{"id":1033,"date":"2011-02-24T01:14:26","date_gmt":"2011-02-24T01:14:26","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1033"},"modified":"2011-02-24T01:14:26","modified_gmt":"2011-02-24T01:14:26","slug":"la-regente-de-carthage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-regente-de-carthage\/","title":{"rendered":"La R\u00e9gente de Carthage"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 17px; line-height: 29px; \">La R&eacute;gente de Carthage<\/span><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\" class=\"marginDX\" width=\"542\">\n<tbody>\n<tr>\n<td class=\"textCONTENT\" valign=\"top\">\n\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t<span id=\"testo_contenuto_da_elaborare\">Le&iuml;la Trabelsi avait demand&eacute; l&rsquo;interdiction de ce livre au Tribunal de grande instance de Paris. Le livre comportant, selon elle, &laquo;des passages diffamatoires et d&rsquo;autres injurieux&raquo; &agrave; son encontre. Elle a finalement &eacute;t&eacute; d&eacute;bout&eacute;e le 30 septembre, et condamn&eacute;e &agrave; verser 1500&euro; &agrave; la maison d&rsquo;&eacute;dition du livre. Le tribunal avait notamment consid&eacute;r&eacute; que celle-ci &laquo;n&rsquo;a pas respect&eacute; dans son assignation l&rsquo;obligation qui p&egrave;se sur elle d&rsquo;indiquer les textes de loi applicables &agrave; la poursuite&raquo;. Un comble pour une &laquo;dipl&ocirc;m&eacute;e en droit.&raquo; (&hellip;)<\/p>\n<p>\t\t\t\tRappelons que le livre &ldquo;Notre ami Ben Ali &rdquo; du m&ecirc;me Nicolas Beau, co&eacute;crit avec Jean-Pierre Turquoi, s&rsquo;&eacute;tait vendu comme des petits pains et m&ecirc;me r&eacute;&eacute;dit&eacute;. Les services consulaires tunisiens des pays o&ugrave; le livre &eacute;tait en vente, avaient re&ccedil;u l&rsquo;ordre d&rsquo;en acheter le plus d&rsquo;exemplaire possible. (&hellip;)<\/p>\n<p>\t\t\t\tNous commen&ccedil;ons par le deuxi&egrave;me chapitre qui revient sur l&rsquo;irr&eacute;sistible ascension de Leila Trabelsi &eacute;pouse Ben Ali&hellip;<a href=\"http:\/\/www.nawaat.org\/\" target=\"_blank\"><br \/>\n\t\t\t\twww.nawaat.org<\/a><\/p>\n<p>\t\t\t\t<span style=\"COLOR: rgb(128,0,0)\"><strong>Une fulgurante ascension<\/strong><\/span><br \/>\n\t\t\t\tQui est Leila Trabelsi ? La fille facile, voire l&rsquo;ancienne prostitu&eacute;e, que d&eacute;crivent volontiers les bourgeois tunisiens ? La courtisane Issue d&rsquo;un milieu modeste et pr&ecirc;te, pour r&eacute;ussir, &agrave; quelques arrangements avec la morale ? Ou encore la jeune femme ind&eacute;pendante et ambitieuse dont les rencontres amoureuses favoris&egrave;rent une fulgurante ascension sociale ? Il est fort d&eacute;licat, comme on l&rsquo;a vu, de retracer sa biographie tant la rumeur le dispute aux faits. Et, pour ne rien arranger, il existe en Tunisie, aussi incroyable que cela puisse paraitre &ndash; et ce que beaucoup ignorent -, deux Leila Trabelsi.<\/p>\n<p>\t\t\t\t<span style=\"COLOR: rgb(128,0,0)\"><strong>Le secret des deux Leila<\/strong><\/span><br \/>\n\t\t\t\tLe nom de Trabelsi &eacute;tant tr&egrave;s r&eacute;pandu au pays du jasmin, rien d&rsquo;&eacute;tonnant &agrave; ce que Leila Trabelsi ait une homonyme. Mais la v&eacute;ritable surprise, la voici : les deux Leila gravitent, dans les ann&eacute;es 1980, dans des milieux comparables, des salons de coiffure aux antichambres du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur. Leurs parcours sont parall&egrave;les, leurs destins crois&eacute;s. Dont les amalgames et les confusions qui vont polluer encore un peu plus la biographie tenue secr&egrave;te de l&rsquo;&eacute;pouse du g&eacute;n&eacute;ral Ben Ali.<\/p>\n<p>\t\t\t\tLa seconde Leila Trabelsi a d&eacute;but&eacute; sa carri&egrave;re avec plus d&rsquo;&eacute;clat que l&rsquo;actuelle premi&egrave;re dame. