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LA DEUXIEME INTIFADA,
SON IMPACT POLITIQUE EN FRANCE ET SES EFFETS
MEDIATIQUES.
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par Jacques Tarnero, Chercheur au CNRS
(Centre National de la Recherche Scientifique)
Quelques éléments pour une analyse
Aujourd'hui les conflits se jouent, se perdent ou se gagnent autour de trois facteurs :
militaire, politique, médiatique. On peut être vainqueur militairement et perdre la
bataille politique parce qu'on aura perdu la bataille médiatique.
Dans le conflit du Proche-Orient, la stratégie médiatique des adversaires d'Israël
consiste à délégitimer Israël, à le rendre coupable non seulement à travers ce
qu'Israël fait mais par sa nature même. Il y aurait une malfaisance intime,
consubstantielle, structurelle de cet Etat.
Cette stratégie s'exprime donc à travers plusieurs niveaux de discours en fonction des
publics visés. Il s'agit donc de pointer les contrevérités, de les caractériser,
d'identifier les procédés, afin de pouvoir contre argumenter et répondre à ceux qui,
de bonne foi, sont désinformés.
En aucun cas il ne s'agit de substituer à l'analyse de la situation, un commentaire sur
le commentaire de cette situation. Mais les trop nombreuses distorsions sur les faits
traduisent trop abondamment une présentation délibérément déformée des faits. Il
nous paraît donc indispensable de rectifier certains éléments d'information et
d'analyser les procédés de désinformation.
1 - LES FAITS
La 2eme intifada exprime t elle une opposition violente à la politique israélienne,
celle de Barak, ou bien s'agit il d'un retour aux positions de refus radical du droit à
l'existence d'Israël. Y a t il un refus de la légitimité d'Israël à exister ?
Une interview d'Edward Saïd publiée dans Haaretz du 18/08/00 (donc avant le
déclenchement de l'intifada bis) révèle un état de l'opinion, ici chez un intellectuel
palestinien vivant aux USA, professeur d'université, par ailleurs opposé au processus
d'Oslo. Une photo le présente jetant des pierres sur la frontière depuis le Liban.
Sur le retrait du Liban : "Après 22 ans d'occupation, nous avons le sentiment
d'avoir vaincu les israéliens. Nous avons eu notre victoire"
Sur l'origine du conflit avec Israël : " ce qu'il faut au minimum, c'est la
reconnaissance de la catastrophe de 1948 pour les palestiniens "Il faut dire c'est ce
qui est arrivé." "La pensée de Herzl est une pensée colonisatrice"
"Shamir était prêt à collaborer avec Hitler" "le malheur dans la
vie des palestiniens est né à cause du sionisme. Ceci a commencé avec la déclaration
Balfour qui a conduit à ce qu'un peuple ait pris la place d'un autre peuple. Ce conflit
est un conflit dialectique mais ce qui est intéressant c'est qu'il n'y a pas de solution
synthétique. On ne peut pas s'entendre avec la pression messianique des sionistes,
pression qui trouve sa source dans la Shoah." "Je suis contre l'idée que les
juifs repartent, mais vous (réponse à l'interviewer) auriez dû vous rendre compte que
c'était une terre peuplée. Je suis un des rares arabes à avoir écrit sur la Shoah. Je
suis allé dans les camps d'extermination. C'est pourquoi je comprends ce sentiment du
besoin de venir." "Je n'aurai pas accepté le plan de partage de 1947, il était
inacceptable du point de vue arabe." Le départ des palestiniens en 1948 est le fait
de la catastrophe. La responsabilité (du départ) ne repose pas que d'un côté, mais la
destruction des villes est le fait des sionistes. La responsabilité des palestiniens
était d'être là."
Ce qui apparaît bien dans cette interview (donnée à un journal israélien, il faut le
souligner) c'est encore et toujours, le déni du droit à l'existence d'Israël.
