{"id":10211,"date":"2015-02-09T23:10:41","date_gmt":"2015-02-09T23:10:41","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10211"},"modified":"2015-02-09T23:12:31","modified_gmt":"2015-02-09T23:12:31","slug":"le-blaspheme-cest-sacre-par-le-ouaknine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/le-blaspheme-cest-sacre-par-le-ouaknine\/","title":{"rendered":"Le blasph\u00e8me, c&rsquo;est sacr\u00e9 &#8211; par L\u00e9on Ouaknine"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tLe blasph&egrave;me, c&#39;est sacr&eacute; &#8211; par&nbsp;<a href=\"http:\/\/quebec.huffingtonpost.ca\/laon-ouaknine\/\" rel=\"author\">L&eacute;on Ouaknine<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"mainentrycontent\">\n<p>\n\t\tLa manifestation du 11 janvier &agrave; Paris &eacute;tait digne d&#39;une caricature de Charlie-Hebdo. Elle vit les chefs d&#39;&eacute;tats du Qatar, de la Turquie et de l&#39;Arabie Saoudite ou leurs &eacute;missaires marcher c&ocirc;te-&agrave;-cote avec leurs homologues occidentaux en faveur de la libert&eacute; d&#39;expression. Quelle farce! Mais cette triste collision des tenants d&#39;une religion liberticide avec les h&eacute;rauts de la libert&eacute; nous force &agrave; rappeler succinctement ce qu&#39;est la libert&eacute; d&#39;expression.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La libert&eacute; d&#39;expression n&#39;a de sens que dans la controverse<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa libert&eacute; d&#39;expression, ce n&#39;est pas la libert&eacute; de redire ce sur quoi tout le monde est d&#39;accord. O&ugrave; est l&#39;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; le faire, o&ugrave; est le courage, o&ugrave; est la libert&eacute; dans ce cas? Un musulman clamant tout haut &agrave; la Mecque que le Coran est un livre merveilleux ne sera pas condamn&eacute; &agrave; 1000 coups de fouet, mais s&#39;il exprime un doute sur sa pr&eacute;tendue origine divine, malheur &agrave; lui.<\/p>\n<p>\n\t\tLa libert&eacute; d&#39;expression n&#39;a de sens que dans la controverse, les &eacute;v&eacute;nements le prouvent. En France, les cadavres &eacute;taient encore chauds que Fran&ccedil;ois Hollande et l&#39;ineffable Dalil Boubaker s&#39;empressaient de d&eacute;clarer que les assassins n&#39;avaient rien &agrave; voir avec l&#39;islam, que cette religion &eacute;tait une religion de paix. Idem avec George W. Bush (attentat du World Trade Center en 2001), Tony Blair (attentat dans le m&eacute;tro de Londres), Jos&eacute; Maria Aznar (gare centrale de Madrid), Jacques Chirac &agrave; de nombreuses reprises, etc. Ces leaders ont le droit d&#39;exprimer leur opinion bien qu&#39;ils mentent d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment en d&eacute;clarant que puisque l&#39;immense majorit&eacute; des musulmans en Occident n&#39;a pas de sang sur les mains, c&#39;est donc la preuve que l&#39;islam est une religion de paix. Ou bien, soyons charitables, pensent-ils poser un geste performatif &#8211; le simple fait de dire une chose la rend r&eacute;elle, comme lorsqu&#39;un officier d&#39;&eacute;tat civil dans le cadre de ses fonctions d&eacute;clare deux personnes unies par le mariage. Certes la majorit&eacute; des musulmans n&#39;ont rien &agrave; voir avec les assassinats, mais les assassinats ont tout &agrave; voir avec l&#39;islam. La libert&eacute; d&#39;expression, ici, consiste &agrave; contredire les mensonges officiels, tant de nos gouvernants que des dirigeants musulmans.