{"id":10055,"date":"2015-12-29T01:15:45","date_gmt":"2015-12-29T01:15:45","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10055"},"modified":"2015-12-29T00:35:48","modified_gmt":"2015-12-29T00:35:48","slug":"les-lellouche-des-tunisiens-pure-souche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-lellouche-des-tunisiens-pure-souche\/","title":{"rendered":"Les Lellouche, des Tunisiens pure souche !"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLes Lellouche, des Tunisiens pure souche !&quot;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"field field-name-field-op-main-image field-type-image field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\" rel=\"associatedMedia\" resource=\"http:\/\/www.letemps.com.tn\/sites\/www.letemps.com.tn\/files\/styles\/620px_wide\/public\/main\/articles\/10012015_famille.jpg\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\" property=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\t\tQui ne conna&icirc;t pas la famille Lellouche, install&eacute;e depuis des g&eacute;n&eacute;rations &agrave; la Goulette et plus pr&eacute;cis&eacute;ment tonton Jacob et sa maman Nelly Seror, alias Mamie Lily? Cette famille juive accueille depuis 1987 ses amis, et non pas clients pr&eacute;cise Jacob, &agrave; leur table d&rsquo;h&ocirc;te, pour leur y faire go&ucirc;ter les d&eacute;lices de la cuisine jud&eacute;o-tunisienne. Dans ce dernier restaurant juif casher du pays, les patrimoines culinaires se croisent et les saveurs subtiles et prononc&eacute;es enchantent les papilles gourmandes qui h&eacute;siteront toujours entre une Mrouzia, une Bka&iuml;la, une Mechmachia. En ces temps troubles, o&ugrave; le monde s&rsquo;embrase, emp&ecirc;tr&eacute; dans un conflit id&eacute;ologique complexe, il est int&eacute;ressant de remonter le temps pour plonger dans l&rsquo;histoire de cette famille qui voue un amour ind&eacute;fectible &agrave; son pays natal et qui consid&egrave;re que la Tunisie est une succursale du Paradis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tGilles Jacob Lellouche est n&eacute; du mariage de Fran&ccedil;ois Lellouche et de Nelly Seror Abravanel. Il raconte: &laquo; Les origines de mes parents remontent &agrave; beaucoup plus loin que la Tunisie. La famille de mon p&egrave;re est d&rsquo;origine Canan&eacute;enne. Apr&egrave;s la premi&egrave;re destruction du temple d&rsquo;Al Qods, mes a&iuml;euls se sont exil&eacute;s, non pas &agrave; Babylone mais &agrave; Tarsis, qui est une zone l&eacute;gendaire comprise entre la Tunisie, la Sicile et les &Icirc;les Espagnoles. Ils y sont rest&eacute;s pendant des si&egrave;cles puis ont &eacute;migr&eacute; en Turquie qui avait &agrave; cette &eacute;poque ouvert ses portes aux Juifs d&rsquo;Espagne. Mes anc&ecirc;tres se sont donc install&eacute;s pendant de longues ann&eacute;es &agrave; Thessalonique, autrefois ville turque et aujourd&rsquo;hui capitale dynamique du nord de la Gr&egrave;ce et des Balkans. Ils ont continu&eacute; &agrave; exercer les m&ecirc;mes m&eacute;tiers traditionnels de la famille, &agrave; savoir l&rsquo;&eacute;levage et la boucherie. Pour la petite anecdote, le nom de famille Lellouche vient de &laquo; Alouech &raquo;, qui signifie &eacute;leveurs de mouton. Fournisseurs attitr&eacute;s des arm&eacute;es ottomanes de b&eacute;tail, ils les ont suivies durant leur conqu&ecirc;te de l&rsquo;Afrique du Nord et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils se sont retrouv&eacute;s en Tunisie vers l&rsquo;ann&eacute;e 1540. Devenus par la suite fournisseurs de l&rsquo;arm&eacute;e beylicale en Tunisie et du Dey d&rsquo;Alger, mes a&iuml;euls se sont install&eacute;s dans les zones militaires, principalement dans le Sahel, &agrave; B&eacute;ja anciennement grenier de Rome, &agrave; la Goulette, si&egrave;ge de la cour beylicale et &agrave; la fronti&egrave;re alg&eacute;rienne. C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; cette branche de la famille Lellouche