{"id":10401,"date":"2015-04-20T03:51:24","date_gmt":"2015-04-20T03:51:24","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10401"},"modified":"2016-06-06T17:22:28","modified_gmt":"2016-06-06T17:22:28","slug":"annees-fascinantes-1954-1957-a-anieres-geneve-a-linstitut-ort-3eme-partie4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/annees-fascinantes-1954-1957-a-anieres-geneve-a-linstitut-ort-3eme-partie4\/","title":{"rendered":"Ann\u00e9es fascinantes (1954-1957), \u00e0 Ani\u00e8res-Gen\u00e8ve, \u00e0  l&rsquo;Institut ORT. (3\u00e8me partie\/4)"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\">\n\t<strong>Ann&eacute;es fascinantes (1954-1957), &agrave; Ani&egrave;res-Gen&egrave;ve, &agrave;&nbsp; l&#39;Institut ORT. (3&egrave;me partie\/4)<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong><a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/news\/article\/ann%C3%A9es-fascinantes-1954-1957-%C3%A0-ani%C3%A8res-gen%C3%A8ve-%C3%A0-linstitut-ort-2%C3%A8me-partie4#node-5912\">ARTICLE PRECEDENT<\/a><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><u>&quot;La vie culturelle&quot;<\/u><\/strong><\/p>\n<p>\n\tAu d&eacute;but, tous les copains se pr&eacute;paraient &agrave; sortir en ville, &agrave; Gen&egrave;ve surtout pour&nbsp;<strong>danser<\/strong>. Moi je restais avec quelques casaniers, parce que je ne savais pas danser, je ne l&#39;ai jamais essay&eacute; avant. Alors un ami s&#39;est port&eacute; volontaire pour m&#39;apprendre quelques pas. Avec une chaise comme compagne, il m&#39;enseigna en quelques semaines, les rudiments&nbsp; de la Valse, le Tango et la Marche (qui &eacute;tait proche du paso-doble), qui &eacute;tait assez populaire dans les Salles communales. Un jour, quand il me faisait tourner ma ch&egrave;re&nbsp; chaise, voila la Graziella qui rentre dans la chambre. Il lui demanda de danser avec moi, elle accepta et c&#39;est elle qui fut ma premi&egrave;re cavali&egrave;re, je ne l&#39;ai pas oubli&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\tJe commen&ccedil;ais alors &agrave; sortir danser, d&#39;abord dans une petite guinguette &agrave; mi chemin entre Ani&egrave;res et Gen&egrave;ve, la pratique, la patience de mes compagnes et un certain sens du rythme que j&#39;avais, m&#39;avaient transform&eacute; en un bon danseur.<\/p>\n<p>\n\tC&#39;est &agrave; Gen&egrave;ve que j&#39;avais d&eacute;couvert un&nbsp;<strong>cabaret de chansonniers<\/strong>&nbsp;o&ugrave; j&#39;appris qu&#39;on pouvait parodier sur n&#39;importe qui et sur n&#39;importe quel sujet. J&#39;avais d&eacute;couvert la &#39;Libert&eacute; d&#39;expression&#39;. Je commen&ccedil;ais &agrave; lire les journaux comme l&#39;Express (quand il &eacute;tait en format de feuilles d&eacute;tach&eacute;es. Plus tard je lisais &quot;le canard enchain&eacute;&quot; et voila que parall&egrave;lement &agrave; mon monde religieux et stricte, je d&eacute;couvrais un autre&nbsp; monde plus ouvert et sans contraintes.<\/p>\n<p>\n\tLe soir du Bal de fin d&#39;ann&eacute;e (ma 1ere ann&eacute;e), dans la grande salle &agrave; manger, j&#39;ai incarn&eacute;, pour la premi&egrave;re fois, le<strong>chansonnier local<\/strong>. J&#39;avais r&eacute;dig&eacute; et pr&eacute;sent&eacute;&nbsp; une parodie sur l&#39;ann&eacute;e que je venais de vivre &agrave; l&#39;institut. J&#39;y parodiais aussi les profs (d&eacute;crits l&agrave; haut) devant une audience qui comprenait tous les &eacute;tudiants et leurs amis et amies qui &eacute;taient invit&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\tDeux profs avaient tr&egrave;s mal pris mes plaisanteries. D&egrave;s la rentr&eacute;e en deuxi&egrave;me ann&eacute;e, je l&#39;ai vite senti dans leurs remarques &agrave; mon &eacute;gard. C&#39;&eacute;taient Mr Dupraz et Mme Pinot , (voir l&agrave; haut)<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le Bnei Akiva<\/strong><\/p>\n<p>\n\tNous &eacute;tions un groupe de tunisiens qui fr&eacute;quentions depuis notre jeunesse, le Bn&eacute;-Akiva &agrave; Tunis. D&eacute;j&agrave; l&agrave; bas j&#39;avais particip&eacute;, avec ce mouvement &agrave; des colonies de Vacances .