PARACHA BEAHALOTE'HA

 

Notre paracha commence par les mots : "Beahalote'ha et hanerot" qui, traduits litteralement, signifient : "Lorsque tu eleveras les lumieres"

Il s'agit du commandement que D-ieu adressa a Aharon, le Cohen Gadol, d'allumer la menora, le chandelier d'or pur a sept branches du Beth Hamikdach.

Bien que cette mitsva ne soit pas appliquee de nos jours, puisque nous n'avons pas le Beth Hamikdach, elle a cependant une portee spirituelle generale.
Dans la haftara, ce chandelier est compare au peuple juif.
Nous savons en effet que les bougies symbolisent l'ame, qui se trouve a l'interieur de chacun de nous, ainsi qu'il est ecrit : 
"Ner Ha-chem nichmat adam"
"La lumiere de D-ieu est l'ame de l'homme".
Allumer les lumiere symbolise donc reveiller l'ame qui se trouve en chaque juif, et le rapprocher de la lumiere de la Torah.

Selon ce meme sens spirituel, on peut  comprendre les lois de l'allumage de la menorah egalement dans leurs details.
Il est dit par exemple:
"L'allumage peut etre fait par un etranger". 
C'est a dire que meme celui qui n'est pas cohen est autorise a allumer la menora du Beth Hamikdach.
Et il est egalement dit que la preparation des bougies pour l'allumage ne peuvent en revanche se faire que par un cohen.

Le fait qu'il ne soit pas necessaire d'etre un cohen pour allumer les bougies vient nous enseigner qu'il n'est pas necessaire de posseder un potentiel superieur pour "allumer", reveiller, l'ame de son prochain. Chacun de nous a le devoir et le potentiel, et c'est a chacun de nous que revient le merite, de rapprocher le coeur de notre frere a son pere celeste.
La Michna, s'adressant a chaque juif, lui dit :
"Fais partie des eleves de Aharon, ... aime les creatures et rapproche-les de la Torah".
C'est a dire que chaque juif peut et doit s'efforcer de rapprocher son ami, avec gentillesse et avec amour, du chemin de la Torah et des mitsvot.

La Torah nous enseigne que la preparation de l'huile et des meches, avant l'allumage, ne peut se faire que par un cohen.
Ceci nous fait savoir que, bien que chaque juif detient ce potentiel de rapprocher son prochain de la Torah, les moyens mis en oeuvre pour ce faire ne dependent pas de lui, mais du cohen.

Qu'est-ce que cela signifie exactement ?

Un juif pourrait s'imaginer que dans la mesure ou le devoir de rapprocher son prochain depend de chacun de nous, c'est egalement notre prerogative de fixer le moyen d'y arriver. On peut ainsi etre tente d'interpreter a sa facon certains passages de la Torah, en pensant que cela est un meilleur moyen de rapprocher des juifs.
Mais la Torah intervient et nous alerte a ce sujet: il n'est pas permis de preparer soi-meme l'allumage. En agissant contre cet avertissement, on aboutit a un resultat oppose a celui que l'on  vise: s'engager dans des chemins qui eloignent les juifs du message authentique de la Torah, au lieu de les y ramener.

Pour preparer l'allumage, la Torah a designe le cohen. C'est a dire que seul celui qui correspond aux caracteristiques d'un cohen peut indiquer le chemin par lequel on peut agir en ce sens.

La Torah nous enseigne que le cohen n'a pas de part dans la terre. "Ha-chem hou na'halato".
"D-ieu est son heritage".
Maimonide definit le cohen comme etant une personne qui fait don de son ame pour se tenir face a D-ieu et Le servir; a l'instar des Tsadikim, qui sont separes de la materialite de ce monde, qui la vivent comme quelque chose d'exterieur a eux, et dont toute l'essence n'est que l'attachement parfait a D-ieu et a Son service.

C'est un tel niveau qui permet de preparer la lumiere de l'ame.
En suivant cette voie et en respectant les regles qu'ils ennoncent, il est alors possible a chaque juif de suivre l'orientation adequate, et de repandre les sources de la Torah et des mitsvot.

Bonne semaine a tous, 
Chlomo

chlomo@libertysurf.fr