qu&rsquo;appartient Claude Lellouche, le r&eacute;alisateur. Quant &agrave; ma m&egrave;re, elle est issue d&rsquo;une famille espagnole tr&egrave;s pieuse dont le plus c&eacute;l&egrave;bre anc&ecirc;tre est Don Isaac (Itshak ben Yehouda) Abravanel, n&eacute; en 1437 &agrave; Lisbonne (Portugal). Philosophe, commentateur biblique et financier, il &eacute;tait le seul juif Grand d&rsquo;Espagne, il &eacute;tait conseiller &agrave; la Cour d&rsquo;Isabelle la Catholique. Bien que tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute; &agrave; la cour et jouissant d&rsquo;un certain prestige, il fut contraint, suite &agrave; la chute de Grenade et la signature du d&eacute;cret de l&rsquo;Alhambra, de choisir entre la conversion &agrave; la chr&eacute;tient&eacute; ou l&rsquo;exil. Il a choisi la deuxi&egrave;me option et est parti avec sa famille s&rsquo;installer &agrave; Naples, avant de remonter vers la V&eacute;n&eacute;tie, l&rsquo;actuelle Venise. Jusqu&rsquo;au jour o&ugrave; il a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;ouvrir des comptoirs en Afrique du Nord, ma famille maternelle s&rsquo;est install&eacute;e en Tunisie pr&eacute;cis&eacute;ment dans les villes du sud avant de remonter petit &agrave; petit vers le Nord. Issus de deux familles juives immigr&eacute;es, mes parents se sont rencontr&eacute;s en Tunisie et se sont mari&eacute;s en 1946. A l&rsquo;&eacute;poque, cette union avait suscit&eacute; des remous et &eacute;tait mal vue puisque ma m&egrave;re &eacute;tait consid&eacute;r&eacute;e comme une &laquo; gornia &raquo;, du fait de son origine italienne et mon p&egrave;re &eacute;tait un &laquo; Tounsi &raquo; car sa famille plus anciennement install&eacute;s en Tunisie. Mais les choses se sont vite arrang&eacute;es et c&rsquo;est ainsi que mes fr&egrave;res, s&oelig;urs et moi sommes venus au monde, &agrave; la Goulette. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>La Goulette d&rsquo;antan, une joyeuse mosa&iuml;que<\/strong><br \/>\n\t\t\t\tLa Goulette des ann&eacute;es cinquante et soixante qui constitue un doux souvenir pour Jacob mais qui pr&eacute;f&egrave;re ne pas trop s&rsquo;attarder sur le pass&eacute;. Il se rappelle toutefois de quelques moments cl&eacute;s de son enfance, du temps o&ugrave; ce mythique joyau de la banlieue nord &eacute;tait une joyeuse mosa&iuml;que de communaut&eacute;s. Il raconte: &laquo; L&rsquo;amour de la Tunisie m&rsquo;a &eacute;t&eacute; transmis par h&eacute;ritage. M&ecirc;me si je l&rsquo;ai quitt&eacute;e pendant de longues ann&eacute;es pour m&rsquo;installer en France, j&rsquo;y suis rest&eacute; fid&egrave;le. Et c&rsquo;est naturellement qu&rsquo;en 1996, j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de retourner d&eacute;finitivement dans mon pays natal. Ce retour aux sources n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; des plus faciles mais j&rsquo;ai toujours souhait&eacute; finir ma vie l&agrave; o&ugrave; elle avait commenc&eacute;, soit &agrave; la Goulette. Je me rappelle de cette &eacute;poque magique o&ugrave; l&rsquo;on vivait, toutes communaut&eacute;s confondues, en paix. Il y avait alors une mosqu&eacute;e, une &eacute;glise et quatorze synagogues et oratoires. Nous allions tous aussi bien &agrave; la procession de la madonne qu&rsquo;aux r&eacute;unions de la synagogue sans oublier &agrave; la procession de Sidi Cherif. Ces rendez-vous religieux concernaient tous les Goulettois et non pas une communaut&eacute; en particulier. Je me rappelle aussi de Mr Lahmi, le propri&eacute;taire du cin&eacute;ma Rex. Ce monsieur ouvrait ses portes de son cin&eacute;ma gratuitement aux enfants trois fois par an, &agrave; No&euml;l, le jour de l&rsquo;A&iuml;d et pour Pourrim. Enfant, nous attendions impatiemment ces jours-l&agrave; et notre dernier souci &eacute;tait de savoir qui f&ecirc;tait quoi. Nous prenions nos glibettes et profitions de l&rsquo;occasion pour visualiser de bons films. A travers son geste symbolique, ce monsieur a r&eacute;ussi &agrave; rassembler les trois communaut&eacute;s. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est notre mission &agrave; nous de transmettre le flambeau et inciter les communaut&eacute;s &agrave; se d&eacute;couvrir les unes les autres. Car rien n&rsquo;explique le racisme sauf l&rsquo;ignorance et la d&eacute;sinformation. Alors que les juifs &eacute;taient 300 mille pour une population de 2 millions de citoyens, aujourd&rsquo;hui nous ne sommes plus que 1300 pour 12 millions de Tunisiens. Une vraie peau de chagrin ! Alors autant vivre dans la paix et la tol&eacute;rance. D&rsquo;ailleurs, nos histoires sont indissociables. En remontant un peu la g&eacute;n&eacute;alogie de chaque famille tunisienne, on peut facilement se rendre compte que nous sommes non pas des cousins mais des fr&egrave;res. Le tronc est commun mais il y a juste beaucoup de ramifications. En t&eacute;moignent les noms de famille communs aux deux communaut&eacute;s: Haddad, Hattab, Halali, Ta&iuml;eb, Zitoun&#8230; &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>La Tunisie, un meltingpot culturel et gastronomique<\/strong><br \/>\n\t\t\t\tIndiscutablement, la Tunisie est riche de ses origines multiples. Gr&acirc;ce aux nombreuses civilisations qui s&rsquo;y sont succ&eacute;d&eacute;es, ce pays a acquis une pluralit&eacute; qui se ressent aussi bien au niveau des us et coutumes qu&rsquo;au niveau de la gastronomie. Jacob Lellouche explique par exemple que de nombreuses traditions pr&eacute;sentes chez les familles tunisiennes musulmanes ont aussi une symbolique dans la religion juda&iuml;que. Il explique qu&rsquo;au Sahel, bon nombre de femmes allument vendredi soir une bougie. Comment alors ne pas faire le lien avec la bougie de shabbat. De m&ecirc;me, dans beaucoup de mariages, des femmes cassent un verre pour &eacute;loigner le mauvais &oelig;il. Dans le juda&iuml;sme, cette tradition est aussi pratiqu&eacute;e et fait allusion &agrave; la destruction du temple de Salomon. Quant &agrave; la gastronomie, nombreux plats traditionnels tunisiens sont en v&eacute;rit&eacute; une adaptation locale de mets internationaux tels que les &laquo; okod &raquo;, ce rago&ucirc;t &agrave; base d&rsquo;appareil g&eacute;nital du jeune taureau cuit en sauce. Appr&eacute;ci&eacute; en Tunisie et r&eacute;put&eacute; pour &ecirc;tre aphrodisiaque, ce plat est originellement espagnol, o&ugrave; il porte le nom de &laquo; Callos a la Madrile&ntilde;a &raquo;, un mets qu&rsquo;on sert traditionnellement au tor&eacute;ador vainqueur de la corrida. M&ecirc;me chose pour le fameux &laquo; couscous aux boulettes &raquo;. Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;un pot-au-feu, le &laquo; Cocido madrile&ntilde;o &raquo;, servi en Espagne avec de petites p&acirc;tes semblables &agrave; la &laquo; chorba &raquo;. Import&eacute; en Tunisie, les petites p&acirc;tes ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;es par un ingr&eacute;dient local, le couscous. En bons M&eacute;diterran&eacute;ens, les Tunisiens ont su faire de ce brassage multiculturel une force et une richesse. A l&rsquo;heure o&ugrave; les conflits politiques et religieux divisent, la Tunisie a su serrer ses rangs et pr&eacute;server son unit&eacute;, malgr&eacute; toutes les tentatives pour diviser le peuple. Pourvu que &ccedil;a dure !<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Rym BENAROUS<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\thttp:\/\/www.letemps.com.tn\/article\/88914\/les-lellouche-des-tunisiens-pure-souche<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Lellouche, des Tunisiens pure souche !&quot; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Qui ne conna&icirc;t pas la famille Lellouche, install&eacute;e depuis des g&eacute;n&eacute;rations &agrave; la Goulette et plus pr&eacute;cis&eacute;ment tonton Jacob et sa maman Nelly Seror, alias Mamie Lily? 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