On ne peut que constater simultanément la volonté de dénier à Israël toute
légitimité sur Jérusalem. Ceci s'exprime à deux niveaux: déni ou refus du statut
juridique et politique de Jérusalem comme capitale d'Israël, et déni d'une légitimité
historique: "Jérusalem, ville arabe" et "troisième lieu saint de
l'Islam" effaçant la place de Jérusalem dans la tradition et l'histoire juive.
Il y a donc tous les signes d'une régression et d'une surenchère radicale du discours
palestinien.
"Le camp du refus de la paix est Israélien"
Aux négociations de Camp David, jamais la proposition israélienne aux palestiniens
n'avait été aussi importante. Le principe de la création de l'Etat palestinien était
admis par Barak. L'autorité palestinienne pouvait s'établir sur 90 % des territoires. Il
restait à définir le statut particulier de Jérusalem avec en particulier le statut
spécial du mont du temple/esplanade des mosquées. Barak avait accepté l'idée d'une
double capitale, Jérusalem et Al Quods sans que la définition juridico-administrative
soit précisée, tant il aurait fallu faire preuve d'imagination généreuse. Toutes les
chancelleries occidentales, mais aussi russe, égyptienne ou jordanienne ont applaudi les
propositions d'Israël. Arafat a refusé, à la surprise de sa propre délégation (cf le
Monde19/10/2000) en s'arc boutant sur une position maximaliste de souveraineté totale sur
la vieille ville de Jérusalem.
"La visite, provocation, de Sharon a mis le feu aux poudres"
La veille de cette visite deux attentats avaient coûté la vie à un soldat israélien.
Le matin du jour de la visite, au cours d'une patrouille mixte de police,
israélo-palestinienne, le policier palestinien a abattu de sang froid son collègue
israélien. L'assassin arrêté par la police palestinienne a été déclaré
"fou".
La visite de Sharon n'était pas une improvisation brutale dans un lieu saint musulman.
Elle avait été annoncée en accord avec l'autorité palestinienne et le WAQF (le conseil
palestinien qui gère l'esplanade des mosquées depuis 1967) On peut apprécier de
différentes manières l'opportunité de cette visite, mais on ne peut nier le fait
qu'elle fut acceptée côté palestinien. C'est donc bien un prétexte dont se sont
emparés les palestiniens pour déclencher l'émeute sur l'esplanade en bombardant de
pierres les fidèles juifs, au pied du Mur une quinzaine de mètres plus bas.
"La spontanéité du soulèvement"
Les émeutes se sont déclenchées simultanément dans tous les territoires et à Gaza,
préparées sous la houlette du Tanzim, le groupe paramilitaire du Fatah, rapidement
relayé par la police palestinienne.
"La brutalité sanguinaire de la répression israélienne"
Il n'y a pas de répression israélienne à l'intérieur des territoires palestiniens
autonomes. Les territoires de la zone A sont sous administration palestinienne. L'armée
israélienne n'y est pas chargée du maintien de l'ordre qui relève de la charge de la
police et des forces palestiniennes. Les palestiniens peuvent y manifester à leur guise.
Les Israéliens n'interviennent que s'ils sont attaqués à l'intérieur de leurs
positions en dehors de la zone A.
Les postes israéliens sont gardés par des unités numériquement peu nombreuses. Ils
sont les assiégés et non pas les assaillants. Ils se protègent à l'intérieur de leur
fortin contre des assauts de foules nombreuses et apparemment désorganisées. Au premier
rang les enfants, derrière les tireurs. Les soldats de Tsahal n'attaquent pas, ils
ripostent. Si les soldats avaient tiré dans le tas, le nombre de morts eût été
infiniment plus important.
"Le petit Mohamad a été tué de sang froid par les soldats de Tsahal"
Le petit garçon et son père se sont malheureusement trouvés pris entre deux feux, dans
un tir croisé. Les responsables israëliens, politiques et militaires, ont déploré
cette mort. En France, le jour de Kippour, le rabbin Gilles Bernheim a demandé pardon
pour les victimes palestiniennes innocentes.
