{"id":10985,"date":"2016-10-20T23:45:30","date_gmt":"2016-10-20T23:45:30","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=10985"},"modified":"2016-10-20T23:52:49","modified_gmt":"2016-10-20T23:52:49","slug":"nissim-samama-un-caid-pour-les-juifs-de-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/nissim-samama-un-caid-pour-les-juifs-de-tunisie\/","title":{"rendered":"NISSIM SAMAMA : Un \u00ab Ca\u00efd \u00bb pour les Juifs de Tunisie"},"content":{"rendered":"<p>\n\tNISSIM SAMAMA :&nbsp;Un &laquo; Ca&iuml;d &raquo; pour les Juifs de Tunisie<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tNISSIM SAMAMA :&nbsp;Un &laquo; Ca&iuml;d &raquo; pour les Juifs de Tunisie<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tSais-tu qu&rsquo;au Moyen &Acirc;ge, &agrave; Narbonne, en Septimanie, &agrave; Rouen, en Neustrie et &agrave; Mayence en Austrasie, existaient des &laquo; Roi des Juifs &raquo;, charg&eacute;s de l&rsquo;organisation et de la gestion des communaut&eacute;s juives locales ? Il y eut aussi, au 7&egrave;me si&egrave;cle, en Afrique du Nord, une reine juive, la Kah&eacute;na. &Agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, du c&ocirc;t&eacute; de la Volga, on parle d&rsquo;un &laquo; Royaume juif des Khazars &raquo;. Les chercheurs racontent aussi qu&rsquo;il y eut un royaume juif en Afghanistan. Et, bien plus tard, en Tunisie, au 18&egrave;me si&egrave;cle, les beys installeront des &laquo; Rois des Juifs &raquo; locaux en d&eacute;signant des &laquo; ca&iuml;ds &raquo; juifs. Une famille a domin&eacute; tout particuli&egrave;rement la &laquo; profession &raquo;, celle des Samama, constituant une v&eacute;ritable dynastie de &laquo; ca&iuml;ds &raquo;. Parmi eux Samuel, Elihaou, Moch&eacute;, Yacob Bichi, Yehouda, Yossef, Nathan, Mo&iuml;se, Salomon dit Chloumou et, bien s&ucirc;r, le h&eacute;ros de notre r&eacute;cit, Nessim Bishi.<br \/>\n\tC&rsquo;est en 1805, &agrave; Tunis, au sein d&rsquo;une famille juive tr&egrave;s modeste, celle du rabbin Salomon Samama et de son &eacute;pouse, n&eacute;e Aziza Krief, que na&icirc;t le petit Nessim. On ne conna&icirc;t pas grand chose de son enfance mais on sait que, tr&egrave;s jeune, Nessim Samama se lancera dans le commerce des tissus. Il tient une &eacute;choppe dans le quartier juif de la ville, la Hara. Polygame, il aura trois femmes, il a du mal a joindre les deux bouts car il doit entretenir ses &eacute;pouses, son vieux p&egrave;re et son fr&egrave;re Nathan. Pourtant, un jour, la chance va lui sourire en la personne de l&rsquo;un de ses clients, un haut dignitaire tunisien, le g&eacute;n&eacute;ral Mahmoud Ben Mohammed Bena&iuml;ad. &Eacute;bloui par la faconde et l&rsquo;entregent du marchand de tissus, Bena&iuml;ad propose &agrave; Nessim Samama d&rsquo;entrer &agrave; son service. Sans h&eacute;sitation, Nessim Samama saisit l&rsquo;opportunit&eacute; qui lui est offerte et, par la plus petite des portes, celle de domestique d&rsquo;un g&eacute;n&eacute;ral, il p&eacute;n&egrave;tre dans la cour du souverain, le bey de Tunis. Tr&egrave;s vite, son statut s&rsquo;am&eacute;liore et, de factotum, il devient caissier, g&eacute;rant les avoirs de Bena&iuml;ad et de son associ&eacute;, le ministre des Finances, Mohammed Khaznadar. Gr&acirc;ce &agrave; Nessim Samama, les deux hommes amassent une fortune consid&eacute;rable qui est, pour une bonne partie et par prudence, plac&eacute;e en Europe.<br \/>\n\tJuin 1852. Nessim a 47 ans. C&rsquo;est un tournant. Bena&iuml;ad, qui prend peur de l&rsquo;ambiance qui r&egrave;gne au palais s&rsquo;enfuit &agrave; Paris avant de s&rsquo;installer &agrave; Istanbul. Nessim ne perd pas au change.<br \/>\n\tKhaznadar, de son vrai nom Georges Kalkias Stavelakis, un Grec converti &agrave; l&rsquo;islam qui a &eacute;t&eacute; ministre sous cinq beys successifs et qui, d&eacute;sormais Premier ministre et Conseiller d&rsquo;&Eacute;tat d&eacute;tient un &eacute;norme pouvoir, le prend &agrave; son service. Le voil&agrave; promu tr&eacute;sorier contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral des finances du royaume.