{"id":1079,"date":"2011-03-01T01:01:13","date_gmt":"2011-03-01T01:01:13","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1079"},"modified":"2011-03-04T17:18:27","modified_gmt":"2011-03-04T17:18:27","slug":"deces-de-lhistorien-robert-attal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/deces-de-lhistorien-robert-attal\/","title":{"rendered":"Deces de l\u2019historien Robert Attal"},"content":{"rendered":"<p>\n\tDeces de l&#39;historien et bibliographe Robert Attal<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-left:70.8pt;\">\n\t<strong><em>SOCIETE d&rsquo;HISTOIRE <\/em><\/strong><st1:stockticker><strong><em>DES<\/em><\/strong><\/st1:stockticker><strong><em>JUIFS DE TUNISIE<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>(S.H.J.T.)<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\">\n\t<strong>HOMMAGE &agrave; ROBERT ATTAL &ndash; SYNAGOGUE BUFFAULT 3 MARS 2011<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn rappelant ce soir au nom de la communaut&eacute; des chercheurs qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; l&rsquo;histoire des juifs d&rsquo;Afrique du Nord et gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;obligeance de Monsieur le Rabbin Weil et de Monsieur Elie Balmain Pr&eacute;sident de la commission administrative de cette Synagogue, la m&eacute;moire de Robert Attal et les immenses services qu&rsquo;il a rendu &agrave; la recherche, je mesure l&rsquo;impuissance de la parole pour traduire &agrave; ses proches la part que nous prenons &agrave; leur deuil. Je les prie de rapporter &agrave; Daisy l&rsquo;admirable compagne de sa vie le t&eacute;moignage de notre fid&eacute;lit&eacute; et de notre affection.<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;&eacute;tais li&eacute; au grand juif et au grand militant sioniste que fut Robert Attal par des liens anciens fait d&rsquo;amiti&eacute; respectueuse de cadet &agrave; a&icirc;n&eacute; et d&rsquo;affinit&eacute;s intellectuelles.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tN&eacute; &agrave; Paris par les hasards des activit&eacute;s professionnelles de son p&egrave;re mais ayant v&eacute;cu toute son adolescence et sa jeunesse &agrave; Tunis, Robert Attal a tr&egrave;s t&ocirc;t manifest&eacute; une foi profonde, marqu&eacute;e par la tradition familiale mais aussi par une r&eacute;flexion int&eacute;rieure personnelle d&rsquo;o&ugrave; il puisait son ouverture aux autres, sa permanente bont&eacute; et son militantisme. Car la foi d&rsquo;Isra&euml;l impliquait pour lui engagement&nbsp;: engagement par un mod&egrave;le de comportement au quotidien, engagement pour &eacute;duquer la jeunesse, engagement pour la renaissance de Sion. C&rsquo;est tout naturellement qu&rsquo;au lendemain de l&rsquo;occupation de la Tunisie, il milita au mouvement sioniste Torah Vaavoda&nbsp; pr&eacute;sid&eacute; par le Docteur Andr&eacute; Brami et qui cherchait &agrave; concilier le mouvement pionnier avec la foi religieuse. Il en devint rapidement l&rsquo;un des dirigeants aux c&ocirc;t&eacute;s de Mordeha&iuml; Cohen, de Gaston Sayada et d&rsquo;autres encore. Il se consacra &agrave; la branche jeunesse (Bene Akiba), animant s&eacute;minaires et colonies de vacances et attirant par le rayonnement de sa personnalit&eacute; et de sa pens&eacute;e maints jeunes avides de s&rsquo;instruire et qu&rsquo;il pr&eacute;parait &agrave; l&rsquo;alya.<\/p>\n<p>\n\tEn 1956, il estima que son travail en Tunisie &eacute;tait termin&eacute; et il d&eacute;cida d&rsquo;accomplir son alya. Mais pr&eacute;alablement, pendant une ann&eacute;e enti&egrave;re et j&rsquo;en ai &eacute;t&eacute; le t&eacute;moin direct, il courut de ville en ville, d&rsquo;association communautaire en association communautaire, de rabbin en rabbin, de maison juive en maisons juive, pour demander qu&rsquo;on lui remis des journaux juifs, des brochures associatives, des tracts, des documents, des livres, car il eut avant quiconque conscience qu&rsquo;il fallait absolument pr&eacute;server de la destruction tout un corpus qui constituait la m&eacute;moire d&rsquo;une communaut&eacute; dont il pressentait la disparition.