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, cette femme s&eacute;duisante tenait le salon de coiffure Donna, sur la route de La Soukra. Toutes les dames de la bonne soci&eacute;t&eacute; fr&eacute;quentaient l&rsquo;endroit. Est-ce l&agrave; que Leila bis se fit quelques relations au sein du pouvoir ? Et qu&rsquo;elle commen&ccedil;a &agrave; travailler pour le minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur ? En tout cas, elle va jouer alors, pour le compte des services secrets, le r&ocirc;le d&rsquo;une Mata-Hari. Grace &agrave; ses charmes, salon de bonnes sources, elle s&rsquo;est introduite dans les milieux libyens.<\/p>\n<p>\t\t\t\tA l&rsquo;&eacute;poque, le colonel Kadhafi avait fort mauvaise r&eacute;putation en Tunisie. Forte de ses p&eacute;trodollars et des ardeurs guerri&egrave;res de son &laquo;guide&raquo;, la Libye faisait peur aux dirigeants tunisiens. Surtout apr&egrave;s les &eacute;v&eacute;nements du 27 janvier 1980, lorsqu&rsquo;une quarantaine de Tunisiens entrain&eacute;s en Libye tent&egrave;rent de s&rsquo;emparer de Gafsa, au sud du pays. L&rsquo;attaque &eacute;choua, mais de nombreuses condamnations &agrave; mort furent prononc&eacute;es. D&rsquo;o&ugrave; la surveillance incessante que le r&eacute;gime de Bourguiba, aide notamment par les services secrets fran&ccedil;ais, exer&ccedil;a ensuite sur ce voisin mena&ccedil;ant.<\/p>\n<p>\t\t\t\tLes Libyens avaient &ndash; et ont toujours &ndash; la f&acirc;cheuse tendance &agrave; consid&eacute;rer les femmes lib&eacute;r&eacute;es par Bourguiba comme des femmes faciles. La Tunisie, dans l&rsquo;imaginaire de certain d&rsquo;entre eux, serait un lieu de perdition, &agrave; la fa&ccedil;on du Liban pour les gens du Golfe. L&rsquo;attrait qu&rsquo;exerce le pays des tentations n&rsquo;a pas &eacute;chapp&eacute; aux flics de Tunis, qui ont souvent pouss&eacute; dans les bras des amis de Kadhafi quelques belles espionnes. Certaines mauvaises langues vont jusqu&rsquo;a pr&eacute;tendre que Leila Trabelsi bis avait, au d&eacute;part, travaill&eacute; pour le compte du r&eacute;gime libyen, avant d&rsquo;&ecirc;tre retourn&eacute;e par les services tunisiens. Hypoth&egrave;se plausible : elle est n&eacute;e en Libye et elle poss&egrave;de le double passeport. Son nom, Trabelsi, signifie &laquo;originaire de Tripoli&raquo;.<\/p>\n<p>\t\t\t\tEn tout cas, elle avait ses entr&eacute;es au minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur et fit connaissance, dans ces ann&eacute;es-la, de tous les grands flics tunisiens, y compris le g&eacute;n&eacute;ral Ben Ali. Ces accointances expliquent qu&rsquo;elle soit devenue, &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980, la maitresse de Mohamed Ali Mahjoubi, surnomm&eacute; Chedly Hammi par le premier cercle de ses amis. Ce haut fonctionnaire devait devenir le premier directeur de la s&ucirc;ret&eacute; du pr&eacute;sident Ben Ali, puis son secr&eacute;taire d&rsquo;Etat &agrave; la S&eacute;curit&eacute;. Mais Chedly et sa Leila bis d&eacute;rangeaient. La future pr&eacute;sidente, elle, n&rsquo;&eacute;tait pas encore officiellement mari&eacute;e elle n&rsquo;&eacute;tait que la maitresse de Ben Ali. Comment supporter ce double qui lui renvoyait sa condition de femme ill&eacute;gitime ? Et comment accepter ce miroir d&eacute;form&eacute; de son propre pass&eacute; ? Le pr&eacute;sident Ben Ali insista alors aupr&egrave;s de Chedly Hammi pour qu&rsquo;il cess&acirc;t toute relation avec sa maitresse. Apr&egrave;s le refus de ce dernier, l&rsquo;histoire tourna mal.