{"id":10931,"date":"2015-07-15T23:14:40","date_gmt":"2015-07-15T23:14:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10931"},"modified":"2015-07-15T23:14:40","modified_gmt":"2015-07-15T23:14:40","slug":"hind-meddeb-lislamisme-na-plus-de-lien-avec-la-religion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/hind-meddeb-lislamisme-na-plus-de-lien-avec-la-religion\/","title":{"rendered":"Hind Meddeb &#8211; L&rsquo;islamisme n&rsquo;a plus de lien avec la religion"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tHind Meddeb &#8211; L&#39;islamisme n&#39;a plus de lien avec la religion<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tLa fille de l&#39;&eacute;crivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2014, revient sur l&#39;attentat de Sousse et cite des textes in&eacute;dits de son p&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPAR HIND MEDDEB, JOURNALISTE ET R&Eacute;ALISATRICE*<\/p>\n<\/p><\/div>\n<figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/figure>\n<\/header>\n<div data-sticky-wrap=\"\">\n<div data-sticky=\"top:0px\" itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tL&#39;information nous arrive : brute, spectaculaire, choquante. On sait aujourd&#39;hui que&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/attentat-en-tunisie-la-grande-bretagne-sous-le-choc-27-06-2015-1940498_24.php\" itemprop=\"associatedArticle\" title=\"\">38 personnes ont perdu la vie sur une plage de Sousse<\/a>&nbsp;le vendredi 26 juin. L&#39;attentat le plus sanglant que la&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/tunisie\">Tunisie<\/a>&nbsp;ait connu &agrave; ce jour. &Agrave; l&#39;&eacute;num&eacute;ration de d&eacute;tails macabres succ&egrave;de le discours s&eacute;curitaire des politiques.&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/manuel-valls\">Manuel Valls<\/a>&nbsp;parle de guerre de civilisation. Le gouvernement tunisien annonce qu&#39;il va s&eacute;curiser ses plages et armer sa police touristique. Les attentats se r&eacute;p&egrave;tent et les r&eacute;actions sont toujours les m&ecirc;mes. Les politiques condamnent, s&#39;indignent et promettent plus de s&eacute;curit&eacute;, sans s&#39;attaquer &agrave; l&#39;origine du mal, sans esquisser la moindre strat&eacute;gie &agrave; long terme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; la question : &laquo; qui sont les terroristes ? &raquo;, les &laquo; experts &raquo; relaient l&#39;enqu&ecirc;te polici&egrave;re &laquo; inconnu des services de s&eacute;curit&eacute; &raquo; ou au contraire : &laquo; anciennement fich&eacute; &raquo; ou encore : &laquo; il s&#39;est radicalis&eacute; en prison &raquo;. Mais qui sont-ils vraiment ? Par qui sont-ils manipul&eacute;s ? Avons-nous conscience que l&#39;avenir du monde se joue ici, au sein de cette jeune d&eacute;mocratie tunisienne que l&#39;internationale islamiste cherche &agrave; faire tomber en la touchant au c&oelig;ur, en d&eacute;truisant le tourisme qui est l&#39;une de ses principales sources de revenus ?<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>La fascination du pire<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJ&#39;ajouterai qu&#39;en tant que journaliste et r&eacute;alisatrice je suis de plus en plus choqu&eacute;e par les r&eacute;flexes m&eacute;diatiques qui alimentent ce que j&#39;appellerai &laquo; la fascination du pire &raquo;. Nous vivons au rythme du calendrier m&eacute;diatique de Daesh. Les images diffus&eacute;es sur le Net par les djihadistes sont reprises en boucle sur les cha&icirc;nes d&#39;information en continu. Je reviens du Sunny Side of the Doc &agrave; La Rochelle o&ugrave; le projet documentaire d&#39;Alexis Marant&nbsp;Le Studio de la terreur : &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de la machine de