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SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7°...8° 9°

Envoyé par breitou 
SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7°...8° 9°
07 mars 2021, 11:02


TEXTE DE LAURIE BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1°


Ma mère Tounette aurait eu 92 ans aujourd’hui et c’est également le jour anniversaire du décès de mon père(34ans). J’avais fait savoir à ma mère que cette année, les deux anniversaires devaient coïncider et elle en aimait bien l’idée. J’ai repris la plume pour leur rendre hommage ensemble à travers des anecdotes de notre jeunesse en Tunisie. Notre villa de la plage (années + ou- 1965...) Nous avions une bien jolie maison de plage dans une petite ville appelée Aéroport, tout près de Kherredine. Au mois de juin commençaient les préparatifs pour accueillir la famille et surtout .....les cousins et cousines. Mon père emplissait une petite chambre (à l’arrière de la maison) de nombreuses bouteilles de gaz, de centaines de bouteilles de boissons gazeuses, de pâtes, de riz, de semoule, de concentré de tomates, de bouteilles d’huile, de sucre en poudre, de farine... Une vraie caverne d Alibaba...à la tune! Ma mère faisait le tour des placards à linge pour s’assurer qu’il y aurait assez de linge pour tout le monde, organisait les chambres et s’affairait à remplir les frigidaires. Lorsque tout était fin prêt, nos cousins pouvaient enfin arriver! Nous attendions toute l’année ce moment propice aux retrouvailles. Nous avions presque tous le même âge: Dyna, Yvan, Paula, Annie, Vera Guy, Dominique, Patrick, Martine les privilégiés, et les autres qui passaient à tour de rôle quelques jours à la maison. Même parfois les cousines de nos cousines... Il n’y a pas longtemps, j’ai posé à ma mère la question qui m’interpelle toujours. « Comment avais-tu la patience d’accueillir autant d’enfants à la maison? » C’était comme une évidence, un cadeau que mes parents nous faisaient ,qu’ils offraient à notre Famille. Et même s’ils étaient bien aidés, cet engagement durant de nombreuses années mérite l’admiration. Notre Villa avait deux faces : côté cour et côté jardin. Devant, il y avait un joli jardin bien ordonné où se dressaient symétriquement deux palmiers majestueux, des bordures de fleurs où se mêlaient jasmins odorants (fleurs préférées de ma mère), chèvrefeuilles jaunes et blancs à l’odeur et au goût suave, et d’épais bougainvilliers violets qui recouvraient les murs repeints à la chaux blanche chaque été. Ma mère aimait beaucoup les fleurs! Je la revois arrosant, tous les soirs,ses parterres fleuris, promesse du magnifique bouquet coloré qu’elle préparerait et qu’elle déposerait sur notre table de Shabbat, y mêlant avec dextérité les fleurs du jardin et celles que mon père lui offrait.... Deux belles et larges banquettes aux gros coussins fleuris, sous chaque palmier, appelaient à la nonchalance des soirées d’été où mes parents et leurs amis refaisaient le monde jusqu’à une heure tardive de la nuit. On y servait thé aux pignons pour les noctambules,citronnade maison légèrement parfumée à la fleur d’oranger, orgeat glacé et boulous faits maison par Tata Dora ou Tata Rosalie (2 sœurs de ma mère). Il fallait en faire des kilos toutes les semaines tant nous étions nombreux dans cette maison. Et lorsqu’il n’y en avait plus....on se contentait de gâteaux achetés . Clin d œil à mon fils David: aucun n’étaient aussi bons et parfumés que ceux qu’il fabrique aujourd’hui!!! Une grande véranda aux murs recouverts de carreaux ,bleu couleur ciel, deux jolies fenêtres en fer forgé blanc, deux tables et quelques chaises en bois ,peintes (par ma mère) et dans un coin, à l’abri des courants d’air, une gentille Tata couverte d’un châle blanc.... C’était le tableau chaleureux et accueillant de notre « maison de la plage ». Côté cour, on pouvait parler d’ordre mais dans le désordre...des odeurs!!!! Dans un coin, un « canoun » d’où s’exhalait l’odeur tenace et envoûtante des poivrons et des tomates grillés. S’y mêlait l’odeur chaude des énormes baquets en zinc, débordants d’eau chaude et blanche dans lesquelles fondaient les gros pains de savon de Marseille et qui attendaient de recevoir les dizaines de serviettes à toilette, les dizaines de draps, les centaines de tee-shirts jupes, shorts, pantalons, « tricots de peau », torchons, nappes, serviettes de table.... Merci à Fatma, notre femme de ménage qui était chargée de laver et d’étendre ce linge qui séchait si vite sous le soleil ardent des mois d’été. Je la revois, dans la buanderie, son fichu aux couleurs chatoyantes sur la tête, son saroual mouillé et légèrement relevé, penchée sur sa planche en bois, frottant de toutes ses forces les habits que nous avions souillé au gré de nos bêtises. Toujours avec bienveillance ,elle s’amusait de nous voir glisser dans l’eau savonneuse qui se répandait sur les grandes tomettes rouges, brûlantes.... Notre espièglerie n’avait pas de limite! Dans un autre coin, sur une large planche de bois séchaient à l’ombre d’un vigoureux laurier, des tomates olivettes, salées au gros sel,et que ma mère faisait frire ensuite et qui surmontaient le délicieux complet poisson qui nous attendait parfois au retour de la plage. Il arrivait que ma mère «descende» à Tunis pour deux grandes heures en général, et là commençaient nos vrais délires d’enfants. Avec la complicité de Rzèla notre fidèle femme de ménage pendant cinquante ans, comme par enchantement ,tous les matelas de la maison se retrouvaient dans notre « Cour des miracles ». Dessus,nous suspendions les draps aux cordes à linge pour faire des tentes dans lesquelles nous sautions, faisions des batailles de polochons, des galipettes....des vrais animaux de cirque! Lorsque Rzèla sonnait le clairon, alors que le retour de ma mère approchait, « flash back »! Tout reprenait sa place, les lits étaient refaits, les draps bien tirés, et dans la maison bien rangée, aux volets fermés, ça sentait bon l’ordre et la propreté. Ma mère ne se doutait de rien! Et je crois que pendant les 2 heures où nous laissions libre cour à notre imagination, Rzèla pouvait enfin vaquer à ses occupations..... Nous aimions bien aussi nous déguiser avec des habits trop grands pour nous;Il nous arrivait souvent de jouer à l’armée... mais les plus jeunes n’avaient jamais la chance de dépasser le grade de soldat (Paula et moi); nous jouions aussi à rendre la justice mais le condamné était souvent le même cousin qui devait rester quelque temps en prison(dans la buanderie)les jurés étant impitoyables! Aucune chance pour lui de voir sa peine raccourcie! Pas de grâce non plus!Il se reconnaîtra... Nous étions généraux, fantassins, accusés, juges ou troubadours au gré de nos envies! C’était une des journées extraordinaires que nous passions dans la maison de la plage... Nul besoin de télé, ni de jeux vidéo, ni de portable pour nous éclater. Tous les jours, nous réinventions de nouveaux jeux. Cette époque a traversé le temps et les générations,et s’est prolongée avec les nombreux séjours de mes enfants et petits enfants dans cette si jolie « maison de la plage ». Pour toutes ces journées inoubliables, pour tous ces souvenirs délicieux, pour tous ces moments de bonheur partagé, Papa et Maman Merci... Ce récit est à l’attention particulière de mes frères, mes cousins, cousines, mes enfants, mes petits enfants chéris.

Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE.
13 mars 2021, 18:31
Mon père aurait eu 100 ans aujourd’hui et je voudrais lui rendre hommage à travers de petites histoires qui ont bercé notre enfance. Et vous distrairons un peu j’espère! Par la magie des mots nous voilà transportés en 1935(+ ou-) Mon père est né le 2 février 1921 à Nabeul. Il avait perdu sa mère très jeune et c’est sa grand mère (Oumi Tatou)qui éleva les nombreux enfants de sa filles,avec très peu de moyens. Dans ces années là,malheureusement,ce genre de situation arrivait fréquemment .

Mon père adorait sa grand mère et quand il commença à travailler chez son oncle David,il la gâtait du mieux qu’il pouvait lui apportant quand « les affaires »étaient bonnes....un beau poulet avec lequel,elle réussissait par la magie des mamies vaillantes,à faire de bons petits plats pour presque toute la semaine ,rajoutant par ci par là des pommes de terre,de la mie de pain,des haricots blancs..au gré de son imagination et de son panier(de son couffin plutôt!) Cette mamie aimante et dévouée n’avait jamais fréquenté l’école (c’était les années 1870)mais elle était douée d’un sens inné des mathématiques.

Lorsque mon père n’arrivait pas à résoudre un problème de trains qui se croisaient,il allait la consulter comme on consulte un professeur agrégé de mathématiques et là ,il lui traduisait en arabe,l’énoncé du problème (qui l’empêchait en réalité d’aller jouer au foot avec ses copains)et elle lui expliquait avec patience le problème et ....lui donnait la réponse!La bonne réponse! Peut être à titre posthume pourrait on donner à mon arrière grand mère le diplôme de professeur de mathématiques..... Comme vous l’avez compris plus haut,mon père rêvait jour et nuit des matchs de foot qu’il pourrait disputer Toute la journée sur des terrains vagues avec ses copains. Ils n’aimaient pas trop l’école ! Toutes les occasions étaient bonnes pour rater quelques heures d’étude .

Mon père avait même inventé des fêtes religieuses pour s’absenter..... Mais le maître d’école veillait au grain et il les piégeait de temps en temps !Une belle saison de printemps à Nabeul,l’odeur des fleurs d’oranger qui se répandait dans la ville,un beau terrain sablonneux ,de beaux et jeunes garçons vigoureux,voilà les ingrédients rêvés pour un bon match de foot entre copains . Mais ,il fallait aller à l’école! Les parents et le président de la communauté juive (M.Karila)y veillaient. Ils souhaitaient que ces « gars » là fassent quelque étude et deviennent peut être ....instituteur ou commerçant! Voilà donc que mon père ,chef de bande,encouragé par ses amis alla parler au maître pour lui quémander une petite petite récréation de quelques heures « pour aller prier à la synagogue »lui dit il! « ´c est fête aujourd’hui!On doit aller faire la prière le matin,rentrer chez nous pour déjeuner en famille et après,retourner prier à la synagogue » Le maître d’école qui portait un nom bien français était juif,mais eux ne le savaient pas! Le maître comprit illico la supercherie et fit semblant de les croire! Il leur donna l’autorisation exceptionnelle de s’absenter pour aller prier!!!! Imaginez les,(Amiel,Chaïd,Moumou...) fous de joie de leur bonne blague et sautillant pour aller rejoindre d’autres enfants et disputer une revanche tant attendue!!! Nul besoin de se changer et de chausser des chaussures de sport Ils disputeraient ce championnat pieds nus! Le match se déroule comme prévu,dans la joie et les éclats de voix des supporters et alors que mon père avait le ballon et qu’il s apprêtait à tirer un shoot magistral il entendit un « Vas y Robert,shoote! » Mon père tomba à la renverse de surprise!!!et de peur!!!! C’était le maître d’école qui venait siffler la fin du match! Oulala!Catastrophe! Adieu veaux ,vaches,cochons couvées !(fable de La Fontaine) Le pot aux roses était découvert! Le maître d’école donna une bonne gifle à tous les participants(Ça se faisait à l’époque) et dit à mon père qu’il souhaitait parler à son père .....

Mon père craignait plus que tout,les coups de canne que mon grand père lui réservait de temps à autre pour lui remettre les idées en place,disait il! Mon père n’était jamais à cours d’idée et pas ,non plus,à unebêtise près!Il avait de la suite dans les idées! Et voilà qu’il va voir un gentil et vieux monsieur,bedeau d’une petite synagogue,de son état . Il lui raconte l’histoire du match de foot et des coups de canne que son père lui donnerait s’il avait vent de cette terrible histoire.Il le supplie et le persuade de prendre la place de son père auprès du maître qui les attendait de pied ferme ...? Se présentent donc,mon père avec son air penaud de circonstance,la casquette enfoncée jusqu’au menton et le pauvre shamash qui avait revêtu son beau costume de Shabbat pour faire bonne impression . Le maître d’école laisse parler le père de substitution (qu’il reconnut),se montre très fâché et dit à quel point les agissements de mon père étaient graves et préjudiciables à son avenir....Il les fait patienter dans son bureau....et là,ô surprise,il revient avec une canne et donne à mon père et au pauvre et gentil bedeau une « trékha » dont ils se souviendront toute leur vie.

Mon père s’excusa auprès du maître et du shamash et retourna à l’école...pour quelques mois avant de jeter l’éponge et de se lancer très jeune dans le commerce ,de tout et de rien... C’était une des histoires que mon père aimait nous raconter en mimant le shoot raté,les coups reçus...et qui nous amusait tant! Cette histoire est adressée particulièrement à mes petits enfants pour qu’ils n’imitent pas pas leur coquin d’arrière grand père!!!!! Même si j’ai toujours été très fière de sa réussite et de l homme respectable qu’il était devenu!
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE.
16 mars 2021, 04:50
VOLET 3°