<\/p>\n<p>\t\t\t\tEn 1990, le secr&eacute;taire d&rsquo;Etat et sa douce sont arr&ecirc;t&eacute;s, jet&eacute;s en prison et condamn&eacute;s pour &laquo;intelligence avec Isra&euml;l&raquo;. Le successeur de Chedly Hammi au secr&eacute;tariat d&rsquo;Etat &agrave; la S&eacute;curit&eacute;, Ali Ganzaoui, un prot&eacute;g&eacute; de la pr&eacute;sidente, fait le si&egrave;ge des services fran&ccedil;ais. Il lui faut &agrave; tout prix que ces derniers lui fabriquent les preuves de cette coop&eacute;ration avec les Isra&eacute;liens. Dans les fameux carnets du g&eacute;n&eacute;ral Philippe Rondot, conseiller sp&eacute;cial en France des ministres de la D&eacute;fense successifs, figurent effectivement &agrave; cette &eacute;poque des rendez-vous avec Ganzaoui. &laquo;Je ne peux rien faire pour lui, confiait le g&eacute;n&eacute;ral Rondot &agrave; l&rsquo;un de ses contacts tunisiens, cette histoire d&rsquo;espionnage pour les isra&eacute;liens est totalement invent&eacute;e.&raquo;<\/p>\n<p>\t\t\t\tDeux ans plus tard, Chedly Hammi sort de prison. Ben Ali le fait venir au palais de Carthage. &laquo;Je suis d&eacute;sol&eacute;, lui dit-il, on m&rsquo;avait induit en erreur&raquo;. Il n&rsquo;emp&ecirc;che que la seconde Leila, elle, a disparu dans les sables du d&eacute;sert. Personne, &agrave; Tunis, n&rsquo;a plus de nouvelles d&rsquo;elle. La triste vie de l&rsquo;homonyme de Leila y est devenue un sujet taboo.<\/p>\n<p>\t\t\t\t<span style=\"COLOR: rgb(128,0,0)\"><strong>De l&rsquo;agence de voyages au secr&eacute;tariat de direction<\/strong><\/span><br \/>\n\t\t\t\tN&eacute;e en 1957 dans une modeste famille nombreuse, la future &eacute;pouse du g&eacute;n&eacute;ral Ben Ali a grandi &agrave; Khaze&not;nadar, pr&egrave;s du Bardo &agrave; Tunis. D&rsquo;autres se souviennent que la famille Trabelsi a v&eacute;cu &agrave; El Hafsia, un des quartiers les plus d&eacute;labr&eacute;s de la Medina. Son p&egrave;re vendait des fruits secs et sa m&egrave;re &eacute;levait les onze enfants. Avec le brevet en poche, la jeune Leila entre &agrave; l&rsquo;&eacute;cole de coiffure de la rue de Madrid. Elle fit ses premi&egrave;res armes &laquo;Chez Wafa&raquo; une coiffeuse de la place Barcelone. En 1975, &agrave; dix-huit ans, elle rencontra un certain Khelil Maaouia, alors patron de l&rsquo;agence Avis sur la route de l&rsquo;a&eacute;roport. Folle amoureuse, elle se maria, avant de divorcer trois ans plus tard &ndash; Mon mari passe son temps &agrave; la chasse, se plaignait-elle, il ne s&rsquo;occupe pas de moi.&raquo;<\/p>\n<p>\t\t\t\tC&rsquo;est l&rsquo;&eacute;poque o&ucirc; Leila a &eacute;t&eacute; embauch&eacute;e &agrave; l&rsquo;agence Voyage 2000. Son propri&eacute;taire, Omrane Lamouri, poss&eacute;dait &eacute;galement, aux environs de Tunis, l&rsquo;H&ocirc;tel des Colombes. L&rsquo;agence se trouvait au c&oelig;ur de la capitale &agrave; l&rsquo;Immeuble central, une galerie marchande &agrave; deux pas de l&rsquo;ambassade de France. Leila d&eacute;couvrit le milieu des hommes d&rsquo;affaires, voyagea un peu, s&rsquo;ouvrit au vaste monde. Femme ind&eacute;pendante, elle roulait d&eacute;j&agrave; dans une petite Renault 5. Elle sortait beaucoup et ses amies de l&rsquo;&eacute;poque en parlent avec sympathie, disant d&rsquo;elle qu&rsquo;elle &eacute;tait toujours disponible pour faire la f&ecirc;te ou alter &agrave; la plage. Ce qui lui vaudra, dans la Tunis populaire, le surnom de &laquo;Leila Gin&raquo;, en raison de son gout suppos&eacute; pour cette boisson alcoolis&eacute;e. En r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, Leila est toujours rest&eacute;e discr&egrave;te sur ses relations amoureuses.