{"id":10227,"date":"2015-02-11T00:56:04","date_gmt":"2015-02-11T00:56:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10227"},"modified":"2015-02-11T00:56:04","modified_gmt":"2015-02-11T00:56:04","slug":"felix-et-meira-jamais-deux-sans-torah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/felix-et-meira-jamais-deux-sans-torah\/","title":{"rendered":"\u00abF\u00e9lix et Meira\u00bb, jamais deux sans Torah"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\t&laquo;F&eacute;lix et Meira&raquo;, jamais deux sans torah<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/5164-clement-ghys\">CL&Eacute;MENT GHYS<\/a><time datetime=\"2015-02-03T17:56:28\" itemprop=\"datePublished\">&nbsp;<\/time><\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tUne juive orthodoxe se d&eacute;coiffe pour un Qu&eacute;b&eacute;cois paum&eacute;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<div id=\"article-body\" itemprop=\"articleBody\">\n<div>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est un petit film qui marche sur la m&ecirc;me ligne que beaucoup d&rsquo;autres : un amour na&icirc;t entre deux individus qui n&rsquo;ont vraiment rien &agrave; voir l&rsquo;un avec l&rsquo;autre. L&rsquo;ingr&eacute;dient para&icirc;t us&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la corde, il est la mati&egrave;re m&ecirc;me d&rsquo;un nombre ahurissant de films, de la com&eacute;die romantique sucr&eacute;e au drame ind&eacute;. C&rsquo;est dans ce genre que peut se ranger&nbsp;F&eacute;lix et Meira, du Qu&eacute;b&eacute;cois Maxime Giroux, laur&eacute;at du meilleur film canadien au festival de Toronto en septembre, en pleine fr&eacute;n&eacute;sie post-cannoise deMommy.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe film pourrait d&rsquo;ailleurs &ecirc;tre l&rsquo;exact inverse de celui de Xavier Dolan tant il n&rsquo;est jamais ici question de furie baroque ou de sentiments exacerb&eacute;s, mais d&rsquo;une modestie impressionniste. F&eacute;lix est un homme paum&eacute; dont le p&egrave;re vient de mourir. Son seul projet imm&eacute;diat est de d&eacute;penser consciencieusement son h&eacute;ritage. Il n&rsquo;a ni femme, ni enfant, ni m&ecirc;me d&rsquo;ami. Meira a trop d&rsquo;attaches. A son mari, &agrave; sa fille, mais surtout &agrave; sa communaut&eacute;, la&nbsp;jeune femme n&rsquo;ayant jamais quitt&eacute; le milieu hassidique et son carcan oppressant : pas le droit d&rsquo;&eacute;couter de la musique, de dessiner, et grosso modo aucune libert&eacute; individuelle accord&eacute;e &agrave; la femme si ce n&rsquo;est d&rsquo;&ecirc;tre une bonne m&egrave;re et &eacute;pouse.<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&eacute;sarroi.&nbsp;Tout&nbsp;F&eacute;lix et Meira&nbsp;repose sur la volont&eacute; de son auteur de ne pas faire un film &agrave; th&egrave;me. Le d&eacute;sarroi des personnages, pr&eacute;existant &agrave; leur amour naissant, n&rsquo;est pas explicit&eacute;. Maxime Giroux filme deux &ecirc;tres qui sont moins oppos&eacute;s que d&eacute;tach&eacute;s, &eacute;voluant dans des trajectoires parall&egrave;les sans aucune chance de se croiser. Et pourtant, c&rsquo;est ce qui se passe dans les rues enneig&eacute;es de Montr&eacute;al. F&eacute;lix et Meira se rencontrent par hasard, se d&eacute;couvrent avec r&eacute;ticence. Le film suit cette timidit&eacute;, en fait sa fragile colonne vert&eacute;brale.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tJustification.&nbsp;Dans le dossier de presse, Maxime Giroux dit :&nbsp;&laquo;En filmant, j&rsquo;avais toujours le th&egrave;me de la vuln&eacute;rabilit&eacute; et de la f&eacute;brilit&eacute; en t&ecirc;te et, par-dessus tout, je voulais que la cam&eacute;ra aille chercher l&rsquo;humanit&eacute; des personnages.&raquo;&nbsp;C&rsquo;est cette qu&ecirc;te d&rsquo;humanit&eacute; qui fait le charme, et la maladresse, de&nbsp;F&eacute;lix et Meira,&nbsp;cette croyance en un amour improbable qui d&eacute;passe tout obstacle et emm&egrave;ne ses h&eacute;ros de Montr&eacute;al &agrave; New&nbsp;York et Venise. Maxime Giroux embrasse ses h&eacute;ros, le couple-titre comme les rares personnages secondaires, laisse &agrave; chacun sa part de justification, &agrave; l&rsquo;image de l&rsquo;&eacute;poux de Meira, int&eacute;griste et moralement violent, qui va se d&eacute;voiler aussi perdu que tout le monde.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDeux sc&egrave;nes, les plus belles du film, sont en &eacute;cho direct. Au cours de leur premi&egrave;re nuit ensemble, Meira retire sa perruque, la coiffe que les femmes juives orthodoxes se doivent de porter en permanence, et se retrouve dans un &eacute;tat de virginit&eacute; in&eacute;dite. Puis, plus tard, suite &agrave; un drame, F&eacute;lix se d&eacute;guise, enfile la toque de fourrure typique des hassidiques, se colle une fausse barbe, pour l&rsquo;apercevoir un instant, de dos, dans une f&ecirc;te. C&rsquo;est candide, jamais niais, d&rsquo;une simplicit&eacute; attachante.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/5164-clement-ghys\">Cl&eacute;ment GHYS<\/a><\/p>\n<p>\n\t\tF&eacute;lix et Meira&nbsp;de&nbsp;Maxime Giroux&nbsp;avec Hadas Yaron, Martin Dubreuil, Luzer Twersky&hellip; 1 h 45.<\/p>\n<p>\n\t\thttp:\/\/next.liberation.fr\/cinema\/2015\/02\/03\/jamais-deux-sans-torah_1194913<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;F&eacute;lix et Meira&raquo;, jamais deux sans torah CL&Eacute;MENT GHYS&nbsp; &nbsp; &nbsp; Une juive orthodoxe se d&eacute;coiffe pour un Qu&eacute;b&eacute;cois paum&eacute;. C&rsquo;est un petit film qui marche sur la m&ecirc;me ligne que beaucoup d&rsquo;autres : un amour na&icirc;t entre deux individus qui n&rsquo;ont vraiment rien &agrave; voir l&rsquo;un avec l&rsquo;autre. 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