Paracha Ki Tissa

La paracha Ki Tissa relate l'episode du veau d'or.
Parallellement a ceci, la haftara nous rapporte l'action d'Eliahou Hanavi (le prophete Eli) a l'encontre des juifs qui se rapprochaient du culte idolatre de Baal.
Il rassembla les prophetes de Baal et tous les juifs et leur dit : 
"Ad matay atem pes'him al chetei haseifim ?"
ce qui signifie : "Jusqu'a quand sauterez-vous entre deux partis?"

Paradoxallement, il leur reproche ici leur hesitation, et non leur engagement dans la voie de l'idolatrie.
Essayons donc de comprendre la difference qui existe entre ces deux attitudes.

L'origine de l'idolatrie provient de l'erreur des hommes a l'epoque d'Enoch, qui penserent qu'il etait positif d'adorer les intermediaires de la creation, comme le soleil ou la lune, par
rapport au fait que D-ieu les honore en leur  accordant un role benefique pour l'humanite. 
Plus tard cette idee s'est generalisee, et les hommes ont fabrique des idoles en les imaginant dotees de pouvoirs benefiques ou malefiques.
Servir l'idole avait pour but de s'attirer des influences positives.
Nous comprenons de ceci que l'idolatrie est motivee par un interet personnel.

Contrairement a ceci, le service de D-ieu n'a pas pour seul but la satisfaction de ses besoins propres. la soumission a D-ieu permet de s'attacher a Lui du profond de son coeur, de maniere desinteressee.

Il est donc concevable que les juifs aient pu passer d'un culte a l'autre, meme sans conviction permanente envers le culte idolatre. 
Ils servaient Baal de temps en temps dans l'espoir d'ameliorer leur condition de vie, tout en servant D-ieu parallellement.
Pour autant, il s'agit bien la d'idolatrie, qui est la transgression la plus grave de la Torah.
Ceci est l'attitude hesitante.

L'attitude de l'engagement dans l'idolatrie est par contre de considerer sincerement, avec conviction, que le service de l'idole ne peut que lui apporter les benedictions materielles 
dont il a besoin.
Ceci est a priori pus grave, puisqu'il provoque une relation permanente avec la faute.

Et pourtant, c'est contre l'attitude hesitante que s'est insurge le prophete. Et de fait, c'est l'attitude qui parait la plus eloignee du
service de D-ieu qui l'est potentiellement le moins. Car alors que l'"engage" peut facilement revenir de son erreur et faire techouva, par la simple prise de conscience de cette erreur, ce
n'est pas le cas de l'"hesitant". Celui-ci se dira au contraire qu'il ne s'est en fait jamais ecarte de la croyance en D-ieu, et il lui sera donc tres difficile de parvenir a une techouva entiere. De meme, en associant la divinite et l'idolatrie, il melange entierement les valeurs et se separe de toute recherche du spirituel. 
Sa techouva ne serait donc dictee que par la recherche de la satisfaction de ses besoins, et ne serait donc pas sincere.
De meme, celui dont l'attitude est mitigee peut entrainer d'autres juifs a le suivre, par cela qu'il ne se separe pas de la croyance en D-ieu.
Et entrainer l'autre a la faute est une des attitudes les plus fortement condamnees par la Torah.

La Guemara explique que le yetser hara (penchant au mal) incitant a servir les idoles a ete affaibli. 
Cependant, ce meme type de comportement peut etre vecu dans notre vie de tous les jours.
Il est possible aujourd'hui de mettre de cote, meme parfois provisoirement, pour quelques jours, certaines regles de la vie juive, dans le but d'acquerir de l'argent ou l'honneur que
l'on pense meriter.
Ceci, certes, va a l'encontre de confiance en D-ieu, et remet en cause l'origine divine de toutes les benedictions.
Mais particulierement, ceci rejoint ce qui a ete dit par rapport a notre haftara, tous les problemes lies a la techouva sur une conduite mitigee, la perte de spiritualite et le fait d'entrainer d'autres personnes a fauter.
Ceci est particulierement vrai lorsque l'on construit des raisonnements afin de se donner bonne conscience.

La solution nous est donnee dans la suite de notre haftara. Tout le peuple s'est ecrie :
"Ha-chem hou Haelokim, Ha-chem hou haelokim";
"Ha-chem est le D-ieu, Ha-chem est le d-ieu".
Le fait d'avoir repete deux fois cette parole est une indication sur l'intensite de la techouva qu'ils ont mis en oeuvre a ce moment.

Il existe une "lumiere" collective a tout le peuple juif. Une techouva intense peut, par le biais de cette lumiere, avoir un effet meme sur d'autres personnes, et ainsi egalement sur des personnes qui ont ete entrainees a fauter, et provoquer leur propre techouva.

Pourim Samea'h,
Chlomo


chlomo@libertysurf.fr