<\/p>\n<p>\t\t\t\tA ses heures perdues, elle se livre alors quelquefois &agrave; des petits trafics douaniers entre Paris et Rome. Une initiative qui lui permet d&rsquo;arrondir ses fins de mois et de briller devant ses copines aux revenus plus modestes. H&eacute;las, elle se fait prendre un jour la main dans le sac et se voit retirer son passeport. Elle en appelle &agrave; une puissante relation, Tahar Mokrani, un des piliers de la cr&eacute;ation, lors de l&rsquo;ind&eacute;pendance, du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur. Ce dernier intervient. Serait-ce &agrave; cette occasion que Leila aurait &eacute;t&eacute; revue par Ben Ali, directeur de la S&ucirc;ret&eacute; de d&eacute;cembre 1977 &agrave; avril 1980 ? Selon plusieurs t&eacute;moignages que nous avons recueillis, ce serait le cas. De toute fa&ccedil;on, cette premi&egrave;re rencontre n&rsquo;aura gu&egrave;re de suite. En janvier 1980, les &eacute;v&eacute;nements de Gafsa vont &ecirc;tre fatals pour le directeur de la S&ucirc;ret&eacute;, accus&eacute; de n&eacute;gligence. Le g&eacute;n&eacute;ral Ben Ali est rel&eacute;gu&eacute; en Pologne comme ambassadeur.<\/p>\n<p>\t\t\t\tLa rencontre qui va v&eacute;ritablement bouleverser la vie de Leila Trabelsi est celle de Farid Mokhtar. Cultiv&eacute;, f&eacute;ru d&rsquo;art, animant le Club africain de foot de Tunis, le concurrent de L&rsquo;Esperance sportive de Tunis, cet industriel dirigeait la Soci&eacute;t&eacute; tunisienne des industries laiti&egrave;res (STIL), une grande entreprise d&rsquo;Etat. Enfin, il &eacute;tait le beau-fr&egrave;re de Mohamed Mzali, alors Premier ministre. Gr&acirc;ce &agrave; Farid, Leila fut embauch&eacute;e comme secr&eacute;taire de direction &agrave; Batimat. Cette soci&eacute;t&eacute; &eacute;tait une des innombrables filiales de ta Soci&eacute;t&eacute; tunisienne de banque, alors pr&eacute;sid&eacute;e par l&rsquo;oncle de Farid, Hassan Belkhodja, qui fut un proche de Bourguiba et le premier ambassadeur &agrave; Paris de la jeune R&eacute;publique tunisienne, avant de devenir ministre puis banquier. On se retrouvait tr&egrave;s loin du monde de l&rsquo;&eacute;cole de coiffure et de l&rsquo;agence de voyages. En compagnie de Farid Mokhtar, la jeune Leila va d&eacute;couvrir la bonne soci&eacute;t&eacute; de Tunis.<\/p>\n<p>\t\t\t\t<span style=\"COLOR: rgb(128,0,0)\"><strong>Climat de terreur &agrave; Tunis<\/strong><\/span><br \/>\n\t\t\t\tLeur liaison durera trois ou quatre ans, jusqu&rsquo;&agrave; ce que Farid y mette un terme. En 1984, le g&eacute;n&eacute;ral Ben Ali rentre de son exil en Pologne. Tr&egrave;s &eacute;pris de Leila, qu&rsquo;il revoit rapidement, il l&rsquo;installe dans une confortable villa sur la route de La Soukra. Elle cesse toute activit&eacute; et vit dans l&rsquo;ombre de Ben Ali, nomm&eacute; ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur par le Premier ministre Mohamed Mzali. Tous deux nourrissent d&eacute;sormais les m&ecirc;mes ambitions. &laquo;Sois patience, nous serons bient&ocirc;t au palais de Carthage&raquo;, lui dit-il un jour, alors qu&rsquo;il doit la quitter pour un rendez-vous urgent.<\/p>\n<p>\t\t\t\tC&rsquo;est l&rsquo;&eacute;poque o&ugrave; les relations se tendent dans l&rsquo;entourage de Mohamed Mzali entre clans rivaux. Le premier comprend l&rsquo;&eacute;pouse de Mzali, son beau-fr&egrave;re Farid Mokhtar et quelques ministres. Le second clan est anim&eacute; par le proche conseiller de Mzali et ministre de la Fonction publique, Mezri Chekir, originaire de Monastir comme Bourguiba, &agrave; ses cot&eacute;s, le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, ainsi que les fr&egrave;res Kamel, Raouf et Slaheddine Eltaief, fideles entre tous &agrave; Ben Ali. Ces cousins &eacute;loign&eacute;s du pr&eacute;sident tunisien ne lui ont jamais m&eacute;nag&eacute; leur soutien. Le plus politique, Kamel, aura &eacute;t&eacute; du haut de son m&egrave;tre soixante le principal artisan de la carri&egrave;re de Ben Ali. C&rsquo;est lui qui, en 1984, est parvenu &agrave; le faire revenir de son exil en Pologne, gr&acirc;ce notamment &agrave; ses liens avec Mezri Chekir.