Savez vous qu’il existe plein de sortes de Chakchouka tunisienne? Je vous propose cette Chakchouka ...comme une ode à ma mère Tounette! Fermez les yeux et imaginez vous par une belle journée de Mars, dans une jolie maison où règne une ambiance de Pessah qui approche... Les meubles au milieu du salon; dans la cuisine, une batterie de casseroles briquées de près, des verres dans l’évier blanc qui s’entrechoquent comme une note de musique et une pile d’assiettes qui attendent pour la « tbila », le frigidaire vidé pour son grand nettoyage, le sol jonché d’eau claire mélangée à l’eau de javel, les persiennes bleu azur grandes ouvertes sur le jardin en fleurs, un petit courant d’air marin ...un petit son de harpe venu de la mer toute proche, quelques papillons sortis de leur cocon et qui font connaissance avec le jardin; au loin dans ce ciel de printemps, une colonie d’hirondelles qui dessinent des arabesques et qui appellent au voyage.... Et Rzèla et Fatma qui s’en donnent à cœur joie dans un tintamarre indescriptible, dans l’eau et la bonne humeur et ma mère en peignoir fleuri, en chef d’orchestre, qui fait valser sa baguette....(plutôt cuillère) en bois, préparant le repas pour la famille, les peintres couverts de chaux, les aides au ménage...et les invités de passage! Bien sagement posée sur la cuisinière, une jolie casserole bien brillante, d’où s’exhalent déjà les parfums mêlés d’une Chakchouka à l’odeur inimitable, au goût et aux couleurs des fêtes de Pessah. Lorsque vous cuisinerez ce plat tous vos sens seront en éveil!..et vos papilles impatientes.... Le goût du mélange des légumes et des herbes de printemps Les couleurs: un véritable tableau de légumes achetés au marché du jour... Et l’odeur enivrante des bons petits plats préparés avec finesse par ma mère... Ingrédients pour 8 personnes (même si vous n’êtes que 5...vous en remangerez! parole de Laurie!) 20 ml d’huile d’olive et 10 ml d’ huile d’arachide 5 tomates fraîches (olivettes, elles avaient la préférence de ma mère) 5 gousses d’ail frais (si possible) 2 oignons frais 2 poivrons rouges 1 poivron vert 6 grosses pommes de terre 300 g de fèves fraîches 5 cœurs de artichauts 1/2 chou fleur 1 courgette vert clair 2 carottes 2 cs de concentré de tomate. 1/3 de bouquet de coriandre fraîche Quelques brins d’aneth (l’un n’allant pas sans l’autre dans le folklore culinaire tunisien: « shebt ou kosbore ») Dans un grand faitout, verser le mélange des huiles, l’ail, les oignons, les tomates coupés en dès. Mettre sur feu moyen et faites danser votre plus belle cuillère en bois, pendant 10mn. Rajouter les poivrons coupés en gros dès, les pommes de terre en gros dès aussi, les fèves fraîches décortiquées, les fonds d’artichauts en grosses lamelles, les fleurs du chou fleur, la courgette en dès et enfin les carottes en rondelles, le sel, le concentré de tomate. Versez 2 bons verres d’eau froide. Touiller et sur ce magnifique mélange, poser délicatement un piment vert piquant, pour les amateurs de sensations fortes. Votre palais vous remerciera! Couvrir. Au bout d’une demie heure ajouter les herbes et laisser cuire encore 5mn. Pour en faire un repas complet creuser des petits puits dans les légumes et y déposer des œufs . Si vous mangez cette shakchouka avec du bon pain, préférez l’œuf pas trop cuit. Bon appétit!
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3
21 mars 2021, 09:21
VOLET IV

Histoire pour les enfants:

Si je vous dis: « Quel animal de compagnie » souhaitez vous pour vos enfants,vous répondrez quoi? Un chat ,un chien,un hamster... Et ben ,nous avons choisi un ... Août 79,Bernard et moi revenons du marché du Kram en voiture. David (4ans) est derrière,pas attaché et il regarde par la fenêtre arrière. Soudain il se met à gesticuler dans tous les sens à la vue d’un....petit âne ! L’histoire devrait s’arrêter là, mais non... Bernard arrête la voiture et prend David dans les bras pour lui montrer le petit âne de plus près . David est émerveillé par cet âne aux yeux d’ange et Bernard est déjà conquis! On doit remonter en voiture mais David ne veut plus quitter l’âne.... Il regarde Bernard avec des yeux suppliants.... Bernard se tourne vers moi et sans que l’on se parle ...on s’est compris! Sans se poser plus de questions, Bernard propose de l’acheter et l’affaire est conclue! contre 5 Dinards (aujourd’hui peut être l’équivalent de 50€)! Nous voilà les heureux prioritaires ....d’un âne !!! Ne dit on pas qu’il faut toujours relativiser? Dans ma tête je me disais: « heureusement que nous n’avons pas croisé la route d’un éléphant !».... Puis il faut maintenant rentrer à la maison. Je prends le volant et Bernard fait quelques centaines de mètres en tirant l’âne... Un tableau inédit! On arrive avec l’âne , entre temps baptisé Martin, chez mes beaux parents qui avaient loué pour l’été une jolie maison à l’Aeroport. Affolement général!!!!Bernard les rassure en leur disant que de toute façon, l’âne passerait les vacances chez mes parents.... L’âne n’était pas très propre. Nous devions ramener notre « invité » chez mes parents où Jeremie (2ans) nous attendait, sans se douter du cadeau qui arrivait. Bernard décide de laver notre âne Ma belle mère donne à Bernard sa plus belle brosse, une bassine, du savon et voilà que Bernard se met à le nettoyer vigoureusement . Tant et si bien que l’âne fait un malaise et tombe évanoui devant mon beau père éberlué par la scène qui se joue devant lui. Panique à bord! Bernard avait bien fait des études pour soigner les hommes ....mais pas les ânes! Imaginez un instant : Un âne évanoui, couché dans une véranda!!!! Bernard essaie de le réanimer en lui donnant des petites claques , pendant que je cherchais désespérément le numéro de téléphone d’un vétérinaire.... Au bout de quelques minutes, Martin se lève, il reprend ses esprits ....et nous aussi!Ouf! Sacrée idée que nous avons eu là! On arrêtera là la toilette de Martin ! Et on reprend la route à pied en tirant Martin, encore un peu sonné.....pour aller chez mes parents. Pendant tout le chemin David frétille de joie et court autour de l’âne comme un derviche tourneur!!! sans avoir le vertige! Nous arrivons chez mes parents: Re-affolement général! Touts les habitants de « la jolie maison de la plage » sont dehors ! Je vous laisse imaginer la joie de Jérémie(2ans). Et l’effarement de mes parents!!! On court dans tous les sens pour chercher une bassine que l’on remplie d’eau et une brouette (chez le voisin) que l’on va vite remplir de peaux de pastèques, sur les conseils avisés de Rzala (notre fidèle femme de ménage). Martin se met à l’aise, prend ses quartiers d’été, lui aussi, dans notre « cour des miracles! » C’est là que David a appris que les humains pouvaient aussi manger des peaux de pastèques enfin, le blanc de la pastèque.... Il en fit goûter aussi à Jérémie qui apprécia moyennement ! Et depuis Tommy ,le fils de David adore le blanc de pastèque....et Carla la fille de David s’est mise à l’aimer aussi! Paraît-il que c’est héréditaire! En souvenir de l’histoire extravagante de Martin. La recette qui va suivre sera celle des « B/âne/attache » soit ,Banatages Ingrédients pour 15 pièces 6 grosses pommes de terre bouillies et écrasées. 2 oignons hachés et dorés dans un fond d’huile. 300g de viande cuite (ou poulet)et effilochée. Un peu de persil haché que l’on rajoutera aux oignons dorés, pour 5 mn de cuisson. 1 œuf cru. 2 oeufs durs coupés en petits morceaux. Sel,poivre. 1/2 citron pressé. Pour la friture: Un bon fond d’huile dans une poêle. 2 oeufs battus dans un bol. Chapelure ou farine de matza à Pessah. Mélanger les pommes de terre,les oignons et persil (bigadillou en judeo italo arabe), la viande, le sel, le poivre, l’œuf cru, le citron. Rajouter délicatement les morceaux d’œufs durs . 2 astuces: Mettre à refroidir la farce pour quelques heures au frigidaire Les morceaux d’œuf dur ne doivent pas apparaître sur les bords du banatage. Ainsi, vous n’aurez pas la mauvaise surprise de voir les banatages s’ouvrir ou éclater. Former les banatages comme des gros œufs. Les rouler dans la chapelure, la farine ou la farine de matza puis les tremper dans les œufs battus puis friture! Laisser dorer sur feu vif sur toutes les faces. Retirer délicatement et déposer sur du papier absorbant. Servir chaud ou froid...à toutes les heures... « B/âne/appetit! » soit, bon appétit! PS: Martin a coulé des jours heureux dans la ferme d’un ami de mon père à Nabeul. Et chaque année, mes parents allaient lui rendre visite et envoyaient des photos à nos enfants.