"L'absence de retenue des forces israéliennes"
Au cours de l'assaut palestinien contre le poste qui défendait le tombeau de Joseph un
soldat israélien a été blessé. La police palestinienne a refusé qu'il soit évacué.
Le soldat est mort en se vidant de son sang. Il aurait pu être évacué grâce à une
intervention violente de l'armée avec des blindés qui aurait sans doute fait de très
nombreuses victimes palestiniennes. Tsahal n'a pas fait le choix de l'affrontement le plus
meurtrier.
Après le lynchage des deux soldats à Ramallah, Israël a prévenu de sa riposte en
informant l'Autorité palestinienne de son attaque par hélicoptère pour limiter les
pertes en vies humaines. Il n'y a eu que 20 blessés.
2 - LA DESINFORMATION MANIFESTE : LE MENSONGE PAR OMISSION
Pourquoi tant d'enfants palestiniens parmi les victimes ?
L'instrumentation des enfants est une constante des tactiques de guerre du monde
arabo-musulman. Pendant la guerre Irak Iran, des milliers d'enfants ont été utilisés en
vagues d'assaut dans les champs de mines séparant les deux armées. Chez les
palestiniens, les enfants ou adolescents ont été éduqués dans la haine
d'Israël. Les livres de classe du primaire colportent tous les clichés très classiques
de l'antisémitisme. Ces livres n'ont jamais été présentés à la télévision ni dans
la presse.
Par ailleurs l'influence grandissante de l'islamisme entretient le culte du martyr qui
donne accès au paradis. De nombreux parents ont dit leur fierté dans la mort héroïque
de leur enfant: "je suis presque aussi heureuse de la mort de mon fils que le jour
où j'ai marié mon autre fils, parce que je sais qu'il est déjà au paradis".
Pourquoi une telle haine d'Israël ?
Il faut rappeler le succès des thèses négationnistes dans le monde arabe et l'accueil
triomphal fait à Roger Garaudy à Beyrouth, au Caire, à Téhéran. La diabolisation
d'Israël reste une constante des discours arabes et musulmans même si des paix
politiques ont été signées avec des Etats, l'accompagnement éducatif de ces accords
n'a pas été mené à bien.
Il y a bien au contraire une mise en condition haineuse de la nature d'Israël et pas
seulement de sa ou de ses politiques. C'est la légitimité d'Israël, son droit à être,
qui est constamment mise en cause. Présenté comme un Etat malfaisant par nature,
structurellement criminel, il n'est pas étonnant qu'Israël reste le bouc émissaire de
toutes les frustrations arabes.
Les medias ont - ils déformé la vérité?
Le misérabilisme fait vendre. Les titres accrocheurs, les prises de vue calculées ont
accrédité l'idée d'une extrême brutalité israélienne face à une armée de
"Gavroche palestiniens, poitrines nues, seulement armés de simples cailloux, prêts
à mourir pour défendre le sol sacré de la patrie". Ces images d'Epinal, nourries
de toutes les mauvaises consciences occidentales ont été simultanément colportées par
tous les media. Elles ont légitimé la déferlante de haine antisémite qui s'est
manifestée en France.
Des bavures remarquables sont à signaler. Elles constituent autant de lapsus
révélateurs.
Toute la presse (Libération , Figaro etc) a publié fin septembre la photo d'un jeune
homme au visage ensanglanté au pied d'un soldat israélien vociférant, gourdin à la
main. Toute la presse a présenté le jeune homme comme étant une victime palestinienne
de la brute qui le dominait. Le jeune homme était en fait un jeune juif américain, Tuvia
Grossman, qui a failli être lynché à Jérusalem-Est par des palestiniens et sauvé par
le soldat israélien brandissant son gourdin.
Paris Match présente dans son édition du12 octobre 2000 l'image d'une fillette de deux
ans tuée par balle, portée dans les bras de son père. Le texte qui légende l'image
induit l'idée d'une responsabilité israélienne, un tir des colons. L'enquête de la
police palestinienne a elle même démenti cette fausse information. La fillette a
été tuée par une balle provenant de l'arme même de son père, peut être déclenché
accidentellement. Cet incident, survenu au moment du sommet de Paris avait provoqué la
colère de Madeleine Albright qui avait exigé que la lumière soit faite.