<\/p>\n<p>\t\t\t\tTr&egrave;s vite, Farid Mokhtar se sent menac&eacute; par Ben Ali. Et il a raison ! Est-ce en raison de son appartenance &agrave; un clan oppos&eacute; ? De sa liaison pass&eacute;e avec Leila? Ou des deux ? En tout cas, Ben Ali pr&eacute;pare un dossier de corruption contre lui. Le climat se g&acirc;te. En mai 1986, une r&eacute;union du Parti Socialiste Destourien a lieu &agrave; Ras Djebel, pr&egrave;s de Bizerte. Farid d&eacute;cide de s&rsquo;y rendre. &Agrave; 3 heures du matin, Mohamed Mzali re&ccedil;oit un coup de fil &agrave; son domicile. &Agrave; l&rsquo;autre bout du t&eacute;l&eacute;phone, Ben Ali lui-m&ecirc;me : &laquo;Monsieur le Premier ministre, votre beau-fr&egrave;re a eu un grave accident de voiture, il a &eacute;t&eacute; hospitalis&eacute; sur la route de Bizerte.&raquo; Deux heures plus tard, nouvel appel du ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur au Premier ministre : &laquo;Farid Mokhtar est d&eacute;c&eacute;d&eacute;.&raquo;<\/p>\n<p>\t\t\t\tLe lendemain, Mohamed Mzali se rend, comme chaque jour, aupr&egrave;s de Bourguiba. &laquo;&Agrave; quelque chose malheur est bon, on s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; arr&ecirc;ter votre beau-fr&egrave;re pour lui demander des comptes sur sa gestion de la STIL&raquo;, explique le chef de l&rsquo;Etat &agrave; son Premier ministre. Dans l&rsquo;entourage de l&rsquo;ancien amant de Leila, personne aujourd&rsquo;hui ne croit &agrave; un accident. Ce jour-la, ce n&rsquo;&eacute;tait pas son chauffeur habituel qui conduisait Farid &agrave; Bizerte. Apr&egrave;s l&rsquo;accident, celui-ci a &eacute;t&eacute; conduit dans un h&ocirc;pital sp&eacute;cialis&eacute; pour les maladies pulmonaires, totalement inadapt&eacute; &agrave; son &eacute;tat. Enfin, lors de l&rsquo;enterrement, le g&eacute;n&eacute;ral Ben Ali ne prendra pas la peine de pr&eacute;senter ses condol&eacute;ances &agrave; l&rsquo;&eacute;pouse de Mohamed Mzali, s&oelig;ur de Farid Mokhtar.<\/p>\n<p>\t\t\t\t<span style=\"COLOR: rgb(128,0,0)\"><strong>Les sept familles qui pillent la Tunisie<\/strong><\/span><br \/>\n\t\t\t\tDans les ann&eacute;es qui suivent l&rsquo;accession au pouvoir de Ben Ali, les proches du pouvoir font des affaires juteuses. Mais personne ne pr&eacute;tend au monopole sur l&rsquo;ensemble des transactions et des commissions les clans familiaux se taillent de belles parts d&rsquo;un g&acirc;teau qu&rsquo;ils se divisent entre eux.<\/p>\n<p>\t\t\t\tPour les trois fr&egrave;res Eltaief, issus comme Ben Ali d&rsquo;une famille originaire de Hammam Sousse, le 7 novembre 1987 est un jour B&eacute;ni. Kamel Eltaief joue d&egrave;s lors le r&ocirc;le de &laquo;pr&eacute;sident bis&raquo; recevant chaque matin, dans les bureaux de la rue de Beyrouth au c&oelig;ur de Tunis, les principaux ministres du gouvernement. Dans son sillage, ses deux fr&egrave;res font des affaires. La famille Ben Ali b&eacute;n&eacute;ficie &eacute;galement de quelques pr&eacute;bendes. Pas un fr&egrave;re, pas une s&oelig;ur du nouveau pr&eacute;sident qui ne re&ccedil;oivent une petite g&acirc;terie. Moncef, le fr&egrave;re pr&eacute;f&eacute;r&eacute;, se lance dans le trafic de drogue et laissera, dit-on, 4 millions de dinars de dettes aupr&egrave;s des banques. Ka&iuml;s Ben Ali, le fils du fr&egrave;re a&icirc;n&eacute;, s&rsquo;octroie le monopole des alcools &agrave; Sousse et fait main base sur le free-shop de Monastire.