Pièces jointes:
BOULETTE LAURIE.jpg
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3 4.5
05 avril 2021, 08:34
TEXTE DE LAURIE BOUTBOUL NEE CHICHE...VOLET 5°


Ma rue.... Nous habitions rue Caton, à 2 pas du célèbre Marché Lafayette, à Tunis. Mon école, rue Scipion l’africain, toute proche, était une petite école avec des classes d’une trentaine d’enfants. Vers l’âge de sept ou huit ans, j’y allais à pied, avec des copines. On s’y rejoignait sur le chemin et l’arrivée à l’école se faisait par hordes d’enfants joyeux et agités... Mais après, une fois rentrés, nous attendions toujours en rang que la maîtresse nous intime l’ordre de rentrer en classe, et en silence. Lorsque la maîtresse ou la directrice entraient, on se levait. On ne répondait que si, doigt levé, la maîtresse nous autorisait à parler. Enfin l’ordre y régnait! J’avais une maîtresse de français et un maître d’Arabe très sévère dont la règle en fer qu’il balançait du bout de ses doigts représentait pour les élèves récalcitrants, la promesse sur leurs doigts, d’un souvenir mémorable..... Du CP au CM2, nous avions le même livre, c’était la même litanie, la même rengaine, à tel point qu’au bout de 60ans, je me souviens toujours du « Bè,bè,bèkarone,bèbone »...mille fois lus, mille fois écrits, mille fois chantonnés, la première page du livre d’arabe..... Notre apprentissage de la lecture et de l’écriture arabe ne nous laissa pas, d’ailleurs, le souvenir d’une langue apprise à l’école..... A peine quelques rudiments! Si je parle bien arabe aujourd’hui, c’est à Rzèla que je le dois et surtout à mon père qui disait 3 mots d’arabe et 3 mots de français par phrase! A midi, je rentrais déjeuner, en famille, d’un bon plat cuisiné que nous mangions, tous ensemble, père mère,enfants ... le repas sur le pouce ou le plateau télé ,cela n’existait pas! Et retour à l’école jusqu’à 17h. A 17h, Nous pouvions goûter à la maison d’un bout de pain creusé en son centre par une barre de chocolat Allal ou d’un morceau de pain harissa et huile d’olive pour les plus hardis ou.....dehors! Lorsque les journées étaient chaudes, de temps à autre, un marchand ambulant passait sous nos fenêtres avec un énorme cube blanc en bandoulière ..... Frigolo, frigolo, hurlait-il! Et nous lui faisions signe de la fenêtre pour qu’il attende que l’on descende lui acheter ces sandwichs à la glace enrobés de chocolat. Je crois que le seul parfum qu’il vendait était « Toutifrutti », un parfum indéterminé , un mélange des saveurs qui le rendait impossible à imiter...... Mon père qui n’aimait pas que nous en achetions, nous assurait savoir que ces marchands là, achetaient les restes de glaces de tous les glaciers et nous préparaient cette affreuse mixture.... Mais j’aimais cette glace au goût de tout et de rien, au goût de bonbons chimiques ......si je m’en souviens bien, et malgré les avertissements de mon père, il m’arrivait d’en acheter....au risque de contracter une indigestion.....disait-il! La gourmandise était plus forte! Au bout de la rue à l’angle de l’Avenue de Paris, à la croisée des chemins, un marchand en saroual, et un tarbouch sur la tête se tenait toujours debout des heures durant et dans son couffin, on savait y trouver des petits pains plats, à la bonne odeur du pain chaud, tout juste sorti du four..... odeur extraordinaire qui s’en exhalait lorsque notre marchand découvrait ses petits merveilles dorées, recouvertes d’un torchon coloré .... Les petits cornets de pages d’écolier, remplis d’olives noires toutes frippées pour accompagner ces pains, c’était le petit luxe de plus, pour une petite pièce, pour quelques millimes! L’association de l’étude et de la nourriture....pourquoi pas? En face, en décalé, pour un problème de concurrence sûrement, un marchand de kakis, délicieux biscuits salés, fins, longilignes ou en forme de petits cercles attachés entre eux par une petite ficelle, croustillants à souhait, exposés dans une corbeille . Il y avait aussi les kakis de luxe, plus chers, ronds et pleins, avec quelques demi amandes dessus.... Je cherche toujours à savoir par quelle magie ces gourmandises tenaient accrochées aux galettes ! Si vous avez la réponse ,je suis preneuse....J’ai tout essayé! Les demies amandes se retrouvent inexorablement au fond de la boîte!!!!! Mais le meilleur goûter restait la Pizza au plateau, coupée en carrés, vendue dans une camionnette blanche Memmi, qui arpentait les rues principales de Tunis en hiver et celles des villes côtières en été .... Le chauffeur klaxonnait comme un fou pour se faire annoncer. La pâte de cette pizza était à la fois épaisse, légère , aérienne, et dessous, elle était croustillante, et même parfois un peu brûlée!!!!!! Mais qu’importe! le régal était au rendez vous! La sauce tomate qui la recouvrait était faite de tomates fraîches, bien rouges, mûries au soleil de la Méditerranée... 2 ou 3 anchois, 2 ou 3 olives et ce carré devenait pour moi un vrai repas! Un délice! Mais, il arrivait que ce rêve de goûter soit contrarié par un étrange personnage, recouvert de clochettes, qui gesticulait, tournait sur lui même, agitait ses bras,et ses pieds comme un monstre désarticulé, en faisant de drôles de bruits. On l’appelait «Boussaadia »! Quelle « Fejaa! » Dans ma tête d’enfant il était l’incarnation de ce «Babahou », personnage tout aussi mythique et effrayant que mes parents promettait d’appeler lorsque nous n’étions pas sages.... Et alors, le comble de la peur était poussé à son paroxysme lorsque le rémouleur passait en bas de chez nous pour aiguiser les grands couteaux des cuisinières dans le bruit strident de la courroie qui tourne et fait apparaître des petites flammes... de l’enfer!(je croyais!)!) Imaginez Boussadia, le rémouleur et Babaou c’était le cauchemar assuré ! Pas étonnant que je ne sortais plus de la maison cet après midi, après le passage de ces 2 là, l’un après l’autre et même parfois l’un en même temps que l’autre! Recette pour un plateau de pizza tune..... réconfortante à souhait, pour se consoler de la peur..... Pour le lendemain des fêtes de Pessah,je recommande! Pour la pâte/ pour un plateau. 500 g de farine. Eau tiède. 1/2 cube de levure de boulanger. 1 oeuf. 1/2 verre d’huile. 1 trait d’huile d’olive. 1 cs de sucre. Sel. Pour la sauce: Un fond d’huile d’olive. Couper en lamelles fines 3 oignons. Rajouter 8 belles tomates bien rouges coupées en morceaux Du sel. 1 cs de concentré de tomates. Laisser cuire à couvert pour 20mn. Pour la pâte. Dans un verre diluer la levure de bière et le sucre dans un peu d’eau tiède. Laisser reposer un petit instant. Mettre dans un robot, la farine, le mélange à la levure de bière, l’eau tiède, l’œuf, l’huile, le sel. Pétrir pendant 5mn. La pâte doit être assez souple. Laisser reposer 1/2 heure. Dégazer la pâte et l’étaler sur un plateau, légèrement huilé et fariné. Laisser lever dans un endroit tiède encore 1/2 h.Etaler la sauce généreusement. Garnissez d’anchois et d’olives noires (ou vertes)par dessus. Enfourner à four chaud ,à 180 degrés de préférence en bas du four, pour 20mn environ. Au sortir du four, dessus, un petit filet d’huile d’olive pour le goût et la texture !!!!! Cette pizza n’a plus grand chose à voir avec la pizza italienne ....son ancêtre. C’est tout simplement la pizza Tune

Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3 4.5.6
13 avril 2021, 11:17
TEXTE DE LAURIE BOUTBOUL NEE CHICHE...VOLET 6°

L’exode....

