{"id":10171,"date":"2016-01-20T02:19:59","date_gmt":"2016-01-20T02:19:59","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10171"},"modified":"2016-01-20T00:53:43","modified_gmt":"2016-01-20T00:53:43","slug":"lepreuve-du-mariage-par-emile-m-tubiana","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lepreuve-du-mariage-par-emile-m-tubiana\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9preuve du mariage, par Emile M Tubiana"},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&rsquo;&eacute;preuve du mariage<br \/>\n\tpar&nbsp;<a>Emile M Tubiana<\/a><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il &eacute;tait une fois un jeune homme qui s&rsquo;appelait Georges. Celui-ci venait de perdre son cher papa Albert. Ce dernier avait fr&eacute;quent&eacute; un grand ami d&rsquo;enfance qui s&rsquo;appelait Henri. Les deux p&egrave;res, Albert et Henri, &eacute;taient comme des fr&egrave;res et ne se s&eacute;paraient jamais. Apr&egrave;s l&rsquo;enterrement d&rsquo;Albert, Georges observa toutes les r&egrave;gles religieuses et fit de tout pour honorer son papa d&eacute;funt. Avant sa mort, Albert avait fait en la pr&eacute;sence de Georges et de Joseph, le fils d&#39;Henri, un accord avec ce dernier, qui disait, que si l&rsquo;un d&rsquo;eux devait mourir, le survivant serait responsable pour l&rsquo;enfant de l&rsquo;autre et devrait faire de son mieux pour le marier avec une fille s&eacute;rieuse et de bonne famille. Cet accord disait aussi que l&#39;h&eacute;ritage passerait automatiquement au survivant qui le donnera plus tard &agrave; l&#39;enfant de l&#39;autre, mais seulement apr&egrave;s le mariage et apr&egrave;s qu&#39;il ne soit assur&eacute; que la mari&eacute;e choisie &eacute;tait digne du gar&ccedil;on et de l&#39;h&eacute;ritage.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri &eacute;tait tr&egrave;s pein&eacute; de la perte de son ami Albert, mais il n&#39;oublia pas son devoir de veiller sur Georges jusqu&#39;apr&egrave;s le mariage de celui-ci. L&#39;ann&eacute;e de la mort d&rsquo;Albert, Georges n&#39;avait que dix-sept ans. Henri n&#39;osait encore pas lui parler de mariage. En plus, la perte &eacute;tait si p&eacute;nible, qu&#39;Henri faisait de tout pour combler le vide que son ami avait laiss&eacute;. Quand Georges avait atteint ses dix huit ans, Henri organisa une f&ecirc;te pour le jeune homme et profita de cette occasion pour inviter quelques jolies demoiselles de bonne famille. Georges ne semblait pas encore &ecirc;tre int&eacute;ress&eacute; aux femmes. Henri n&#39;insista pas du tout et pr&eacute;f&eacute;rait attendre le moment propice pour intervenir. Ainsi plusieurs ann&eacute;es pass&egrave;rent sans que Georges s&#39;int&eacute;resse aux demoiselles. Mais les grands amis avaient promis l&#39;un &agrave; l&#39;autre que l&#39;enfant de l&#39;autre devait absolument se marier au plus tard &agrave; l&#39;age de vingt cinq ans.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri se voyait oblig&eacute; d&#39;intervenir car il n&#39;avait pas le droit de garder l&#39;h&eacute;ritage apr&egrave;s que Georges aurait atteint l&#39;age prescrit. Cette fois-ci Henri invita Georges et s&#39;entretint avec lui sur son sort et son futur Georges n&#39;avait pas l&#39;air de s&#39;int&eacute;resser. Ce n&#39;est qu&#39;alors que Henri lui dit qu&#39;il devait enfin choisir une femme, sinon il n&#39;aurait pas le choix que de lui en imposer une. Georges qui respectait Henri comme son p&egrave;re lui r&eacute;pondit:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Henri, je compte sur toi pour que tu me choisisses une femme. A cela Henri lui mentionna le nom d&#39;une bonne jeune fille. Georges avait l&#39;air de l&#39;aimer et r&eacute;pondit:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Vas-y, je te suis. Le jour des fian&ccedil;ailles, alors que Georges et sa fianc&eacute;e se trouvaient seuls dans une chambre, Henri apparut soudain accompagn&eacute; de deux gaillards portant une grande malle. Il donna un pourboire aux deux bonshommes et les renvoya. Georges qui &eacute;tait surpris, accueillit aimablement Henri. Celui-ci ne voulant pas tarder dit &agrave; Georges:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Mon fils, j&#39;aimerais que d&egrave;s que vous auriez un moment de libre, vous preniez cette malle et la mettiez sur l&#39;armoire. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le soir apr&egrave;s les fian&ccedil;ailles, alors que Georges se trouvait seul, Henri apparut bri&egrave;vement. Celui-ci constata que la malle n&#39;avait pas &eacute;t&eacute; boug&eacute;e de sa place et s&#39;entretint avec Georges pour lui dire que ce n&#39;&eacute;tait pas la fianc&eacute;e qu&#39;il m&eacute;ritait et que les fian&ccedil;ailles devaient &ecirc;tre annul&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelque mois plus tard Georges fit la connaissance d&#39;une jeune fille et crut tomber amoureux d&#39;elle. Les fian&ccedil;ailles &eacute;taient annonc&eacute;es &agrave; nouveau et comme la premi&egrave;re fois Henri se pointa &eacute;galement avec deux bonshommes portant la m&ecirc;me malle. Avant de repartir, Henri dit &agrave; Georges:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Je vous en prie, si vous auriez un moment de temps, prenez cette malle et levez- la sur l&#39;armoire. &raquo;&nbsp; A nouveau la nouvelle fianc&eacute;e dit &agrave; Georges:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Il est dr&ocirc;le ton bonhomme, il peut attendre! Ah non, pas le jour de nos fian&ccedil;ailles. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Encore une fois la malle n&#39;avait pas boug&eacute; de sa place. Ainsi Henri fit annuler les fian&ccedil;ailles comme la premi&egrave;re fois.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr&egrave;s que quelques mois &eacute;taient pass&eacute;s, Georges fit la connaissance d&#39;une nouvelle jeune fille. Encore une fois, les fian&ccedil;ailles &eacute;taient annonc&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri, comme d&#39;habitude, se pr&eacute;senta le jour des fian&ccedil;ailles avec ses deux gaillards, qui portaient la m&ecirc;me malle et la pos&egrave;rent encore une fois &agrave; la m&ecirc;me place.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant de partir, Henri r&eacute;p&eacute;ta &agrave; nouveau sa demande &agrave; Georges, que d&egrave;s qu&#39;ils auraient un moment de libre, s&#39;ils pouvaient ensemble prendre la malle et la mettre sur l&#39;armoire. D&egrave;s que Henri quitta la chambre, la nouvelle fianc&eacute;e dit &agrave; Georges:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Si tu dis que ce Monsieur est comme ton p&egrave;re, faisons-lui ce plaisir. A nous deux, cela ne prendra m&ecirc;me pas une minute. Georges sourit et dit:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Tu as raison. &raquo; Et comme la jeune fille l&#39;avait dit, cela ne dura m&ecirc;me pas une minute, et la malle se trouva sur l&#39;armoire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le soir, lorsque Henri apparut dans la chambre, il constata &agrave; son grand plaisir, que la malle &eacute;tait sur l&#39;armoire. Le lendemain, il s&#39;adressa &agrave; Georges et lui dit:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Nous devons fixer le jour du mariage, le plus t&ocirc;t possible. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr&egrave;s le mariage, Georges, alors qu&#39;il s&#39;entretenait avec Henri, lui posa la question:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Dis-moi, je t&#39;en prie, pourquoi m&#39;as tu fait annuler les deux premiers fian&ccedil;ailles? &raquo; A cela Henri r&eacute;pondit:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Je voulais que tu trouves une vraie compagne pour la vie, une qui saura porter les fardeaux de la vie avec toi. Cette derni&egrave;re &eacute;tait la seule &agrave; accepter de lever la malle avec toi. Donc, c&#39;est la seule qui te m&eacute;rite. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le gar&ccedil;on comprit le sens moral des propos d&#39;Henri et le remercia.&nbsp; Sur quoi, Henri dit :<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &laquo; Maintenant je pourrai te remettre ainsi qu&rsquo;&agrave; ta ch&egrave;re &eacute;pouse l&rsquo;h&eacute;ritage que ton p&egrave;re m&rsquo;a confi&eacute;. &raquo;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;&eacute;preuve du mariage par&nbsp;Emile M Tubiana &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il &eacute;tait une fois un jeune homme qui s&rsquo;appelait Georges. Celui-ci venait de perdre son cher papa Albert. Ce dernier avait fr&eacute;quent&eacute; un grand ami d&rsquo;enfance qui s&rsquo;appelait Henri. 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