SKETCH.
Paris le 21/05/2008.
LES DEBOIRES DE HUGUETTE.
‘...Bonjour, je m’appelle Huguette. Je suis des DOM-TOM. C’est important de le dire.
J’ai 35 ans. Je suis noire, c’est aussi important de le préciser pour qu’il n’y ait pas de confusion. A 13 ans, j’ai abandonne mes études. Mon père voulait que je travaille.
Je l’ai écouté, à cette époque on écoute les parents. J’ai passé un concours pour aide ménagère
A 14 ans. J’avais dis que j’avais 18 ans. J’ai menti sur mon âge et comme dans mon pays on n’est pas très regardant alors j’ai pu avoir mon diplôme de Bonne.
Aujourd’hui on ne dit plus cela, c’est choquant.
On dit Domestique chez les békés. Des gens bien les békés dés que vous commencez chez eux, ils vous tâtent le pouls à cause de la tension qui règne chez eux. Ensuite, le maître vous prend la température, c’est une habitude génétique chez eux, oui des gênes homogènes.
Normal, au début il y avait bien l’homo, ensuite l’homo sapience et plus tard l’homo- érectus. Tout le monde le sait. Je n’ai pas honte de le dire. Je n’ai jamais fait de médecine mais je connais tout de la morphologie des hommes. Ca vient dés l’âge de 13 ans chez nous.
Mon diplôme en mains, l’administration antillaise, et je ne vous dis pas combien elle est pointilleuse,TATILLONE m’a trouvé un emploi. Dans une crèche. Mais pas n’import quelle crèche. Un crèche dans un zoo. Je devais m’occuper des bébés singes et de qqs chimpanzés.
J’en appris des choses pendant mes trois ans là bas. Croyez vous que cela soit facile de torcher le cul plat et rose d’un bébé guenon.... ? Ou alors d’un vieux chimpanzé à la retraite ???? Et bien non ... ! Il fallait avoir une râpe spéciale, une serpillière spéciale, des gants spéciaux bref tout un outillage assermenté pour bien frotter leurs postérieurs.
Les chimpanzés ne sont pas faciles à gérer. Bien sur qu’après trois ans, ils m’ont tous adoptés.
Parce que je savais y faire pour éplucher leur banane. Ah, je ne vous dis pas, dés fois, j’en épluchais trois ou quatre en même temps. Les unes derrière les autres. A la fin, j’étais épuisée.
Mais un jour, une vieille guenon s’est accrochée à moi. Elle était jalouse de son mec.
Pour un peu, elle m’étranglait. Le directeur finalement pour ne pas vexer la guenon, a décidé de me donner mon congé, sur ma demande parce que je sentais qu’un des chimpanzés était amoureux de moi. J’ai donc battu en retraite et je suis montée à Paris.
Pour faire toujours la boniche, je ne sais que faire cela.
L’ANPE n’a pas tardé à me caser. Dans une famille du 1° Arrondissement. La famille THENAR LAID. Des gens bons, à ne pas confondre avec jambon.
Le père LEON LAID, la mère Alphonsine, ça existe encore des noms pareils à Paris... ?
Et bien oui, ça existe dans le 1. Le grand-père Adolphe LAID, l’aînée Géronte, ça existe encore ce genre de nom à Paris dans le 1°... ? Puis il y avait EUCLIDE... ! 18 ans. Un drôle de théorème celui là, ah je ne vous le fais pas dire, toute la journée à se la branler pendant sa physique. Tenez un jour, par mégarde, je rentre dans la salle de bain et là, je le vois dans une drôle de position. Il n’y avait pas d’eau, mais il avait la zigounette dans le trou d’évacuation de la baignoire. Il me dit qu’il essayait de le déboucher. Mais le pauvre il avait oublié de la graisser alors bonne comme je suis, je lui ai salive un peu le tuyau. Et là, en deux secondes plus tard grâce à son OMO , la salete est partie. Comme quoi, dés fois, rendre service peut procurer du plaisir. Ce fut notre secret de baignoire. Le LEON, un homme toujours dispos quand sa femme part en vacances. Il voulait que je pointe tous les 13 heures sonnantes et trébuchantes. Il a toujours un trop plein à cette heure là et bien sur, discrètement, il m’avait fait comprendre que je pourrais arrondir mes fins de mois. Il me les a tellement arrondis, que je me suis retrouvée ronde au bout de trois mois. Alors, j’ai dû me taire, supporter ce secret afin que je ne perde ma place et surtout pour ne pas vexer ma patronne. Une femme adorable.
Très gentille. Elle avait 45 ans mais toujours bien mise et surtout bien faite.
Avec elle, il fallait que tout soit propre. NIKEL. Elle m’en a appris des choses NIKEL.
Elle tenait absolument que son gazon soit toujours bien entretenu. Je retiendrais toujours ces bonnes paroles ‘...HUGUETTE... ! Toutes celles et ceux qui ont travaillé chez moi, ont toujours pris soin de mon gazon... ! C’est une tradition et une condition sine qua non sinon... !’ Donc, j’ai été tenu par cette obligation sine qua non, sinon...Je lui entretenais si bien son gazon bien tondu que ma paie s’en ait trouvée augmentée en six mois.
Géronte était jeune et surtout intelligente.
