{"id":10239,"date":"2016-02-02T04:50:08","date_gmt":"2016-02-02T04:50:08","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10239"},"modified":"2016-02-02T00:33:40","modified_gmt":"2016-02-02T00:33:40","slug":"fleur-ma-fleur-par-emile-tubiana","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/fleur-ma-fleur-par-emile-tubiana\/","title":{"rendered":"Fleur, ma Fleur, par Emile Tubiana"},"content":{"rendered":"<p>\n\tFleur, ma Fleur, par Emile Tubiana<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa fid&eacute;lit&eacute; d&eacute;pend de son caract&egrave;re, de ses origines et de son &eacute;ducation, et en finale elle d&eacute;pendra surtout de l&#39;homme et de la fa&ccedil;on dont il traitera sa femme.<\/p>\n<p>\n\tIL &eacute;tait une fois un riche commer&ccedil;ant qui se nommait Henri. Il vivait avec sa jeune femme dans une somptueuse villa. Un jour il ne se sentit pas &agrave; l&#39;aise et rentra &agrave; la maison plus t&ocirc;t que d&#39;habitude. A sa surprise il trouva sa femme allong&eacute;e sur son lit avec un autre homme. Sans se f&acirc;cher il pria le bonhomme de quitter sa maison et de prendre sa femme avec lui. Henri devint soup&ccedil;onneux et ne voulait pas se marier &agrave; nouveau.<\/p>\n<p>\n\tQuelques ann&eacute;es pass&egrave;rent, Henri finit par se calmer du choc qu&#39;il avait eu et finit par trouver une nouvelle femme, qui se nommait Fleur. Celle-ci lui paraissait honn&ecirc;te et innocente et elle n&#39;avait que seize ans. Deux ann&eacute;es pass&egrave;rent sans incident aucun. Un beau jour il &eacute;tait invit&eacute; &agrave; d&eacute;jeuner dans un village voisin, chez un homme d&#39;affaires. Cet homme d&#39;affaires avait invit&eacute; Henri chez lui &agrave; la maison, afin d&#39;avoir une discussion dans une atmosph&egrave;re agr&eacute;able. Les deux hommes d&#39;affaires s&#39;install&egrave;rent dans une chambre r&eacute;serv&eacute;e pour ce genre de visites et commenc&egrave;rent &agrave; discuter des affaires qui les concernaient. Lorsque l&#39;heure du repas arriva, la servante mit la table et invita tout le monde &agrave; table. A la grande surprise d&#39;Henri, sa femme, Fleur, entra dans la salle &agrave; manger, ne sachant pas que l&#39;invit&eacute; de son amant &eacute;tait bien son propre mari. Cette fois-ci l&#39;affaire n&#39;&eacute;tait pas si compliqu&eacute;e.<br \/>\n\tL&#39;h&ocirc;te introduisit Fleur &agrave; Henri sans savoir qu&#39;il introduisait Fleur &agrave; son propre mari. Henri absorba ce choc en silence et se conduisit comme si rien n&#39;y &eacute;tait. A la fin du repas, Henri, qui venait de signer un contrat avec son h&ocirc;te, se leva et dit &agrave; haute voix :<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Si cela ne vous d&eacute;range pas, je voudrais que votre charmante &eacute;pouse ajoute sa signature &agrave; ce document, afin d&#39;&ecirc;tre rassur&eacute; pour la dur&eacute;e du contrat. &raquo;<br \/>\n\t&laquo; Evidemment, &raquo; dit Charlot et &agrave; son tour, il dit &agrave; Fleur :<br \/>\n\t&laquo; Ch&eacute;rie, veux-tu signer ce document, afin qu&#39;Henri se sente plus &agrave; l&#39;aise? &raquo; Fleur, qui &eacute;tait boulevers&eacute;e de cette rencontre, appliqua sa signature sans dire un seul mot. Henri, qui cachait son d&eacute;sarroi, n&#39;osait pas d&eacute;voiler la v&eacute;rit&eacute; &agrave; son coll&egrave;gue d&#39;affaires, car il jugeait que son coll&egrave;gue n&#39;y &eacute;tait pour rien, puisqu&#39;il ne savait pas que Fleur &eacute;tait sa femme.