Rassurez vous, cet exode n’a rien de triste!
Top départ! 30Juin 1965....
Beaucoup de juifs tunisiens quittaient le « four » (« coucha », disait mon père) qu’était Tunis en été pour passer leurs vacances dans les villes de la côte : Kherredine, L’aéroport pour nous qui avions notre propre villa , Le Kram, La Goulette,
Carthage, La Marsa....
Ils louaient (fort cher) aux habitants locaux de jolies villas au bord de la mer et les locaux s’exilaient pour deux mois.

Les valises sont enfin fermées, pleines à craquer de draps, shorts, débardeurs, jupes, robes, toujours fleuries pour ma mère Tounette qui aimait les fleurs sous toutes leurs formes. Dans la nature, dans notre jardin, sur notre table de Shabbat, accrochées aux murs, sur ses robes...

Petit rappel: En été sur sa table de nuit trônait toujours un petit bouquet de quelques fines branches de jasmin aux fleurs si délicates, cueillies dans notre jardin de la « jolie maison de la plage ».
Au petit matin les fleurs blanches avaient perdu leur odeur. Elles étaient tombées mais aussi vite renouvelées...
Chez nous, pas de place pour les fleurs fanées!!!!

Revenons à notre déménagement!
Le « Frigidaire »,vestige du mariage de mes parents, près de l’escalier, prêt pour sa grande promenade de l’été...vide, bien blanc car repeint comme chaque année avant les vacances, par ma mère.
Les lits en métal qui sentent le « fly tox »(insecticide), renversés, leurs quatre pieds en l’air; les matelas en laine aux bourrelets cousus si serrés par les mains graciles et expérimentées des spécialistes chargées chaque année avant Pessah d’en extraire la laine, la laver, la sécher(sur la terrasse) afin de lui redonner son côté aérien avant d’en remplir les matelas de nouveau; les coussins d’un blanc immaculé, eux aussi vidés, au printemps de leurs entrailles et de nouveau rempli de nuages de kapok vaporeux...pour des siestes pleines de songes légers !!!!
La cuisinière briquée de près, dont l’unique tuyau pendant et apparent sent encore le gaz; les plateaux du four légèrement et inexorablement brûlés par les années, qui manquent d’en tomber et qui donnaient cette apparence et ce goût si exceptionnel aux pizzas et boulous de notre jeunesse....
Enfin dans ce vacarme propre et ordonné, malgré tout, nous, enfants courions d’une chambre à l’autre pour voir si nous n’avions pas oublié d’ajouter une poupée, une trottinette, un vélo, un ballon de volley!!!!!
Et bien entendu, notre magnifique Rzela qui rajoutait à l’agitation ambiante en jetant un dernier verre d’eau (beaucoup sur le sol et un peu sur nous), pour que nous revenions tous en bonne santé en Septembre!
La bonne humeur était au rendez vous!
Gare à la glissade!

Tout ce tohu-bohu chargé dans une charrette en bois aux roues pas très fiables, tirée par un âne entouré de mouches à cause des grands aises qu’il prenait.....
Quel tableau!

Et voilà que le cocher ordonne à sa bête d’avancer dans un langage inimitable, inconnu de nous, en faisant tourner et claquer sa langue!
On essayait bien de l’imiter mais l’âne n’obéissait qu’à son maître!
Mon père et trois enfants surexcités suivaient en voiture....
De nombreuses autres charrettes se saluent et avancent à la queue leu leu, cahin-caha, tout doucement sous un soleil de plomb des premiers jours d’été, pour rejoindre les plages à 10 kms environ de la capitale (Tunis).
Il fallait une bonne heure au cortège de carrioles chargées de bric et de broc pour arriver à destination.
Les ânes ou parfois même, les chevaux laissaient des traces « odorantes » de leur passage comme le Petit Poucet laissait ses petits cailloux pour retrouver son chemin....
Leur sabots s’enfonçaient légèrement dans le goudron
noir jais de la route devenue
depuis peu « l’autoroute de La Goulette ».
Je ferme les yeux et j’entends encore à mes oreilles le doux son de leur trot lourd et lent mais régulier et assourdi par le bitume brûlant,comme une même note de musique sur un clavier....
Imaginez aujourd’hui,une procession de charrettes avançant à 10 kms à l’heure sur une autoroute....
Le délire!

On passait devant le lac de Tunis qui exhalait des odeurs « fortes » et qui nous faisaient exagérément hurler de rire ....et fermer les fenêtres de la voiture, malgré la chaleur ambiante (lac qui donnait malgré tout des soles savoureuses d’après mon père et mon beau père, des connaisseurs!)

Enfin, on arrivait devant notre « jolie maison de la plage » où ma mère nous avait précédés ....pour nous servir après ce long périple, ses merveilleuses tranches de poisson en sauce rouge(en général du pagre), réconfortantes à souhait, dans laquelle reposaient des quartiers de pommes de terre délicatement parfumées au cumin....

Les déménageurs un sac de jute sur la tête vidaient notre cargaison.
Mon père ,lui, vidait le coffre de sa voiture des valises puis des fruits qui allaient aussitôt trouver le chemin de la fraîcheur du frigidaire.
Toujours plein à craquer, en été surtout :les énormes demies pastèques de 10kg au moins, pleines de petits délices noires alignés que l’on aimait grignoter après le dessert, melons jaunes de Beja, fermes mais au goût suave des fruits mûris au soleil de la Méditerranée sur une terre sèche mais qui donnait ces fruits si sucrés que l’on pouvait en manger la peau(sic), pêches plates comme des soucoupes volantes juteuses et au goût du miel, amandes fraîches et vertes toutes recouvertes de duvet qui attestait qu’elles venaient d’être fraîchement cueillies, dans un joli petit filet vert tout aussi doux !(pas de place pour le plastique!), des abricots en cœur d’un orange vif et rougeoyant, fruits sucrés et si fragiles qu’il fallait les mettre à l’abri, dans une soucoupe haute pour leur éviter d’être gâtés au gré de nos descentes nocturnes et sauvages dans le frigidaire!
Ça c’était pour l’après, pour le dessert!

