{"id":10409,"date":"2015-03-19T23:34:07","date_gmt":"2015-03-19T23:34:07","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10409"},"modified":"2015-03-19T23:50:17","modified_gmt":"2015-03-19T23:50:17","slug":"israel-peuple-elu-dossier-de-la-nouvelle-revue-mikhtav-hadash","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/israel-peuple-elu-dossier-de-la-nouvelle-revue-mikhtav-hadash\/","title":{"rendered":"Isra\u00ebl, peuple \u00e9lu : dossier de la nouvelle revue Mikhtav Hadash"},"content":{"rendered":"<p>\n\tIsra&euml;l, peuple &eacute;lu : dossier de la nouvelle revue Mikhtav Hadash<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"ancre_video\">\n<div>\n<p>\n\t\t\tLa revue Mikhtav livre son num&eacute;ro 2 avec un dossier complet sur la notion d&rsquo;&eacute;lection et de peuple &eacute;lu.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPar Philippe Chriqui, Directeur de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.mikhtav.org\/\">Mikhtav Hadash<\/a><\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tSous-titr&eacute;e du particulier &agrave; l&rsquo;universel. Avec des contributions de philosophes, philologues, linguistes, universitaires, de rabbins et de catholiques. Des fiches didactiques abordent l&rsquo;histoire de l&rsquo;&eacute;lection dans la bible, la lithurgie, le Talmud et aussi dans l&rsquo;&eacute;volution des id&eacute;es parmi les philosophes de Spinoza &agrave; Hermann Cohen et Franz Rozenszeig. Parmi les contributeurs, on notera : Thierry Yeshoua Alcoloumbre, Yann Boissi&egrave;re, Yeshaya Dalsace, Dominique de la Maisonneuve, Antoine Guggenheim, Moshe Halbertal, Julia Kristeva Ron Naiweld et Edouard Robberechts. Avec une interview exclusive de Benjamin Gross et une &eacute;tude approfondie de Tony L&eacute;vy sur Ma&iuml;monide.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>Pr&eacute;sentation du dossier par Philippe Chriqui<\/strong><br \/>\n\t\t\tAssumer l&rsquo;&eacute;lection<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>Avant d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;lu, le peuple &eacute;lu n&rsquo;est pas peuple<\/strong><br \/>\n\t\t\tC&rsquo;est l&rsquo;&eacute;lection qui fait le peuple d&rsquo;Isra&euml;l. Lorsque Dieu choisit Abraham pour &ecirc;tre le p&egrave;re d&rsquo;une grande Nation, il n&rsquo;y a pas encore de peuple. Celui-ci prendra corps au Sina&iuml;. Il fera corps avec sa Loi et avec son Dieu lors de la r&eacute;v&eacute;lation, accomplissement de la promesse faite aux patriarches. L&rsquo;&eacute;lection est une m&eacute;thode de coh&eacute;sion nationale particuli&egrave;rement efficace. C&rsquo;est ce que critique Spinoza : une &eacute;lection qui aurait plus &agrave; voir avec un projet politique que religieux. Freud &eacute;galement le laisse entendre dans son Homme Mo&iuml;se controvers&eacute;. &Agrave; l&rsquo;inverse, Rousseau, p&egrave;re des Lumi&egrave;res, y voit un des fondements de la notion moderne de peuple. La m&eacute;thode h&eacute;bra&iuml;que est certes d&rsquo;essence th&eacute;ologico-politique : une Loi, un Dieu, un Peuple. Mais elle pr&eacute;figure une forme moderne de la politique, la constitution des &Eacute;tats-Nations d&eacute;mocratiques : un territoire, une histoire, des institutions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>L&rsquo;&eacute;lection, une contradiction d&eacute;mocratique<\/strong><br \/>\n\t\t\tPourtant avec les Lumi&egrave;res et l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits, dont ont d&rsquo;ailleurs b&eacute;n&eacute;fici&eacute; les Juifs via l&rsquo;&eacute;mancipation, la distinction d&rsquo;un peuple parmi les autres entre en contradiction avec l&rsquo;universalisme des Droits de l&rsquo;Homme. Elle heurte l&rsquo;esprit d&eacute;mocratique de l&rsquo;&egrave;re moderne. La principale explication est que l&rsquo;&eacute;lection est moins d&rsquo;ordre politique que spirituel.