{"id":10011,"date":"2015-01-07T00:39:26","date_gmt":"2015-01-07T00:39:26","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10011"},"modified":"2015-01-07T00:39:26","modified_gmt":"2015-01-07T00:39:26","slug":"la-sncf-et-la-shoah-dernier-episode","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-sncf-et-la-shoah-dernier-episode\/","title":{"rendered":"La SNCF et la SHOAH dernier \u00e9pisode"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>La SNCF et la SHOAH dernier &eacute;pisode<\/u><\/strong><u>(info # 013012\/14)<\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\t<strong>Par&nbsp;<\/strong>Rapha&euml;l Delpard&nbsp;<strong>&copy; Me<\/strong><strong>tula<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews<\/strong><strong>A<\/strong><strong>genc<\/strong><strong>y<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Rapha&euml;l Delpard est l&rsquo;auteur du livre &quot;Les convois de la honte&quot;, enqu&ecirc;te sur la SNCF et la d&eacute;portation (1941-1945), &eacute;ditions Michel Lafon, 2005.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tNous pensions que le d&eacute;bat sur le r&ocirc;le jou&eacute; par la SNCF dans le transport de la population juive en France pendant la Seconde Guerre Mondiale &#8211; qui fut fort anim&eacute; il y a quelques ann&eacute;es &#8211; &eacute;tait clos depuis le 25 janvier 2011 ; jour o&ugrave; le pr&eacute;sident de la compagnie ferroviaire, Guillaume P&eacute;py, avait prononc&eacute; le discours de la repentance que nous attendions depuis cinquante ans.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn expos&eacute; temp&eacute;r&eacute; par l&rsquo;absence totale d&rsquo;&eacute;motion procur&eacute;e par les mots qui furent utilis&eacute;s, idem pour les formules. Jamais nous ne verrons ce discours convenu et compass&eacute; grav&eacute; en lettres d&rsquo;or dans le marbre du souvenir. Les phrases &eacute;taient mesur&eacute;es de mani&egrave;re &agrave; ne choquer personne et &agrave; ce que personne ne se trouve en position d&rsquo;accus&eacute;, particuli&egrave;rement les repr&eacute;sentants de la R&eacute;sistance cheminote.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCar si, sans nul doute, elle a &eacute;t&eacute; active, elle ne le fut pas dans les proportions dont on nous rebat les oreilles depuis la Lib&eacute;ration. Qu&rsquo;il soit dit encore une fois, que sur quatre cent dix mille cheminots que comptait la compagnie ferroviaire &agrave; cette &eacute;poque, quarante mille d&rsquo;entre eux, soit dix pour cent, eurent le courage de s&rsquo;opposer &agrave; l&rsquo;ennemi, mais &eacute;galement &agrave; la direction de la compagnie. L&rsquo;action de ces quarante mille, elle, restera &agrave; jamais dans notre m&eacute;moire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDu fatras compassionnel du pr&eacute;sident P&eacute;py, retenons une seule phrase, car la na&iuml;vet&eacute; de son &eacute;nonc&eacute; traduit la terrible v&eacute;rit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl est question de la vieille antienne de la compagnie&nbsp;<em>r&eacute;quisitionn&eacute;e par l&rsquo;occupant<\/em>. Guillaume P&eacute;py, apr&egrave;s l&rsquo;avoir racont&eacute;e longuement et pesamment, encha&icirc;ne et dit : &laquo; Contrainte, certes, notre entreprise a achemin&eacute; ces trains jusqu&rsquo;&agrave; la fronti&egrave;re. Elle l&rsquo;a fait &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est le &laquo;&nbsp;elle l&rsquo;a fait&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il faut retenir. Car l&rsquo;expression centralise la r&eacute;flexion et permet dans le m&ecirc;me temps d&rsquo;entrevoir l&rsquo;horreur de la trag&eacute;die. Oui, elle l&rsquo;a fait, et c&rsquo;est bien cela le probl&egrave;me.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJamais un convoi ne fut arr&ecirc;t&eacute; ni d&eacute;tourn&eacute;. Jamais la direction de l&rsquo;&eacute;poque, dont les membres &#8211; tous d&rsquo;anciens polytechniciens, nourris au lait de la R&eacute;publique, chr&eacute;tiens pour la majorit&eacute; d&rsquo;entre eux, issus de familles radicales-socialistes dans les veines desquels coulait encore l&rsquo;Affaire Dreyfus -, n&rsquo;ont manifest&eacute; la moindre d&eacute;sapprobation &agrave; l&rsquo;occupant devant le sale boulot qu&rsquo;il leur demandait d&rsquo;accomplir. Ils &laquo; l&rsquo;ont&nbsp;fait&nbsp;&raquo;. Tout est dit dans la simplicit&eacute; effrayante de la formule.