Un autre fait, rapporté par le Monde (20/10/2000) éclaire d'une manière plus grave le
rôle des media dans la désinformation. Le journal palestinien Al Hayat al Jadida dans
son édition du 16 octobre publie une étonnante mise au point du correspondant en Israël
de la RAI, la télévision publique italienne. Monsieur Ricardo Cristiano, regrette et
s'excuse de la diffusion des images du lynchage de Ramallah: "chers amis de
Palestine, nous vous bénissons et pensons devoir vous préciser que le film de ces
évènements n'a pas été tourné par la télévision officielle italienne! La RAI obéit
aux justes procédures de travail édictées par l'Autorité
palestinienne et fait son travail fidèlement. soyez assurés que nous ne travaillons pas
comme la RTI (la chaîne concurrente) et que nous n'avons jamais accompli un tel
acte."
Cette lettre a provoqué le rappel immédiat à Rome de ce correspondant ainsi que de
toute l'équipe de Mediaset RTI, désormais suspecte aux yeux des palestiniens. Ainsi les
informations sur le Proche orient de la télévision publique italienne sont soumises aux
consignes de l'Autorité palestinienne. Comment travaillent les
autres journalistes qui opèrent dans les territoires? On peut légitimement se poser la
question. À quelles consignes obéissent-ils?
La situation à la frontière nord. Le Liban Israël a totalement évacué le Liban en
plein accord avec les résolutions de l'ONU et s'est retiré derrière la ligne bleue
définie avec l'ONU. Israël est donc retourné de son plein gré à l'intérieur de ses
frontières internationalement reconnues. Malgré cela, une incursion du Hezbollah a
permis la capture de trois soldats israéliens, retenus prisonniers par ce groupe
terroriste. Il s'agit donc d'une agression flagrante, venue de l'extérieur d'Israël.
Elle s'ajoute à la rétention d'autres soldats prisonniers depuis 1982 et 1986.
Alors qu'Israël s'est conformé aux résolutions de l'ONU, sa frontière nord, est,
malgré ce retrait l'objet d'une agression constante. L'intellectuel palestinien
américain, Edward Saïd, a lui aussi apporté sa contribution à la haine locale en
jetant des pierres contre la frontière.
3 - LA QUALIFICATION MENSONGERE : LE GLISSEMENT DE SENS
L'éditorialiste d'Europe 1, Catherine Nay, a comparé la valeur symbolique de la photo du
petit Mohamad, à celle du petit juif, les bras levés, mis en joue par un SS, arrêté
dans le ghetto de Varsovie. Ce commentaire, dépourvu de toute mise en situation
historique, induit l'idée que ceux qui ont tiré sur Mohamad sont de même nature que les
SS et que Mohamad serait mort assassiné dans un projet de nature identique au projet
nazi. Ainsi les rôles se trouvent renversés : Mohamad est le juif et les Israéliens les
SS. Il y a là une démarche intellectuelle ignoble et déshonorante de la part de
quelqu'un qui est censé connaître la charge symbolique des mots et des images.
Il faut se souvenir du charnier de Timissoara au moment de la chute de Caucescu, de la
diffusion et de l'acceptation de cette fausse information. Les media n'avaient vu que ce
qu'ils désiraient y voir et bien sûr transmettre.
4 - L ' INDIGNATION SELECTIVE, LA TORSION DES FAITS
Il faut souligner la focalisation passionnelle des média et des opinions dès que des
violences se produisent entre palestiniens et israéliens, entre juifs et arabes. Cet
intérêt passionnel mérite une analyse plus fouillée que la seule dénonciation de la
manipulation médiatique.
