Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
04 septembre 2007, 06:33
JJAC (Justice for Jews from Arab Countries): une campagne active

04/09/07

- Thème: Histoire

La campagne internationale de la JJAC (Justice for Jews from Arab Countries), relayée en France sous l’égide du CRIF et coordonnée par Jean-Pierre Allali, membre du Bureau Exécutif se poursuit. Après la séance inaugurale intitulée « Juifs des pays arabes. Pourquoi sont-ils partis ? » qui s’est déroulée le 27 mars dernier au Centre Rachi suivie, le 14 juin d’une manifestation consacrée aux Juifs d’Egypte, « Juifs d’Egypte. Le second exode », c’est au tour des Juifs de Tunisie d’être à la une de l’actualité. En effet, le 17 septembre prochain, à 20h30 au Centre Rachi, sera proposée une soirée intitulée : « Juifs de Tunisie. Et puis un jour…l’exil ». En première partie sera projeté le film de Nedjma Scialom, « Tunis-Paris » (1986. 43minutes) en présence de la réalisatrice. Suivra un débat animé par Jean Corcos qui réunira des spécialistes du sujet : Jean-Pierre Allali, Armand Attal, André Nahum ainsi que Haïm Saadoun et Claude Sitbon qui viendront tout spécialement d’Israël

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Re: Juifs de Tunisie-actualité -publications-activités-réunions - conférences
04 septembre 2007, 06:45
Lectures

Tunisie. Rêve de partages.

Textes choisis et présentés par Guy Dugas (*)


15/02/06

- Thème: Culture

Dans le cadre de la campagne internationale de la JJAC (Justice for Jews from Arab Countries) dirigée en France sous l’égide du CRIF, nous vous proposons la rediffusion de recensions d ‘ouvrages en rapport avec les Juifs de Tunisie. Aujourd’hui : « Tunisie. Rêves de partage » (Première diffusion : 15/02/06).

Chercheur infatigable, Guy Dugas, professeur à l’université Paul Valéry de Montpellier est un passionné des lettres maghrébines avec un faible très prononcé pour ce qu’il appelle la « littérature judéo-maghrébine d’expression française ».

Grâce à lui, des auteurs comme Blanche Bendahan, Irma Ychou ou encore Saadia Lévy et bien d’autres, ont échappé à l’oubli. On lui doit aussi des anthologies remarquables dont une autour du thème « Israël » (1). Il prépare actuellement, dans le cadre des activités culturelles de l’A.I.U. une série de reprints d’auteurs juifs d’Afrique du Nord peu connus comme Vitalis Danon.

Avec « Tunisie. Rêve de partages », il nous livre des centaines de bonnes feuilles de qualité qui nous parlent d’un temps où, loin des conflits communautaires, les populations du pays vivaient en bonne intelligence : Arabes, Juifs, Français, Italiens, Siciliens, Maltais, Espagnols, Russes…permettant une production littéraire diversifiée et généreuse dans le cadre d’une « arabité ouverte » que l’on retrouve dans les beaux textes de Maherzia Amira-Bournaz, C’était Tunis 1920 ou Hedi Bouraoui Retour à Thyna. Guy Dugas laisse notamment à Maupassant le soin de nous décrire cette Tunis qui, en vérité « n’est ni une ville française, ni une ville arabe » car « c’est une ville juive ». Et, tandis qu’Adrien Salmieri dans sa Chronique des morts nous rappelle qu’un prolétariat italo-maltais de cochers de fiacres et de marins pêcheurs opérait dans la régence et qu’Étienne Burnet, avec Loin des icônes, nous conte la saga des Russes de Tunis, la plume est donnée à Nine Moati et à Georges Memmi pour nous parler des « Tunes ». Car, aujourd’hui, en effet, Qui se souvient du café Rubens ?

Grâce à Memmi, l’autre, le frère d’Albert, la nostalgie est à nos portes, avec ses senteurs de jasmin et de thé à la menthe. Quant à Nine Moati, ses Belles de Tunis sont immortelles. Elles nous parlent d’un temps révolu où les Juifs avaient un caïd, Nessim Scemama et où la vie, pour la communauté millénaire, s’écoulait, paisible, pleine de charme et de parfums d’Orient.
Grâces soient rendues à Guy Dugas de nous offrir ces textes qui fleurent bon un passé émouvant.