<\/p>\n<p>\n\t\tLa libert&eacute; d&#39;expression part d&#39;un principe simple : aucun tabou, qu&#39;il soit religieux, politique, id&eacute;ologique, social, artistique, scientifique ou moral, bref aucune id&eacute;e ne peut pr&eacute;tendre &ecirc;tre &agrave; l&#39;abri du pouvoir inquisiteur de la raison ou tout simplement de l&#39;opinion, inform&eacute;e ou non, de tout &ecirc;tre humain. La seule limite est la diffamation d&#39;individu ou l&#39;appel &agrave; la haine &agrave; l&#39;encontre de groupes pr&eacute;cis de personnes. En d&eacute;mocratie depuis les Lumi&egrave;res, il ne peut exister de d&eacute;p&ocirc;t sacr&eacute;, c&#39;est-&agrave;-dire interdit d&#39;examen. C&#39;est pourquoi je suis contre les lois m&eacute;morielles sur la Shoah. La v&eacute;rit&eacute; ne se l&eacute;gif&egrave;re pas!<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La libert&eacute; d&#39;expression n&#39;est pas un &eacute;tat naturel des soci&eacute;t&eacute;s<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa libert&eacute; d&#39;expression, jamais un &eacute;tat naturel dans aucune soci&eacute;t&eacute; humaine, ne fut acquise en Occident au cours des si&egrave;cles qu&#39;&agrave; la suite de batailles souvent sanglantes et de r&eacute;volutions. Son statut demeure pr&eacute;caire aujourd&#39;hui comme hier, toujours menac&eacute; m&ecirc;me dans nos d&eacute;mocraties, m&ecirc;me aux &Eacute;tats-Unis o&ugrave; elle jouit de la plus haute protection constitutionnelle. Mais voil&agrave;, la libert&eacute; d&#39;expression peut &ecirc;tre limit&eacute;e au nom de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t public. Tous les &Eacute;tats d&eacute;mocratiques se sont servis &agrave; un moment ou un autre de leur histoire de cette &eacute;chappatoire pour bloquer la libre diffusion d&#39;informations qu&#39;ils voulaient garder secr&egrave;tes, emp&ecirc;chant du coup le libre examen d&eacute;mocratique.<\/p>\n<p>\n\t\tPar essence, aucun pouvoir, du plus simple au plus absolu, pouvoir familial, pouvoir religieux, pouvoir politique, n&#39;aime r&eacute;ellement la libert&eacute; d&#39;expression car celle-ci introduit une autre parole que la sienne, n&eacute;cessairement contestataire, car sinon elle ne rel&egrave;verait pas de la libert&eacute; mais serait soit un simple &eacute;cho, soit de la flagornerie. Historiquement, les pouvoirs politique et religieux, revendiquant le monopole de la force militaire et celui des injonctions c&eacute;lestes (l&#39;alliance du sabre et du goupillon) ont violemment r&eacute;prim&eacute; cette force plus subtile mais &eacute;tonnamment efficace, la parole libre.<\/p>\n<p>\n\t\tLorsqu&#39;une parole divergente s&#39;exprime, le pouvoir est forc&eacute; de se justifier, les id&eacute;es de changer, les m&oelig;urs d&#39;&eacute;voluer, la morale de se transformer. Mais ce n&#39;est jamais facile ; en France, pays de la libert&eacute;, un ministre de l&#39;&eacute;ducation nationale eut l&#39;audace de tancer le professeur de philosophie Redeker pour avoir publi&eacute; un article dans Le Figaro sur la nature violente de l&#39;islam, l&#39;accusant &laquo; d&#39;irresponsabilit&eacute; &raquo; parce que son opinion d&eacute;rangeait les fous d&#39;Allah et qu&#39;il devait d&egrave;s lors &ecirc;tre sous protection polici&egrave;re continue. Un autre ministre, Laurent Fabius, eut l&#39;outrecuidance d&#39;accuser Charlie-Hebdo de mettre de l&#39;huile sur le feu par ses caricatures, oubliant qu&#39;un des fondements de la R&eacute;publique n&#39;&eacute;tait autre que le droit inali&eacute;nable de tout citoyen de dire crument ou pas