{"id":10073,"date":"2015-01-18T18:49:35","date_gmt":"2015-01-18T18:49:35","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10073"},"modified":"2015-01-18T18:49:35","modified_gmt":"2015-01-18T18:49:35","slug":"wolinski-une-vie-de-rires-et-de-larmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wolinski-une-vie-de-rires-et-de-larmes\/","title":{"rendered":"Wolinski, une vie de rires et de larmes"},"content":{"rendered":"<div id=\"article-header\">\n<p>\n\t\tWolinski, une vie de rires et de larmes<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tUn mot d&rsquo;esprit pouvait suffire &agrave; ouvrir un large sourire sur le visage du dessinateur, volontiers m&eacute;lancolique. Collaborateur du JDD, Georges Wolinski a partag&eacute; son existence entre la camaraderie de la bande de Charlie et l&rsquo;amour de ses femmes.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"article-body\" itemprop=\"articleBody\">\n<div id=\"article-content\">\n<p>\n\t\t\tTunis, 1936&nbsp;: dans la foul&eacute;e du Front populaire, Ziegfried Wolinski, ferronnier d&#39;art, est abattu d&#39;une balle dans la t&ecirc;te par l&#39;un de ses ouvriers. Paris, 2015 : dans la furie djihadiste, Georges Wolinski, dessinateur de presse, est assassin&eacute; d&#39;une rafale d&#39;arme automatique par deux fr&egrave;res fanatis&eacute;s. Tragique parall&egrave;le, diagonale des fous.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMercredi,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lejdd.fr\/Societe\/Faits-divers\/A-notre-ami-Georges-Wolinski-710830\" target=\"_self\">Georges Wolinski est mort<\/a>&nbsp;aux c&ocirc;t&eacute;s de ses meilleurs amis :&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lejdd.fr\/Cabu-Ils-vont-nous-pourrir-la-vie-711152\" target=\"_self\">Jean Cabut qu&#39;il appelait &quot;mon fr&egrave;re&quot;<\/a>&nbsp;; Charb le cadet qui, depuis le d&eacute;part de Philippe Val, &quot;cheffait&quot; Charlie avec vigueur ; &quot;Oncle Bernard&quot; Maris dont les fulgurances &eacute;co-psycho-litt&eacute;raires le bluffaient, Georges admirait les grosses t&ecirc;tes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&#39;est la conf&eacute;rence du mercredi que deux islamo-fachos&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lejdd.fr\/Societe\/Charb-Cabu-Tignous-et-Wolinski-sont-morts-dans-l-attentat-contre-Charlie-Hebdo-710838\" target=\"_self\">ont tragiquement conclue<\/a>, cette r&eacute;union hebdomadaire &agrave; laquelle Georges se rendait en voiture, souvent avec Cabu. Les d&eacute;bats tournaient toujours &agrave; la foire d&#39;empoigne entre ces grandes gueules, Wolinski &eacute;tant parmi les plus r&eacute;serv&eacute;s. Quand il sortait de son silence pour dire de Sigol&egrave;ne Vinson (l&#39;une des rescap&eacute;es) qu&#39;elle &eacute;tait &quot;vraiment belle&quot; et qu&#39;&agrave; part &ccedil;a, il serait peut-&ecirc;tre temps d&#39;aller manger un morceau, tous partaient d&#39;un grand &eacute;clat de rire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a id=\"eztoc10829988_4\" name=\"eztoc10829988_4\" style=\"border: 0px; outline: 0px; font-weight: inherit; font-style: inherit; font-size: 13px; font-family: inherit; margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(238, 0, 0);\"><\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\tLe jour o&ugrave; il d&eacute;voila sa &quot;quiquette&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tToute sa vie, le rire aura &eacute;t&eacute; pour Georges Wolinski une planche de salut. Il avait 2&nbsp;ans quand son p&egrave;re disparut et tr&egrave;s vite aussi sa m&egrave;re, Lola Bembaron, qui quita Tunis pour soigner sur le continent une tuberculose et un grand chagrin. Il ne la retrouvera qu&#39;&agrave; l&#39;&acirc;ge de 13&nbsp;ans. Entre-temps, il aura eu le temps d&#39;ingurgiter les rudiments de la vie aupr&egrave;s d&#39;un grand-p&egrave;re p&acirc;tissier et d&#39;une grand-m&egrave;re brusque qui l&#39;appelaient tout de m&ecirc;me &quot;Georgie&quot; ; d&#39;un oncle qui lui montra comment arranger sa chemise dans son pantalon ; d&#39;un autre oncle dont la biblioth&egrave;que peuplera sa solitude ; d&#39;un paquet de dessins de Ziegfried qui accompagneront une vocation ; de jeunes tantes qui lui vaudront ses premiers &eacute;mois : &agrave; 9&nbsp;ans, lors d&#39;une sortie au hammam, le petit Georgie dut d&eacute;voiler sa &quot;quiquette&quot; au milieu de toutes ces femmes soudain d&eacute;barrass&eacute;es de leurs v&ecirc;tements traditionnels juifs.