<\/p>\n<p>\n\tNotre groupe s&#39;est renforc&eacute; par d&#39;autres &eacute;tudiants religieux venus d&#39;Isra&euml;l. Les plus engag&eacute;s parmi nous avaient organis&eacute; ou rouvert) le Bnei Akiva de Gen&egrave;ve avec un bon nombre de jeunes Genevoix et surtout Genevoises. Presque chaque Shabbat, nous marchions &agrave;&nbsp; pieds d&#39;Ani&egrave;res &agrave; Gen&egrave;ve, une dizaine de kilom&egrave;tres pour passer avec eux un Oneg Shabbat. Des fois la neige ou la pluie nous surprenaient en route et les braves suisses s&#39;arr&ecirc;taient pour nous prendre en &quot;stop&quot;, mais nous refusions gentiment.<\/p>\n<p>\n\tViennent les vacances de Noel, les dirigeants lou&egrave;rent une Auberge de la Jeunesse sur le Gothard (Andermatt). Ils la Cach&eacute;ris&egrave;rent et elle fut notre maison avec tous les plaisirs que cela puisse offrir &agrave; une personne n&eacute;e au seuil du Sahara comme je l&#39;&eacute;tais.<\/p>\n<p>\n\tJ&#39;ai pu en profiter la 2eme ann&eacute;e aussi, et l&agrave; encourag&eacute; par mon succ&egrave;s de la f&ecirc;te de la fin de l&#39;ann&eacute;e pass&eacute;e, j&#39;ai aussi jou&eacute; le chansonnier sur le Gothard. Ils &eacute;taient plut&ocirc;t amus&eacute;s, et loin d&#39;&ecirc;tre f&acirc;ch&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"01.jpg\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 1.jpg\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>La T&eacute;l&eacute;vision<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 1954 la T&eacute;l&eacute;vision a fait son entr&eacute;e &agrave; la Biblioth&egrave;que de l&#39;Institut c&#39;&eacute;tait&nbsp; l&#39;&eacute;poque des Jeux Olympiques d&#39;hiver qui s&#39;&eacute;taient d&eacute;roul&eacute;s &agrave; Cortina d&#39;Empezzo, en Italie. Pour les comp&eacute;titions importantes, les &eacute;tudiants et les profs d&eacute;sertaient les classes pour la Biblioth&egrave;que.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"02.jpg\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 2.jpg\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\t&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour le Tour de France aussi on allait encourager les coureurs qui passaient non loin de l&#39;Institut, juste pr&eacute;s de la douane suisse.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Voyages d&#39;Etudes<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLes 2 ann&eacute;es d&#39;&eacute;tudes &eacute;taient souvent &quot;coup&eacute;es&quot; par des voyages d&#39;&eacute;tudes des 2 cot&eacute;s de la fronti&egrave;re, en France et en Suisse. Ces voyages, qui duraient g&eacute;n&eacute;ralement une journ&eacute;e, &eacute;taient d&#39;un enrichissement in&eacute;galable. Les lieux qui m&#39;ont laiss&eacute; un souvenir assez fort &eacute;taient: l&#39;usine de montage de l&#39;Opel Kadet, celle des proc&eacute;d&eacute;s de fabrication de l&#39;Aluminium, les barrages &eacute;lectriques en Suisse et en France, et l&#39;usine que je ne peux oublier, l&#39;usine Nestl&eacute; de fabrication de Chocolat.