Joseph Ceddar (7) est le combat d ’une veuve de 42 ans , mère de deux filles pour s’installer dans un moshav religieux hostile aux femmes seules et sa délivrance avec la rencontre de Yossi.
« La biographie de Ben » du talentueux et prolifique Dan Wollman (8) est la peinture d’une amitié entre un comptable esseulé et inconsolable et une femme mariée. « Terre promise » de l’inégalable Amos Gitaï (9) le plus connu et un des plus critiques réalisateurs israéliens est la dénonciation sans fioriture de l’esclavage humain , de la prostitution féminine en Israël. le film montre le cheminement de jeunes éthiopiennes amenées par la Maffia russe pour être vendues comme de vulgaires lots de draps au plus offrant des acheteurs internationaux, puis leurs acheminement vers Ramallah et leurs arrivées dans un bordel d’Eilat L’auteur insiste sur le fait que ce marchandage n’est pas inhérent à Israël, qu’il dépasse bien les frontières du Moyen Orient ; mais qu’il existe bel et bien ce phénomène dans ce pays en conflit perpétuel. Son traitement sous dorme de documentaire qui peut nuire à une partie d’un public n’en est pas moins accusateur et certaines scènes sous la douche notamment peut réveiller des souvenirs par analogie à un passé douloureux tout comme certains sous entendus comme la coopération entre israéliens et palestiniens pour ce marché . Une œuvre puissante avec un doigt d’espoir d’un réalisateur qui en avait signé déjà des tout aussi virulentes avec « Kadosch » et sa trilogie « Waadi ». Autre regard sans concession est celui du film de Karen Yedaya (10) sur la vie difficile et complexe de Or une fille de 17 ans qui tente de retirer sa mère (Jouée par Ronit Elkabetz) du trottoir où elle exerce depuis une vingtaine d’années. Portait de la misère et de la difficulté d’en sortir . c’est aussi d’une cassure dont il est question avec « Distorsion » de Haïm Bouzaglo (11) film désenchanté qui raconte le traumatisme d’un metteur en scène qui vient d’échapper à un attentat et qui se trouve dans l’incapacité de présenter sa nouvelle pièce. Il devient hagard, absent et en proie à des images violentes. S’il engage un détective privé pour suivre son épouse , il n’arrivera plus à maîtriser son travail dont le détective devient réalisateur de son projet. Haïm Bouzaglo qui affecte la réalisation choc en introduisant –parfois de façon répétitive –des images violentes a souvent éviter les factures classiques narratives, sait à base d’humour de gravité et de sensibilité exacerbée raconter la crise existentielle.
Au niveau documentaire il y a comme chaque année des films de plus en plus intenses et de plus en plus politisés. « N° 17 » correspond à la dix septième victime d’un attentat à la bombe en juin 2002 à Tibériade . ce corps est resté non identifié et supposé être un travailleur étranger. David Olek s’est penché sur le cas de cette personne inconnue non identifiée en approchant les personnes affectées par cette explosion dessinant ainsi le paysage d’un pays traumatisé. « Blood engagement » de Ada Ushpiz se penche sur le sort de deux éthiopiennes confrontées à une société incapable de les accepter. « La table de Appelfeld » de Adi Japhet Fuchs est une présentation de l’œuvre et du personnage de l’auteur israélien Aharon Appelfeld filmé dans un café à Jérusalem lieu de rassemblement et de discussion. « Oriental »de Avi Nesher (12) est une relecture des négociations infructueuses de Camp David en 2000 au travers la culture musicale et l’histoire de la danseuse russo-israélienne Elina Pechersky « Local Angel -Fragments politiques théologiques »de Udi Aloni évoque aussi le conflit israélo palestinien par les mêmes biais incluant des interviews d’intellectuels et d’artistes des deux bords (13) « D’une langue à l’autre » de Nurit Aviv (14) est le rapport du langage chez des juifs déjà porteur d’une langue voire d’une culture étrangère (arabe, russe ou français) avant d’assimiler l’hébreu. Les témoins expriment cette dualité qui les divise avec force et émotion, et explicite cette dualité et cette identité double. « L’anniversaire » de Ruth Walk est le difficile apprentissage de la vie chez des juifs lituaniens rescapés d’Auschwitz qui se réunisse chaque année pour célébrer
« Ce jour qui depuis 40 ans symbolise leur survie et leur libération et qu’est devenu pour chacun la date officielle d’anniversaire » , un témoignage poignant sur la vie après l’enfer.


(1) trois des films (Or- Terre promise- tu marcheras sur l’eau)de la programmation sont déjà sur les écrans français ainsi que « Prendre femme de Ronit Elkabetz.
(2) une augmentation de près de 50% de sa production passant à 23 films en 2004
(3) dont c’est le premier film après deux téléfilms israéliens
(4) auteur de série de « La panthère rose »
(5) dont c’est le sixième film avec le fameux « Yossi & Jagger » en 2002
(6) qui avait réalisé le très politisé « Yellow asphalt » vu l’an dernier
(7) auteur de « Time of Favor »
(8) auteur de plus de 10 longs métrages dont l’étonnant « Foreign sister » qui se penchait pour la première fois sur la communauté noire d’Israël
(9) Le cinéaste le moins compris en Israël et le plus admiré en France
(10) Qui signe ici son premier film après des courts métrages
(11) invité du festival qui passera deux de ses films « mariage blanc » et « Le temps des cerises »
(12) Dont le festival présente un de ses premiers films « La troupe »
(13) Tel que l’avocate palestinienne Hanan Ashrawi le chanteur israélien David Déor
(14) Un as du documentaire qui s’est souvent penché sur les traditions juives (Circoncision et bain rituel)
 

Roger Chemouni

http://www.isratim.co.il

 


| Accueil | Annonces | Arts | Calendar | Cartes | Chat | Commentaires | Communautés | Coutumes | Culture | Délires
| Enregistrement | e-Souks | Forum | Fun | Galerie Photo | Genealogie | Harissatheque | Histoire | JRencontre
 | Kandil | KesTuCherch | La bouffe | Links | Loterie | Medias | Musique | Objectif | Paracha | Plan du site | Portail
| Recherche | Religion | Sommaire | Sondages | Souvenirs | Telecom | Tunes Célèbres | Voyages |
 

Cherche Harissa

Pour toutes informations, critiques et commentaires, envoyez un émail a :
jhalfon@harissa.com
copyright 2002.  Harissa Inc. All rights reserved.