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSouvenir imp&eacute;rissable qui ne cessera d&#39;inspirer tous ces dessins o&ugrave; le roi Georges, cigare au bec, tr&ocirc;ne entour&eacute; de splendeurs au mieux v&ecirc;tues d&#39;une petite culotte. Dans la vie, Wolinski aura &eacute;t&eacute; bien plus timide que ses r&eacute;cits soixante-huitards le laisseraient supposer. Pour sa premi&egrave;re fois, il fallut que la dame lui explique qu&#39;il vaudrait mieux qu&#39;il bouge un peu s&#39;il voulait ressentir quelque chose.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAu m&ecirc;me titre que le rire et le dessin,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lejdd.fr\/Culture\/Livres\/Les-femmes-au-pouvoir-le-premier-roman-graphique-de-Wolinski-688684\" target=\"_self\">les femmes auront &eacute;t&eacute; la condition de sa survie<\/a>. Au lyc&eacute;e, dans la r&eacute;gion parisienne, Wolinski &eacute;tait tomb&eacute; amoureux d&#39;une brunette aux yeux d&#39;Orient qui lui rappelait peut-&ecirc;tre sa m&egrave;re. Il &eacute;pousera Kean, ils mettront au monde Frederica et Natacha. En 1966, ils partent retrouver leurs petites filles sur la C&ocirc;te d&#39;Azur. Elle conduit, il dort &agrave; l&#39;arri&egrave;re du v&eacute;hicule. Un &eacute;cart, un arbre. Kean restera quelques jours &agrave; l&#39;h&ocirc;pital, gri&egrave;vement bless&eacute;e ; elle aura le temps de prendre la main de Georges et de lui annoncer, dans un souffle, qu&#39;elle va mourir.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans cet oc&eacute;an de ruines et de d&eacute;solations, Wolinski a toujours navigu&eacute; entre deux rives, le r&ecirc;ve et le r&eacute;el, avec une nette pr&eacute;f&eacute;rence pour le premier continent : Ziegfried Wolinski ne s&#39;est-il pas tromp&eacute; d&egrave;s le d&eacute;part en d&eacute;clarant la naissance de son fils le 28&nbsp;juin 1934 alors qu&#39;il &eacute;tait n&eacute; le 29? Et Georges n&#39;est-il pas toujours rest&eacute; fid&egrave;le &agrave; la d&eacute;claration du p&egrave;re en c&eacute;l&eacute;brant son anniversaire chaque 28&nbsp;juin? Le dernier, en 2014, fut f&ecirc;t&eacute; en Provence ; il aura pour toujours 80&nbsp;ans.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes deux rives de Wolinski sont pleines de rires et de larmes, de blagues et de m&eacute;lancolie. &Agrave; l&#39;&eacute;tat naturel, il pouvait pr&eacute;senter une mine renfrogn&eacute;e, un regard absent, un silence lointain, tous les stigmates d&#39;une contemplation int&eacute;rieure. Les bons jours, il pouvait suffire d&#39;un mot d&#39;esprit pour qu&#39;un sourire le ram&egrave;ne dans le monde des vivants. Une blague grivoise? Un large rire creusait alors son visage d&#39;une demi-lune ; le petit Georgie &eacute;tait de retour.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDe la m&ecirc;me fa&ccedil;on, dans sa vie professionnelle, Wolinski s&#39;est vite partag&eacute; entre une rive anarco-&eacute;grillarde, donnons-lui le nom de Charlie m&ecirc;me s&#39;il y eut aussi Hara-Kiri ; et une rive bourgeoise (les affiches publicitaires et des r&eacute;dactions plus install&eacute;es comme le JDD, Paris Match ou Le Nouvel Observateur) qui lui ont permis de payer ses Havane, ses bonnes tables, ses impeccables costumes sign&eacute;s Schreiber, la location d&#39;un vaste appartement germanopratin&hellip; La propri&eacute;t&eacute;, c&#39;est le vol, soit! Wolinski n&#39;aura jamais d&eacute;rog&eacute; &agrave; ce principe proudhonien mais il se sera am&eacute;nag&eacute; un socialisme d&#39;aisance et de confort. Rue de Marseille &agrave; Tunis, il a pass&eacute; son enfance sur un divan dans la salle &agrave; manger.