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LE WEB DES JUIFS TUNISIENS

 

Présentation 


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Présentation de l’Equipe de Recherche:

Histoire et mémoire communautaire.

 

Habib KAZDAGHLI.

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président l’Université Tunis I,

Monsieur le Doyen de Faculté des Lettres de La Manouba,

Chers invités et amis, chers collègues, chers étudiants.

Notre rencontre aujourd’hui autour de l’Histoire des Juifs de Tunisie est un moment important dans une expérience d’enseignement et de recherche entreprise depuis quelques années au sein de la Faculté des Lettres de Manouba. En effet, depuis l’introduction de l’enseignement de l’anthropologie historique dans la maîtrise d’histoire, une place privilégiée a été donnée à l’étude de l’histoire des minorités, des communautés, des croyances et des formes des religiosités populaires en Tunisie et dans le Maghreb.

Un tel élargissement du champ d’investigation et du savoir historique, s’est accompagné d’une diversification des approches et méthodes, surtout celles fondées sur la collecte des sources orales, l’observation, l’entretien, l’enquête de terrain et la biographie. Bien entendu, il ne s’agit point de négliger les diverses autres sources écrites, manuscrits, statistiques lorsqu’elles sont disponibles, ou les fonds d’archives publiques lorsqu’ils sont accessibles, mais de les compléter, de les enrichir, de leur donner une âme et de les « humaniser », par l’observation participante et la description des phénomènes complexes qui ont subi des transformations rapides dans un temps relativement court. C’est ce qui a rendu nécessaire également le recours à la production de la mémoire et le questionnement des lieux et des espaces. C’est dans cette perspective, que pendant chaque année universitaire, des enquêtes de terrain, impliquant des équipes d’étudiants, sont menées avec l’encadrement des enseignants chez la communauté juive de Djerba, chez les berbères de Douiret, Chénini, Tamezret et Guellala, chez les Noirs de Kébili et Douz, mais également chez les Italiens de Tunis, chez les Russes de Bizerte, chez les Grecs de Sfax... Pareilles enquêtes donnent à cette formation un ancrage dans la réalité vécue, de même qu’elles contribuent à concrétiser le principe de l’ouverture de l’université sur son environnement culturel et social.

Notre rencontre d’aujourd’hui tout en s’inscrivant dans cette démarche, se propose également de l’enrichir par les autres expériences menées dans ce champ aussi bien par d’autres collègues tunisiens que par des chercheurs venus de plusieurs universités françaises.

Au cours de ces dernières années des rencontres ont été organisées en France, je citerai en particulier la rencontre tenue en mai 1993 au siège de l’UNESCO à Paris et la rencontre sur le judaïsme tunisien tenue au mois de décembre 1996, mais c’est la première fois qu’un pareil thème retient l’attention des chercheurs dans le cadre d’un colloque organisé au sein d’une université tunisienne. Cependant, et malgré les percées scientifiques réalisées lors de ces différentes rencontres, il est aisé de constater que les travaux relatifs à ce champ des sciences humaines et sociales semble avoir évolué à un rythme lent au cours des dernières décennies et nous ne sommes encore qu’au début du chemin.

Certes, avec l’indépendance de la Tunisie et l’affirmation de la composante majoritaire, arabo-musulmane et le triomphe pendant des décennies, d’une certaine conception de l’unité nationale, il n’était plus à l’ordre du jour de montrer la présence ou l’importance numérique des autres communautés et groupes qui vivaient dans le pays.Un autre facteur qui peut expliquer cette défaillance au niveau des études relatives à ces groupes, c’est le départ de la majorité des membres de ces communautés par vagues successives, comprenant aussi bien les populations d’origines européennes (Français, Italiens, Maltais, Grecs et même Russes), ainsi que la communauté juive tunisienne, aujourd’hui à l’honneur, tel départ que nous aurons l’occasion d’analyser et d’étudier durant notre colloque.

