{"id":10465,"date":"2015-04-08T03:32:10","date_gmt":"2015-04-08T03:32:10","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10465"},"modified":"2015-04-08T03:32:10","modified_gmt":"2015-04-08T03:32:10","slug":"juifs-de-france-quand-lalya-devient-une-galere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juifs-de-france-quand-lalya-devient-une-galere\/","title":{"rendered":"Juifs de France : quand l&rsquo;alya devient une gal\u00e8re"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tJuifs de France : quand l&#39;alya devient une gal&egrave;re<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div itemprop=\"author\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Person\">\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tDe nombreux juifs fran&ccedil;ais partis s&#39;installer en Isra&euml;l finissent par revenir, souvent apr&egrave;s une int&eacute;gration &eacute;conomique plus difficile qu&#39;esp&eacute;r&eacute;e. T&eacute;moignages.<\/p>\n<\/header>\n<div>\n<div id=\"js-article-body\" itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est un grand quadrilat&egrave;re bord&eacute; d&rsquo;immeubles des ann&eacute;es 1970, connu dans tout Isra&euml;l sous le nom de Kikar. Ces derniers temps, la place de l&rsquo;Ind&eacute;pendance, au c&oelig;ur de Netanya, une ville baln&eacute;aire &agrave; 30 kilom&egrave;tres au nord de Tel-Aviv, est devenue le rendez-vous de la jeunesse fran&ccedil;aise d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;e. Le samedi, &agrave; la sortie de shabbat, ils sont des dizaines, habill&eacute;s &quot;chalala&quot;, le style &quot;feuj parisien&quot;, jean slim, baskets Nike Air Jordan et kippa, &agrave; tra&icirc;ner, cigarette au bec, &agrave; parler de rien, de tout, du mal du pays, de soucis d&rsquo;ados.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;association Elem avait l&rsquo;habitude de s&rsquo;occuper des jeunes Russes et Ethiopiens. Elle a d&eacute;cid&eacute; de prendre en charge les Fran&ccedil;ais. L&rsquo;une de ses camionnettes tourne d&eacute;sormais sur la place de l&rsquo;Ind&eacute;pendance avec &agrave; son bord du caf&eacute; et des assistantes sociales. Omer, un responsable d&#39;Elem, raconte : &quot;Arriver en Isra&euml;l &agrave; l&#39;adolescence s&#39;av&egrave;re souvent difficile. Les gamins n&#39;ont pas les codes des jeunes de leur &acirc;ge, ni la langue. Ils se sentent rejet&eacute;s.&quot; Il poursuit :<\/p>\n<p>\n\t\t\tSouvent, ils ne voulaient pas quitter la France, ce sont leurs parents qui ont d&eacute;cid&eacute; pour eux. On a m&ecirc;me des cas o&ugrave; leur famille ne leur avait pas dit qu&rsquo;elle faisait son alya[litt&eacute;ralement &quot;ascension&quot; en h&eacute;breu, NDLR]&nbsp;: ils pensaient partir en vacances en Isra&euml;l comme chaque &eacute;t&eacute;. Une fois sur place, on leur a dit que c&rsquo;&eacute;tait fini, qu&rsquo;ils ne rentreraient plus.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Id&eacute;al isra&eacute;lien<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;Hexagone est devenu le plus grand vivier d&rsquo;&eacute;migrants vers l&rsquo;Etat h&eacute;breu. Cette ann&eacute;e,&nbsp;<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/charlie-hebdo\/20150113.OBS9901\/antisemitisme-10-000-francais-de-plus-en-israel-en-2015.html\" target=\"_blank\">10.000 Fran&ccedil;ais pourraient partir s&rsquo;installer l&agrave;-bas<\/a>. Les chiffres sont en constante augmentation depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 2000. Et les attentats de &quot;Charlie Hebdo&quot; et de l&rsquo;Hyper Cacher de la porte de Vincennes&nbsp;<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/charlie-hebdo\/20150120.OBS0374\/les-juifs-de-france-et-l-alya-alors-qu-est-ce-qu-on-fait.html\" target=\"_blank\">ont encore renforc&eacute; les vell&eacute;it&eacute;s de d&eacute;part<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais l&rsquo;atterrissage sur place est parfois rude.