Jean-Pierre Allali

Notes: (1) Avec Michel Abitbol. « Israël. Rêve d’une terre nouvelle ». Textes notamment de Theodor Herzl, Albert Londres, Edmond Fleg, Joseph Kessel et Arthur Koestler. 1998.

(*) Éditions Omnibus. Octobre 2005. 1072 pages. 25€

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La Tunisie, c'est le pays où je suis né il y a 2000 ans
04 septembre 2007, 11:34
La Tunisie, c'est le pays où je suis né il y a 2000 ans


André Nahum :


04/09/07 - - : Histoire

André Nahum sera l'un des intervenants de la manifestation
organisée conjointement par le CRIF et le Centre Rachi d'Art et de
Culture consacrée aux Juifs de Tunisie « Et puis un jour.l'exil », qui
se déroulera le 17 septembre 2007 à 20h30 au Centre Rachi. Il
répond à nos questions.

Pour vous, c'est quoi la Tunisie ?

La Tunisie, c'est le pays où je suis né il y a 2.000 ans. Celui de mes
aïeux, de mes morts, celui de mon enfance. Une terre à laquelle
j'étais viscéralement attaché jusqu'au jour où l'on m'a fait
comprendre qu'elle n'était plus mienne. "Tunis-la-Juive" est morte.
Elle ne reviendra jamais plus. J'ai cru après l'indépendance qu'une
minorité juive pourrait vivre dans un pays arabe. Je me suis trompé.


Pourquoi, selon vous, les Juifs de Tunisie ont-ils choisi l'exil ?

Je viens de vous le dire. A partir du moment où, du fait des
nombreuses discriminations en tous genres, ils ont réalisé qu'ils
n'auraient pas leur place en tant que citoyens à part entière dans
cette nouvelle République, ils se sont résolus à partir. Ce ne fut pas
de gaieté de coeur. Ce fut pour tous un déchirement que notre grand
chanteur Raoul Journo a exprimé dans une chanson que tous les
Juifs tunisiens ont fredonné un jour :
"Tunis, je ne peux t'oublier.
La nuit je rêve de toi
Ô Dieu aide-moi et console-moi....
...Je t'ai quitté ô mon pays, pays de mes parents et de mes ancêtres.
J'ai quitté le paradis, la villégiature et la beauté
Que de regrets, que de regrets pour toi ô mon pays".

Le plus curieux dans cette histoire, le plus diabolique, c'est qu'on
nous a poussés gentiment vers la sortie en nous faisant croire que
l'on voulait nous garder.

Pourquoi, pour qui, maintenir vivace le souvenir d'une communauté
juive millénaire dont seuls quelques centaines de membres sur plus
de cent mille il y a un demi-siècle, vivent encore en Tunisie ?


Oui, nous étions près de cent cinquante mille. Il en reste là-bas un
millier à peine. Pourquoi maintenir vivace le souvenir de notre
communauté? D'abord, il faut que nos enfants et petits enfants
connaissent leurs racines. Il faut leur enseigner, avec l'odeur du
jasmin, les valeurs que nous véhiculons de génération en génération
depuis des temps immémoriaux ainsi que notre joie de vivre et notre
optimisme impénitent. Notre histoire est grande et belle. Depuis
l'époque romaine, depuis la Kahéna, depuis le judaïsme de Kairouan
au temps des Aglabides et des Fatimides. Nos ancêtres ont
contribué à la création de ce pays. Ils se sont manifestés et ont
souvent brillé dans tous les domaines : la médecine, la philosophie,
la littérature, l'artisanat, le commerce, l'étude de la Thora. Pourquoi
ne pas le dire à nos descendants ?
Par ailleurs on occulte trop souvent notre exil. Comme s'il avait été
naturel, banal et inévitable. Il faut rétablir la vérité de l'histoire.Il
faut que le monde se souvienne qu'un million de Juifs ont quitté de
gré ou de force les pays arabes où ils étaient installés depuis des
siècles et qu'ils ont dû se réinstaller par leurs propres moyens dans
les pays d'accueil, sans aucune aide de l'ONU ni d'aucun organisme
international. Que dans la réalité des faits, il y a eu dans ces pays un
nettoyage ethnique parfaitement réussi.
Mais à la différence d'autres réfugiés, nous n'avons gardé pour notre
pays natal et nos anciens concitoyens ni rancoeur ni colère, mais
nous ne voulons pas qu'on nous oublie. Est-ce trop demander ?