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a id=\"eztoc10829988_5\" name=\"eztoc10829988_5\" style=\"border: 0px; outline: 0px; font-weight: inherit; font-style: inherit; font-size: 13px; font-family: inherit; margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(238, 0, 0);\"><\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\tDe&nbsp;L&#39;Humanit&eacute;&nbsp;au&nbsp;JDD<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl n&#39;y a que ceux qui n&#39;ont jamais connu la perte et l&#39;abandon pour se gausser de ce ruban rouge qu&#39;il portait depuis 2005, cette L&eacute;gion d&#39;honneur qu&#39;il n&#39;avait pas r&eacute;clam&eacute;e mais que Chirac lui avait accord&eacute;e et qu&#39;il arborait fi&egrave;rement. &Agrave; Charlie, les plus enrag&eacute;s comme Delfeil de Ton pouvaient le plaisanter mais ses aventures bourgeoises ne l&#39;ont jamais coup&eacute; de ses potes. M&ecirc;me pendant son septennat &agrave; L&#39;Humanit&eacute;, de 1974 &agrave; 1981, tomb&eacute; cette fois sous le charme d&#39;un grand stendhalien, Ren&eacute; Andrieu. Il suffira que les communistes entrent au gouvernement et que le Parti lui demande de se faire tout doux avec les socialistes pour qu&#39;il reprenne sa libert&eacute;. En 1968, il s&#39;est cru gauchiste, il a collabor&eacute; &agrave; Action, invent&eacute; par le camarade Schalit puis &agrave; L&#39;Enrag&eacute;, cr&eacute;&eacute; par Sin&eacute;, mais en r&eacute;alit&eacute;, comme Cabu, comme Reiser, comme Choron et Cavanna, c&#39;&eacute;tait un anar et un jouisseur plut&ocirc;t qu&#39;un militant.<\/p>\n<p>\n\t\t\tJeune dessinateur, il s&#39;est nourri des g&eacute;ants, Dubout, Topor et Bosc, et r&eacute;alisait d&#39;impressionnantes fresques baroques et surcharg&eacute;es. &Agrave; Hara-Kiri, Fran&ccedil;ois Cavanna le surprit en train de croquer les conf&eacute;rences de r&eacute;daction. &quot;C&#39;est cela qu&#39;il faut que tu fasses&quot;, lui dit-il en d&eacute;signant son carnet. Naissance d&#39;un nouveau style, la vie en quelques traits.<br \/>\n\t\t\tApr&egrave;s Mai-68, sans quitter &quot;la bande &agrave; Charlie&quot;, il accepte la proposition de rejoindre Le&nbsp;Journal du Dimanche&nbsp;faite par Ren&eacute; Maine, le directeur de l&#39;&eacute;poque, pas sp&eacute;cialement &agrave; gauche mais attentif aux mouvements de la soci&eacute;t&eacute;. Wolinski y r&eacute;alisera pendant quatre ans des sc&egrave;nes de la vie quotidienne en trois ou quatre cases, quittera le journal en 1972, y reviendra en 1990 sous la direction d&#39;Alain Genestar puis de Jean-Claude Maurice pour des dessins plus politiques.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a id=\"eztoc10829988_6\" name=\"eztoc10829988_6\" style=\"border: 0px; outline: 0px; font-weight: inherit; font-style: inherit; font-size: 13px; font-family: inherit; margin: 0px; padding: 0px; color: rgb(238, 0, 0);\"><\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\tPremier baiser avec Maryse, le jour d&#39;un bouclage&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1968, Wolinski retrouve au JDD Jean Cabut, le p&egrave;re du Beauf et du Grand Duduche. Il d&eacute;couvre celle qui va changer sa vie. Le jeune veuf portant beau, costume noir et cravate rose, d&eacute;barque rue de Cl&eacute;ry pour la conf&eacute;rence du mardi quand son regard croise celui d&#39;une stagiaire de 20&nbsp;ans, Maryse Bach&egrave;re, jeune fille blonde en col blanc et robe rose pliss&eacute;e. Pour le premier baiser, ils devront patienter jusqu&#39;au samedi, jour de bouclage, dans un taxi, entre le restaurant et le journal.