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>L&rsquo;&eacute;lection est ind&eacute;niablement d&rsquo;essence particulariste<\/strong><br \/>\n\t\t\tLes r&eacute;f&eacute;rences bibliques sont nombreuses. Dieu &laquo; choisit &raquo;, &laquo; pr&eacute;f&egrave;re &raquo;, &laquo; distingue &raquo; et &laquo; s&eacute;pare &raquo;. Il fait de son peuple, &laquo; Am Segoula &raquo;, un &laquo; peuple de pr&eacute;dilection &raquo; ou &laquo; d&rsquo;&eacute;lection &raquo;. Vouloir relativiser l&rsquo;&eacute;lection pour des consid&eacute;rations &eacute;tymologiques n&rsquo;est d&rsquo;aucune utilit&eacute;. L&rsquo;&eacute;lection est entr&eacute;e dans le langage commun. Quelle que soit sa traduction, l&rsquo;&eacute;lection d&rsquo;Isra&euml;l est d&eacute;sormais un fait social et historique. Les universalismes issus des autres monoth&eacute;ismes en ont pris ombrage. L&rsquo;antijuda&iuml;sme et l&rsquo;antis&eacute;mitisme s&rsquo;en sont nourris. Parce que ce particularisme a &eacute;t&eacute; ressenti comme un &eacute;litisme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>L&rsquo;universalisme est pourtant inscrit dans le juda&iuml;sme<\/strong><br \/>\n\t\t\tComme une vocation m&ecirc;me du monoth&eacute;isme qu&rsquo;il a cr&eacute;&eacute;. Par sa loi, ses valeurs, son &eacute;thique, le juda&iuml;sme pr&eacute;tend &agrave; l&rsquo;universel. L&rsquo;aller-retour permanent entre particularisme et universalisme constitue son g&eacute;nie propre. L&rsquo;alternance cr&eacute;e une tension qui fait sens. Le sens vient de l&rsquo;espace cr&eacute;&eacute; par cet &eacute;cart, par cet &laquo; entre &raquo;. L&rsquo;universalisme juif n&rsquo;est pas totalisant de m&ecirc;me que son particularisme n&rsquo;est pas absolu.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>La Loi pour les Hommes pr&eacute;c&egrave;de la Loi pour Isra&euml;l<\/strong><br \/>\n\t\t\tDans le juda&iuml;sme, l&rsquo;&eacute;lection se concr&eacute;tise par le don de la Loi. Les premi&egrave;res Lois sont donn&eacute;es &agrave; No&eacute;, p&egrave;re de l&rsquo;humanit&eacute;. Ces sept premi&egrave;res Lois, dites Lois noahides, sont pr&eacute;sentes de fa&ccedil;on allusive dans la Tora, mais explicit&eacute;es dans le Talmud (Sanh&eacute;drin 56a). Elles concernent tous les hommes avant m&ecirc;me l&rsquo;apparition du premier des H&eacute;breux. Elles montrent que l&rsquo;&eacute;lection est d&rsquo;abord celle de l&rsquo;humanit&eacute; toute enti&egrave;re. For&ccedil;ons encore le trait. Mo&iuml;se, au seuil de sa mort, r&eacute;unit son peuple pour lui r&eacute;p&eacute;ter toute la Loi d&rsquo;Isra&euml;l (introduction du livre Devarim, le Deut&eacute;ronome). Rachi explique que ce discours se fait &laquo; en soixante-dix langues &raquo;, ce qui dans la Bible correspond pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; toutes les langues de l&rsquo;humanit&eacute; (Babel). La Loi qui porte l&rsquo;&eacute;lection est une loi pour tous.<br \/>\n\t\t\tL&rsquo;&eacute;lection n&rsquo;est pas une distinction, mais une responsabilisation<br \/>\n\t\t\tL&rsquo;&eacute;lection n&rsquo;est jamais trait&eacute;e comme une distinction-&eacute;l&eacute;vation, mais comme une distinction-s&eacute;paration : &laquo; acher bahar banou mikol ha&rsquo;amim &raquo; r&eacute;p&egrave;te la liturgie (&laquo; qui nous a s&eacute;par&eacute;s des autres peuples &raquo;). Dans la Tora, la s&eacute;paration (entre lumi&egrave;re et t&eacute;n&egrave;bres, sacr&eacute; et profane, etc.) correspond &agrave; un processus de cr&eacute;ation. Le peuple &eacute;lu h&eacute;rite non pas de la capacit&eacute; &agrave; dominer les autres peuples, mais de la responsabilit&eacute; d&rsquo;assumer la Loi divine, de porter sa parole en h&eacute;ritage et de relayer un message moral et religieux. Le peuple ainsi charg&eacute; de la Tora devient un peuple t&eacute;moin, distingu&eacute; par le poids qu&rsquo;il porte et non par un quelconque privil&egrave;ge. C&rsquo;est avant tout d&rsquo;une responsabilit&eacute; d&rsquo;ordre spirituel et non d&rsquo;une sup&eacute;riorit&eacute; ethnique ou politique dont il s&rsquo;agit.