{"id":1009,"date":"2011-02-21T18:56:03","date_gmt":"2011-02-21T18:56:03","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1009"},"modified":"2011-02-22T04:57:40","modified_gmt":"2011-02-22T04:57:40","slug":"tunisie-que-veulent-vraiment-les-islamistes-dennahdha","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-que-veulent-vraiment-les-islamistes-dennahdha\/","title":{"rendered":"Tunisie : que veulent vraiment les islamistes d\u2019Ennahdha ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div class=\"conteneurBoiteOutil\">\n<h1>\n\t\tTunisie : que veulent vraiment les islamistes d&#39;Ennahdha ?<\/h1>\n<h1>\n\t\t<span class=\"Apple-style-span\">&nbsp;Par Frida Dahmani, &agrave; Tunis<\/span><\/h1>\n<\/div>\n<div id=\"boiteoutil2\">\n<div class=\"annulation_float\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texteModifiable\" id=\"texte\">\n<p class=\"chapo\">\n\t\tLa jeune d&eacute;mocratie tunisienne s&rsquo;interroge sur le positionnement et les objectifs des militants d&rsquo;Ennhadha (Renaissance). Depuis le retour d&rsquo;exil de son leader Rached Ghannouchi, le mouvement islamiste pr&eacute;tend adh&eacute;rer aux valeurs des libert&eacute;s d&eacute;mocratiques. Mais il peine &agrave; dissimuler son aile dure, beaucoup moins progressiste.<\/p>\n<p>\n\t\tR&eacute;prim&eacute;s lourdement par la dictature sous Ben Ali dont ils &eacute;taient l&rsquo;alibi, les islamistes d&rsquo;Ennahdha ont fait profil bas pendant vingt ans. Mais d&egrave;s le retour de Rached Ghannouchi, le 30 janvier dernier, Ennahdha est apparu structur&eacute;, apparemment peu affect&eacute; par ses ann&eacute;es de clandestinit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tLe mouvement a d&eacute;pos&eacute; une demande d&rsquo;autorisation en tant que parti politique et a &eacute;lu son bureau ex&eacute;cutif. Ajmi Lourimi y est charg&eacute; de la culture et du d&eacute;veloppement de la r&eacute;flexion. Il affirme que la priorit&eacute; de la ligne politique d&rsquo;Ennahdha est la r&eacute;alisation d&rsquo;une transition d&eacute;mocratique prenant en compte les demandes de dignit&eacute;, de libert&eacute; et de travail de la population, qui sont &agrave; l&rsquo;origine de la r&eacute;volution.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Garanties de respect du jeu d&eacute;mocratique<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tRached Ghannouchi a &eacute;galement soulign&eacute; l&rsquo;engagement d&rsquo;Ennahdha &laquo; en faveur de la d&eacute;mocratie et du droit du peuple &agrave; choisir son pr&eacute;sident par le biais des &eacute;lections [&#8230;] &agrave; renforcer les acquis des femmes, tels que pr&eacute;vus par le Code du statut personnel [CSP], &agrave; am&eacute;liorer les conditions de vie des femmes et &agrave; souligner leur r&ocirc;le positif sur la sc&egrave;ne politique, sociale et culturelle, de mani&egrave;re &agrave; ce qu&#39;elles puissent participer efficacement au progr&egrave;s de la soci&eacute;t&eacute; &raquo;. De fait, deux femmes, Frida Labidi et Monia Ibrahim, sont membres de l&rsquo;organe de direction du mouvement.<\/p>\n<p>\n\t\tZied Daoulatli, porte-parole du mouvement &agrave; Paris, pr&eacute;cise : &laquo; Le mouvement Ennahdha est un parti politique. Il faut faire la distinction entre parti politique et parti religieux. Nous voulons pr&eacute;parer maintenant un r&eacute;gime parlementaire. &raquo; Mais le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;Ennhada, Hamadi Jebali, est plus ambigu. Il affirme vouloir &laquo; privil&eacute;gier l&rsquo;esprit de la charia ; pour nous elle est un message, une philosophie. Elle signifie libert&eacute;, justice, &eacute;galit&eacute; &raquo;&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\tAbsent du soul&egrave;vement r&eacute;volutionnaire et sans r&ocirc;le dans le gouvernement de transition, Ennahdha se positionne comme un observateur critique. Sur les politiques &eacute;conomiques, Ajmi Lourimi soutient qu&rsquo;il faut rompre avec le pass&eacute; et asseoir les bases d&rsquo;une bonne gouvernance. Il explique qu&rsquo;il y a lieu de reconsid&eacute;rer les investissements &eacute;trangers, de favoriser les financements islamiques et d&rsquo;&eacute;tablir des rapports privil&eacute;gi&eacute;s avec les pays voisins et l&rsquo;Afrique comme le fait la Turquie. Il souligne enfin que le d&eacute;veloppement r&eacute;gional est une priorit&eacute;, incluant la mise en place de la d&eacute;mocratie &eacute;lectorale.