<\/p>\n<p>\n\t\t\tTrois ans plus tard, Maryse devient Maryse Wolinski. Plus tard encore, elle quitte le journal, donne le jour &agrave; Elsa, &eacute;crit des essais et des romans, s&#39;engage pour la cause des femmes, n&#39;h&eacute;site pas &agrave; secouer publiquement son mari, &quot;ce sale phallocrate&quot; comme il se d&eacute;finissait lui-m&ecirc;me. En 2010, &agrave; la suite d&#39;un dessin de Georges dans le JDD traitant de &quot;p&eacute;tasses&quot; les stripteaseuses de Tourn&eacute;e de Mathieu Amalric, Maryse passe &agrave; son adorable mari un affectueux savon dans un livre-confession, Georges, si tu savais&hellip;<br \/>\n\t\t\t&nbsp;<br \/>\n\t\t\tLe misogyne qui aimait les femmes et la petite blonde f&eacute;ministe se sont aim&eacute;s d&#39;un amour profond, volcanique puis apais&eacute;. Ils auraient eu mille raisons de rompre ; Maryse supportait mal son humour noir comme cette d&eacute;claration d&#39;amour d&#39;un genre particulier : &quot;Je veux &ecirc;tre incin&eacute;r&eacute;. J&#39;ai dit &agrave; ma femme : tu jetteras mes cendres dans les toilettes, comme cela je verrai tes fesses tous les jours.&quot; En m&ecirc;me temps, Georges ne s&#39;asseyait jamais &agrave; sa table de travail sans s&#39;attarder sur la belle photo de Maryse pos&eacute;e sur le radiateur. Quarante-six ans de vie commune avec sa femme, cinquante-cinq ans avec ses copains&hellip; Georgie &eacute;tait un fid&egrave;le patent&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl avait aussi fait des efforts. Il s&#39;est dessin&eacute; au tribunal des femmes convoqu&eacute; pour expier ses p&eacute;ch&eacute;s misogynes. Dans cette s&eacute;rie pr&eacute;monitoire, une Le&iuml;la en burqa le menace d&#39;une ceinture d&#39;explosifs avant de se m&eacute;tamorphoser en Marylin &eacute;mancip&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLors des d&eacute;bats du mercredi, &agrave; Charlie, Wolinski n&#39;&eacute;tait pas le plus vindicatif. Il savait que l&#39;&eacute;poque avait chang&eacute;. Ces schismes lui faisaient mal au c&oelig;ur. Il avait v&eacute;cu, dans son enfance de jasmin, les liens fraternels entre les Juifs et les Arabes de Tunisie ; Tita, la tata du hammam, ne pouvait communiquer avec son neveu Georgie, elle ne savait que l&#39;arabe. Son espoir, apr&egrave;s le printemps arabe, a vite tourn&eacute; court. Il pouvait ressentir de la peur mais il n&#39;a jamais pli&eacute;, fid&egrave;le &agrave; ses camarades et &agrave; ses convictions : il n&#39;aimait pas blesser, regrettait certaines de ses outrances antigaullistes mais il restait fid&egrave;le &agrave; quelques principes : &quot;Un humoriste, c&#39;est forc&eacute;ment ath&eacute;e.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn des derniers moments de pl&eacute;nitude, c&#39;&eacute;tait en septembre&nbsp;2012. La Biblioth&egrave;que nationale de France lui avait consacr&eacute; une belle exposition,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lejdd.fr\/Culture\/Actualite\/Wolinski-fete-50-ans-de-dessins-a-la-BnF-518165\" target=\"_self\">&quot;Wolinski, 50&nbsp;ans de dessins&quot;<\/a>. Pour la fermeture, il partagea avec les amis de Charlie un verre et une poign&eacute;e de biscuits. Il y avait Charb et sa bande dont Philippe Lan&ccedil;on, la plume magnifique bless&eacute;e mercredi mais toujours debout. On &eacute;tait loin du vacarme des conf&eacute;rences de r&eacute;daction, le prestige de l&#39;endroit imposait le&nbsp;mezza voce.<\/p>\n<p>\n\t\t\tGeorges &eacute;tait heureux qu&#39;on rende hommage &agrave; son &oelig;uvre prot&eacute;iforme, bien loin du seul dessin de presse, m&ecirc;me s&#39;il pla&ccedil;ait Daumier au-dessus de tout. Vinrent deux questions subreptices. Qui &eacute;tait-il au fond? &quot;Je suis seul et j&#39;ai peur.&quot; De quoi son travail parlait-il? &quot;Du malheur d&#39;&ecirc;tre un homme sur cette terre.&quot;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"article-author\">\n<p>\n\t\t\tPatrice Trapier &#8211; Le Journal du Dimanche<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Wolinski, une vie de rires et de larmes &nbsp; &nbsp; &nbsp; Un mot d&rsquo;esprit pouvait suffire &agrave; ouvrir un large sourire sur le visage du dessinateur, volontiers m&eacute;lancolique. Collaborateur du JDD, Georges Wolinski a partag&eacute; son existence entre la camaraderie de la bande de Charlie et l&rsquo;amour de ses femmes. 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