&nbsp;Daniel Benha&iuml;m, directeur de l&rsquo;Agence juive en France, l&rsquo;organisation paragouvernementale en charge de l&rsquo;&eacute;migration, pr&eacute;vient :<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>On ne promet pas l&rsquo;eldorado. L&rsquo;alya est complexe et difficile.&quot;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLa liste des &eacute;cueils est connue : barri&egrave;re de l&rsquo;h&eacute;breu, casse-t&ecirc;te pour trouver un logement (les prix de l&rsquo;immobilier ont bondi de 55% &agrave; l&rsquo;achat et de 30% &agrave; la location entre 2008 et 2013), difficult&eacute;s &agrave; d&eacute;crocher un travail, salaires stagnants, syst&egrave;me social peu protecteur, indemnit&eacute;s de&nbsp;<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/lexique\/chomage.html\">ch&ocirc;mage<\/a>&nbsp;faibles, parc HLM inexistant&hellip; &quot;Mais la diff&eacute;rence entre l&rsquo;&#39;id&eacute;al isra&eacute;lien&#39; et la r&eacute;alit&eacute; du quotidien ne s&rsquo;impose qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e, indique Avi Zana, directeur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Ami, la principale organisation d&rsquo;aide aux olim&nbsp;[&eacute;migr&eacute;s]&nbsp;de France. Les Fran&ccedil;ais s&rsquo;imaginent bien conna&icirc;tre le pays car ils viennent souvent en touristes.&quot; Il poursuit :<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans un contexte de vacances, tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Ils pensent que l&rsquo;amour du pays suffira, sans r&eacute;aliser que le plus important c&rsquo;est d&rsquo;&ecirc;tre pr&ecirc;t &agrave; changer de culture, d&rsquo;habitudes, de statut social. Les Russes, arriv&eacute;s au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, &eacute;taient beaucoup moins sionistes, n&rsquo;avaient jamais mis les pieds en Isra&euml;l, mais ils savaient qu&rsquo;ils devaient red&eacute;marrer de z&eacute;ro. Les Fran&ccedil;ais ont parfois du mal &agrave; le comprendre.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tCombien sont-ils &agrave; repartir en France, &agrave; faire leur yerida (&quot;descente&quot;), comme on dit en h&eacute;breu&thinsp;? Difficile de le savoir. Pr&egrave;s de 5% ach&egrave;tent un billet retour d&egrave;s la premi&egrave;re ann&eacute;e, selon les statistiques officielles de l&rsquo;Agence juive. Et il pourrait y avoir de 15 &agrave; 20% de retours &agrave; plus long terme : c&rsquo;est le chiffre qui avait &eacute;t&eacute; constat&eacute; lors de la grande vague d&rsquo;&eacute;migration russe. Mais il y aurait encore plus de d&eacute;&ccedil;us.&nbsp;Gvahim, l&rsquo;organisation non gouvernementale sp&eacute;cialis&eacute;e dans l&rsquo;int&eacute;gration, a interrog&eacute; r&eacute;cemment 300 nouveaux &eacute;migr&eacute;s, en majorit&eacute; des Am&eacute;ricains et des Fran&ccedil;ais. Environ 40% d&rsquo;entre eux envisageaient de retourner dans leur pays d&rsquo;origine sans pour autant franchir le cap.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Vision apocalyptique<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tElie S. (<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/societe\/20150402.OBS6262\/juifs-de-france-quand-l-alya-devient-une-galere.html#1\">1<\/a>), 34 ans, ing&eacute;nieur dans le high-tech, est rentr&eacute; &agrave; Paris il y a un an. Il &eacute;tait parti, seul, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 18 ans, &quot;par sionisme et par ambition professionnelle&quot; : il voulait percer dans la technologie, secteur phare en Isra&euml;l. Il int&egrave;gre la prestigieuse &eacute;cole