<\/p>\n<p>\t\t\t\tLes trois filles issues du premier mariage de Ben Ali avec Naima Kefi ne sont pas oubli&eacute;es. L&rsquo;a&icirc;n&eacute;e, Dorsaf, &eacute;pouse Slim Chiboub. L&rsquo;av&egrave;nement de son beau-p&egrave;re au palais de Carthage est pour lui pain b&eacute;nit : fils d&rsquo;un simple greffier, &laquo;Monsieur gendre&raquo; jouit d&rsquo;un traitement de faveur dans l&rsquo;attribution des terrains et des march&eacute;s. Ainsi b&eacute;n&eacute;ficie-t-il de gros march&eacute;s pharmaceutiques et de beaux terrains &ndash; qui lui seront repris plus tard. Slim Chiboub est connu pour ses app&eacute;tits d&eacute;mesur&eacute;s. Les patrons de la cha&icirc;ne de grandes surfaces Auchan vont ainsi reculer devant ses exigences et renoncer &agrave; s&rsquo;installer en Tunisie. En revanche, Slim Chiboub r&eacute;ussira en 2001 &agrave; installer un hypermarch&eacute; Carrefour sur un terrain, sis &agrave; La Soukra, que les domaines de l&rsquo;Etat lui ont r&eacute;troc&eacute;d&eacute; &agrave; un prix symbolique. De 1989 &agrave; 2004, le gendre du pr&eacute;sident pr&eacute;sidera &eacute;galement aux destin&eacute;es de L&rsquo;Esperance sportive de Tunis (EST).<\/p>\n<p>\t\t\t\tLa derni&egrave;re fille, Cyrine, &eacute;pouse en 1996 Marouane Mabrouk. Lui h&eacute;rit&eacute; de la concession de Mercedes Tunis et elle prend la haute main sur le Net en Tunisie. Et Dieu sait si le secteur, totalement fliqu&eacute;, est sensible ! Un centre du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur &agrave; Salambo, dans la banlieue de Tunis, traque le moindre message non autoris&eacute;. Les Mabrouk se voient &eacute;galement attribuer le logement de fonction traditionnellement attribu&eacute; au directeur de la s&ucirc;ret&eacute; nationale, une splendide villa du quartier chic du Belv&eacute;d&egrave;re. La troisi&egrave;me fille, Ghazoua, mari&eacute;e &agrave; Slim Zarrouk, b&eacute;n&eacute;ficiera &eacute;galement de quelques faveurs, notamment &agrave; l&rsquo;occasion de la privatisation de certaines entreprises publiques (comme la Soci&eacute;t&eacute; nationale d&rsquo;&eacute;levage de poulets, acquise &agrave; bon compte &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990 par Slim Zarruk, puffs revendue au prix fort)&hellip;<\/p>\n<p>\t\t\t\tDans un libelle qui circule en 1997-1998 sous le manteau &agrave; Tunis, il est question des sept familles qui pillent la Tunisie. Ce document fort bien inform&eacute; d&eacute;crit le fonctionnement des clans familiaux autour de Ben Ali qui se partagent entre amis les terrains, les contrats et les usines. L&rsquo;opposition, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, de cette garde rapproch&eacute;e du pr&eacute;sident &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e de tout nouvel intrus. Kamel Eltaief et Slim Chiboub s&rsquo;opposent ainsi r&eacute;solument aux projets d&rsquo;union de Ben Ali avec Leila.<\/p>\n<p>\t\t\t\tH&eacute;las pour eux, les noces ont lieu en 1992. Peu apr&egrave;s, Kamel Eltaief a voulu braver la nouvelle pr&eacute;sidente et faire de la circoncision de son fils un &eacute;v&eacute;nement mondain &ndash; car Ben Ali et Leila n&rsquo;avaient pas encore de prog&eacute;niture male. R&eacute;sultat, plusieurs hommes publics qui avaient commis l&rsquo;erreur d&rsquo;accepter cette invitation ont &eacute;t&eacute; imm&eacute;diatement limog&eacute;s : le ministre de la Sante, le directeur du Tourisme, le pr&eacute;sident de Tunis Air se retrouv&egrave;rent au ch&ocirc;mage. Le r&egrave;gne de Leila au palais de Carthage d&eacute;butait. En 1996, les locaux de Kamel Eltaief, dans la zone industrielle de La Soukra, furent incendi&eacute;s par une vingtaine d&rsquo;individus masqu&eacute;s. Le pouvoir le soup&ccedil;onnait d&rsquo;y entreposer des dossiers compromettants sur les turpitudes de Leila. Officiellement, l&rsquo;enqu&ecirc;te de police n&rsquo;a pas permis de connaitre l&rsquo;origine de l&rsquo;incendie. Depuis, Kamel Eltaief n&rsquo;a plus jamais &eacute;t&eacute; re&ccedil;u au palais de Carthage. Seuls ses liens anciens avec les Am&eacute;ricains le prot&egrave;gent d&rsquo;un mauvais coup.