<\/p>\n<p>\n\tQuand il quitta Tunis, il n&rsquo;emporta pas comme certains des meubles ou des objets de valeur mais des caisses enti&egrave;res dont il paya sur ses maigres &eacute;conomies le transport, et qui contenaient la plus grand de toutes les richesses, tout un pass&eacute;. Entre 1881 et 1956 pr&egrave;s de 90 journaux en jud&eacute;o-arabe et une quarantaine en langue fran&ccedil;aise ont paru en Tunisie. Aujourd&rsquo;hui gr&acirc;ce &agrave; Robert Attal les collections compl&egrave;tes se trouvent en Isra&euml;l<\/p>\n<p>\n\tSoutenu par le &nbsp;Pr&eacute;sident Itzhak Ben Zvi il put &agrave; partir de ce tr&eacute;sor rapport&eacute; de Tunisie constituer la base de ce qui est devenu l&rsquo;Institut Ben Zvi de l&rsquo;Universit&eacute; H&eacute;bra&iuml;que de J&eacute;rusalem dont il fut le premier et pendant plus de trente cinq ans le&nbsp; biblioth&eacute;caire, l&rsquo;Institut Ben Zvi devenu sous la direction de Michel Abitbol le premier centre de recherches en mati&egrave;re d&rsquo;histoire du juda&iuml;sme s&eacute;farade et maghr&eacute;bin en particulier.<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;ing&eacute;nieur agronome qu&rsquo;il &eacute;tait parce que l&rsquo;agriculture semblait &ecirc;tre la condition du d&eacute;veloppement d&rsquo;Isra&euml;l, devint le conservateur de la m&eacute;moire d&rsquo;un juda&iuml;sme qui disparaissait peu &agrave; peu des terres d&rsquo;Islam et qui ne retenait pas l&rsquo;attention des historiens. Il est vrai que l&rsquo;histoire des minorit&eacute;s &eacute;tait &eacute;trang&egrave;re aux pr&eacute;occupations de l&rsquo;Universit&eacute; fran&ccedil;aise et m&ecirc;me contraire &agrave; la conception universitaire de l&rsquo;histoire et qu&rsquo;Isra&euml;l contraint de construire une unit&eacute; nationale dans un pays o&ugrave; dominait le mod&egrave;le ashk&eacute;naze ne se pr&eacute;occupait pas de rappeler la m&eacute;moire d&rsquo;un monde fini.<\/p>\n<p>\n\tRobert Attal pendant des ann&eacute;es a rassembl&eacute; patiemment document sur document, qu&rsquo;ils concernent la p&eacute;riode la plus r&eacute;cente ou la plus &eacute;loign&eacute;e. Et il a compris que pour int&eacute;resser&nbsp; des chercheurs &agrave; l&rsquo;&eacute;tude de ce juda&iuml;sme nord-africain, il fallait d&rsquo;abord qu&rsquo;il leur en ouvre le corpus. Il a r&eacute;alis&eacute; ainsi deux instruments de recherche indispensables&nbsp;: <em>La bibliographie des Juifs d&rsquo;Afrique du Nord<\/em> et <em>Les p&eacute;riodiques juifs d&rsquo;Afrique du&nbsp; Nord<\/em>.<\/p>\n<p>\n\tIl a ainsi suscit&eacute; des vocations, conseillant des &eacute;tudiants en qu&ecirc;te d&rsquo;un sujet ou des professeurs souhaitant enrichir leurs connaissances ou s&rsquo;ouvrir &agrave; d&rsquo;autres horizons. Il a de ce fait inspir&eacute; les premiers travaux isra&eacute;liens sur l&rsquo;histoire des Juifs d&rsquo;Afrique du Nord. Il a rendu leurs racines et leur m&eacute;moire aux originaires d&rsquo;une communaut&eacute; disparue. Il a &eacute;veill&eacute; la curiosit&eacute; des chercheurs et ouvert la voie aux travaux universitaires qui ont &eacute;t&eacute; ensuite entrepris en France, en Isra&euml;l, Outre-Atlantique et en Afrique du Nord m&ecirc;me. Car l&rsquo;un des m&eacute;rites de Robert Attal fut d&rsquo;&ecirc;tre un lien permanent au travers de la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Histoire des Juifs de Tunisie entre les chercheurs du Ponant et ceux du Levant. En r&eacute;pondant aux demandes d&rsquo;informations qui lui venaient d&rsquo;Afrique du Nord avec sa totale g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, il obtint aussi des copies de documents qui se trouvaient dans les archives locales et qui sont maintenant &agrave; la disposition des chercheurs isra&eacute;liens.<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;&eacute;tait un savant, ce n&rsquo;&eacute;tait pas seulement un savant par ses connaissances qui &eacute;taient immenses mais par sa m&eacute;thode. Il soumettait tout &agrave; de multiples v&eacute;rifications. Il examinait un document comme le m&eacute;decin proc&egrave;de &agrave; une dissection. J&rsquo;&eacute;voquerai aussi sa biblioth&egrave;que personnelle riche de 1.300 ouvrages en jud&eacute;o-arabe, introuvables pour la plupart et qu&rsquo;il a remise avant sa mort &agrave; la Biblioth&egrave;que Nationale d&rsquo;Isra&euml;l. C&rsquo;est &agrave; lui que l&rsquo;on t&eacute;l&eacute;phonait lorsqu&rsquo;on avait besoin d&rsquo;une date ou d&rsquo;une statistique, d&rsquo;une r&eacute;f&eacute;rence&nbsp;: on &eacute;tait sur d&rsquo;avoir la r&eacute;ponse car il aimait aider d&rsquo;autres chercheurs sans rien demander en &eacute;change. Il &eacute;tait indulgent aux autres. Il n&rsquo;&eacute;tait pas jaloux des travaux r&eacute;alis&eacute;s m&ecirc;me lorsque certains esprits peu scrupuleux se servaient des siens ou le copiait sans citer la source. Il rappelait souvent que la modestie et la largesse d&rsquo;esprit sont la marque du v&eacute;ritable chercheur.