Technion, rejoint une unit&eacute; d&rsquo;infanterie lors de son service militaire, se fait tr&egrave;s vite embaucher par une start-up, d&eacute;baucher par une autre&hellip; Il raconte s&#39;&ecirc;tre senti &quot;&eacute;touff&eacute;&quot;, malgr&eacute; une carri&egrave;re qui &quot;marchait tr&egrave;s bien&quot; :<\/p>\n<p>\n\t\t\tIsra&euml;l est un tout petit territoire, entour&eacute; de pays hostiles. J&rsquo;avais envie de passer une fronti&egrave;re en train, de sortir de la bulle de Tel-Aviv, o&ugrave; tout le monde vit &agrave; 2.000 &agrave; l&rsquo;heure et dans le court terme, en amour, en amiti&eacute;, dans le business, de ne plus &ecirc;tre assomm&eacute; par cette actualit&eacute; si pesante chaque fois que j&rsquo;allumais la t&eacute;l&eacute;.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPartir jeune c&eacute;libataire ou &agrave; la retraite&thinsp;? Ce sont pourtant les cas o&ugrave; les alyas se passent le mieux. Les &acirc;ges interm&eacute;diaires ont toujours eu plus de mal &agrave; s&rsquo;int&eacute;grer. R&eacute;my P., restaurateur dans le quartier du Marais &agrave; Paris, en a fait la triste exp&eacute;rience. Il a quitt&eacute; la France &agrave; 31 ans, &quot;sur un coup de t&ecirc;te&quot;. Il s&rsquo;installe &agrave; Tel-Aviv, apprend l&rsquo;h&eacute;breu, travaille comme homme &agrave; tout faire dans un restaurant, s&rsquo;essaie au doublage de films, est recrut&eacute; par une soci&eacute;t&eacute; informatique, puis dans le b&acirc;timent.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl d&eacute;couvre la &quot;rudesse&quot; de l&rsquo;Isra&eacute;lien, qui &quot;ne dit pas merci, double dans les queues, mais garde toujours sa porte ouverte&quot;. Il assiste &agrave; ses premiers attentats, au centre Dizengoff &agrave; Tel-Aviv, avenue Yehuda &agrave; Jerusalem, rue Bialik de nouveau &agrave; Tel-Aviv, &quot;avec cette vision apocalyptique de corps d&eacute;chiquet&eacute;s, de sang, et ce silence incroyable de la population&quot;. Il perd deux amis dans des explosions de bus &agrave; trois mois d&rsquo;intervalle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>L&rsquo;aventure isra&eacute;lienne s&rsquo;arr&ecirc;te au bout de six ans :<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJe n&rsquo;arrivais pas &agrave; trouver ma place sur le plan professionnel. J&rsquo;&eacute;tais parti avec 45.000 euros et j&rsquo;avais mang&eacute; toutes mes &eacute;conomies. Vivre l&agrave;-bas me co&ucirc;tait plus d&rsquo;argent que j&rsquo;en gagnais. Et puis, dans mon dernier job, je me suis fait arnaquer. Je n&rsquo;ai pas &eacute;t&eacute; pay&eacute;, je ne savais pas quels &eacute;taient les recours juridiques, je me sentais d&eacute;sarm&eacute;. J&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de rentrer.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Obstacles de langue et de dipl&ocirc;mes<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tPourtant, le gouvernement isra&eacute;lien se d&eacute;m&egrave;ne pour faciliter l&rsquo;int&eacute;gration des olim. Billet d&rsquo;avion offert (avec suppl&eacute;ment bagage), sal klita (panier d&rsquo;int&eacute;gration) d&rsquo;environ 4.000 euros pour une personne seule, cours de langue dans une oulpan (&eacute;cole d&rsquo;h&eacute;breu intensif), bourses d&rsquo;&eacute;tudes, stages de formation, r&eacute;ductions de taxes et d&rsquo;imp&ocirc;ts en tous genres, s&eacute;curit&eacute; sociale gratuite la premi&egrave;re ann&eacute;e&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDes efforts sont &eacute;galement faits pour la reconnaissance des dipl&ocirc;mes fran&ccedil;ais. En d&eacute;cembre, la Knesset a approuv&eacute; un texte qui en allonge encore la liste, notamment dans le param&eacute;dical. Mais les dentistes, les avocats, les experts-comptables, les notaires doivent encore passer des examens r&eacute;put&eacute;s difficiles s&rsquo;ils veulent travailler en Isra&euml;l. Et la langue reste souvent le principal obstacle.