Ma mère en tablier fleuri (cela va sans dire!) nous servait d’abord, copieusement de ce poisson au goût subtilement épicé. Elle savait parfaitement manier l’art de cuisiner avec des épices mais sans jamais exagérer pour ne pas masquer le goût des ingrédients....
Du grand art!
Je ne sais pas pourquoi ,elle ne cuisinait ce plat qu’une fois par an, toujours lors de notre arrivée à la maison de la plage....
Un rituel! Mon père disait « l’Aadè »! Un avant goût d’un été de folie!
Inutile de vous dire que chaque fois que je déménage, je cuisine aussi du poisson ....et de cette façon!

On l’appellera : Le Poisson du déménagement .

Pour 12 personnes....si vous comptez le cocher, les déménageurs, les femmes de ménage, la famille....le compte y est!

6 belles tranches d’un gros poisson style Mérou (ou Pagre pour les rêveurs.....) ou 12 tranches de mulet par exemple.
12 grosses p de terre.
2 petites boites de concentré de tomates.
6 grosses dents d’ail.
Un bon filet d’huile d’olive.(1/2 verre).
2 gros poivrons rouges.
1 cc d’harissa.
Quelques piments verts piquants.
1 cc de cumin.
Sel.

Dans une casserole assez large pour y loger 6 grosses tranches de poisson.
Mettre sur feu moyen l’huile, l’ail haché, le concentré de tomates, l’harissa, le sel, les poivrons coupés en grosses lanières, les pommes de terre coupées en 4 dans le sens de la longueur, et un bon verre d’eau , pour 10mn à couvert.
Au bout de ce temps, poussez un peu les légumes et déposer le poisson sur la sauce, recouvrez le poisson d’un peu de sauce, les piments verts par dessus, si vous aimez le piquant, pour 15 /20 mn encore à couvert.
On rajoute une pincée de cumin et c’est prêt!

Si vous servez ce poisson dans un Tebsi (de Nabeul de préférence) ,par magie, il prendra l’odeur de l’iode, le son de la mer Méditerranée, la couleur du bonheur, le goût des vacances magnifiques dans « la jolie maison de la plage ».....
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3 4.5.6
19 avril 2021, 01:18
TEXTE DE LAURIE BOUTBOUL NEE CHICHE.....VOLET 7°

Mes amies...
Je devais avoir 6 ou 7 ans.
Nous habitions autour des années 60,dans un joli petit immeuble aux balcons profonds et arrondis ,
construit juste après guerre.
Aujourd’hui je dirais qu’il était de style Vintage....
De ces balcons nous avions une vue plongeante sur le magasin de mon père.
J’aimais bien me pencher pour voir les va -et -vient des ouvriers qui y déchargeaient des sacs de farine, de semoule ,de piments secs ....et aussi de petits sacs d’épices ,seulement en grains...
Je surveillais de près l’arrivée de quelques femmes qui travaillaient là,aussi...et je descendais aussitôt ,et y restais des heures....
Mon père avait aménagé une grande chambre de forme carrée,séparée du reste et qu’ouvrait une grande et lourde porte .
Derrière cette porte magique que je poussais,de magnifiques femmes à la peau hâlée,en habits de bédouines formaient une ronde bruyante.Elles passaient la majeure partie de leur journée,là ,assises en tailleur ,un petit tamis sur leur genoux.
Elles portaient fièrement des tatouages sur le front ,de jolis dessins géométriques,gris vert....
J’allais de l’une à l’autre,pour essayer de comprendre le mystère de ces symboles....sans avoir jamais réussi à déchiffrer ces hiéroglyphes !!!!
Elles étaient indulgentes et s’amusaient de mes questions!
Elles s’exprimaient,je crois,dans une langue un peu différente des autochtones.
Je me souviens que les sons « ou » et « rou» revenaient souvent ,dans chaque mot ,dans chaque phrase
donnant à leur langage
comme un je ne sais quoi de musicalité,comme un chant d’oiseau épris d’amour et de liberté,un chant charrié par le vent du désert...
Leurs yeux soulignés de khôl en disaient long sur les voyages à dos de chameaux que leurs ancêtres avaient dûs faire au gré de leurs pérégrinations avant de se sédentariser,ici,en Tunisie.
Je les imaginais princesses berbères....
J’aimais les retrouver dans cette chambre qui sentait bon le mélange des épices qui ont le pouvoir magique de relever subtilement les plats les plus simples ....
Elles étaient devenues mes amies.
Leurs dents blanches étincelantes ,
contrastaient avec la couleur ambrée de leur visage.
Et il arrivait qu’un de ces sourires soit habillé d’or ou d’argent...
Elles me semblaient grandes et robustes....peut être était ce à cause de ma petite taille?
Leur tenue aux couleurs brunes laissait parfois apparaître dans les plis de leur tissu ,une opulente poitrine contre laquelle un bébé se lovait....
Magnifique tableau d’une maman qui travaillait sans jamais se séparer de son bébé assoupi ....
Au centre de cette chambre un grand drap blanc et dessus,une immense pyramide de graines d’épices .
Les bras chargées de bracelets d’or finement ciselés,ces bédouines étaient chargées de trier d’une main agile,du bout de leurs longs doigts graciles,des petites pierres mélangées aux épices.
Elles déposaient les épices triées à côté d’elles ,faisant chacune sa petite pyramide...laissant de côté les petits cailloux qui finissaient en petit monticule à la fin de la journée.
Pour la petite histoire,ces pierres étaient,de ce que j’en savais,rajoutées de façon malveillante pour alourdir les sacs d’épices que mon père achetait au poids et en gros.
Pas question pour mon père de vendre des épices mélangées à des pierres,donc de mauvaise qualité!question de réputation!
Je ne connais toujours pas le nom du métier de ces femmes !!!!
J’entends encore le doux cliquetis des bracelets qui s’entre choquaient tout au long de leur journée de travail et qui éveille en moi le souvenir lointain de mes amies bédouines ....
Aujourd’hui,sans aucun doute,mes amies,sont elles remplacées par d’énormes machines qui filtrent ,pèsent et empaquettent ces graines qui me faisaient voyager sur la route des Indes,en Égypte,et sous la tente des bédouins dans le désert....
Ojja à ma façon.Vite fait bien fait!
Subtilement relevée aux épices ....
Pour 6 personnes:
12 tomates bien rouges et mûres .
4 dents d’ail.
6 cs d’huile d’olive.
Sel.
1 cc de carvi (karouia)
1 cc de coriandre en poudre(tèbèl)
Dans une poêle,déposer l’huile,les tomates coupées en gros dès ,l’ail écrasé .
Mettre à feu doux et laisser mijoter pendant 10 mn à couvert.
Lorsque les tomates auront fondu,rajouter le sel et les épices.
Mélanger.
Déposer quelques œufs crus, les touiller légèrement et laisser cuire quelques minutes...
Accompagnez ce plat d’un bon pain italien...saucez à volonté ....c’est recommandé !
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8°
22 avril 2021, 11:01



L’éclipse...