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;int&eacute;rieur du pays, foyer de la r&eacute;volution, est le bastion qu&rsquo;Ennahdha veut conqu&eacute;rir. En misant sur la fibre patriotique et la fiert&eacute; r&eacute;volutionnaire, les activistes d&rsquo;Ennahdha revendiquent ostensiblement leur tunisianit&eacute;. Sahbi Atig, professeur de sciences islamiques et membre du bureau ex&eacute;cutif, souligne que &laquo; certains tentent de nous faire passer pour un mouvement non tunisien. Nous sommes un mouvement national tunisien qui combine les valeurs de l&#39;islam et celles du modernisme. Nous adoptons une ligne de pens&eacute;e mod&eacute;r&eacute;e &raquo;. Un discours trop beau pour &ecirc;tre vrai ?<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Craintes d&rsquo;un retour de l&rsquo;islamisme<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tEnnahdha change de ton mais peine &agrave; convaincre, ne pouvant donner aucune garantie sur sa sinc&eacute;rit&eacute;. Et les pr&ecirc;ches politiques que tiennent les imams islamistes dans les mosqu&eacute;es, stigmatisant la la&iuml;cit&eacute;, les droits des femmes, l&rsquo;enseignement la&iuml;c et r&eacute;clamant l&rsquo;application de la charia, n&rsquo;att&eacute;nuent en rien les suspicions qui p&egrave;sent sur le mouvement.<\/p>\n<p>\n\t\tSlah Zghidi, militant de la la&iuml;cit&eacute;, s&rsquo;insurge. &laquo; La l&eacute;galisation d&rsquo;un parti religieux r&eacute;clamant un &Eacute;tat th&eacute;ocratique fond&eacute; sur l&rsquo;application de la charia islamique est anticonstitutionnelle et antid&eacute;mocratique. &raquo; La situation para&icirc;t cependant plus compliqu&eacute;e, comme en t&eacute;moigne un responsable d&rsquo;Ennahdha. &laquo; Le parti est loin d&rsquo;&ecirc;tre homog&egrave;ne. Il poss&egrave;de aussi une aile dure et une aile plus mod&eacute;r&eacute;e qui, si elle l&rsquo;emporte, pourrait laisser la tendance Ghannouchi sur la touche. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Au sein m&ecirc;me d&rsquo;Ennahdha, des dissensions s&rsquo;expriment, confirme le politologue Larbi Chouikha. Il est vrai que l&rsquo;islamisation de la soci&eacute;t&eacute; op&eacute;r&eacute;e par Ben Ali peut pr&ecirc;ter aujourd&rsquo;hui &agrave; confusion. Mais il faut absolument faire la diff&eacute;rence entre un islam mod&eacute;r&eacute;, une pratique de la foi et un discours politique &raquo;, dit-il. Une nouvelle grille de lecture est n&eacute;cessaire pour d&eacute;crypter la d&eacute;mocratie naissante, en toute s&eacute;r&eacute;nit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Les Tunisiens attendent d&rsquo;Ennahdha des garanties concernant les libert&eacute;s acquises et un discours moins ambigu. Mais c&rsquo;est aussi ce qu&rsquo;il r&eacute;clame &agrave; tous les partis politiques, par manque de confiance &raquo;, relativise enfin la sociologue Maha Dachraoui. Tant il est vrai que l&#39;&eacute;lan r&eacute;volutionnaire reste pour l&#39;instant le meilleur gardien des libert&eacute;s d&eacute;mocratiques conquises par le peuple tunisien. Et Ennhadha aura sans doute du mal &agrave; rester &agrave; flot sans int&eacute;grer d&eacute;finitivement cette nouvelle r&eacute;alit&eacute;.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Tunisie : que veulent vraiment les islamistes d&#39;Ennahdha ? &nbsp;Par Frida Dahmani, &agrave; Tunis &nbsp; La jeune d&eacute;mocratie tunisienne s&rsquo;interroge sur le positionnement et les objectifs des militants d&rsquo;Ennhadha (Renaissance). Depuis le retour d&rsquo;exil de son leader Rached Ghannouchi, le mouvement islamiste pr&eacute;tend adh&eacute;rer aux valeurs des libert&eacute;s d&eacute;mocratiques. 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