Propos recueillis par Jean-Pierre Allali
Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
04 septembre 2007, 14:47
Le Crif en action

La passion du collectionneur


04/09/07

- Thème: Histoire

Jean-Pierre Allali, universitaire, écrivain et journaliste, membre du Bureau Exécutif du CRIF est le coordonnateur pour la France, de l’action de la JJAC (Justice for Jews from Arab Countries). Il sera l’un des intervenants de la manifestation organisée conjointement par le CRIF et le Centre Rachi d’Art et de Culture consacrée aux Juifs de Tunisie « Et puis un jour…l’exil », qui se déroulera le 17 septembre 2007 à 20h30 au Centre Rachi.
Auteur de nombreux ouvrages sur les Juifs de Tunisie, Jean-Pierre Allali est aussi un grand collectionneur. Il a amassé, au cours des ans des milliers de documents iconographiques sur son thème de prédilection. Ces documents, cartes postales anciennes, photographies de presse, archives familiales…forment la trame nostalgique de plusieurs de ses livres parmi lesquels « L’album d’images de Gagou et Kamouna » (1980 et 1985), Les Juifs de Tunisie. Images de mémoire (1996) et Juifs de Tunisie. Diaporama d’une diaspora (2003)

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Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
05 septembre 2007, 07:52
Un conteur hors pair

05/09/07

- - Thème: Histoire

Le docteur André Nahum, médecin sarcellois bien connu et animateur de l’émission « L’étoile et le jasmin » sur Radio Judaïque FM sera l’un des intervenants de la manifestation organisée conjointement par le CRIF et le Centre Rachi d’Art et de Culture consacrée aux Juifs de Tunisie « Et puis un jour…l’exil », qui se déroulera le 17 septembre 2007 à 20h30 au Centre Rachi.
Conteur savoureux qui sait aussi avoir, à l’occasion, la rigueur de l’historien, André Nahum est l’auteur de nombreux ouvrages dont plusieurs sur les Juifs de Tunisie tels « Partir en kappara » (1977), « L’étoile et le jasmin » (1979, « Le roi des bricks » (1992), « Le médecin de Kairouan » (1996), « Tunis-la-juive raconte » (2000) ou encore « Quatre boules de cuir » (2002) qui raconte le destin tragique de Young Perez, boxeur juif tunisien devenu champion du monde, qui sera déporté et disparaîtra à Auschwitz.

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Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
05 septembre 2007, 21:22
Pas tres flatteur pour nos aieules, mais comme disait Elie Kakou: Fortunee c'est 1m20 en hauteur sur 1m50 de large ...
Pièces jointes:
bouboules.jpg
Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
06 septembre 2007, 10:31
Un précurseur

06/09/07

- Thème: Histoire

Le sociologue Claude Sitbon, natif de Tunisie, vit à Jérusalem. Il sera l’un des intervenants de la manifestation organisée conjointement par le CRIF et le Centre Rachi d’Art et de Culture consacrée aux Juifs de Tunisie « Et puis un jour…l’exil », qui se déroulera le 17 septembre 2007 à 20h30 au Centre Rachi.
Il a été, avec son ami Robert Attal, de l’Institut Ben Zvi, l’un des pionniers de l’histoire des Juifs de Tunisie. Leur ouvrage « Regards sur les Juifs de Tunisie » (1979) a été un ouvrage fondamental et précurseur.

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Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
06 septembre 2007, 10:37
Entretiens

Jean Corcos : Notre mémoire judéo tunisienne apparaît plus heureuse que celles des autres

06/09/07 - - : Histoire

Jean Corcos, producteur de l’émission « Rencontre » sur Judaïques FM, consacrée à la connaissance du monde musulman (blog associé : www.rencontrejfm.blogspot.com), sera le modérateur du débat qui constituera la seconde partie de la manifestation organisée conjointement par le CRIF et le Centre Rachi d’Art et de Culture sur les Juifs de Tunisie « Et puis un jour…l’exil », qui se déroulera le 17 septembre 2007 à 20h30 au Centre Rachi. Il répond à nos questions.

Pour vous, c’est quoi la Tunisie ?