Exemple: Dimanche soir 22 octobre, 19 h 30, émission de Michel Drucker sur la deuxième
chaîne de télévision du service public A2. L'invitée est Arielle Dombasle. Les
animateurs Bruno Masure, Gérard Miller, Philippe Gelluk questionnent l'épouse de Bernard
Henri Levy sur sa relation avec BHL. Le ton se veut tout à la fois moqueur, gentil,
caustique. Gérard Miller intervient pour dire la sympathie qu'il porte à l'auteur de
"l'idéologie française", il poursuit en saluant une initiative de SOS racisme,
cosignée par BHL et Arielle Dombasle, pour dénoncer la multitude d'actes anti-juifs
récemment commis en France, incendie de synagogues, insultes,
graffitis etc. Bruno Masure, l'autre animateur, commente ce qui vient d'être dit :
"oui, dit il, mais il ne faut pas oublier qu'il y a eu la visite d'un certain
général Sharon!" Exclamations des autres : "Mais, ça n'a rien à voir!"
On passe à autre chose. Retour aux badineries. Comment analyser: il y aurait donc,
d'après Mr Masure une légitimation, une excuse, une raison d'être aux gestes antijuifs
commis en France, à cause de la visite de Sharon à Jérusalem sur l'esplanade des
mosquées.
Exemple: presse de province, République du centre (05/10/00) Interview de Mr Michael
Davie, professeur à l'Université de Tours (présenté comme un spécialiste du Proche
Orient) Question de Claude Gagnepain: "en tuant délibérément des adolescents qui
les attaquent avec des pierres, les militaires israéliens ne trahissent ils pas une
volonté politique de faire échouer le processus de paix?" réponse de Mr Davie:
" Dans le cas d'une paix stable l'armée israélienne, en tant que classe, serait
marginalisée. Israël deviendrait pour la première fois de son existence un pays normal
où l'on prononcerait peut être le mot démocratie!"
On rêve! Israël ne serait pas une démocratie. Et les soldats tuent délibérément les
enfants. Sans commentaire.
Il y a manifestement une indignation sélective à propos des violences pour peu que des
juifs ou des israéliens en soient les auteurs. Il y a une stigmatisation virulente des
violences juives, alors qu'il y a une tolérance, une banalisation des violences arabes.
Nul ne s'indigne plus des violences arabo-arabes (massacres en Algérie, Talibans, sort
fait aux femmes etc) Le jour du déclenchement des émeutes un massacre a été commis en
Algérie. 18 personnes ont été égorgées. Ces informations font désormais partie de la
rubrique faits divers de la presse française. Il y aurait donc une quasi normalité des
violences arabo-arabes fussent elles particulièrement barbares ou importantes
numériquement (Algérie)
Cette indignation sélective traduit, en creux, un regard raciste et méprisant de la part
de ceux qui le portent, à l'égard du monde arabe ou de la culture musulmane apparemment,
intrinsèquement liée à la qualité barbare de ces massacres.
En France, l'indignation devant les dernières violences anti-juives s'est manifestée
d'une manière très mesurée, parce que liée au conflit du Proche orient. Les cris de
"à mort les juifs" prononcés au cours des manifestations pro palestiniennes
ont suscité des réprobations indulgentes de la part des mouvements antiracistes (Ligue
des droits de l'homme, MRAP) et même du ministre de la ville, Claude Bartolone, ce sont
"des despérados" de banlieue. Que se serait il passé si les auteurs de
l'incendie d'une synagogue n'avaient pas été de jeunes beurs? Quelle aurait été
l'indignation si une synagogue avait brûlé en Autriche ?
Cette indignation sélective traduit, encore une fois, cet étrange soulagement voire ce
retour du refoulé (cf La réprobation d'Israël- Alain Finkielkraut et Le syndrome de
Vichy - Henri Rousso) dans l'opinion, dans certaines parties de l'intelligentsia ou des
media, ravis de voir leur héritage de culpabilité liée à Vichy ou à la guerre
d'Algérie, défaussée par la responsabilité juive/israélienne dans la violence
présente.
Jacques Tarnero
Chercheur au CNRS
novembre 2000
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