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"anieres - Copy (3)\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 3.jpg\" style=\"height: 421px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\tNous ne nous &eacute;tions pas g&ecirc;n&eacute;s quand ils nous avaient permis de tremper les doigts dans la pate de chocolat. Pendant plusieurs mois apr&egrave;s cette visite, je n&#39;ai pu&nbsp; m&#39;approcher du chocolat.<\/p>\n<p>\n\tL&#39;atmosph&egrave;re dans le bus &eacute;tait tr&egrave;s joyeuse et de temps en temps on entendait des chansons paillardes, malgr&eacute; la pr&eacute;sence des profs qui nous accompagnaient. Pour les voyages en France, on voyageait dans des bus fran&ccedil;ais qu&#39;on prenait &agrave; partir du village de Veigy qui &eacute;tait de l&#39;autre cot&eacute; de la fronti&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"anieres 001 - Copy (3)\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 4.jpg\" style=\"height: 432px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\tQuand le temps le permettait, on visitait aussi les villes ou les lieux touristiques qu&#39;on traversait.<\/p>\n<p>\n\tVu le nombre de jeunes juifs vivant &agrave; l&#39;Institut, celui-ci avait pris une place importante dans la vie de la communaut&eacute; de Gen&egrave;ve et m&ecirc;me de Suisse. La f&ecirc;te de Hanoucca, de Pourim, la f&ecirc;te de l&#39;Ind&eacute;pendance de l&#39;Etat d&#39;Isra&euml;l, &eacute;taient c&eacute;l&eacute;br&eacute;es avec beaucoup d&#39;invit&eacute;s et surtout des personnalit&eacute;s de la communaut&eacute; juive et celles du canton de Gen&egrave;ve.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"anieres 002 - Copy\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 5.jpg\" style=\"height: 444px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\tPour le Yom Haatsmaout,&nbsp; des jeunes juifs de plusieurs villes de Suisse venaient passer la journ&eacute;e &agrave; Ani&egrave;res, durant laquelle on dansait et chantait comme en Isra&eacute;l.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"anieres_82 - Copy (3)\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 6.jpg\" style=\"height: 438px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"15\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 7.jpg\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"anieres_82 - Copy\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 8 .jpg\" style=\"height: 430px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\tEn 2eme ann&eacute;e, pour la f&ecirc;te de Pourim,&nbsp; j&#39;avais &eacute;crit une courte&nbsp;<strong>pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre,&nbsp;<\/strong>un chapitre tir&eacute; de la M&eacute;guila (parchemin) d&#39;Esther. C&#39;est l&#39;histoire des cuisiniers Bigtan et T&eacute;r&eacute;sh, qui voulaient empoisonner le roi Assu&eacute;rus. La pi&egrave;ce fut mise en sc&egrave;ne par notre maitre de la chorale&nbsp;<em>M. Panosetti<\/em>.&nbsp; et jou&eacute;e &agrave; l&#39;Aula, par les &eacute;tudiants de ma classe.<\/p>\n<p>\n\tToutes ces manifestations &eacute;taient encadr&eacute;es par des chants populaires classiques. Une&nbsp;<strong>chorale<\/strong>&nbsp;a &eacute;t&eacute; organis&eacute;e par un des grands musiciens de Gen&egrave;ve. Je m&#39;&eacute;tais pr&eacute;sent&eacute; &agrave; l&#39;audition pour cette chorale et je fus class&eacute; dans le groupe des Basses. Personnellement je savais que malgr&eacute; mon grand amour pour la Musique, je chantais irr&eacute;m&eacute;diablement &quot;faux&quot;, et j&#39;&eacute;tais content d&#39;avoir &eacute;chapp&eacute; aux &quot;oreilles &eacute;duqu&eacute;es&quot; du chef de la chorale. Mais pas pour longtemps, durant une manifestation de notre chorale, ma voix a vite heurt&eacute; l&#39;ou&iuml;e du chef et il profita de la pause pendant laquelle on pr&eacute;sentait une autre manifestation, il m&#39;appela et me pria de ne plus retourner sur sc&egrave;ne et que je ne faisais plus partie de la chorale. On sentait qu&#39;il s&#39;en voulait de ne m&#39;avoir pas d&eacute;tect&eacute; plus t&ocirc;t.