ce qu&#39;il pense. Mais, c&#39;est un fait, les pouvoirs en place, politique ou religieux, attendent de tous et chacun une parole &laquo; responsable &raquo; dans l&#39;ar&egrave;ne publique, une parole qui ne d&eacute;range pas. Quel oxymore, car que signifie une parole &laquo; responsable &raquo; si elle ne remet pas en question, au besoin brutalement, la doxa du moment, si elle ne conteste pas par exemple les fondements coraniques meurtriers des pratiques de l&#39;islam, dont la virulence ne s&#39;est pas att&eacute;nu&eacute;e &agrave; contrario des pratiques du juda&iuml;sme et du christianisme? Il n&#39;y a pas de libert&eacute; d&#39;expression sans le pouvoir d&#39;offenser, sans le pouvoir de blasph&eacute;mer. Tous ceux qui contestent cette n&eacute;cessaire &laquo; irresponsabilit&eacute; &raquo; sont en fait objectivement des ennemis de la libert&eacute; d&#39;expression.<\/p>\n<p>\n\t\tNos droits et libert&eacute;s d&eacute;pendent de notre libert&eacute; d&#39;&ecirc;tre inform&eacute; et celle-ci d&eacute;pend &agrave; chaque &eacute;poque du courage de quelques individus risquant leur vie et leur r&eacute;putation pour informer et d&eacute;mentir au besoin les discours officiels, l&#39;opinion commune ou les vaches sacr&eacute;es du politiquement correct, le cancer de nos d&eacute;mocraties. On pourrait m&ecirc;me avancer que la libert&eacute; d&#39;expression est la condition de toutes les autres et que sans elle, la d&eacute;claration universelle des droits et libert&eacute;s ne serait que virtuelle.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le droit au blasph&egrave;me<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa libert&eacute; d&#39;expression, qui inclut le droit de blasph&eacute;mer est un acquis merveilleux des Lumi&egrave;res et personne ne songe vraiment &agrave; la museler, sauf les leaders musulmans partout dans le monde. Le d&eacute;lit de blasph&egrave;me n&#39;existe plus en droit depuis belle lurette. Les seuls qui redemandent ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e &agrave; l&#39;ONU sa criminalisation, sont, quelle surprise, les 57 pays musulmans de l&#39;OCI. Pourquoi une telle dissonance de la part non seulement des pays de mouvance islamique mais aussi d&#39;une tr&egrave;s large fraction des musulmans dans nos pays vis-&agrave;-vis d&#39;un droit ancr&eacute; dans nos traditions? Comment expliquer l&#39;intensit&eacute; de la rage musulmane face aux caricatures et plus g&eacute;n&eacute;ralement face au blasph&egrave;me?<\/p>\n<p>\n\t\tIci, pour faire simple, rappelons deux v&eacute;rit&eacute;s &eacute;l&eacute;mentaires. La premi&egrave;re est qu&#39;il n&#39;y a pas de soci&eacute;t&eacute; sans mouvement, sans contradiction, sans conflit. Pour continuer d&#39;exister les soci&eacute;t&eacute;s ont besoin de rep&egrave;res fixes, des choses qui ne bougent pas, des certitudes absolues qui ne seront jamais remises en question, ce sera le r&ocirc;le du sacr&eacute;, essentiellement religieux mais pas seulement, ainsi en est-il de la sacralit&eacute; d&#39;une m&egrave;re. Le sacr&eacute; est la garantie d&#39;un ordre immuable, &agrave; l&#39;&eacute;preuve du temps et de toutes les vicissitudes de l&#39;existence, &agrave; partir duquel on ordonne et r&eacute;glemente la vie. La deuxi&egrave;me v&eacute;rit&eacute;, autre it&eacute;ration de la premi&egrave;re, est que la psych&eacute; humaine ne peut exister sans structures. Lorsque celles-ci disparaissent, on est d&eacute;boussol&eacute;s, apeur&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\tPour