Dans deux jours Thomas Pesquet s’envolera pour six mois dans l’Espace....
Comme il faut toujours tout ramener à Tunis, alors je vais vous conter ma petite histoire ....à La Goulette autour des années 60.
Mon oncle Lucien et ma tante Rachelle y tenaient un café , restaurant bien connu « Le Casino de La Goulette ».
C’était un très beau bâtiment qui avait une vue imprenable sur mer ,le coucher du soleil de son large balcon relevait de la magie.....
Malheureusement, le vent venant de la mer, chargé de sel commençait à le délabrer mais pour beaucoup de tunisiens, c’était encore en ce temps là, « La Tour D’Argent » tunisienne.
Mon oncle tenait le bar et ma tante (soeur de ma mère) exerçait ses talents de cuisinière et régalait tout le petit Tunis....
Ils habitaient sur place un bel appartement de plage .
Nous allions souvent leur rendre visite....
Mon père aimait bien parler affaires avec mon oncle....
Ma mère aimait bien parler cuisine et chiffons avec ma tante....
Nos cousins ,mes frères et moi, enfants , aimions bien dépenser notre énergie courant partout après ....personne!

Mais cette soirée là avait quelque chose d’exceptionnelle.
Dans tous les journaux, à la radio française et tunisienne on ne parlait que de l’éclipse solaire de ce soir....
Mes amis, mes cousins, avaient laissé entendre que ce soir serait « la fin du monde » et dans ma petite tête d’enfant j’avais pris très au sérieux leur histoire, j’y avais cru!
Je dévisageais mon père qui continuait à bavarder sur la terrasse, j’allais voir ma mère qui semblait détendue sur la terrasse, mes frères continuaient de courir....et moi ....morte de peur , j’attendais que le monde me tombe sur la tête....
La seule solution que j’avais trouvé était de bien me couvrir....d’un drap et de mettre ma tête sous plusieurs oreillers....
J’étais sûre que c’était la bonne solution pour s’en sortir!!
J’aurais bien aimé mettre toute la famille sous oreillers....mais je n’osais pas leur dire ma peur....
Soudain provenant de la terrasse , de la rue , des cris ....Mon cœur se mit à battre la chamade...Je serrais encore plus fort mes oreillers....
Mais c’était des cris de joie!!!!!
On voyait l’éclipse « qu’il ne fallait pas regarder ....mais que tout le monde regardait ».
je ne comprenais plus rien.... Ce n’était donc pas la fin du monde annoncée!!!!!
Je me détendais et respirais enfin....
C’est une petite histoire de grande peur d’enfant et d’Espace....

Souhaitons bon vent à Thomas
Pesquet qui j’espère nous ramènera de bonnes nouvelles de l’Espace...
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8°
25 avril 2021, 12:22
TEXTE DE LAURIE BOUTBOUL NEE CHICHE....VOLET 8°


L’ascenseur....


Nous habitions rue Caton à Tunis ,tout près du célèbre marché Lafayette.
Angle rue Caton rue Hoche, il y avait un épicier.
De notre balcon,en attendant que ma mère rentre de l’école(elle était institutrice)j’aimais bien m’asseoir sur une chaise et regarder en face de chez nous.....
Souvent dehors, souvent assis sur une chaise en bois d’un autre temps, habillé d’une gandoura pour être plus à l’aise sûrement, il restait là à attendre les commandes.... à ses pieds, sur du charbon aux braises rouges, sur un petit cannoun en argile rouge, un petit « berred »rouge dans laquelle cuisait du thé rouge...toute la journée!
Un bien joli camaïeu de rouge!
Mais l’odeur,cette odeur ...
indescriptible de caramel mélangée à celle du thé planait dans toute la rue...
C’était déjà dans notre quartier la mode du
« click and collect! ».....
Pour ceux qui parlent arabe je dirais:
« Sikh ou ejbed ! »,
Pour ceux qui parlent français:
« Crie et tire !»
Avec indulgence,on pourrait entendre les mêmes sons,en tout les cas,
pratiquement la même résonance!!!!!
Je m’explique:
En effet,cette épicerie se trouvait à l’angle de deux rues et cet emplacement stratégique lui conférait une situation très enviable.
Dans cette boutique un peu sombre, chargée à craquer, cet épicier vendait de tout: Des boites de conserves,de la semoule pour couscous, des pâtes, de l’harissa, de l’huile, du fromage, du café, du thé, du pain...il vendait en gros et surtout au détail.
Les tunisiens pour la plupart,
n’étaient pas très fortunés,c’est le moins qu’on puisse dire, et les fins de mois étaient parfois difficiles...
L’épicier faisait facilement crédit et il inscrivait tout sur un petit carnet,
jauni, plus très propre, à force d’avoir été utilisé!
Vous savez ce genre de petit carnet plus long que large dont les feuilles se lèvent pour laisser la place à une autre !
un petit crayon sur l’oreille pour écrire et rayer les dettes..
Nul besoin d’ordinateur!
Et à la fin du mois ou n’importe quand dans le mois lorsque le patron faisait une avance pour soulager le ménage, alors on allait le payer en totalité ou parfois seulement, d’une partie du crédit...
Pour s’en sortir il aurait presque fallut qu’il fasse des études d’expert comptable ,ce pauvre épicier .....
Je me souviens qu’il avait,entre autres produits,toujours devant lui, sur son établi en bois, une grosse boîte de concentré de tomate , (d’ailleurs, dangereusement ouverte)et ....un gros bol d’harissa...
Base de l’alimentation tunisienne de l’époque.
Une grosse cuillère en métal mat dans chaque récipient pour en servir au détail et des petits papiers blancs qu’il pliait avec dextérité , en cornet, pour y déposer les fameux trésors.
La cuillerée de concentré de tomates devait coûter je pense quelques millimes....l’équivalent de quelques centimes d’aujourd’hui en France.
Et avec quelques cuillerées donc 20 ou 30 centimes, et un paquet de pâtes, la ménagère faisait des prouesses pour nourrir toute sa famille : père, mère, enfants et parfois grand parents ....Et même, il arrivait qu’avec sa générosité légendaire, elle en serve un petit plat à sa voisine....enceinte qui avait senti la bonne odeur enivrante des pâtes à la sauce!
Car si elle avait « une envie »non satisfaite, cela aurait pu engendrer une tache rouge sur le corps de son bébé .....disait on!
C’était le Folklore dans ces immeubles là, où l’on entendait les enfants jouer dans les couloirs sombres et frais pendant que leur maman lavait le sol de la maison à grande eau ....savonneuse, la poussant à gros coups de balai dans tout l’immeuble....
Les murs de ces immeubles sont aujourd’hui encore, couverts de ces inaltérables et magnifiques carreaux de faïence peints à la main, distillant toujours cette même fraîcheur...
d’âme, lorsque l’on y entre....
Ils restent les vestiges,la mémoire,
d’un temps révolu où des plats montaient et descendaient ,où des femmes s’appelaient d’un balcon à l’autre pour se saluer ou pour se raconter les derniers potins de la journée, où enfin, hurlaient pour appeler l’épicier....
En effet,le plus grand Folklore était
lorsque une ménagère avait besoin d’un article et qu’elle n’avait pas envie de descendre d’un étage ou deux, elle criait (« sickh »)de sa plus grosse voix :
« Attar, attar »qui signifie
« Epicier ,épicier »
et voilà que l’épicier pointe rapidement le bout de son nez; il prête une oreille attentive,et enregistre aussi vite sa commande; quelques minutes plus tard, la ménagère envoie alors de son balcon, son couffin vide au bout d’une ficelle en raphia;
l’épicier charge la marchandise; et la ménagère de le tirer (« ejbed ») chargé ,avec délicatesse...
Sickh ou ejbed/Crie et tire/
Click and collect à la sauce Harissa!!!
De ma place privilégiée, je me régalais du ballet incessant de couffins multicolores qui montaient et descendaient toute la journée!
Un vrai manège d’OVNI sur la façade de quelques immeubles tunisiens....
La NASA,si elle avait existé plus tôt aurait pu s’en inquiéter.....
C’était,ce que j’appelais, l’Ascenseur de l’épicier.
Recette des pâtes à la sauce tunisienne
1 boîte de concentré de tomates
(250 g)...à l’époque de la marque « Ficano ».
1 kg de pâtes spaghettis (de préférence).
6 gousses d’ail.
1/3 de verre d’huile d’olive.
Un peu d’eau.
Sel.
Laurier si vous aimez(j’adore!).
Dans une casserole à fond épais versez l’huile,rajoutez l’ail coupé menu. Mettre à feu moyen quelques minutes(ne pas laisser colorer).
Rajoutez le concentré de tomates, un peu d’eau, le sucre, le sel, le laurier si vous aimez.
Mélangez, couvrez et laissez mijoter à feu doux, 20 mn à couvert.
Pendant ce temps faites cuire vos pâtes. Puis bien les égoutter.
Lorsque la sauce est cuite et les pâtes prêtes. mélangez...
Un régal!
N’oubliez pas de demander à votre voisine si elle est enceinte.....
Si oui, offrez lui un plat de pâte à la sauce....
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8°
29 avril 2021, 09:57
TEXTE DE.......VOLET 9°