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tInutile d&rsquo;essayer d&rsquo;expliquer une fois de plus le fonctionnement du rouage de la mort. Il faudra attendre des ann&eacute;es pour qu&rsquo;il soit compris et que la v&eacute;rit&eacute; soit accept&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDonc nous pensions que tout &eacute;tait d&eacute;sormais r&eacute;gl&eacute;, et voil&agrave; que vient de surgir le dernier &eacute;pisode auquel personne ne s&rsquo;attendait.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s d&rsquo;&acirc;pres n&eacute;gociations, les administrations am&eacute;ricaine et fran&ccedil;aise ont conclu l&rsquo;accord suivant : il sera vers&eacute; 60 millions de dollars aux Juifs am&eacute;ricains qui se trouvaient en France au moment de l&rsquo;occupation nazie et qui ont &eacute;t&eacute; rafl&eacute;s et d&eacute;port&eacute;s. La somme repr&eacute;sente grosso modo cent mille dollars par individu. On a recens&eacute; &agrave; ce jour &agrave; peu pr&egrave;s dix mille b&eacute;n&eacute;ficiaires. Petit b&eacute;mol &agrave; ce compromis cependant : ne pourront toucher la compensation financi&egrave;re que ceux qui sont encore vivants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCompte tenu du petit nombre de survivants qui rentr&egrave;rent des camps de destruction, et des ann&eacute;es pass&eacute;es depuis la Lib&eacute;ration, il n&rsquo;y aura pas foule devant le guichet distributeur. Leurs enfants auront droit &agrave; percevoir une partie de la manne, certes. Comme le pr&eacute;tend la sagesse populaire : &quot;vaut mieux parfois un mauvais accord que pas d&rsquo;accord du tout&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;&eacute;nonc&eacute; de l&rsquo;arrangement entre la France et les U.S.A a fait l&rsquo;effet d&rsquo;une bombe dans le mainstream parisien. La presse vassale du pouvoir s&rsquo;est empress&eacute;e de montrer les crocs et d&rsquo;entonner le refrain habituel : &quot;Juif, Shoah, business&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl n&rsquo;&eacute;tonnera personne de savoir qu&rsquo;au premier rang des aboyeurs de la meute se trouvait le journal de r&eacute;f&eacute;rence :&nbsp;<em>Le Monde<\/em>. Les empressements de ce tablo&iuml;d pr&eacute;tentieux &agrave; salir les Juifs d&egrave;s que l&rsquo;occasion se pr&eacute;sente m&rsquo;&eacute;vitent de commenter les articles qui ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;s au fonds d&rsquo;indemnisation. Les autres journaux n&rsquo;ont gu&egrave;re &eacute;t&eacute; plus inspir&eacute;s, &eacute;crivant n&rsquo;importe quoi, sans se soucier un seul instant de la v&eacute;rit&eacute; historique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes plumitifs qui ont eu la charge, dans chaque organe de presse, de r&eacute;diger l&rsquo;article n&rsquo;ont pas eu la curiosit&eacute; &eacute;l&eacute;mentaire d&rsquo;effectuer les recherches qui s&rsquo;imposent &agrave; un journaliste s&eacute;rieux ; un stage &agrave; la M&eacute;na leur ferait le plus grand bien.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAfin d&rsquo;illustrer ce que je viens d&rsquo;exposer, prenons en exemple&nbsp;<em>Le Parisien<\/em>dans son &eacute;dition du 13 d&eacute;cembre 2014. L&rsquo;article mentionne des gens arr&ecirc;t&eacute;s et d&eacute;port&eacute;s par bus &laquo;&nbsp;par exemple RATP&nbsp;&raquo;. Nous sommes ainsi invit&eacute;s &agrave; conclure que l&rsquo;entreprise qui g&eacute;rait les bus parisiens &eacute;tait la RATP. Une simple recherche aurait permis au scribouillard de service du&nbsp;<em>Parisien<\/em>de d&eacute;couvrir que la soci&eacute;t&eacute; de transport des autobus parisiens &agrave; l&rsquo;&eacute;poque &eacute;tait la TCRP.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tFort de cette lecture parsem&eacute;e d&rsquo;erreurs historiques, je cherche le nom de l&rsquo;auteur &agrave; la fin de l&rsquo;article. A la place r&eacute;serv&eacute;e je trouve :&nbsp;<em>AFP<\/em>. Inutile l&agrave; aussi d&rsquo;aller plus loin et de m&rsquo;&eacute;puiser en longs commentaires sur l&rsquo;ineptie actuelle de la presse fran&ccedil;aise. Encore moins sur l&rsquo;<em>AFP<\/em>, sicaire de la v&eacute;rit&eacute; d&egrave;s que des Juifs sont concern&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVoil&agrave; aujourd&rsquo;hui de quelle mani&egrave;re la page de la d&eacute;portation est trait&eacute;e dans la presse fran&ccedil;aise. Et, lorsque Guy Milli&egrave;re &eacute;crit que, dans dix ans, le sujet de la d&eacute;portation des Juifs de France ne sera plus abord&eacute;, il est &agrave; craindre qu&rsquo;il ait fortement raison.