Dans le refrain de la chanson de la Ghriba, il y a une phrase qui décrit une situation surnaturelle:
« Ana Sérah’ bent Asher, Dkholt Ejenna oué’yni h’aya. » (Moi, Serah’ la fille d’Asher, je suis rentrée vivante au Paradis).
Cela pose certaines questions.
Que fait la petite fille du Patriarche Yaa’cov dans cette chanson ?
Qui est cette jeune personne qui est montée, vivante, au ciel ?
Quelle connexion y aurait-t-il entre un personnage biblique et la Ghriba de Djerba ?
Sérah, {A, B} la fille d’Asher fut la seule jeune femme citée par son nom (dans la Torah), parmi les membres de la grande famille que Yaa’cov amena avec lui, quand il « descendit » en Egypte, rejoindre son fils Yosseph (Genèse Ch.46 v.7).
On y retrouve de nouveau son nom sur la liste des Hébreux sauvés de l’esclavage d’Egypte (Nombre Ch.26, V.45 et 46).. {C}
Voila qu’elle réapparaît après tant de siècles durant lesquels les Hébreux passèrent de 66 à 600’000 membres . Aurait elle vécu en Egypte, durant toute cette période d’esclavage ?
En somme, elle était parmi ceux qui arrivèrent avec Jacob et parmi ceux qui partirent avec Moshé. Elle était présente à la rentrée et à la Sortie d’Egypte.
Pour la première citation, la Légende lui attribue le mérite d’être celle qui annonça à Ya’acov que Yosseph, son fils bien aimé, est vivant en Egypte.
Jacob reconnaissant, lui donne la bénédiction « qu’elle ne verra jamais la mort. » {D}
Pour la deuxième citation, la légende, la dote du don de connaitre le secret, du lieu, où les Egyptiens avaient enterré Yosseph, secret qu’elle dévoila à Moshé.
Yosseph ayant fait jurer les Hébreux, de « monter » ses ossements avec eux, quand ils quitteront l’Egypte (Genèse; Ch.50, V. 250). Sans cela il ne pouvait y avoir de sortie d’Egypte.
Comme si après que Pharaon eut laissé le peuple d’Israël, partir, tout est maintenant entre les mains de Serah’ fille d’Asher
Ces 2 épisodes créèrent la légende qui lui accorda la Vie Eternelle.
Plus tard, la légende la fait réapparaître à l’époque des Juges ou même celle de Yoav.
Sa Légende prit une place d’honneur dans les contes populaires. Plus tard les juifs de Djerba lui trouvèrent des points communs avec les légendes qui auréolaient la Mystérieuse Dame (Ghriba) {E} qui apparut sur leur île.
Les Troubadours qui glorifiaient la Ghriba avaient saisi la similarité des 2 histoires, et ont compris qu’il s’agissait d’un même personnage Sacré.
Voici un Clip audio de la chanson de la Ghriba
https://harissa.com/harissatheque/ghribabchiri.htm
La transcription des paroles de la chanson et sa traduction en français {F}
Pas surprenant que la chanson populaire ait créé un lien entre l’image de Sérah’ et la personnalité de l’héroïne mystérieuse de la Ghriba qui est apparue par miracle à Djerba et a disparu soudainement.
Ils l’interprétèrent comme une réapparition de Sérah’ la fille de Asher qui est venue du paradis, pour sanctifier leur île.
Ainsi le destin miraculeux et surnaturel de Sérah’, fille d’Asher, corrobore le mystère de la Ghriba et l’importance du Pèlerinage qui, de surcroît, se célèbre le même jour que celui du grand Compositeur du Zohar, Rabbi Shiméon Bar-Yoh’ay à Miron, non loin de Safed.
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{A,B}
http://www.daat.ac.il/daat/tanach/tora/mafteah-2.htm
http://www.biu.ac.il/JH/Parasha/vaygash/haz.html
{C}
Tandis que tous les autres noms étaient devenus, à la sortie d’Egypte, des noms de familles, Sérah’ est appelée par son nom « ..de Heber la famille des Hebrites, de Malkiel, la famille des Malkielites. (V.46) Puis la fille de Asher nommée Sérah’. »
{D}
Quand Yaa’cov entendit la bonne nouvelle, il ouvrit les yeux et bénit sa petite fille.
Yeq lebneya , yeq lebneya
Dawiti ly A’yneya
Toudkhole Gan-Eden h’aya
Quelle fille! Quelle fille!
Tu m’as éclairé les yeux
Tu entreras au Paradis, vivante
{E}
Quelques lignes sur la mystérieuse Dame, pris sur le lien
https://harissa.com/D_Communautes/Tunisie/laderniereyeshiva.htm
« ….Le mot Ghriba signifie l’étrangère, l’étonnante, la solitaire. Une autre légende dit que la synagogue devrait son nom à une très belle femme venue de nulle part, qui aurait installé sa hutte à peu de distance du village juif de Hara Sghira. Cette femme aurait été entourée d’une aura de sainteté et elle aurait eu des dons miraculeux de guérison. Elle ne fut cependant jamais totalement acceptée par la communauté. Un jour, les villageois crurent voir un feu du côté de sa hutte, mais ils n’intervinrent pas, de peur qu’elle ne se livre à des activités de sorcellerie. Le lendemain, ils trouvèrent l’étrangère morte dans sa hutte détruite par les flammes, mais son corps était intact…. »
{F}
Refrain
Ana Ghriba ncafi bel khir
Eldi yizourni wijini leya
Ana Sérah’ bent Asher (3 fois)
Dkhelt Ejenna oue’yni h’aya
Moi la Ghriba, je suis reconnaissante
A ceux qui viennent me visiter
Moi Sérah’ fille d’Asher (3 fois)
Suis entrée au paradis les yeux ouverts
1er couplet
Baba Yaa’kob témenly
Malk el-mout ma youssalli
Oualdy yizour mkami wissalli
A’mrou ma yshouf h’atta sheya
Mon (Grand) père Yaalov m’a promis
L’ange de la mort ne m’atteint jamais
Et celui qui visitera mon lieu et priera
Ne verra aucun mal
2e couplet
Zourouni bensaqem ousgharqem
H’atta douny ma yejra lqem
Ana nsally ounetderraa’ liqem
Kodem robby ellaa’leyé
Venez me voir avec vos femmes et vos enfants
Aucun mal ne vous arrivera
Je prierai et interviendrai pour vous
Devant Dieu qui est aux cieux.
———
Etc.…..Il y a encore d’autres couplets que je n’ai pas cités ici
Avraham Bar-Shay (Benattia)