propagande de Daesh, produit par Capa Presse a &eacute;t&eacute; r&eacute;compens&eacute; par le prix du meilleur pitch dans la cat&eacute;gorie &laquo; Global Issues &raquo;. A-t-on vraiment besoin de relayer &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision une propagande qui est d&eacute;j&agrave; tellement pr&eacute;sente sur le Net ? Le chercheur Asiem el Difraoui a d&eacute;j&agrave; &eacute;crit un livre et r&eacute;alis&eacute; un film diffus&eacute; sur<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/arte\">Arte<\/a>&nbsp;pour d&eacute;crypter la force de frappe m&eacute;diatique d&#39;Al-Qa&iuml;da. Daesh marche sur les pas d&#39;Al-Qa&iuml;da.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQu&#39;apprendra-t-on de plus dans un &eacute;ni&egrave;me documentaire qui se laisse prendre au jeu des djihadistes et de l&#39;imaginaire h&eacute;ro&iuml;que que ces derniers s&#39;&eacute;vertuent &agrave; construire pour s&eacute;duire de nouvelles recrues ? De ceux qui luttent en silence contre Aqmi, Boko Haram, Dqesh et consorts, &agrave; armes in&eacute;gales, sans b&eacute;n&eacute;ficier de la manne financi&egrave;re des p&eacute;trodollars ni du soutien de l&#39;Occident, nous ne savons presque rien. A-t-on d&eacute;j&agrave; vu sur nos &eacute;crans ces h&eacute;ros du quotidien qui ne c&egrave;dent pas &agrave; l&#39;id&eacute;ologie islamiste et se battent pour la libert&eacute; ? Ils sont pourtant partout. Dans le Kef, &agrave; Menzel Bouzaiane, &agrave; Regueb, &agrave; Redeief, &agrave; Bamako, &agrave; Lagos, &agrave; Beyrouth, &agrave; Kefranbel, &agrave; Kobane&#8230; Que nous dit-on des mouvements citoyens qui fleurissent depuis 2011 partout en Afrique, du &laquo; Balai citoyen &raquo; au Burkina Faso aux esprits &laquo; Yen a marre &raquo; s&eacute;n&eacute;galais jusqu&#39;au &laquo; Lucha &raquo; en RDC ? Contrairement aux djihadistes, ces citoyens-l&agrave; int&eacute;ressent trop peu nos m&eacute;dias occidentaux qui pr&eacute;f&egrave;rent largement mettre en sc&egrave;ne de m&eacute;chants barbus arm&eacute;s jusqu&#39;aux dents. Or, c&#39;est dans la construction d&#39;un imaginaire alternatif &agrave; celui que proposent les djihadistes de tous bords que devrait commencer notre engagement pour d&eacute;fendre une soci&eacute;t&eacute; ouverte, pr&ecirc;te &agrave; accueillir l&#39;alt&eacute;rit&eacute; : &laquo; Je peux changer en &eacute;changeant avec l&#39;autre sans me perdre ni me d&eacute;naturer &raquo;, la citation est d&#39;&Eacute;douard Glissant et elle r&eacute;sonne aujourd&#39;hui comme une troisi&egrave;me voie pour ne pas avoir &agrave; choisir entre un monde islamique en proie &agrave; la violence et &agrave; la destruction et une Europe du repli identitaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Cessons de prot&eacute;ger les tartuffes<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLorsqu&#39;un attentat frappe &agrave; Bagdad, Koweit City ou Tunis, nous sommes tous concern&eacute;s ici &agrave; Paris, &agrave; Londres, Berlin ou &agrave; New York. Mais il ne suffit pas de le dire. Est-on pr&ecirc;t &agrave; passer &agrave; l&#39;acte ? Est-on pr&ecirc;t &agrave; arr&ecirc;ter toutes les concessions faites &agrave; ceux qui en amont sont les commanditaires av&eacute;r&eacute;s de la th&eacute;orie de la violence comme arme contre le monde s&eacute;culier ? Est-on pr&ecirc;t &agrave; organiser un bouclier contre l&#39;arsenal financier, id&eacute;ologique et m&eacute;diatique qui d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment conduit &agrave; la violence ? Revenons &agrave; l&#39;origine du mal : l&#39;id&eacute;ologie wahhabite dont la soci&eacute;t&eacute; saoudienne est le mod&egrave;le en acte, une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; il n&#39;y