<br \/>\n\t\t\tLa reconnaissance d&rsquo;autrui, chemin sp&eacute;cifique de l&rsquo;universel<br \/>\n\t\t\tL&rsquo;&eacute;lu c&rsquo;est l&rsquo;Autre. C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;tranger. Celui qui n&rsquo;oublie pas qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; lui-m&ecirc;me &eacute;tranger en &Eacute;gypte, avant m&ecirc;me d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; &eacute;lu. La distinction d&rsquo;Isra&euml;l est l&rsquo;&eacute;lection de l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; elle-m&ecirc;me (Julia Kristeva). Par l&rsquo;&eacute;lection, le juda&iuml;sme s&rsquo;affirme dans la d&eacute;fense d&rsquo;une forme d&rsquo;ultra-particularisme. A travers la revendication de sa propre reconnaissance, il invite &agrave; la reconnaissance de tout autre, aussi irr&eacute;ductible et particulier soit-il. L&rsquo;autre, pour peu que l&rsquo;on parvienne &agrave; le reconna&icirc;tre, &agrave; voir son visage comme dirait Levinas, devient Homme. Le Juif, par son irr&eacute;ductible singularit&eacute;, est l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; du monde, l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; dont il porte le t&eacute;moignage. Son &eacute;lection indique que par sa singularit&eacute;, tout humain est autre, donc &eacute;lu. C&rsquo;est &agrave; cette conception de l&rsquo;universel que nous conduit, du point de vue &eacute;thique, la vision juive de l&rsquo;&eacute;lection. Le particularisme juif est un chemin vers l&rsquo;universel. Ainsi compris, il doit permettre d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;&eacute;cueil du repli ethnocentrique.<br \/>\n\t\t\t&laquo; Soyez saints parce que Je suis saint &raquo;<br \/>\n\t\t\tTel est la partie du verset que l&rsquo;on omet souvent en citant les sources de l&rsquo;&eacute;lection. Plus encore qu&rsquo;une conception politique, &eacute;thique ou religieuse, l&rsquo;&eacute;lection est un programme hautement spirituel et humaniste. Une injonction divine &agrave; &eacute;lever l&rsquo;humain au-del&agrave; de lui m&ecirc;me et au-del&agrave; des Nations, &agrave; se sublimer pour viser le tr&egrave;s haut. L&rsquo;&eacute;lection invite les hommes &agrave; la saintet&eacute;. Un objectif certes inatteignable mais une ligne de vie. Tous les Juifs ne sont pas &eacute;lus, mais sont invit&eacute;s &agrave; le devenir comme le sont tous les hommes. L&rsquo;&eacute;lection ne rel&egrave;ve pas de l&rsquo;&ecirc;tre mais du devenir.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\t<strong>Alors que faire de notre &eacute;lection ?<\/strong><br \/>\n\t\t\tL&rsquo;assumer sans arrogance. La nier serait nous renier. L&rsquo;&eacute;lection fait partie int&eacute;grante de notre identit&eacute; juive. Parce qu&rsquo;elle est insaisissable, elle est une merveille. Parce qu&rsquo;elle est inatteignable, elle est sublimation. L&rsquo;&eacute;lection est une charge, mais comme pour Sisyphe, il faut imaginer l&rsquo;&eacute;lu heureux.<br \/>\n\t\t\tLa revue, &eacute;dit&eacute;e par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.adathshalom.org\/\">Adath Shalom<\/a>, est disponible par abonnement ou dans les principales librairies sp&eacute;cialis&eacute;es de la capitale.<br \/>\n\t\t\tRenseignements :&nbsp;<a href=\"mailto:contact@mikhtav.org\">contact@mikhtav.org<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Isra&euml;l, peuple &eacute;lu : dossier de la nouvelle revue Mikhtav Hadash &nbsp; &nbsp; La revue Mikhtav livre son num&eacute;ro 2 avec un dossier complet sur la notion d&rsquo;&eacute;lection et de peuple &eacute;lu. &nbsp; Par Philippe Chriqui, Directeur de&nbsp;Mikhtav Hadash Sous-titr&eacute;e du particulier &agrave; l&rsquo;universel. 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