<\/p>\n<p>\n\tEn plus de la chorale il y avait un groupe de danseurs qui pr&eacute;sentaient des danses populaires isra&eacute;liennes. Elle fut form&eacute;e par un des &eacute;tudiants isra&eacute;liens qui faisait lui-m&ecirc;me partie d&#39;une troupe, en Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"aniereios - Copy_2\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 9.jpg\" style=\"height: 490px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Retour aux sources<\/strong><\/p>\n<p>\n\tDes amis tunisiens, qui apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre retrouv&eacute;s en Suisse &agrave; l&rsquo;institut, avaient soudain senti un &lsquo;malaise d&rsquo;identit&eacute;&rsquo; et ont vu que le fait qu&rsquo;ils ne parlaient pas le Jud&eacute;o-Tunisien, langue de leurs grands-parents, leur faisait d&eacute;faut. Dans une tour de Babel o&ugrave; les &eacute;tudiants, d&rsquo;origine&nbsp;: grecque, iranienne ou autre, parlaient entre eux dans leur langue maternelle, ils ne connaissaient presque rien de la leur; sauf peut &ecirc;tre quelques mots appris de leur Grand-m&egrave;re. Ils en veulent un peu &agrave; leurs parents qui, en quittant le Ghetto de Tunis, au d&eacute;but du si&egrave;cle, avaient cherch&eacute; &agrave; s&rsquo;assimiler dans la Culture Fran&ccedil;aise et ne voulurent plus que leurs enfants parlent une autre langue que le Fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\tOn organisa un petit cercle d&rsquo;amis o&ugrave; chacun contribuait de son mieux &agrave;&nbsp; &eacute;largir nos connaissances de cette langue et de sa richesse. Une langue qui n&rsquo;avait qu&rsquo;une grammaire primaire et qui s&rsquo;&eacute;tait enrichie, avec les si&egrave;cles, de mots de toutes les cultures qui avaient c&ocirc;toy&eacute; la Tunisie. En plus de l&rsquo;arabe, qui en est le composant le plus important, on trouve des mots d&rsquo;H&eacute;breu, d&rsquo;Italien, d&rsquo;Espagnol et des traces de Berb&egrave;re. Le jud&eacute;o- tunisien se lit et s&rsquo;&eacute;crit avec des caract&egrave;res H&eacute;bra&iuml;ques.<\/p>\n<p>\n\tLe Jud&eacute;o-Tunisien poss&eacute;dait une litt&eacute;rature tr&egrave;s riche, de la traduction des grands auteurs fran&ccedil;ais du 19<sup>e<\/sup>&nbsp;si&egrave;cle, aux histoires des Mille et une Nuits; des travaux d&rsquo;analyse de la plume de fameux Rabbins Tunisiens sur les textes sacr&eacute;s, aux traductions des textes de la Haggada de Pessah. Durant la premi&egrave;re moiti&eacute; du 20<sup>e<\/sup>si&egrave;cle, on trouvait plusieurs journaux hebdomadaires (comme Ennejma). Ses amoureux disaient &quot;On ne parle pas cette langue, on la chante&quot;. Elle variait un peu d&rsquo;une ville &agrave; l&rsquo;autre et en t&rsquo;entendant parler, on peut deviner de quelle ville tu venais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Un &eacute;v&eacute;nement triste et inoubliable<\/strong><\/p>\n<p>\n\tParmi les nouveaux &eacute;tudiants arriv&eacute;s en 2eme ann&eacute;e (1955-1956), il y avait un marocain nomm&eacute; Simon Benitah. La similitude avec mon nom (Benattia), a souvent cr&eacute;&eacute; une confusion entre nos deux personnes<\/p>\n<p>\n\tPlusieurs sont tomb&eacute;s dans ce &quot;pi&egrave;ge&quot;, depuis la direction de l&#39;institut jusqu&#39;au courrier personnel. Ces confusions nous faisait rire&nbsp; et cr&eacute;a une certaine amiti&eacute; entre nous.