a ni plage ni touristes d&eacute;nud&eacute;s et o&ugrave; les femmes doivent sortir couvertes et n&#39;ont pas le droit de conduire. Une soci&eacute;t&eacute; qui ressemble &eacute;trangement au califat que r&ecirc;ve d&#39;instaurer Daesh en Syrie, en Irak et au-del&agrave;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCessons de nous d&eacute;tourner des faits, cessons de prot&eacute;ger les tartuffes. On devrait au contraire mettre au jour les collusions, revoir certaines alliances dont chacun sait qu&#39;elles ne devraient pas &ecirc;tre, d&eacute;fendre les libert&eacute;s, les patrimoines partout o&ugrave; ils sont menac&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&#39;autres politiques d&#39;&Eacute;tat accentuent cette d&eacute;rive en assurant le succ&egrave;s d&#39;une op&eacute;ration mondiale des Fr&egrave;res musulmans qu&#39;ils soutiennent &agrave; coups de milliards de p&eacute;trodollars, particuli&egrave;rement ceux de Doha. Maintenant, c&#39;est un fait absolument &eacute;tabli.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes attentats qui ont &eacute;t&eacute; perp&eacute;tr&eacute;s en Tunisie ces derniers mois ne sont pas des accidents, ils sont la suite logique d&#39;une s&eacute;rie d&#39;&eacute;v&eacute;nements qui auraient d&ucirc; nous alerter et dont le parti islamiste Ennahda a &eacute;t&eacute; complice.<\/p>\n<p>\t\t\tPendant les trois ann&eacute;es o&ugrave; &laquo; les islamistes mod&eacute;r&eacute;s &raquo; &eacute;taient au pouvoir, les mouvements salafistes ont d&eacute;ploy&eacute; leurs r&eacute;seaux, diffusant dans leurs mosqu&eacute;es des messages de haine et des appels au meurtre. Ils n&#39;ont pas tard&eacute; &agrave; passer &agrave; l&#39;acte. En octobre 2011, la cha&icirc;ne priv&eacute;e Nessma programme Pers&eacute;polis, le film de Marjane Satrapi. Les salafistes attaquent le si&egrave;ge de la t&eacute;l&eacute;vision parce qu&#39;ils jugent le film blasph&eacute;matoire. Un cin&eacute;ma programme le documentaire La&iuml;cit&eacute; inchallah de Nadia el Fani, des salafistes le prennent d&#39;assaut pour emp&ecirc;cher la projection. &laquo; Le Printemps des arts &raquo; expose des &oelig;uvres jug&eacute;es blasph&eacute;matoires au Palais Abdellia, des salafistes forcent l&#39;entr&eacute;e du mus&eacute;e et profanent les &oelig;uvres. Le recteur de l&#39;Universit&eacute; de la Manouba s&#39;oppose au port du niqab, il est agress&eacute; par des &eacute;tudiants salafistes. En septembre 2012, des salafistes mettent le feu &agrave; l&#39;ambassade des &Eacute;tats-Unis, ils sont finalement relax&eacute;s lors de leur proc&egrave;s, condamn&eacute;s &agrave; une peine avec sursis. En mars 2013, les &eacute;l&egrave;ves du lyc&eacute;e des p&egrave;res blancs &agrave; Tunis r&eacute;alisent un &laquo; harlem shake &raquo;. Les membres du parti Ennahda condamnent unanimement cette danse qu&#39;ils jugent immorale et impie. Abdellatif Abid, ministre de l&#39;&Eacute;ducation nationale, ouvre une enqu&ecirc;te contre la direction du lyc&eacute;e et promet de poursuivre les organisateurs de ces manifestations dansantes jusque dans la cour de leur &eacute;tablissement. Apr&egrave;s avoir attaqu&eacute; les m&eacute;dias, les artistes, l&#39;universit&eacute; et la jeunesse, les islamistes s&#39;en prennent &agrave; leurs adversaires politiques. Les assassinats en f&eacute;vrier et juillet 2013 de Chokri Belaid et de Mohammed Brahmi, deux leaders charismatiques de la gauche s&eacute;culi&egrave;re marquent un tournant dans l&#39;histoire de la Tunisie post-r&eacute;volutionnaire. Derri&egrave;re toutes ces violences se profile l&#39;ombre d&#39;Ansar el Charia (les partisans de la charia), un groupe djihadiste dont les dirigeants sortent de prison au lendemain de la r&eacute;volution. La