<\/p>\n<p>\n\tRobert Attal &eacute;tait profond&eacute;ment Juif. Le juda&iuml;sme rappelle l&rsquo;importance du devoir de m&eacute;moire. Mo&iuml;se mourant au pied du Mont N&eacute;bo rappelait au peuple juif rassembl&eacute;&nbsp;cette n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;apprendre l&rsquo;histoire&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Souviens- toi des jours antiques. Interroge ton p&egrave;re il te le dira, les Anciens de ton peuple ils te raconteront.<\/em>&nbsp;&raquo;. L&rsquo;&oelig;uvre historique de Robert Attal c&rsquo;est au-del&agrave; de ses &eacute;minentes qualit&eacute;s scientifiques, une fid&eacute;lit&eacute; &agrave; une m&eacute;moire, une invitation pour d&rsquo;autres &agrave; la d&eacute;couvrir.<\/p>\n<p>\n\tCe soir nous savons que le nom et l&rsquo;&oelig;uvre de Robert Attal survivront. La tradition juive estime que si l&rsquo;enveloppe charnelle de l&rsquo;homme meurt, l&rsquo;homme lui-m&ecirc;me ne meurt pas tant que l&rsquo;on parle de lui, qu&rsquo;il sert de r&eacute;f&eacute;rence. Robert Attal sera pr&eacute;sent non seulement dans les ann&eacute;es &agrave; venir mais dans les si&egrave;cles &agrave; venir tant qu&rsquo;il existera une recherche historique libre et ind&eacute;pendante, car comment aborder un sujet de recherche sur les Juifs d&rsquo;Afrique du Nord sans consulter sa bibliographie et son tableau des p&eacute;riodiques&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\tLa Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Histoire des Juifs de Tunisie a d&eacute;cid&eacute; de d&eacute;dier tous ses travaux de la prochaine ann&eacute;e universitaire &agrave; la m&eacute;moire de Robert Attal et une journ&eacute;e sp&eacute;ciale de M&eacute;langes sera organis&eacute;e en sa m&eacute;moire en collaboration avec la Commission Fran&ccedil;aise des Archives Juives.<\/p>\n<p>\n\tAdieu Robert, Adieu mon ami, Adieu mon ma&icirc;tre.<\/p>\n<p>\n\tNous nous efforcerons de continuer le sillon.<\/p>\n<p>\n\tZAKHOR TSADIK LIBRAKHAA&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Claude Nataf<\/p>\n<hr \/>\n<p dir=\"ltr\">\n\tCommunique du Ben-Zvi Institute<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\n\tAvraham Robert Attal, the great bibliographer and researcher of North Africa Jewry, has passed away. A librarian emeritus at the Ben-Zvi Institute, he wrote mostly (but not exclusively) on Maghreb Jewry.&nbsp; He made Aliya from Tunisia in 1954 and over the years, he published more than 170 articles and books. Among them was his monumental <strong>Les&nbsp;<em>juifs d&#39;Afrique du nord; bibliographie<\/em><\/strong> (Hebrew and French) of which a companion volume of updates was published several months ago ; <strong><em>La pr&eacute;sse periodique juive d&#39;Afrique du Nord<\/em><\/strong> (Hebrew and French; <strong><em>Un si&egrave;cle de literature jud&eacute;o-arabe tunisienne (1861-1961)<\/em><\/strong> (Hebrew).<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\n\tHe was not only human data base for innumerous scholars and students around the world, but a person who enjoyed helping others with their research.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\n\tTo all those who were touch by this modest scholar, he will be greatly missed.<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\n\tMoti Ben-Ari<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\n\tLibrary Director<\/p>\n<p dir=\"ltr\">\n\tYad Ben-Zvi<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deces de l&#39;historien et bibliographe Robert Attal &nbsp; SOCIETE d&rsquo;HISTOIRE DESJUIFS DE TUNISIE (S.H.J.T.) 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