<\/p>\n<p>\n\tIl &eacute;tait sportif et avait achet&eacute; un v&eacute;lo de course qu&#39;il montait chaque fois&nbsp; allait &agrave; Gen&egrave;ve ou dans la r&eacute;gion.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"Clip_2\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 10.jpg\" style=\"height: 394px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<div aria-label=\"Download attachment image024.jpg\" data-tooltip-class=\"a1V\" id=\":68r\" role=\"button\" tabindex=\"0\" title=\"Scanning for viruses...\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<p>\n\tAu milieu de l&#39;ann&eacute;e 56, un samedi soir j&#39;&eacute;tais all&eacute; danser &agrave; V&eacute;senaz, &agrave; mi chemin entre Gen&egrave;ve et l&#39;institut. Ce soir, je sortis plus t&ocirc;t que d&#39;habitude, du petit dancing local et me mis &agrave; faire de l&#39;auto stop. Soudain arrive, sur son v&eacute;lo, mon ami Simon Benitah, s&#39;arr&ecirc;te quelques minutes pour bavarder. Il m&#39;offre m&ecirc;me un bonbon &agrave; la menthe, je m&#39;en rappelle tr&egrave;s bien.<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s qu&#39;il m&#39;eut quitt&eacute;, arrive un autre ami en scooter qui me prit &quot;&agrave; la maison&quot;. En route nous v&icirc;mes aux environs d&#39;une autre guinguette, plusieurs personnes, dehors, avec des policiers et les h&ocirc;tes du cabaret. Nous pass&acirc;mes sans nous arr&ecirc;ter.<\/p>\n<p>\n\tLe lendemain, un copain, qui connaissait mon amiti&eacute; avec Simon, me r&eacute;veilla en me disant &quot;l&egrave;ve toi vite, Simon est mort&quot;. Je me l&egrave;ve comme dans un cauchemar et dis &quot;ce n&#39;est pas possible, je l&#39;ai vu il y a quelques heures sain et sportif sur son v&eacute;lo&quot;.<\/p>\n<p>\n\tOn me dit que Simon&nbsp; &eacute;tait sur son v&eacute;lo quand soudain une voiture vint de derri&egrave;re et l&#39;&eacute;crasa. Comme c&#39;est court de d&eacute;crire la fin d&#39;une vie d&#39;un gar&ccedil;on de vingt ans, qui avait tout son avenir devant lui.<\/p>\n<p>\n\tCet &eacute;v&eacute;nement a touch&eacute; tout le monde &agrave; l&#39;institut, des membres de sa famille avertie au Maroc, &eacute;taient venus &agrave; Gen&egrave;ve pour l&#39;enterrement dans le cimeti&egrave;re juif de Gen&egrave;ve.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"cimeti\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 11.jpg\" style=\"height: 441px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<div aria-label=\"Download attachment image025.jpg\" data-tooltip-class=\"a1V\" id=\":696\" role=\"button\" tabindex=\"0\" title=\"Scanning for viruses...\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<p>\n\tPour moi l&#39;histoire n&#39;&eacute;tait pas finie. La police genevoise qui a fait le constat de l&#39;accident et avait surement enqu&ecirc;t&eacute; &agrave; l&#39;ORT est arriv&eacute;e jusqu&#39;&agrave; moi. Cette mort tragique fut apport&eacute;e devant le Tribunal de Gen&egrave;ve. Le chauffard accusait Simon d&#39;avoir &eacute;t&eacute; en &eacute;tat d&#39;ivresse quand il roulait sur son v&eacute;lo et qu&#39;il lui &eacute;tait rentr&eacute; sous les roues. On me pria d&#39;aller au tribunal et de t&eacute;moigner de ce que j&#39;avais vu . Pour moi, c&#39;&eacute;tait la premi&egrave;re (et derni&egrave;re fois)&nbsp; que je me tenais &agrave; la barre.