<\/p>\n<p>\n\tHenri divor&ccedil;a Fleur sans que celle-ci puisse s&#39;y opposer. Il resta seul, sans se remarier pendant deux ann&eacute;es, apr&egrave;s quoi il fit la connaissance d&#39;une pauvre femme enceinte qui venait de perdre son mari. Celle-ci avait l&#39;air d&#39;&ecirc;tre tr&egrave;s chagrin&eacute;e. Lorsqu&#39;Henri la vit dans cet &eacute;tat, il eut piti&eacute; d&#39;elle et lui dit :<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Ch&egrave;re madame, je comprends votre tristesse et votre d&eacute;sarroi. Si vous me permettez, je voudrais bien venir &agrave; votre aide. Henri lui tendit une petite bourse contenant une somme non n&eacute;gligeable et la pria de venir le voir &agrave; sa maison plus tard, lorsque sa tristesse aurait diminu&eacute; et qu&#39;elle se sentirait plus &agrave; l&#39;aise.<\/p>\n<p>\n\tDepuis, quelques semaines pass&egrave;rent, la pauvre femme se rappela d&#39;Henri et de ce qu&#39;il lui avait dit. Elle mit sa meilleure toilette et se pointa &agrave; la maison de cet homme g&eacute;n&eacute;reux. Quand Henri ouvrit la porte, sa joie &eacute;t&eacute; grande de revoir la veuve. Apr&egrave;s lui avoir servi une tasse de th&eacute;, Henri dit &agrave; la veuve :<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Madame, je vais pouvoir vous aider, mais j&#39;ai une demande &agrave; vous faire. La femme, croyant qu&#39;Henri voulait l&#39;&eacute;pouser lui dit :<\/p>\n<p>\n\t&laquo;&nbsp; Vous m&#39;avez aid&eacute; dans les moments les plus durs, je vous accorderai tous ce que vous d&eacute;sirez. &raquo; Henri, d&#39;une voix triste, r&eacute;pliqua :<br \/>\n\t&laquo;&nbsp; Ma ch&egrave;re dame, je vous donnerai une fortune si vous me c&eacute;diez le b&eacute;b&eacute; qui va na&icirc;tre, si ce b&eacute;b&eacute; serait une fille. &raquo; La femme qui &eacute;tait d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e accepta l&#39;offre et dit &agrave; Henri :<br \/>\n\t&laquo; Faites le contrat et je vous le signerai. &raquo;<\/p>\n<p>\n\tQuelques jours plus tard, la veuve signa un contrat avec Henri, avec les termes suivants:<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Si le b&eacute;b&eacute; sera une fille, la veuve touchera un sac de dinars qui aura le poids du b&eacute;b&eacute; lorsqu&#39;elle sera &agrave; l&#39;&acirc;ge de six mois. &raquo; Apr&egrave;s que le contrat a &eacute;t&eacute; sign&eacute;, Henri fit construire une maison avec &agrave; l&#39;int&eacute;rieur un grand jardin entour&eacute; d&#39;une haute muraille. A sa chance, la femme accoucha d&#39;une fille. Lorsque celle-ci avait atteint l&#39;&acirc;ge de six mois, Henri paya la maman et emporta le b&eacute;b&eacute; chez lui. Il l&#39;appela Fleur en souvenir de sa deuxi&egrave;me femme. Il s&#39;&eacute;tait dit :<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Je l&#39;&eacute;duquerai &agrave; ma fa&ccedil;on et ensuite je la marierai, ainsi elle ne connaitra personne et ne pourra pas me tromper. &raquo; Quand la fille grandit, elle demanda &agrave; Henri :<\/p>\n<p>\n\t&laquo; Mais o&ugrave; vas-tu tous les jours? &raquo; Henri lui r&eacute;pondit :<br \/>\n\t&nbsp; &laquo; Fleur, ma Fleur, il faut bien que l&#39;on se nourrisse &raquo; Puis Fleur, qui grandissait et &eacute;tait tr&egrave;s intelligente, dit &agrave; son mari:<br \/>\n\t&nbsp; &laquo; Henri, es-ce que nous sommes seuls aux monde? &raquo; Henri