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LE BREIKAGI, par Colette Lellouche Mouly

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Lorsqu’il a demandé au profane d’allumer
La flamme que Shabat lui interdisait,
« Le temps était trop court, il a pétri la pâte
Qu’à la tombée du jour il devrait frire en hâte… »

Ma maman toute seule devant sa télé,
A revécu la scène longtemps répétée,
De son regretté père, artisan affairé
A préparer la pâte toute doucement levée;

Quand à la fin du film je l’ai appelée,
Comme une petite fille elle m’a balbutié :
« Demain faut que j’essaye de la préparer,… »
La pâte dont en partant il a noué le secret.

Secret d’une culture que l’exode a flouée,
Du voile de ses larmes maladroites étouffées,
Comme d’un souvenir douloureux réveillé
D’une époque insouciante d’hommes enracinés,

Lorsqu’ils ne savaient pas qu’on pourrait oublier.
A travers la cuisine, c’est tout notre passé qui,
comme un fil tendu vers des milliers d’années,
Nous relie à l’histoire, à notre identité.

Colette LELLOUCHE MOULY
moulycolette@hotmail.com


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