La Tunisie est le pays où je suis né, où j’ai passé mon enfance et le début de mon adolescence : des années que l’on n’oublie jamais, car ce sont celles où l’on découvre la vie, à travers un ciel, des paysages, des odeurs, une atmosphère … Au-delà de la blessure jamais fermée d’avoir vécu près de quarante ans loin de la terre natale, je réalise la chance extraordinaire d’avoir été là-bas, et pendant cette période : à mesure que je grandissais allait s’effacer l’univers de mes parents, celui de Tunis ville cosmopolite d’où venait de partir la tutelle coloniale : est venu se graver dans ma conscience, ensuite, la conviction que tout est fragile et peut changer avec les années qui passent – une expérience douloureuse que l’on craint de revivre, par exemple en France aujourd’hui où la communauté juive s’est sentie abandonnée après les agressions antisémites …

Pourquoi, selon vous, les Juifs de Tunisie ont-ils choisi l’exil ?

Il n’y a pas eu une cause unique, mais une convergence de causes :

1- Pour tous, le départ a correspondu à l’élimination, plus ou moins brutale, de l’ensemble des minorités non musulmanes après les indépendances ;

2- Pour les Juifs, s’est ajouté naturellement la peur de rester en terre arabe au cours des décennies où Israël était en état de guerre avec l’ensemble de ces pays ; cette peur a été ravivée par des épisodes violents (Bizerte en 1961, guerre des six jours en 1967), alors que le peuple tunisien est resté en majorité non violent ;

3- La francisation était très poussée au moment de l’indépendance ; l’obstacle de la langue, d’une part, le fait d’avoir été « du mauvais côté » ensuite, tout cela a été chèrement payé quand les Tunisiens sont redevenus maîtres chez eux ;

4- Il y a eu enfin une Alya idéaliste, surtout pour les communautés juives de l’intérieur qui sont partis vers Israël alors que les Juifs de Tunis ont préféré en majorité partir en France.

Pourquoi, pour qui, maintenir vivace le souvenir d’une communauté juive millénaire dont seuls quelques centaines de membres sur plus de cent mille il y a un demi-siècle, vivent encore en Tunisie ?

Je crois que la réponse n’est pas spécifique aux originaires de Tunisie. « Zakhor », « souviens toi », tel est l’antique commandement de nos ancêtres, que se répètent les originaires de toutes les communautés, dont les rites ont charrié à travers les siècles des spécificités dans les prières quotidiennes ou lors des grandes fêtes. Notre mémoire judéo tunisienne apparaît plus heureuse que celles des autres, et pour qui a un peu étudié les histoires d’autres judaïsmes en terre d’islam ou en Europe, on ne peut que reconnaître la chance particulière des « Tunes » : miraculeusement épargnés malgré les invasions diverses de ce petit pays, n’ayant pas vécu une guerre coloniale atroce ou des brutalités ignobles comme au Moyen-Orient, ils ont peut-être été marqués par un hédonisme et une optimisme pouvant servir d’exemple à tous les autres, Juifs ou pas.

Propos recueillis par Jean-Pierre Allali

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Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
06 septembre 2007, 10:40
La synagogue de Sfax

Par Claude Kayat (*)

27/09/06 - - : Divers

Dans le cadre de la campagne internationale de la JJAC (Justice for Jews from Arab Countries) dirigée en France sous l’égide du CRIF, nous vous proposons la rediffusion de recensions d’ouvrages en rapport avec les Juifs de Tunisie. Aujourd’hui : « La synagogue de Sfax » (Première diffusion : 27/ 09/ 06).

Originaire de Sfax, en Tunisie, Claude Kayat vit depuis de longues années à Stockholm. Bravant les frimas suédois, il continue de nous offrir des récits chaleureux et ensoleillés, pleins de cet humour « tune », celui des « Magnifiques » chers à Michel Boujenah qu’il avait si bien rendu en son temps dans un premier roman « Mohammed Cohen » (1).