r&eacute;pondit :<br \/>\n\t&laquo; Fleur, ma Fleur, nous sommes les seuls de notre esp&egrave;ce et dehors il y aussi des animaux sauvages. &raquo;<br \/>\n\tFleur, qui voulait savoir pourquoi il sortait tous les jours, interrogea &agrave; nouveau Henri. Celui-ci r&eacute;pondit d&#39;un ton soucieux :<br \/>\n\t&laquo; Fleur, ma Fleur, je vais cueillir des fruits et des l&eacute;gumes. Fleur &eacute;tait satisfaite de la r&eacute;ponse d&#39;Henri et ajouta :<br \/>\n\t&laquo; Henri, prends-moi avec toi! &raquo;&nbsp; Henri r&eacute;pondit :<br \/>\n\t&laquo; Fleur, ma Fleur, je vais tr&egrave;s loin de la maison et je ne pourrai pas te prendre avec moi, car il y a le danger des animaux sauvages &raquo;. Fleur, qui ne pouvait pas douter des dires d&#39;Henri, accepta sa r&eacute;ponse calmement et se mit &agrave; faire ses devoirs. Un beau jour et en l&#39;absence d&#39;Henri elle avait &eacute;crit sur un petit morceau de papier, ces quelques mots :<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; &laquo; Je m&#39;appelle Fleur et mon mari s&#39;appelle Henri &raquo;. Fleur mit le petit morceau de papier dans le chapeau de son mari. Apr&egrave;s quelques jours elle trouva un autre morceau de papier dans le chapeau de son mari, qui disait :<br \/>\n\t&nbsp; &laquo; Fleur, ma ch&egrave;re Fleur, depuis que je t&#39;ai lue je ne dors plus de chagrin. &raquo;<br \/>\n\tDepuis, une correspondance quotidienne s&#39;entama entre le portier qui &eacute;tait jeune et Fleur. Tous les matins le portier accueillait Henri &agrave; l&#39;entr&eacute;e de son bureau. Celui-ci &ocirc;tait le chapeau d&#39;Henri &agrave; l&#39;arriv&eacute;e. Un beau jour le portier qui s&#39;appelait Gaston suivit discr&egrave;tement Henri et nota la direction et l&#39;endroit de la maison. Celle-ci &eacute;tait loin dans une for&ecirc;t et &eacute;tait invisible &agrave; l&#39;&oelig;il pour qui ne connaissait pas la r&eacute;gion.<\/p>\n<p>\n\tUn jour, apr&egrave;s avoir vid&eacute; le chapeau, Gaston demanda &agrave; Henri d&#39;avoir un jour de cong&eacute;, en pr&eacute;tendant qu&#39;il ne se sentait pas bien. Henri, ne doutant pas du malaise de Gaston, lui permit de rentrer chez lui. Le soir, lorsque Henri apparu &agrave; sa maison, il trouva Fleur dans les bras de Gaston. Henri &eacute;tait tr&egrave;s furieux, car il ne comprenait pas comment ces relations avaient commenc&eacute; et demanda &agrave; Fleur une explication. Fleur, qui ne comprenait pas pourquoi son mari &eacute;tait f&acirc;ch&eacute;, lui dit toute la v&eacute;rit&eacute;. Henri, pein&eacute; de son sort dit &agrave; Fleur:<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; &laquo; Fleur, ma Fleur, mon chapeau est la poste et moi le facteur.&raquo;&nbsp;<br \/>\n\tC&#39;est une histoire qui m&#39;avait &eacute;t&eacute; racont&eacute;e par mon p&egrave;re, pour m&#39;expliquer qu&#39;en attachant une femme &agrave; la maison elle ne devient pas plus fid&egrave;le.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEmile Tubiana<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fleur, ma Fleur, par Emile Tubiana &nbsp; &nbsp; &nbsp; La fid&eacute;lit&eacute; d&eacute;pend de son caract&egrave;re, de ses origines et de son &eacute;ducation, et en finale elle d&eacute;pendra surtout de l&#39;homme et de la fa&ccedil;on dont il traitera sa femme. IL &eacute;tait une fois un riche commer&ccedil;ant qui se nommait Henri. 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