donner un exemple simple, lorsqu&#39;on est sur un balcon au 20e &eacute;tage d&#39;un immeuble, on peut se tenir &agrave; 5 cm du vide sans appr&eacute;hension, parce qu&#39;on voit la balustrade. Enlever la balustrade sans modifier votre position et la plupart d&#39;entre nous serons saisis d&#39;un sentiment irr&eacute;pressible de panique face au vide. Notre psychisme est ainsi fait, on a besoin de balustrades, d&#39;encadrement, de structures visibles et de structures invisibles (inconscientes) qui nous rassurent face au chaos, aux dilemmes du pr&eacute;sent, aux impr&eacute;dictibilit&eacute;s de l&#39;avenir, incluant pour les esprits les plus inquiets, des garanties sur l&#39;au-del&agrave; spirituel. Ces structures maintiennent l&#39;int&eacute;grit&eacute; du psychisme en faisant sens du monde. Mais ces structures qui se forgent durant l&#39;enfance reposent dans les soci&eacute;t&eacute;s traditionnelles presque toutes sur des &eacute;nonc&eacute;s sacr&eacute;s, donc interdits d&#39;examen.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;identit&eacute; se construit ainsi en grande part sur le religieux. En Occident, la religion demeure toujours chez beaucoup une dimension de l&#39;identit&eacute; mais elle n&#39;est plus son c&oelig;ur vital depuis que l&#39;usage de l&#39;esprit critique a r&eacute;duit l&#39;influence des traditions. Par contre, pour l&#39;immense majorit&eacute; des musulmans, la religion et notamment la figure de Mahomet comme messager de l&#39;absolu demeure un impens&eacute; cat&eacute;gorique, car le doute est sp&eacute;cifiquement interdit par les textes. Attaquer Mahomet, c&#39;est comme arracher la balustrade du balcon lorsque vous &ecirc;tes au 20e &eacute;tage. Toute critique de la religion musulmane est d&egrave;s lors per&ccedil;ue comme un coup de poignard, une n&eacute;gation de ce qui fonde l&#39;identit&eacute; et m&ecirc;me l&#39;&ecirc;tre du musulman, d&#39;o&ugrave; une rage incontr&ocirc;lable et folle, de surcro&icirc;t antis&eacute;mite sans complexe.<\/p>\n<p>\n\t\tMais doit-on toujours excuser un comportement meurtrier, en le qualifiant de d&eacute;rangement mental d&#39;individus, alors que sa logique est si &eacute;vidente, alors que ses effets de sid&eacute;ration des esprits sont manifestes? Sommes-nous responsables de l&#39;incapacit&eacute; de l&#39;islam &agrave; se r&eacute;former, &agrave; accepter enfin le droit de tout individu &agrave; s&#39;exprimer librement? L&#39;erreur mortelle de l&#39;Occident est de chercher l&#39;apaisement sous pr&eacute;texte que toute d&eacute;fense de soi pourrait &ecirc;tre per&ccedil;ue comme islamophobe. Quelle folie. Peut-&ecirc;tre est-il temps de prendre acte qu&#39;un ennemi aux ambitions messianiques veut vraiment nous dicter sa loi. &laquo; Si vis pacem, para bellum &raquo;, Manuel Valls, le premier ministre fran&ccedil;ais n&#39;a pas dit autre chose dans son dernier discours.<\/p>\n<p>\n\t\thttp:\/\/quebec.huffingtonpost.ca\/laon-ouaknine\/blaspheme-cest-sacre_b_6623738.html<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Le blasph&egrave;me, c&#39;est sacr&eacute; &#8211; par&nbsp;L&eacute;on Ouaknine &nbsp; &nbsp; &nbsp; La manifestation du 11 janvier &agrave; Paris &eacute;tait digne d&#39;une caricature de Charlie-Hebdo. Elle vit les chefs d&#39;&eacute;tats du Qatar, de la Turquie et de l&#39;Arabie Saoudite ou leurs &eacute;missaires marcher c&ocirc;te-&agrave;-cote avec leurs homologues occidentaux en faveur de la libert&eacute; d&#39;expression. 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