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 La synagogue de Ghriba n'est pas la première cible de violences


   La synagogue de Ghriba n'est pas la première cible de violences

Houmt souk (île de Djerba) et Tunis de notre envoyée spéciale
Il n'a rien contre les juifs, il le jure ! D'ailleurs, insiste cet avocat de province, ceux qui restent "ne font pas de politique : il n'y a aucune raison de leur en vouloir." Aux yeux de ce notable, membre de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), l'attentat du 11 avril contre la synagogue de la Ghriba doit, "bien entendu", être officiellement dénoncé. Ce qu'a fini par faire la LTDH, en publiant, dix jours après le drame de l'île de Djerba, un communiqué exprimant sa "condamnation ferme et sans réserve" et son "rejet de tout amalgame entre l'entité sioniste en Palestine et les juifs - en particulier les juifs tunisiens, citoyens à part entière, ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs que leurs compatriotes musulmans". Il n'empêche ! "La première réaction, chez beaucoup de Tunisiens, a é! ;té de se réjouir. Ce qui se passe au Moyen-Orient a un écho direct ici. Les gens ont fait tout de suite le lien entre la Ghriba et la Palestine", souligne l'avocat, la mine faussement contrite.

Ce n'est pas la première fois, en Tunisie, que des lieux de culte juifs sont la cible de violences. En 1967, au moment de la guerre de Six-Jours, la grande synagogue de Tunis avait été incendiée par des manifestants pro-palestiniens. "Il y a des formes de continuité : hier, comme aujourd'hui, on s'en prend à ce qui symbolise les juifs", remarque le professeur Habib Kazdaghli, du département Mémoire et histoire de la faculté des lettres de La Manouba, à Tunis. Une "continuité" profonde, à deux différences près. La première tient dans la taille de la communauté juive tunisienne : estimée, selon le professeur Kazdaghli, à 56 000 membres, en 1956, année de l'indépendance, elle ne compte plus, aujourd'hui, qu'à peine 12 000 membres, dont plus des deux tiers vivent sur l'île de Djerba.

"APPROBATION OFFICIEUSE"

La deuxième différence tient au contexte politique tunisien : "En 1967, devant ce type de violences, il ne pouvait pas y avoir d'approbation, ni officielle ni officieuse. Aujourd'hui, on condamne officiellement l'attentat de la Ghriba, mais, officieusement, on "comprend" et, parfois même, on applaudit", estime Gilbert Naccache, ex-militant du groupe d'opposition Perspectives et ancien détenu politique. "A l'époque, les copains de taule étaient les premiers à me défendre contre les insultes antisémites des gardiens. Aujourd'hui, ils sont silencieux. Tout le monde hurle quand Sharon bombarde Jenine, mais quand un camion explose devant la Ghriba, personne n'ouvre la bouche," s'indigne-t-il. Un dimanche, en rentrant chez lui dans le quartier tunisois du Bardo, Gilbert Naccache est apostrophé par un groupe de jeunes garçons, qui se mettent à crier "Sharon assassin&! #160;!" sur son passage. Quelques heures plus tard, il remarque que le même groupe s'est posté à l'entrée de l'impasse, où est situé son domicile, et comprend alors qu'il n'aura plus de paix. "J'ai fait ma valise, la mort dans l'âme", dit-il. Deux jours auparavant, son fils, âgé de quatre ans et demi, avait été la cible de jets de pierres et d'insultes, alors qu'il jouait dans le jardin de la maison. Parmi les assaillants, figurait "le fils de l'imam du quartier", précise-t-il.

CRI D'ALARME

Il est révolu le temps où le président Ben Ali accueillait en grande pompe, au palais de Carthage, le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, et le président du consistoire israélite de France, Pierre Bansard... C'était en 1992. La synagogue de La Goulette venait de rouvrir. "Même si les derniers juifs tunisiens s'en vont, nous devons continuer à défendre l'identité plurielle de la Tunisie", plaide le professeur Kazdaghli. Parmi les associations, celle des femmes démocrates tunisiennes (ATFD) a été la première à condamner l'attentat de la Ghriba. Son ancienne présidente, l'avocate Bochra Bel Hadj Hmida, vient de lancer, à titre personnel, un cri d'alarme. Dans un texte intitulé "Touche pas à mon juif !", la militante démocrate juge "impardonnable" que l'on approuve "par la parole ou le silence" les atteintes à! la communauté juive. La défense des droits humains "ne souffre aucune exception", dit-elle. S'adressant à ses concitoyens juifs - "ici, c'est votre pays, et personne n'est plus tunisien que vous" - Mme Bel Hadj Hmida appelle aussi ses concitoyens musulmans à "ne pas se tromper de combat". Avant même d'être publié, son texte a été attaqué par la presse locale arabophone, qui a traité Mme Bel Hadj Hmida d'"immigrée de l'intérieur".

Catherine Simon


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Le pèlerinage annuel a été maintenu



Les festivités du pèlerinage annuel à la Ghriba ont été maintenues lundi 29 et mardi 30 avril dans le plus ancien lieu de culte juif d'Afrique. Les organisateurs s'attendent cette année, tout au plus, à quelque 300 pèlerins venus de France, de Belgique et des Etats-Unis, essentiellement. Le rite devrait rassembler au total un millier de pèlerins avec la participation de la communauté juive tunisienne, espère-t-on, contre 8 000 en 2000 et 1 500 en 2001.

"Quel que soit le nombre de pèlerins qui feront le déplacement, organiser le pèlerinage moins de trois semaines après ce qui s'est passé est déjà une victoire en soi", a estimé le président de la synagogue et de la communauté juive de Djerba, Pérez Trabelsi. - (AFP)


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