Elle vivait ses phantasmes. Je lui ai tout appris dans la façon de faire les taches...masculines.
Elle a vite appris. Une vraie salope en herbes. Son berger allemand en sait qq chose.
J’ai beau lui tirer les vers du nez à ce klèbar qu’à la fin j’ai dû le soudoyer. Mais là, encore
Il ne m’a rien dit. La race câline est secrète.
Monsieur Alphonse, le papa de monsieur LEON, un vrai vislard.
Un matin, il me fait croire qu’il est mal en point. Il sonne et je monte dans sa chambre.
Je le trouve haletant. Sur son lit. Là, il me demande ces cachets.
J’ouvre son tiroir et je tombe sur des photos pas belles. Moches même. Il me dit
‘...Huguette, dans mon état, il ne me reste plus que de vieux souvenirs... ! Et mes cachets... !’
Puis contre toute attente, il me prend la main pour la baiser et là son râtelier tombe par terre... ! Je me penche pour le lui ramasser et vite fais, il me mets le majeur entre mes cuisses.
Je n’ai rien contre les majeurs mais quand même, il ne l’avait pas fait avec doigtè.
Et ce n’est pas tout, il se découvre et là, je vois une belle pièce montée. Jamais je n’aurai cru que le vieux avait une aussi belle monture. J’ai oublié toute ma morale chrétienne et bien sure
bonne comme je suis, je l’ai honoré comme il se doit sauf qu’il a eu un malaise pendant et deux secondes plus tard, ses bourses se sont dégonflées. Finalement, une fois remonté avec ses cachets, je lui demandé d’oublier sa pipe pour un moment. Il en était tout heureux. Une fois ma tache terminée il me remercie en me faisant un gracieux éloge ‘...La HAVANE DE CUBA, on peut toujours dire qu’elle est la meilleur mais avec vous, Huguette on perd ses pendules... !’ J’ai toujours été disponible envers mes maîtres. C’est la seule façon de se faire aimer et respecter.
Par moments, je me donne du plaisir en allant me reposer dans le petit cabanon.
Juste au bout du jardin. Un endroit idyllique. Je m’enferme toute seule et je rêve d’être comme madame. Indulgente, une femme du monde qui propose toujours ses bons services.
Et ses bons conseils surtout. Madame est une femme du monde.
Edgar, mon fils est né. Pour faire plaisir à mes patrons, je leur demandé s’il consentait à l’adopter. Lui donner leur nom de famille ; EDGAR LAID c est mieux que EDGAR POT...Non... ? Pot de quoi... ??? Alors que LAID ça sent le bon produit.
Ils ont accepté sans rechigner. J’étais toute heureuse pour mon fils. Il grandissait entre nous.
A Dix huit ans, il a eu sa maîtrise plomberie. Il adorait depuis l’age de 13 ans les tuyaux d’arrosage. Alors en concertation avec la famille, il a été promu premier et seul jardinier de leur maison de campagne. LEON, son papa, mais personne ne le sait, était toujours disponible pour son Edgar. Toujours bienveillant. Soucieux de ses petits et grands soucis. LEON ne sourcillait jamais à son égard. Edgar le lui rendrait très bien. Il honorait beaucoup son demi père. Juste retour des choses. Edgar, un jour préféra s’exiler en U.S.A. Me laissant avec mes lourdes tâches. Et moi bonne comme je suis, j’ai continué à les servir 30 ans durant.
A sa mort, LEON me coucha dans son testament. J’en avais l’habitude. Mais là le Monsieur le Notaire en lisant le testament devant toute la famille, dit que je recevais comme héritage une grande parcelle de carottes. Dans le MORBIHAN. Je ne sais même pas où c’est.
Mais bon si les carottes poussent dans le MORBIHAN, c’est que ce pays devait être propice à la récolte de ces légumes. Plus une petite fermette. A rafraîchir. A rafraîchir... ! Là je n’avais pas très bien compris RAFRAICHIR... ! Alors, gentils comme ils le sont, ils ont traduits pour moi.
RAFRAICHIR égale REPARER. Retaper. Faire des travaux. Changer de toitures, refaire les canalisations. Mettre tout aux normes. Bref, la rendre vivable et exploitable parce que parait t‘il les carottes ça nourrit son homme. Vous me voyez moi à 85 ans rafraîchir une ferme dans le MOR BIDON.... ? Hein et puis quoi encore... ? Pourquoi pas en DORDOGNE... ! Ou dans les ARDENNES... ! Des pays sauvages, des contrées inha bittés moi qui aime tant les gens bons. Passe encore pour un legs de charcuterie mais des CAROTTES HEIN... ? Que voulez vous que j’en fasse... ! Ah ces riches, donnez leur votre petit doigt dans le cul, il vous remercie par des salades. Broutez leur gazon, ils vous payent en monnaie de singes.
Faites plaisir à leur descendant, ils vous remercient par une parcelle de merde, offrez leur le choux et ils vous congratulent par des petites carottes, orangettes.
Au moins avec mes singes et chimpanzés, j’étais mieux traitée.
Même si, ils ne disent rien, ils vous offrent leurs ‘chimiaiseries’ en se grattant le trou du cul.
Mais eux, les riches, toujours les mêmes INGRATS, mon cher EDGAR... !’