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est ce qui est arriv&eacute; &agrave; Genevi&egrave;ve D. (<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/societe\/20150402.OBS6262\/juifs-de-france-quand-l-alya-devient-une-galere.html#1\">1<\/a>), 55 ans, partie avec&nbsp;ses deux enfants et&nbsp;son mari m&eacute;decin, qui avait vendu son cabinet parisien &agrave; Belleville. En Isra&euml;l, elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute;e de son poste &agrave; cause de la langue :<\/p>\n<p>\n\t\t\tMon nouveau directeur voulait que je fasse les entretiens avec les m&eacute;decins en h&eacute;breu, que je ma&icirc;trisais mal, et non plus en anglais. Mon mari, qui exer&ccedil;ait dans un dispensaire, ne trouvait pas de poste fixe et gagnait tr&egrave;s mal sa vie.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe couple a alors r&eacute;fl&eacute;chi &agrave; la solution de l&#39;&quot;alya Boeing&quot;, adopt&eacute;e par deux de leurs amis :<\/p>\n<p>\n\t\t\tMon mari aurait travaill&eacute; la semaine pour SOS M&eacute;decins &agrave; Paris et serait revenu quelques week-ends par mois. On a h&eacute;sit&eacute;, mais finalement on a attendu la fin de l&rsquo;ann&eacute;e scolaire et on a achet&eacute; nos billets de retour pour Paris.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>L&#39;alya Boeing, des d&eacute;sillusions aussi<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLa formule de l&rsquo;&quot;alya Boeing&quot; fait de plus en plus d&rsquo;&eacute;mules en ce moment, notamment aupr&egrave;s des professions lib&eacute;rales, et les vols El Al Paris&thinsp;-&thinsp;Tel-Aviv du jeudi soir sont, dit-on, bourr&eacute;s &agrave; craquer de Fran&ccedil;ais qui reviennent pour le week-end. Mais elle v&eacute;hicule aussi son cort&egrave;ge de d&eacute;sillusions.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElizabeth W. (<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/societe\/20150402.OBS6262\/juifs-de-france-quand-l-alya-devient-une-galere.html#1\">1<\/a>), 60 ans, ing&eacute;nieur informatique, est n&eacute;e dix ans apr&egrave;s la fin de la Seconde Guerre mondiale, de parents &quot;survivants&quot; dont les deux familles avaient &eacute;t&eacute; enti&egrave;rement d&eacute;cim&eacute;es. Elle s&rsquo;&eacute;tait toujours promis de s&rsquo;installer en Isra&euml;l. Quand ils sont partis, en 2006, avec son mari, agent immobilier, et trois de leurs cinq enfants, ils avaient gard&eacute;, prudents, leur activit&eacute; professionnelle en France.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais il fallait entretenir deux appartements, un &agrave; Paris, un &agrave; Tel-Aviv, payer des billets d&rsquo;avion plusieurs fois par mois. L&rsquo;agence immobili&egrave;re de mon mari, en banlieue parisienne, ne rapportait presque plus rien, celle qu&rsquo;il avait mont&eacute;e en Isra&euml;l ne marchait pas, car il n&rsquo;avait pas de r&eacute;seaux, ne connaissait pas les r&egrave;gles, tr&egrave;s particuli&egrave;res, du march&eacute; du logement en Isra&euml;l&hellip;&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa famille W. est revenue en France au bout de trois ans, avec un sentiment d&rsquo;&eacute;chec et l&rsquo;impression de ne pas avoir suffisamment &eacute;cout&eacute; les avertissements de l&rsquo;Agence juive. Un conseiller les avait pr&eacute;venus : &quot;Ce n&rsquo;est pas parce que vous &ecirc;tes fleuriste ici que vous serez fleuriste l&agrave;-bas.