victoire du parti islamiste Ennahda aux premi&egrave;res &eacute;lections libres du pays en octobre 2011 favorise leur mont&eacute;e en puissance. Le nouveau gouvernement tarde &agrave; condamner les violences, faisant preuve d&#39;une bienveillance et d&#39;une indulgence douteuses &agrave; l&#39;&eacute;gard des salafistes. Il faut attendre le 27 ao&ucirc;t 2013 pour que le gouvernement d&#39;Ennahda reconnaisse officiellement qu&#39;Ansar el Charia est une organisation terroriste. Mais il est d&eacute;j&agrave; trop tard, le mouvement a r&eacute;ussi &agrave; s&#39;implanter durablement &agrave; travers le pays. Assimilant la r&eacute;volution au vide et &agrave; la table rase, les islamistes d&#39;Ennahda r&ecirc;vent d&#39;effacer la mutation anthropologique qu&#39;a connue la soci&eacute;t&eacute; tunisienne pour lui substituer son propre ordre. Aussi, pour accomplir un tel dessein, laissent-ils en un premier temps les salafistes prosp&eacute;rer, s&#39;armer, installer le chaos par la violence meurtri&egrave;re, par la terreur. Et dans un second temps, les voil&agrave; qui interviennent contre les islamistes extr&eacute;mistes en tant qu&#39;&laquo; islamistes mod&eacute;r&eacute;s &raquo;. De fossoyeurs, les voil&agrave; endosser le r&ocirc;le de sauveurs de la d&eacute;mocratie. L&#39;usurpation est totale.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Cet oxymore qu&#39;est l&#39;islamisme mod&eacute;r&eacute;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tMon p&egrave;re Abdelwahab Meddeb a pass&eacute; sa vie &agrave; nous alerter : il n&#39;y a pas d&#39;un c&ocirc;t&eacute; un islamisme radical et de l&#39;autre un islamisme mod&eacute;r&eacute;. L&#39;un est le bras arm&eacute; de l&#39;autre. In fine, ils ont le m&ecirc;me projet de soci&eacute;t&eacute;. Voici ce qu&#39;il r&eacute;pondait &agrave; ses auditeurs de France Culture lors d&#39;une rencontre organis&eacute;e &agrave; Radio France :<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo; Beaucoup plus grave que les journalistes et les intellectuels, les politiques font entrer dans leur perspective cet oxymore qu&#39;est l&#39;islamisme mod&eacute;r&eacute;. Quand je vois en ce moment en Tunisie o&ugrave; se d&eacute;roule un combat gigantesque et destinal, entre deux camps qui ont deux conceptions de la soci&eacute;t&eacute; totalement inconciliables. Les gens qui repr&eacute;sentent l&#39;islamisme sont adoub&eacute;s par l&#39;&Eacute;lys&eacute;e, par la Maison-Blanche en soutien avec l&#39;Arabie Saoudite et le Qatar. Il y a une esp&egrave;ce d&#39;Internationale qui selon ses experts &ndash; et nous les connaissons, les experts, et ils sont nombreux et il y a toute une &eacute;cole fran&ccedil;aise d&#39;islamologie dont le ma&icirc;tre &agrave; penser est Fran&ccedil;ois Burgat &ndash; nous a vendu depuis vingt ou trente ans cette notion d&#39;islamisme mod&eacute;r&eacute;. C&#39;est cette notion qui a &eacute;t&eacute; prise en compte par les politiques et cela est extr&ecirc;mement dangereux parce que dans cet enjeu destinal o&ugrave; il faut choisir son camp, on se rend compte que la France officielle, l&#39;Am&eacute;rique officielle que l&#39;on croirait plus pr&egrave;s du camp des s&eacute;culiers, se trouvent &ecirc;tre les soutiens de cet oxymore que l&#39;on appelle l&#39;islamisme mod&eacute;r&eacute;. [&#8230;]<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe r&ecirc;ve d&#39;une Tunisie non islamiste et d&eacute;mocratique. Certes, les islamistes sont bel et bien l&agrave;, ils sont dans le champ, mais leur pr&eacute;sence n&#39;implique pas que le pays devienne fatalement islamiste. Sur la sc&egrave;ne d&eacute;mocratique, nous les combattons et nous gagnerons par les moyens de la d&eacute;mocratie. Mais ce sont eux qui risquent de mettre en p&eacute;ril la d&eacute;mocratie naissante qu&#39;ils voudraient utiliser comme instrument pour s&#39;emparer du pouvoir, de tout le pouvoir et imposer un ordre qui ne supporte pas la moindre contestation. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe rejet de l&#39;islam politique sous toutes ses formes est le seul horizon qui doit advenir pour enfin esp&eacute;rer faire reculer la violence surtout en Tunisie o&ugrave; l&#39;exp&eacute;rience d&eacute;mocratique est fragilis&eacute;e alors qu&#39;elle est exemplaire. C&#39;est cette exemplarit&eacute; qu&#39;il faut sauver du p&eacute;ril qui grandit. Si l&#39;on veut avoir dans un futur proche un mod&egrave;le &agrave; proposer &agrave; l&#39;espace islamique, si l&#39;on veut donner &agrave; esp&eacute;rer &agrave; la diaspora des musulmans qui eux aussi cherchent &agrave; sortir de l&#39;impasse, il n&#39;y a qu&#39;une seule solution : mettre en place un plan Marshall pour la Tunisie pour vider de leur sens les attaques meurtri&egrave;res qui ont pour seul but de mettre &agrave; terre l&#39;&eacute;conomie tunisienne et d&#39;en finir avec la d&eacute;mocratie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo; L&#39;islamisme n&#39;a plus de lien avec la religion, foi et cultes m&ecirc;l&eacute;s. Il est la maladie qui exploite le sujet traumatis&eacute; pour le mobiliser vers un destin meurtrier. C&#39;est l&#39;ultime avatar que conna&icirc;t l&#39;id&eacute;ologie totalitaire o&ugrave; la r&eacute;f&eacute;rence archa&iuml;que s&#39;accorde avec la condition postmoderne. Ainsi le cercle se ferme : le point de la fin se confond avec celui du commencement. Cette forme de roue donne l&#39;illusion au criminel de traverser l&#39;int&eacute;gralit&eacute; du temps, de la Cr&eacute;ation &agrave; l&#39;Apocalypse. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tJ&#39;invite ceux qui s&#39;interrogent sur les origines du mal &agrave; lire ou &agrave; relire l&#39;&oelig;uvre que nous a laiss&eacute;e mon p&egrave;re Abdelwahab Meddeb qui s&#39;est engag&eacute; toute sa vie &agrave; faire reculer une double ignorance : l&#39;ignorance des musulmans sur leur propre religion et l&#39;ignorance des Occidentaux face au legs civilisationnel islamique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t*Avec Amina Meddeb<\/p>\n<p>\n\t\t\t<span style=\"font-size: 12px; line-height: normal;\">&nbsp;Le Point.fr<\/span><span style=\"font-size: 1.2em; line-height: 1.7em;\">.<\/span><\/p>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hind Meddeb &#8211; L&#39;islamisme n&#39;a plus de lien avec la religion &nbsp; La fille de l&#39;&eacute;crivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2014, revient sur l&#39;attentat de Sousse et cite des textes in&eacute;dits de son p&egrave;re. PAR HIND MEDDEB, JOURNALISTE ET R&Eacute;ALISATRICE* &nbsp; L&#39;information nous arrive : brute, spectaculaire, choquante. On sait aujourd&#39;hui que&nbsp;38 personnes ont&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19832,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[53,116,125,157,11,459,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-10931","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique","category-beyrouth","category-ennahda","category-manuel-valls","category-moyen-orient","category-sousse","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10931","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10931"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10931\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19832"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10931"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10931"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10931"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}