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l ENFANT ET LE VIEILLARD VOLET 14°

Envoyé par breitou 
l ENFANT ET LE VIEILLARD VOLET 14°
24 janvier 2021, 10:51
L’Enfant et le vieillard. Volet 14°

PAR L ENFANT DE LA GOULETTE
ALBERT SIMEONI

Toute ressemblance avec des personnages connues, existantes, n’est que pure coïncidence…

Khalled m’invite donc à faire connaissance avec sa famille.

Cela fait trois mois que Khalled et moi avions fait notre première rencontre. Un hasard l’a mis sur mon chemin, lui le jeune adolescent tune, lycéen, sans bcp d’amis car éduqué dans la méfiance que ses parents lui ont inculquée. Et moi le vieux revenant juif apportant la bonne parole à cet adolescent ignorant tout de sa ville natale. Il ne connaissait rien de son histoire sociale.
Il ignorait totalement que d’autres communautés vivaient en symbiose autrefois partageant le pain et le sel.
La famille habitait juste derrière l’ancienne maison des vieux juifs, O.S.E, rue HAMOUDA PACHA pour la sortie et avenue Franklin Roosevelt pour l’entrée principale.
Au Numéro 35 de la rue HAMOUDA PACHA. Une vieiIlle villa retapée que je connais très bien, laissée à l’abandon autrefois et que le papa Mounir l’a racheté grâce à une connaissance.
Lorsque je me suis présenté devant le portail en fer, Khalled était devant la grille prêt à m’accueillir. Ses parents étaient sur le seuil de la maison, et les voilà qui viennent me voir avec une grande émotion qui trahit leur visage. ‘...MARHABA….MARHABA YE SI ALBERT…...ET FADEL. ZARETNE BARCA BIQ…. ‘...( Bienvenu...Mr Albert, entrez, que votre venue soit une bénédiction pour nous…!) Qui mieux que moi connaît cette chaude hospitalité tunisienne.
Je franchissais après de nombreuses années mon ancienne maison qui a vu mes enfants jouer à la balançoire. Ils l’ignoraient et je me suis bien gardé de le leur dévoiler.

Son épouse Leila, me prend par le bras ‘...Ijjé nouariq el dar… !’ ( Viens je te fais visiter la maison….!) Une maison dont je connaissais tous les coins et recoins et qui n’a pas changé à part les meubles.

La salle à manger ne ressemblait plus à ce qu’elle fut autrefois, deux grands bancs adosses au mur de style tunisien, une télé et des cadres enjolivés de versets de Coran.

Elle me présente ses enfants, des filles Rym, Houda et Nadia, tête baissé elles viennent m’embrasser en rougissant. Khalled semble vivre un rêve. Leila me montre la cour intérieure, là où ma dernière fille Valérie, 4 ans, en sabot aidait la jeune domestique à tordre le linge, et lui parler en arabe.
Une vive émotion me prend, et des larmes coulent sur mon visage, vite réprimées. Khalled s’en aperçoit et semble s’interroger. Il ne dit rien mais prend ma main pour revenir à la salle à manger qd soudain, une vieille dame sort de sa chambre ‘…...Albert, ommi (….C’est ma mère) Me dit Leila. Et là tétanisé, je cherche les mots…
‘….Albert, marhaba biq…!( Qu’elle me dit) Ijjé neqadou fouq el banq ( Asseyons nous sur le banc) Omi Fatouma, c ‘est son prénom, m’invite et soudain ses yeux s’embrument. ‘...Netfeqar ââla jirén el youd, Naccache, Chiche, Bellaiche, Merie eli cenet dji qol ââch’wé ( Je me souvient de nos voisines…….Celles qui venaient tous les après midi à mes cotés) Céne necherbou el teye ou nedah’qou soua’ye ou soua’yé taht el couberté.. !! ‘( Nous prenions le thé et nous rigolions des heures et des heures durant sous la couverture).
Ce qu’elle ignorait c’est que je connaissais Om Fatouma, du temps, où elle était une jeune femme très belle. Elle se met à pleurer en me serrant les mains ‘….Séneouét eli me ritch youdi tkhal el darna, ou Khalled mei yah’lef cent biq, i habeq (...Des années que je n’ai pas vu un juif franchir le seuil de cette maison, Khalled ne jure que par vous, il vous aime…!) Elle me prend à bras le corps et m ‘embrassent à profusion.
On frappe à la porte et c’est la sœur de Leila qui entre avec son mari, puis ce fut le tour du frère de Mounir et de sa femme Kaltoum….Ils viennent tous m’enlacer comme si j’étais un parent lointain venu leur rendre visite après un long voyage….

Nous sommes tous attablés lorsque je demande s’il est possible de goûter aux pâtisseries sur le tapis étendu sur le sol, goûter à la mode tunisienne, celle des campagnes….La table est déportée dans la cour….et à sa place une table basse de style mauresque…...La vieille OMI FATOUMA laisse couler des larmes, se lève de son banc péniblement et vient me serrer une nouvelle fois, dans ses bras, elle me serre comme si j’étais son fils…..

‘...En hab en chem el youdi ( je veux te sentir ) Tewe senéwet éli rahou ââliye, rani touhech’tem yesser ou qif en choufeq net feqar qol ââ’liya, jiréni, elli cenou, meghir i derbou ââl beb i dekh’lou, iye ehdi el ââ’chra (...Ca fait des siècles que je l’ai ai perdus,, je les ai bcp languis, et lorsque je te vois, je me rappelle mes voisins, qui poussaient la porte, tjs ouverte et sans y être invité, nous radotions des heures et des heures, elle était ainsi notre cohabitation).
Le jeune Khaled peine aussi à retenir ses larmes ‘...Ye mémèti, omreq me hqitli ââliyem…!) ( Méme tu ne m’a jamais parlé d’eux) ‘...Pourquoi parler des absents, quand tu n as pas vécu cette période… ! ) Les convives approuvent de la tête. En silence.
‘….Albert… ! ' Dit la vieille, ‘... El haloué ehdi qolla kechir, iye omi Taita lakhraniyé menqomââmelt el makroud, el yoyo, el debla, el cake, qol chey bel souab (….’...Toutes ces douceurs orientales sont Kacher, c est Taita la survivante de ce qui reste comme juive ici, la seule qui les as cuisinés pour toi…!) Un frisson parcourt tout mon être…. !’ …..

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