<\/p>\n<p>\t\t\t\t<span style=\"COLOR: rgb(128,0,0)\"><strong>Un boulevard pour les Trabelsi<\/strong><\/span><br \/>\n\t\t\t\tPendant les quatre ann&eacute;es qui ont suivi le mariage en 1992 de Leila avec Ben Ali, le clan Trabelsi s&rsquo;est fait relativement discret. A partir de 1996, leurs app&eacute;tits se manifestent de mani&egrave;re plus ostensible et vont progressivement sonner le glas des ambitions des Eltaief, Mabrouk ou Chiboub. Cette ann&eacute;e-la, le fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; et bien-aim&eacute; de Leila, Belhassen, met la main sur la compagnie d&rsquo;aviation qui va devenir Karthago Airlines. C&rsquo;est lui qui devient le pivot des affaires financi&egrave;res de la famille, comme on le verra dans le chapitre 4.<\/p>\n<p>\t\t\t\tLe verrouillage commence, car les Trabelsi ne sont pas partageurs&hellip; Pas un secteur qui ne leur &eacute;chappe ; pas une transaction avec un groupe &eacute;tranger dont ils ne sont parties prenantes ; pas un beau terrain, ou presque, sur lequel ils n&rsquo;ont des vues. Et personne, dans le clan, n&rsquo;est oubli&eacute; ! Apr&egrave;s Belhassen, Moncef ! Cet ancien photographe de rue a connu une belle carri&egrave;re. Dans le pass&eacute;, la Soci&eacute;t&eacute; tunisienne de banque lui a consenti un cr&eacute;dit pour devenir agriculteur. Son premier fils, Houssem, a cr&eacute;e une association, la Jeunesse musicale de Carthage, qui a la r&eacute;putation de ne pas honorer ses contrats. Le deuxi&egrave;me, Moez, et le troisi&egrave;me, Imed &ndash; le neveu pr&eacute;f&eacute;r&eacute; de Leila -, ont eu a partir de 2008 de serieux ennuis avec la justice fran&ccedil;aise dans la fameuse affaire des yachts vol&eacute;s (voir infra, chapitre 5). A Tunis, Imed fait la loi. D&rsquo;un coup de fil, il peut faire embastiller un adversaire ou au contraire lib&eacute;rer un trafiquant. Personne ne se risquerait &agrave; s&rsquo;opposer frontalement &agrave; ce prot&eacute;g&eacute; du palais.<\/p>\n<p>\t\t\t\tUne des s&oelig;urs, Djalila, est devenue la reine des buvettes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de celle de l&rsquo;&eacute;cole HEC &agrave; Carthage ou de celle de l&rsquo;Ecole nationale d&rsquo;architecture. Son &eacute;poux, El Hadj, qui poss&eacute;dait un kiosque &agrave; essence, est devenu entrepreneur dans l&rsquo;immobilier. Un de ses immeubles est lou&eacute; au minist&egrave;re des Transports, qui a &eacute;t&eacute; contraint de lui signer un bail avantageux.<\/p>\n<p>\t\t\t\tBeaucoup de ces coups tordus se font sans l&rsquo;aval du pr&eacute;sident. En 2002 encore, Ben Ali tentait de maintenir un semblant d&rsquo;ordre. Ainsi, cette ann&eacute;e-la, r&eacute;unissait-il les principaux membres de la famille Trabelsi : &laquo;Si vous voulez de l&rsquo;argent, soyez au moins discrets. Trouvez des hommes de paille et des soci&eacute;t&eacute;s &eacute;crans.&raquo; En d&rsquo;autres termes, professionnalisez-vous !<\/p>\n<p>\t\t\t\tUn conseil qui ne semble gu&egrave;re avoir &eacute;t&eacute; suivi, comme on le verra dans les chapitres suivants. Arbitre impuissant, le pr&eacute;sident tente parfois de taper du poing sur la table. Ainsi, en 2006, des industriels se plaignent des produits de contrefa&ccedil;on import&eacute;s de Chine avec la b&eacute;n&eacute;diction des Trabelsi. Lors d&rsquo;un conseil des ministres, le pr&eacute;sident interpelle le ministre du Commerce et de l&rsquo;Artisanat, Mondher Znaidi : &laquo;Alors, Monsieur le ministre, j&rsquo;entends dire que des containers de contrebande arrivent de Chine ? &mdash; C&rsquo;est-&agrave;-dire, lui r&eacute;pond l&rsquo;autre, je ne suis pas au courant, les douanes d&eacute;pendent du minist&egrave;re des Finances.