Le projet dans lequel nous nous inscrivons aujourd’hui, qui est la première action d’un cycle de recherches que compte entreprendre notre jeune équipe, répond à une double exigence scientifique et culturelle:

Il sera question tout d’abord de reconstruire les différentes composantes de l’histoire sociale tunisienne et d’expliquer les facteurs qui ont déterminé les mutations subies par la société et qui ont pris souvent la forme de ruptures, d’exclusion et d’oubli collectif. Comme l’a bien souligné le sociologue Maurice Halbwachs dans ses travaux qui datent des années vingt: «  Les souvenirs ne peuvent subsister qu’à l’aide des mêmes cadres sociaux » et il ajoute que « ce n’est pas par mauvaise volonté, antipathie, répulsion ou indifférence que la mémoire collective oublie une si grande quantité des événements et des figures anciennes. C’est que les groupes qui en gardent le souvenir ont disparu ». Car, «la notion de mémoire collective, produit cet effet qu’elle postule le groupe ».

Bien que toute rupture, une fois consommée, est accompagnée de deuil ; peut-on dire que de telle séparation ne peut exister durablement par rapport au pays natal? une fois les nouvelles identités commencent à se reconstituer tant bien que mal, la mémoire est de nouveau ressuscitée, le plus souvent sous une forme nostalgique ou mélancolique. Mais vouloir retrouver le monde d’antan, alors que les cadres sociaux et humains qui le formait ont disparu, risque de devenir une entreprise hasardeuse et éprouvante. C’est ce qui a fait dire à notre grand écrivain et penseur Albert Memmi, au nom des juifs tunisiens : « Nous avons mal à notre mémoire, nous souffrons d’un défaut de reconnaissance ». Albert Memmi qui revendique une triple appartenance : « juive, tunisienne et française » aurait bien aimé être parmi nous, mais empêché par maintes contraintes, a tenu à saluer notre rencontre par une lettre d’encouragement.

Nous assistons depuis quelques années à une production abondante d’ouvrages, de récits, de témoignages, de films et d’oeuvres d’art réalisés aussi bien en France, en Tunisie qu’ ailleurs et qui évoquent avec beaucoup d’affection et de nostalgie cette Tunisie des communautés, cette Tunisie plurielle : Eliaou., Une vie bien remplie, De Nabeul à Netanya, Tounis El Khadhra, Le goût des pistaches..., sans oublier l’évocation des juifs tunisiens dans les films : l’homme de cendre de Nouri Bouzid, Habiba Msika de Salma Baccar et enfin Un été à la Goulette de Férid Boughdir...

Nous observons également depuis une dizaine d’années en France la formation d’associations communautaires à forte connotation identitaire comme : l’Association des Juifs originaires de Bizerte, L’Amicale des Sfaxiens du Monde, L’Association Arts et traditions populaires des Juifs de Tunisie... cette dernière se distingue, en plus des activités communes à toutes les associations communautaires, par l’organisation de voyages culturels en Tunisie souvent baptisés : Voyages sur les traces du judaïsme Tunisien.

Les chercheurs en sciences sociales et humaines et plus particulièrement les historiens que nous sommes, nous ne pouvons rester indifférents face à ces échos de la mémoire communautaire. Bien entendu, il ne s’agit point de confondre mémoire et histoire. HALBWACHS, précise que: «  l’histoire commence au point ou finit la tradition ». Mais l’histoire, processus scientifique d’étude du passé, ne peut-elle pas mettre à profit ces temps de la mémoire, ce que Lucette VALENSI qualifie de « fragments colorés qui captent, même si les mosaïques peuvent finir comme des fragments ».C’est ce que notre jeune Equipe de recherche: Histoire et mémoire communautaire, s’est proposée d’entreprendre depuis quelques années.

Composée pour l’essentiel de jeunes doctorants mais également d’enseignants-chercheurs, elle constitue un espace de rencontre entre des générations d’historiens, un laboratoire d’initiation aux nouvelles techniques d’investigations historiques et d’enquêtes de terrain, une occasion propice pour un meilleur encadrement des jeunes doctorants. Ainsi, et pour reprendre une formule, désormais consacrée, notre bilan est globalement positif puisque pour une Equipe accréditée auprès d’un programme national qui appuie les groupes sur la base de leur contribution à la formation par la recherche, les résultats sont probants à plus d’un titre:

Au terme des trois années d’existence, sur les 6 doctorants appartenant à l’Equipe, Quatre ont déjà soutenu leurs mémoires de DEA à titre d’encouragement et pour les féliciter permettez moi de vous citer les noms:

- Chokri MEDIOUNI, La minorité noire de Tunisie au XIX siècle, approche anthropologique, soutenu à Tunis en décembre 1996, sous la direction de Abdelhamid LARGUECHE.