<br \/>\n\tGr&acirc;ce &agrave; ses relations et &agrave; son entregent, Nessim Samama, par le biais des commissions qu&rsquo;il per&ccedil;oit dans toutes sortes d&rsquo;affaires se trouve &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;une immense fortune.<br \/>\n\tEn 1859, gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;entremise du consul de France, L&eacute;on Roches, Nessim Samama est nomm&eacute; &laquo; Ca&iuml;d des Juifs &raquo;. Apr&egrave;s la r&eacute;ussite financi&egrave;re, c&rsquo;est la cons&eacute;cration &laquo; politique &raquo;. D&egrave;s lors, il va manifester, &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de sa communaut&eacute; une lib&eacute;ralit&eacute; sans failles, mariant les jeunes filles pauvres, secourant les indigents, dispensant sans compter les aides les plus diverses.<br \/>\n\tIl se d&eacute;couvre une vocation de m&eacute;c&egrave;ne du livre h&eacute;bra&iuml;que et contribue &agrave; la publication de dizaines d&rsquo;ouvrages en h&eacute;breu qui sont &eacute;dit&eacute;s &agrave; Livourne, &agrave; Paris et m&ecirc;me &agrave; J&eacute;rusalem.<br \/>\n\tEn 1860, Nessim Samama, nomm&eacute; directeur des finances tunisiennes est un quasi ministre. Il se fait construire un &laquo; palais &raquo; dans le quartier juif et une synagogue porte d&eacute;sormais son nom ainsi qu&rsquo;une riche biblioth&egrave;que. Dans le &laquo; Palais Samama &raquo; qui, plus tard, abritera l&rsquo;&eacute;cole de l&rsquo;Alliance Isra&eacute;lite Universelle, de belles r&eacute;ceptions mondaines sont donn&eacute;es auxquelles sont convi&eacute;s les consuls en poste &agrave; Tunis. Artisan du rapprochement entre la France et la Tunisie, Nessim Samama accompagne le bey &agrave; Alger en septembre 1860 &agrave; la rencontre de l&rsquo;empereur Napol&eacute;on III et de son &eacute;pouse, Eug&eacute;nie.<br \/>\n\tEn 1864, prudent comme le fut en son temps Bena&iuml;ad, Nessim Samama choisit de quitter la Tunisie sans esprit de retour.<br \/>\n\tIl s&rsquo;installe &agrave; Paris, au 47, rue du Faubourg Saint-Honor&eacute; &agrave; quelques m&egrave;tres du Palais de l&rsquo;&Eacute;lys&eacute;e actuel. L&rsquo;ancien &laquo; Ca&iuml;d des Juifs &raquo; y m&egrave;ne un train de vie fastueux. En 1870, le conflit franco-allemand l&rsquo;incite &agrave; rejoindre Livourne.<br \/>\n\tC&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;il meurt le 24 janvier 1873. Confi&eacute; &agrave; Adolphe Cr&eacute;mieux son testament donnera lieu &agrave; de nombreux proc&egrave;s.<br \/>\n\tPlus tard, des rabbins consacreront des &eacute;l&eacute;gies et des po&egrave;mes &agrave; la gloire de Nessim Samama. Ils sont encore dans la m&eacute;moire des Juifs originaires de Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tJean-Pierre Allali&#8230;&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NISSIM SAMAMA :&nbsp;Un &laquo; Ca&iuml;d &raquo; pour les Juifs de Tunisie &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19853,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[95,39,18,14,96,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-10985","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afghanistan","category-afrique-du-nord","category-histoire","category-paris","category-salomon","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10985","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10985"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10985\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19853"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10985"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10985"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10985"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}