TGM...
Tunis,Goulette,
Marsa


J’ai déjà parlé de Tunis , de La Goulette, aujourd’hui je parlerai de La Marsa..
Ce nom de La Marsa évoquera pour toujours la maison de ma Tante Rosalie, soeur de ma mère Tounette et de mon oncle Ernest , son mari.
C’était une jolie maison construite au début des années 1900.
Au début , elle appartenait au père de mon oncle Ernest. Àu décès du père, elle fut séparée en deux et donnée en héritage à deux frères Ernest et Gaston.Juste un petit muret, à hauteur d’homme, ou plutôt de femme , permettait aux familles des 2 frères d’être un peu les uns chez les autres...
« Vas y, prête moi du sel; est ce que tu n’aurais pas un citron pour me dépanner; elles sentent trop bon tes boulettes, Rosetta, tu m’en donnes une »...et ainsi de suite...
C’était l’ambiance familiale des 2 vérandas attenantes l’une à l’autre!
Comme notre « jolie maison de la plage »avait son côté jardin et côté cour, eh bien La maison de La Marsa avait aussi son côté maison et son côté cave!
On accédait à la maison de ma tante par des escaliers ...
On arrivait dans une véranda pas très grande mais si chaleureuse!
Dans la maison 2 chambres à coucher et une salle à manger...
Nous enfants, n’étions pas trop intéressés par l’intérieur de la maison.
L’essentiel se passait (comme pour toutes les maisons de plage) sur la véranda...peinte à la chaux blanche comme il se doit, et avec une très jolie balustrade aux « pieds »arrondis qui me faisaient penser à des mollets de femmes. Elle permettait de voir qui arrivait depuis la rue ...
Des fauteuils dodus, peu assortis mais cosy ...qui appelaient à la lecture pour ma Tante, aux bavardages jusque tard dans la soirée pour les autres.
Les femmes étaient emmitouflées dans de jolis châles jetés sur les épaules ...
C’est qu’il faisait souvent frais les soirs d’été à La Marsa....
Les hommes plus téméraires,
bavardaient en criant un peu ....
Mon père Robert jurant haut et fort pour qu’on le croit « Ou rahmet baba laziz »était sa formule préférée! et mon oncle Ernest, médecin, toujours impassible, un peu absent mais toujours bienveillant...Sa formule était « Ça va aller! ça va aller !» même si le malade était à l’agonie!!!!!
Ma tante Rosalie était une excellente cuisinière et forcément les ventres affamés ...ou pas ...s’invitaient à sa table.
Mais mon oncle Ernest restait très sobre: il se régalait le soir d’un café au lait ou d’un petit bouillon de poulet . Exceptionnellement il demandait à ma tante
2 oeufs au plat ....
On s’amusait de son manque d’appétit pour les bons petits plats que faisaient ma tante!
Plus d’un, se serait damné, pour manger ses extraordinaires plats et gâteaux (makrouds et boulous au goût divin!)qui régalaient les invités de passage, finalement!
Pour clore les festivités, pour digérer(sic!), ma Tante envoyait souvent chercher une « bombe » de glace chez Salem ....
Les glaces chez Salem, tout le monde connaît à La Marsa....à Tunis...et peut être même dans le monde entier.
Exceptionnelles!Tout était Bio!
Du lait, de la crème fraîche , des œufs, du sucre, des fruits.... chaque glace avait son propre goût prononcé et pur! Il y avait d’ailleurs tout le temps, la queue devant ce glacier.
Lorsque l’on allait à La Marsa, il arrivait que ma mère Tounette ne dîne pas à la maison .... se réservant pour le fameux sandwich de Salem:
bouscoutou (pain de Gênes ...
tunisien) farci à la glace à la fraise!
Elle se régalait!
Côté Cave, c’était une autre vie...
Mes cousins Sabine et Didier étaient les maîtres des lieux! C’était leur paradis avec le passage incessant de cousins, cousines, amis, cousins des cousins, amis des amis...
Ce n’était pas juste un passage,
c’était souvent une installation pour l’été ...
Je me souviens qu’il y avait des tas de lits, de matelas, de valises, de sandales, de maillots, de foutas , ....une cour des miracles où toute cette petite colonie s’organisait pour s’éclater! Pour passer des vacances de rêve!
Ma tante feignait d’ignorer que la cave était devenue un hôtel et mon oncle ...un peu débordé par tout ce monde, préférait passer ses journées dans son cabinet médical à Tunis, abandonnant la maison entre les mains des locataires....
C’était un peu Woodstok à La Marsa!
Enfin n’oublions pas l’extraordinaire Zohra, qui dirigea jusqu’à la fin , le ménage de la maison , toute seule, refusant la moindre aide extérieure ...se fâchant très fort lorsque ma tante lui proposait qu’une autre dame vienne l’aider!
Elle adorait les Sarfati et les Sarfati l’adoraient.

Depuis, dans notre jargon familial pour dire « porte ouverte » on dit « La Marsa !».

Recette du Boulou de « Rosetta ».
Pour 3 Boulous.
500 g de farine.
150 g de sucre.
3 oeufs.
1 sachet 1/2 de levure chimique.
2 sucre vanillé.
Zeste d’orange.
Le jus d’une orange.
Quelques Cuillères à soupe de fleur d’oranger.
Raisins secs ,amandes concassées, noisettes concassées.
1 verre à café « Duralex »d’huile d’arachide.
Mélanger farine, levure, sucre, sucre vanillé, l’huile , les œufs, jus d’orange, zeste, fruits secs...
Pétrir à la main ou au robot.
Faire des boudins , étaler, et farcir de chocolat noir, façonner les boulous, les rouler dans du sésame ou des amandes concassées en appuyant un peu .
Enfourner à four chaud à 180 degrés jusqu’à ce qu’ils soient dorés....

Je vous préviens, ils seront bons mais il y manquera toujours le doigté de Rosetta ....
Souhaitons lui une longue vie en bonne santé.
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