Avec « La synagogue de Sfax », Claude Kayat retrouve son langage finement ciselé, ses mots toujours choisis et cette verve qui va si bien à ses personnages truculents à la Marcel Pagnol.
Mais, par-delà les aventures cocasses du pharmacien Marcel Guez, de son épouse obèse, Rachel, d’Isaac Haddad, l’amant de cette dernière, grand amateur de rondeurs féminines ou encore de Mohammed Cohen en personne, glissé là comme un clin d’œil, un « private joke » à l’intention du fidèle lecteur, c’est un témoignage sur les derniers instants du judaïsme tunisien qui nous est proposé. Car au moment même où une nouvelle synagogue est édifiée, des nuages sombres s’accumulent au-dessus des têtes des Juifs de Tunisie. Les contours de l’indépendance du pays se dessinent, les Arabes sont de plus en plus réservés voire hargneux vis-à-vis des Juifs. Dans le nord du pays, les fellagas s’insurgent et les attentats se multiplient. Et, tandis que sur les ondes de Kol Tsione Lagolah, Félix Allouche, militant sioniste de la première heure, vante les mérites de la vie de pionnier en Terre sainte, les départs des Juifs tunisiens vers la France ou vers Israël s’organisent. L’exode se prépare, inéluctable. Bientôt, les commerçants arabes, les cochers de fiacres maltais, les pêcheurs siciliens et les enseignants français qui, avec les Juifs, formaient un microcosme chatoyant par sa diversité, vont laisser la place, car tel est le vent impitoyable de l’Histoire, à une Tunisie musulmane uniforme. C’est ce chant du cygne d’une Tunisie bigarrée avec ses mendiants et ses aveugles, ses pauvres et ses mécènes, ses marieuses et ses prostituées, ses musiciens et ses voleurs, qui vit ses derniers soubresauts, que nous offre Claude Kayat et nous devons lui en être reconnaissants.

Les choses iront petit à petit mais en s’aggravant. Au début, ce ne sont que les vociférations d’un charbonnier arabe : « Attendez un peu !On vous massacrera tous jusqu’au dernier. À commencer par les Juifs ! ». C’est ensuite la belle synagogue qui subit des déprédations. Un vitrail, puis deux, puis trois…Puis une porte…Les fientes d’oiseaux qui s’amoncellent dans le lieu de culte où l’on ne réussit plus à réunir un myniane, le quorum de dix hommes juifs adultes, nécessaire à la prière collective. Un Grand rabbin qui décède. Des propriétaires fonciers qui vendent à perte à des Arabes leurs maisons et leurs oliveraies. De vieux Juifs paisibles attaqués par des voyous au prétexte qu’ils sont sionistes : « Tiens, sale Hébreu !Voilà pour le Sinaï !Voilà pour Jéricho !Voilà pour le Golan ! ». Des gens apeurés qui se cloîtrent chez eux. Kayat raconte : « Dans ce climat de peur, les départs précipités pour la France ou Israël connûrent une nouvelle recrudescence. Si les marchands de valises réalisèrent d’excellentes affaires, la viande et le vin casher se vendirent beaucoup moins. Privé de sa pratique, l’unique boucher juif encore à Sfax ferma bientôt boutique et fit ses malles, ce qui sonna le glas de la communauté israélite de la ville ». Pour subsister et pour conserver leur emploi dans un environnement hostile, certains Juifs, tel Fraïm Lévy, chauffeur de poids lourds, sont amenés à se convertir à l’islam. Aujourd’hui, mille Juifs demeurent encore en Tunisie dont une dizaine à Sfax.

Désormais, c’est à Paris, Marseille ou Tel-Aviv que les Juifs tunes peuvent déguster la kémia, boire la boukha ou se lécher les doigts après avoir avalé makrouds, zlabias et autres pâtisseries dégoulinantes de miel. Il était une fois des Juifs en Tunisie.

Un roman très sympathique.

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions Punctum. Septembre 2006. 192 pages.15€

(1) Éditions du Seuil. 1981.
Re: Juifs de Tunisie-actualité-publications-réunions-conférences
07 septembre 2007, 09:17
De Tunis à Jérusalem

07/09/07

- Thème: Histoire

L’historien Armand Attal, spécialiste des questions de relations internationales, professeur agrégé de géographie, natif de Tunisie où il a longtemps enseigné avant de poursuivre sa carrière à Saint-Maur, a été remarqué, il y a quelques années, pour son ouvrage de référence sur la capitale d’Israël, écrit avec Valérie Rivière-Tancer : « Jérusalem. Destin d’une métropole » (1997) Il sera l’un des intervenants de la manifestation organisée conjointement par le CRIF et le Centre Rachi d’Art et de Culture consacrée aux Juifs de Tunisie « Et puis un jour…l’exil », qui se déroulera le 17 septembre 2007 à 20h30 au Centre Rachi.

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