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Juifs &laquo;&nbsp;am&eacute;ricains&nbsp;&raquo; &eacute;taient en effet des Juifs qui fuyaient, souvent dans des conditions terribles, l&rsquo;enfer nazi qui s&eacute;vissait en Allemagne, en Autriche, dans les territoires des Sud&egrave;tes, et en Pologne. Ils arriv&egrave;rent en France avant que son territoire soit envahi par l&rsquo;arm&eacute;e du Reich. Mais, une fois sur place, l&rsquo;&eacute;tau se refermant sur eux, ils eurent &agrave; subir l&rsquo;humiliation du racisme, l&rsquo;arrestation arbitraire et la d&eacute;portation, au m&ecirc;me titre que les Juifs fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe dernier acte du proc&egrave;s contre la SNCF qui vient de surgir est en r&eacute;alit&eacute; le premier volet du combat pour la reconnaissance de ces Juifs. Nombreux quitt&egrave;rent l&rsquo;Europe juste apr&egrave;s l&rsquo;an&eacute;antissement du troisi&egrave;me Reich. Arriv&eacute;s aux U.S.A, ils essay&egrave;rent de faire leur place dans la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine, et, &agrave; titre personnel, de se reconstruire. Ils &eacute;taient &eacute;loign&eacute;s, g&eacute;ographiquement et mentalement, des efforts entrepris par les instances fran&ccedil;aises en vue de r&eacute;clamer des compensations financi&egrave;res pour les victimes des crimes racistes perp&eacute;tr&eacute;s par l&rsquo;occupant nazi.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLors de la mise &agrave; plat des indemnit&eacute;s accord&eacute;es aux victimes de l&rsquo;Allemagne nazie, ils auraient tout simplement &eacute;t&eacute; oubli&eacute;s s&rsquo;il n&rsquo;y avait eu des avocats am&eacute;ricains, &agrave; la t&ecirc;te desquels nous trouvons Harriet Tamen. Ils form&egrave;rent un groupe et se lanc&egrave;rent voici quatorze ans dans le combat de la reconnaissance.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl faut savoir qu&rsquo;ils ne se sont pas content&eacute;s de travailler outre-Atlantique, ils sont entr&eacute;s en contact avec des cons&oelig;urs et des confr&egrave;res fran&ccedil;ais, les exhortant &agrave; se lancer, &agrave; leur tour, dans la m&ecirc;me bataille. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est n&eacute; en France le mouvement qui fut &agrave; l&rsquo;origine du proc&egrave;s contre la SNCF.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais les proc&egrave;s furent des &eacute;checs, aussi bien aux U.S.A qu&rsquo;en France. C&rsquo;est alors que la Commission des Droits de l&rsquo;Homme a pris le dossier en main et a travaill&eacute; avec les avocats am&eacute;ricains de l&rsquo;association&nbsp;<em>Coalition for Holocaust Rail Justice<\/em>(coalition pour la justice de l&rsquo;Holocauste ferroviaire) qui a conclu ce que nous connaissons d&eacute;sormais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes Am&eacute;ricains sont partag&eacute;s sur l&rsquo;accord. Une partie d&rsquo;entre eux &quot;saluent et applaudissent&quot;, et se sentent r&eacute;compens&eacute;s de quatorze ann&eacute;es de combats. Les autres regrettent que, au regard de l&rsquo;Histoire, la SNCF &eacute;chappe &agrave; la condamnation universelle pour avoir transport&eacute; dans des conditions d&rsquo;inhumanit&eacute; absolue, des femmes, des hommes, des personnes &acirc;g&eacute;es, des grabataires, des malades, des b&eacute;b&eacute;s et onze mille enfants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;accord jette un voile d&eacute;finitif sur le sujet et le fait dispara&icirc;tre &agrave; jamais. Ma&icirc;tre Harriet Tamen rappelle que &laquo; la SNCF &eacute;tait pay&eacute;e pour chaque personne transport&eacute;e &raquo;. Il est vrai que l&rsquo;examen des livres comptables de la compagnie montre un exc&eacute;dent financier important. Particuli&egrave;rement pour l&rsquo;ann&eacute;e 1942, pendant laquelle la d&eacute;portation fonctionnait &agrave; plein r&eacute;gime.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;ai pu les consulter &#8211; non sans mal d&rsquo;ailleurs -, ce qui m&rsquo;autorise donc &agrave; &eacute;crire que les avocats am&eacute;ricains ont raison lorsqu&rsquo;ils avancent que la SNCF a gagn&eacute; de l&rsquo;argent avec la d&eacute;portation. Certes, les recettes n&rsquo;&eacute;taient pas exclusivement li&eacute;es aux convois, mais aussi &agrave; d&rsquo;autres transports. Cela &eacute;tant, les chiffres rep&eacute;r&eacute;s dans la colonne r&eacute;serv&eacute;e &agrave; ces voyageurs sp&eacute;ciaux sont financi&egrave;rement &eacute;loquents.