&raquo; Pas question de prendre le moindre risque de contrarier Madame la pr&eacute;sidents&hellip;<\/p>\n<p>\t\t\t\tLe parcours de Foued Cheman, fils d&rsquo;un grand industriel du textile et multimillionnaire, est exemplaire de ce g&acirc;chis. Voici une des grandes figures du monde patronal oblig&eacute;e, en 2004, de prendre le chemin de l&rsquo;exil forc&eacute; vers les Etats-Unis, avec son &eacute;pouse et ses deux enfants.<\/p>\n<p>\t\t\t\tD&egrave;s l&rsquo;arriv&eacute;e de Ben Ali, Slim Chiboub, un des gendres, convoite le secteur de la friperie que les Cheman dominaient jusque-l&agrave;. Tout va &ecirc;tre fait pour d&eacute;courager l&rsquo;h&eacute;ritier de cette vielle famille : corruption d&rsquo;un de ses associ&eacute;s, convocations r&eacute;p&eacute;t&eacute;es, gardes &agrave; vue, parodies de proc&egrave;s. Foued Cheman se retire dans la somptueuse villa qu&rsquo;il s&rsquo;est fait construire sur la corniche de Sidi Bou Said. Apr&egrave;s l&rsquo;assaut des Chiboub, les attaques des Trabelsi. Tr&egrave;s vite, Leila a des vues sur la belle demeure des Cheman, o&ugrave; elle installerait volontiers sa fille Nesrine. Des envoy&eacute;s du palais viennent lui demander de vendre son bien &agrave; une &laquo;amie de la pr&eacute;sidente&raquo;. Pas question, r&eacute;pond l&rsquo;industriel. Mal lui en prend. Le fisc le condamne &agrave; payer une amende record de 2 millions d&rsquo;euros. Foued Cheman d&eacute;cide alors de s&rsquo;exiler aux Etats-Unis, non sans avoir lou&eacute; sa maison &agrave; l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Irak, avec la b&eacute;n&eacute;diction de l&rsquo;ambassade am&eacute;ricaine.<\/p>\n<p>\t\t\t\tSa capacit&eacute; de nuisance est r&eacute;elle ; il est le gendre de Mustapha Zaanouni, ancien ambassadeur et ancien ministre, toujours conseiller aupr&egrave;s de l&rsquo;ONU. Depuis Washington, il menace de lancer des campagnes contre le r&eacute;gime, si ses ennuis ne cessent pas. R&eacute;sultat : les poursuites vont cesser contre lui et les amender fiscales se perdre dans les sables.<\/p>\n<p>\t\t\t\tCertain notables tunisiens, qui voient r&eacute;tr&eacute;cir de jour en jour leurs marges de man&oelig;uvre, sont en tout cas en train de passer de l&rsquo;exasp&eacute;ration &agrave; la r&eacute;sistance. Ce qui fait dire &agrave; un diplomate fran&ccedil;ais, qui a v&eacute;cu longtemps en Tunisie et connait parfaitement le s&eacute;rail local : &laquo;Dans la succession de Ben Ali qui s&rsquo;annonce, la bourgeoisie de Tunis ne veut pas d&rsquo;une solution familiale.&raquo; Et donc pas d&rsquo;une r&eacute;gente nomm&eacute;e Leila&hellip;<\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La R&eacute;gente de Carthage &nbsp; Le&iuml;la Trabelsi avait demand&eacute; l&rsquo;interdiction de ce livre au Tribunal de grande instance de Paris. Le livre comportant, selon elle, &laquo;des passages diffamatoires et d&rsquo;autres injurieux&raquo; &agrave; son encontre. Elle a finalement &eacute;t&eacute; d&eacute;bout&eacute;e le 30 septembre, et condamn&eacute;e &agrave; verser 1500&euro; &agrave; la maison d&rsquo;&eacute;dition du livre. Le tribunal&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15498,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[24,10,382,40,36,14,100,9,1],"tags":[],"class_list":["post-1033","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ben-ali","category-france","category-leila-trabelsi","category-liban","category-libye","category-paris","category-pologne","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1033","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1033"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1033\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15498"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1033"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1033"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1033"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}