- Laura Davi, Mémoires italiennes en Tunisie, soutenu à Tunis en novembre 1996, sous la direction du professeur Mohamed-Hédi CHERIF.

- Mustapha BOUHAJJA, Les organisations scout et le mouvement national , soutenu à Tunis en décembre 1996, sous la direction du professeur Ali MAHJOUBI.

- Hmida TOUKABRI, Les Juifs à l’époque fatimide et ziride, soutenu à Tunis en décembre 1997, sous la direction du professeur Mounira CHAPOUTOT-REMADI.

Deux mémoires de D.E.A sont en cours de préparation : la première sur: Les Juifs du Cap-Bon et la seconde sur les Juifs du Kef à l’époque du protectorat, respectivement menés par Rim YAACOUBI et Hayet ALOUI, dont nous attendons la soutenance à la fin de cette année universitaire.

 

Côté thèse de doctorat, je signale la thèse soutenue depuis 1993 par mon ami et collègue Abdelkarim ALLAGUI sur : La minorité Juive de Tunis, de l’établissement du protectorat à 1948, et une autre en cours d’achèvement en l’occurrence celle que prépare Ridha BEN REJEB sur les Juifs de Tunisie à l’époque husseinite. Enfin, côté thèse d ’Etat, le travail qui a été soutenue en 1997 par mon collègue et ami, Abdelhamid LARGUECHE intitulée : Pauvres, marginaux et minoritaires à Tunis au cours de l’époque précoloniale, dans laquelle il a consacré deux chapitres aux minoritaires de Tunis, le premier sur la minorité noire et le second sur la communauté juive.

 

Je signale également, que nous avons tenu à faire assister à ce colloque des doctorants tunisiens qui poursuivent leurs études en France et qui préparent des travaux dont les thèmes s’interfèrent avec les champs qui constituent l’objet de notre colloque.

Mesdames, Messieurs,

Notre rencontre se propose de concrétiser plusieurs objectifs:

- Tout d’abord, elle constitue un moment de maturation pour notre équipe, une occasion pour joindre nos efforts à d’autres qui portent un intérêt à l’histoire communautaire elle est le fruit d’une collaboration sincère entre les chercheurs de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie (France) et l’Equipe de recherche Histoire et Mémoire communautaire (Tunisie). Nous avons tenu également à enrichir notre colloque par la contribution des collègues avec qui nous avons des contacts réguliers et profitables appartenant à l’Ecole des Hautes en Sciences Sociales de Paris, à l’Université de Toulouse le Mirail et en particulier le Laboratoire CIREJED que dirige Chantal BORDES-BENAYOUN, mais aussi, des collègues de l’INALCO, de l’Université de Paris IV et de l’Université de Poitiers.

- Notre rencontre se veut aussi une concrétisation d’un souhait émis par de nombreuses personnalités ayant été présentes à la rencontre de Paris, en mai 1993, tel voeu a été exprimé avec beaucoup de chaleur et d’affection du haut de la tribune de l’UNESCO par Béatrice SLAMA, auteur d’un livre, désormais considéré comme un classique sur : l’Insurrection de 1864 en Tunisie, et formulé explicitement en ces termes: «  des rencontres similaires soient organisées un jour en Tunisie même, avec la participation de Tunisiens musulmans qui ont vécu avec nous cette période de notre histoire commune et avec qui nous avons tant partagé, de Tunisiens juifs qui continuent à y vivre et en présence des jeunes générations du pays pour qui être à la fois tunisien et juif paraît difficile à concevoir ».

Nous avons tenu notre promesse en organisant cette rencontre, qui se tient aussi grâce au concours des diverses institutions et personnes qui nous ont soutenu pour la tenue de ce colloque. Je les remercie tous, au nom des membres de notre équipe et je leur promet que cette manifestation aura une suite.


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