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes avocats am&eacute;ricains ont tent&eacute; durant les quatorze ann&eacute;es qu&rsquo;aura dur&eacute; leur bataille d&rsquo;obliger la SNCF &agrave; payer elle-m&ecirc;me les indemnit&eacute;s r&eacute;clam&eacute;es. Requ&ecirc;te qui n&rsquo;a jamais pu aboutir. La compagnie ferroviaire est une soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;&eacute;conomie mixte et, &agrave; ce titre, ne poss&egrave;de pas de fonds propres. Si elle devait payer, ce serait des caisses de l&rsquo;Etat que sortirait l&rsquo;argent ; c&rsquo;est ce qui va se produire avec l&rsquo;accord derni&egrave;rement intervenu. De m&ecirc;me, comme elle n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; reconnue coupable par aucun tribunal, elle a &eacute;t&eacute; tenue &eacute;loign&eacute;e des discussions qui ont abouti &agrave; l&rsquo;accord que nous connaissons maintenant.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes observateurs ne sont pas dupes. Cet accommodement entre les administrations am&eacute;ricaine et fran&ccedil;aise sur le paiement des indemnit&eacute;s vers&eacute;es aux Juifs devenus am&eacute;ricains, qui se trouvaient sur le territoire national pendant l&rsquo;occupation nazie, intervient uniquement dans l&rsquo;objectif que la compagnie fran&ccedil;aise puisse d&eacute;sormais travailler en toute tranquillit&eacute; sur le sol am&eacute;ricain. Puisqu&rsquo;il est clairement provisionn&eacute; qu&rsquo;aucune entit&eacute; ne pourra plus jamais engager une proc&eacute;dure contre la SNCF pour le r&ocirc;le qu&rsquo;elle a jou&eacute; durant la Seconde Guerre Mondiale.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes contrats pour l&rsquo;exportation du TGV repr&eacute;sentent quelques trois milliards de dollars (deux milliards quatre cent soixante-six mille euros) uniquement pour la premi&egrave;re tranche de la transaction. Ce que l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais va devoir verser aux Juifs am&eacute;ricains est finalement peu de chose compar&eacute; aux march&eacute;s juteux qui attendent la compagnie fran&ccedil;aise, et, par extension, les caisses de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA bien r&eacute;fl&eacute;chir et sans cynisme, on peut dire que chacun y trouve son compte. Les survivants toucheront de l&rsquo;argent, certes tardivement ; leurs enfants, une pinc&eacute;e de quelque chose, tandis que d&rsquo;autres ne toucheront rien, parce qu&rsquo;ils ont eu la chance de pouvoir fuir avant l&rsquo;arriv&eacute;e des Allemands. Et le dossier de la SNCF sera d&eacute;sormais cl&ocirc;tur&eacute;. Du c&ocirc;t&eacute; des avocats am&eacute;ricains, ils auront men&eacute; une belle bataille, m&ecirc;me s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas obtenu tout ce qu&rsquo;ils esp&eacute;raient.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl n&rsquo;y a que les journalistes et les Fran&ccedil;ais qui vitup&egrave;rent contre les Juifs &agrave; la moindre occasion qui ne trouvent pas leur compte. Les uns dans leur presse chiffon, les autres dans les r&eacute;seaux sociaux.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans une semaine ou deux, ils auront oubli&eacute;. L&rsquo;actualit&eacute; venue du Proche Orient leur procurera s&ucirc;rement une nouvelle et belle occasion de hurler contre les Isra&eacute;liens. Les vivants, cette fois !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La SNCF et la SHOAH dernier &eacute;pisode(info # 013012\/14)[Analyse] Par&nbsp;Rapha&euml;l Delpard&nbsp;&copy; MetulaNewsAgency &nbsp; Rapha&euml;l Delpard est l&rsquo;auteur du livre &quot;Les convois de la honte&quot;, enqu&ecirc;te sur la SNCF et la d&eacute;portation (1941-1945), &eacute;ditions Michel Lafon, 2005. &nbsp; Nous pensions que le d&eacute;bat sur le r&ocirc;le jou&eacute; par la SNCF dans le transport de la population&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19457,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,1],"tags":[],"class_list":["post-10011","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10011","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10011"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10011\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19457"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10011"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10011"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10011"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}