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDifficult&eacute;s &eacute;conomiques, difficult&eacute;s d&rsquo;int&eacute;gration, notamment pour le conjoint ou les enfants les moins motiv&eacute;s, le sc&eacute;nario du retour est toujours le m&ecirc;me. &nbsp;David K., 44 ans, journaliste, lui-aussi revenu r&eacute;cemment en France apr&egrave;s dix ans en Isra&euml;l, raconte :<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est un pays en guerre, un pays &acirc;pre, o&ugrave; les tensions sont extr&ecirc;mes, o&ugrave; les forces de vie et de mort sont tr&egrave;s pr&eacute;sentes, o&ugrave; les in&eacute;galit&eacute;s sociales sont fortes, o&ugrave; tout est plus intense. On croit arriver dans un pays de culture europ&eacute;enne, on est habitu&eacute; &agrave; l&rsquo;Etat-providence fran&ccedil;ais. Mais on se retrouve au Proche-Orient, dans un syst&egrave;me tr&egrave;s lib&eacute;ral.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Adolescents d&eacute;scolaris&eacute;s<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tSt&eacute;phanie et Marc (<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/societe\/20150402.OBS6262\/juifs-de-france-quand-l-alya-devient-une-galere.html#1\">1<\/a>) ont d&eacute;barqu&eacute; en&nbsp;<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/tag\/israel\">Isra&euml;l<\/a>&nbsp;il y a trois ans. En France, ils habitaient une maison individuelle &quot;&agrave; la campagne&quot;, dans le Grand Est parisien. Marc vivait de la musique, St&eacute;phanie encha&icirc;nait les petits boulots. Ils louent d&eacute;sormais un appartement &agrave; Petah Tikva, au nord-est de Tel-Aviv.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPour eux, l&rsquo;alya est une &quot;gal&egrave;re&quot;, comme ils disent. St&eacute;phanie se d&eacute;brouille un peu en h&eacute;breu, Marc ne parle pas un mot. Ils se sentent isol&eacute;s dans une ville, c&eacute;l&egrave;bre pour avoir &eacute;t&eacute; une des premi&egrave;res implantations juives en Palestine au 19e si&egrave;cle, mais o&ugrave; il y a tr&egrave;s peu de Fran&ccedil;ais. Ils sont partis sans un sou d&rsquo;&eacute;conomie, ont beaucoup de mal &agrave; trouver du travail, font des m&eacute;nages, un peu de bricolage, ont transform&eacute; un bout de leur appartement en halte-garderie musicale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLeurs deux a&icirc;n&eacute;s, adolescents, se replient sur eux-m&ecirc;mes. Le plus &acirc;g&eacute;, 19 ans, ne parle pas un mot d&rsquo;h&eacute;breu, a rapidement quitt&eacute; l&rsquo;&eacute;cole et passe d&eacute;sormais ses journ&eacute;es dans sa chambre devant son ordinateur, obs&eacute;d&eacute; par l&rsquo;id&eacute;e de retourner en France. Le second, 16 ans, ne va plus, lui non plus, en cours. Il attend d&rsquo;&ecirc;tre appel&eacute; &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e. Comme eux, des centaines d&rsquo;adolescents fran&ccedil;ais seraient aujourd&rsquo;hui d&eacute;scolaris&eacute;s. Ce sont ces jeunes que l&rsquo;on retrouve &agrave; tourner en rond, le samedi soir, sur le Kikar de Netanya.<\/p>\n<p>\n\t\t\tNathalie Fun&egrave;s avec Hadrien Gosset-Bernheim<\/p>\n<p>\n\t\t\t(1)&nbsp;Ces pr&eacute;noms ont &eacute;t&eacute; modifi&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/journaliste\/4787\/l-obs.html\" itemprop=\"url\" rel=\"author\" style=\"color: rgb(102, 102, 102); text-decoration: underline; outline: none; font-size: 14.3999996185303px; line-height: 24.4799995422363px;\" title=\"L' Obs\">Par&nbsp;L&#39; Obs<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juifs de France : quand l&#39;alya devient une gal&egrave;re &nbsp; &nbsp; De nombreux juifs fran&ccedil;ais partis s&#39;installer en Isra&euml;l finissent par revenir, souvent apr&egrave;s une int&eacute;gration &eacute;conomique plus difficile qu&#39;esp&eacute;r&eacute;e. T&eacute;moignages. 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