<\/p>\n<p>\n\tLa v&eacute;rit&eacute; est que je n&#39;ai jamais su quel &eacute;tait le verdict final, mais je crois que le chauffeur criminel s&#39;en est sorti sans grave punition.<\/p>\n<p>\n\tCette histoire m&#39;a &eacute;t&eacute; dure &agrave; &eacute;crire, elle tient jusqu&#39;aujourd&#39;hui une place en ma m&eacute;moire. Un souvenir inoubliable de ce jeune homme, (parce qu&#39;il est rest&eacute; jeune pour toujours) parce que j&#39;ai &eacute;t&eacute; la derni&egrave;re personne &agrave; l&#39;avoir vu vivant. La sc&egrave;ne de cette malheureuse soir&eacute;e me revient souvent et des fois je pense que si on avait bavard&eacute; dix minutes de plus, le sort aurait &eacute;t&eacute; diff&eacute;rent, Simon serait encore en vie et le chauffard aurait peut &ecirc;tre fonc&eacute; contre un arbre.<\/p>\n<p>\n\tLa direction accrocha un cadre, juste au dessus de l&#39;armoire de l&#39;Encyclop&eacute;die, dans la Librairie. J&#39;esp&egrave;re qu&#39;il y est encore.<\/p>\n<p>\n\t<img decoding=\"async\" alt=\"anieres\" src=\"http:\/\/harissa.com\/images\/C 12.jpg\" style=\"height: 446px; width: 640px;\" tabindex=\"0\" \/><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuelque mois plus tard, un autre d&eacute;c&egrave;s rassembla les &eacute;tudiants, la Direction de l&#39;ORT et des personnalit&eacute;s de Gen&egrave;ve, c&#39;est&nbsp; celui de notre Directeur G&eacute;n&eacute;ral le&nbsp;<strong>Dr Syngalowsky<\/strong>&nbsp;<strong>.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<wbr>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<wbr>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<wbr>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/strong><\/p>\n<p>\n\t<wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<wbr><wbr><wbr> <\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n<p>\t<wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><wbr><\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Avraham Bar-Shay (Ben-Attia)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t<strong><a href=\"mailto:Absf@netvision.net.il\" target=\"_blank\">Absf@netvision.net.il<\/a><\/strong><\/p>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div class=\"rtecenter\">\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/news\/article\/ann%C3%A9es-fascinantes-1954-1957-%C3%A0-ani%C3%A8res-gen%C3%A8ve-%C3%A0-linstitut-ort-4%C3%A8me-partie4\"><span style=\"color: rgb(0, 0, 0); font-size: 14.3999996185303px; font-weight: bold; line-height: 24.4799995422363px; text-align: center;\">SUITE<\/span><\/a><\/div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\t<\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/wbr><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ann&eacute;es fascinantes (1954-1957), &agrave; Ani&egrave;res-Gen&egrave;ve, &agrave;&nbsp; l&#39;Institut ORT. (3&egrave;me partie\/4) &nbsp; ARTICLE PRECEDENT &nbsp; &quot;La vie culturelle&quot; Au d&eacute;but, tous les copains se pr&eacute;paraient &agrave; sortir en ville, &agrave; Gen&egrave;ve surtout pour&nbsp;danser. Moi je restais avec quelques casaniers, parce que je ne savais pas danser, je ne l&#39;ai jamais essay&eacute; avant. Alors un ami s&#39;est&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19648,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,56,191,17,92,13,1],"tags":[],"class_list":["post-10401","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-italie","category-sahara","category-souvenirs","category-suisse","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10401"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10401\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19648"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}