{"id":11015,"date":"2015-08-02T19:19:11","date_gmt":"2015-08-02T19:19:11","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11015"},"modified":"2015-08-02T19:19:11","modified_gmt":"2015-08-02T19:19:11","slug":"juifs-et-musulmans-une-memoire-si-proche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juifs-et-musulmans-une-memoire-si-proche\/","title":{"rendered":"Juifs et musulmans, une m\u00e9moire si proche"},"content":{"rendered":"<p>\n\tJuifs et musulmans, une m&eacute;moire si proche<\/p>\n<p>\n\tLE MONDE&nbsp;<\/p>\n<div>\n<figure>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p><figcaption>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/figcaption><\/figure>\n<p>\n\t\tUn passionnant documentaire retrace quatorze si&egrave;cles de relations entre les deux religions.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est un calcul qui ne r&eacute;pond pas aux lois habituelles de l&rsquo;arithm&eacute;tique et qui donne comme une sorte de vertige. A l&rsquo;histoire des relations entre juifs et musulmans, il suffirait de soustraire un si&egrave;cle, un seul, le dernier, aux quatorze d&rsquo;histoire commune, pour inverser presque totalement le r&eacute;cit. Ne resterait alors que les mille trois cents ans de voisinage, pas toujours idylliques, ponctu&eacute;s m&ecirc;me de guerres et imbib&eacute;s de sang, mais treize si&egrave;cles &agrave; partager les m&ecirc;mes terres, la m&ecirc;me langue, certains rites, certaines bribes de pri&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\t\tTreize si&egrave;cles &agrave; vivre ensemble en tout cas, c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, souvent en symbiose, &agrave; ne jamais conna&icirc;tre de conflits irr&eacute;parables. Et puis cent ans pour tout d&eacute;truire, pour devenir ennemis irr&eacute;ductibles, au point que toute r&eacute;conciliation semble aujourd&rsquo;hui impossible.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>SANS PR&Eacute;JUG&Eacute;S NI PARTIS PRIS<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est pourtant &agrave; une forme de raccommodage que nous convie &laquo; Juifs et musulmans : si loin, si proches &raquo;, s&eacute;rie documentaire qui recoud ce si&egrave;cle avec les treize qui l&rsquo;ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;. Sans pr&eacute;jug&eacute;s ni partis pris, pour mieux le cerner et le comprendre. Pour rappeler, sous la lumi&egrave;re crue de l&rsquo;histoire, que juifs et musulmans ne naissent pas pour se d&eacute;tester. En respectant l&rsquo;ordre chronologique, de 610 &agrave; nos jours, &laquo; Si loin, si proches &raquo; contribue pour commencer &agrave; redonner une place plus juste aux &eacute;v&eacute;nements, et permet de ne&nbsp;&laquo; pas tout juger &agrave; travers le seul prisme du conflit isra&eacute;lo-palestinien &raquo;, selon les propos m&ecirc;mes de Karim Misk&eacute;, le r&eacute;alisateur.<\/p>\n<p>\n\t\tLa rigueur des faits. Et le contrepoids onirique des images. Le cocktail est in&eacute;dit : &laquo;&nbsp;Juifs et musulmans : si loin, si proches &raquo; se regarde &agrave; la fois comme un documentaire et comme un long-m&eacute;trage d&rsquo;animation. Au total, pas moins de soixante-dix minutes de dessins anim&eacute;s, sign&eacute;s Jean-Jacques Prun&egrave;s, sp&eacute;cialiste des illustrations et animations pour enfants, r&eacute;alisateur notamment des &laquo; Histoires comme &ccedil;a &raquo;, de Kipling, ou du &laquo; Cheval Soleil &raquo; (adaptation du roman &eacute;ponyme d&rsquo;Anne Labb&eacute;). Jean-Jacques Prun&egrave;s a pos&eacute; son trait &eacute;pur&eacute; mais fort, sobre et pourtant &eacute;pique, ses pastels et ses &eacute;claboussures vermillon comme un symbole sur les quatorze si&egrave;cles de relations entre juifs et musulmans, de M&eacute;dine &agrave; Paris en passant par Cordoue, Alger et J&eacute;rusalem. Quand l&rsquo;histoire devient contemporaine, au quatri&egrave;me chapitre, les dessins s&rsquo;estompent naturellement mais ne disparaissent pas. Ils laissent aux archives, aux films et photographies d&rsquo;&eacute;poque la barre du t&eacute;moin principal. En retrait, ils sugg&egrave;rent les d&eacute;chirements et font &eacute;cho &agrave; la violence du r&eacute;el.<\/p>\n<p>\n\t\tComme une boucle, ils renvoient aux origines, au premier chapitre de l&rsquo;histoire (610-721). Dans la soci&eacute;t&eacute; pr&eacute;islamique,&nbsp;&laquo; l&rsquo;appartenance religieuse compte peu&nbsp;&raquo;,&nbsp;pr&eacute;cise Michael Mumisa, de l&rsquo;universit&eacute; de Cambridge.&nbsp;&laquo; Les juifs sont alors des Arabes comme les autres. &raquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;Juifs et Arabes partagent la m&ecirc;me philosophie, les m&ecirc;mes croyances, &eacute;crivent les m&ecirc;mes po&egrave;mes,&nbsp;ajoute Tudor Parfitt, de l&rsquo;Ecole des &eacute;tudes orientales et africaines de Londres.&nbsp;Ils ont des id&eacute;aux communs. Par exemple, ils croient aux vertus masculines de la guerre et de l&rsquo;&eacute;quitation. Les deux communaut&eacute;s pratiquent l&rsquo;agriculture dans les oasis et le commerce inter-oasis. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;\u200aREPLI COMMUNAUTAIRE\u200a&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLe juda&iuml;sme va &eacute;videmment beaucoup influencer l&rsquo;islam naissant. A son apog&eacute;e, c&rsquo;est l&rsquo;islam qui inspirera un nouveau juda&iuml;sme. Il y aura encore des massacres, comme celui des juifs de Grenade, en&nbsp;1066 ; des combats men&eacute;s c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te, comme contre les soldats du Christ &agrave; J&eacute;rusalem ; la nostalgie partag&eacute;e de l&rsquo;Andalousie qui irriguera longtemps les musiques et les chants des deux communaut&eacute;s de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la M&eacute;diterran&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\tSur les aquarelles de Jean-Jacques Prun&egrave;s et l&rsquo;histoire qui d&eacute;roule son grand ruban, une trentaine d&rsquo;intervenants internationaux posent leurs lettres d&rsquo;experts. Juif ou musulman, peu importe : chacun a une raison de se sentir concern&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tTechnique, le verbe se fait plus personnel, l&rsquo;intime et l&rsquo;&eacute;motion affleurent &agrave; mesure que l&rsquo;histoire se rapproche.&nbsp;&laquo; Il est important de mettre des mots l&agrave;-dessus, surtout face au repli communautaire\u200a&raquo;,&nbsp;rel&egrave;ve Kamal Hachkar, r&eacute;alisateur de&nbsp;Tinghir-J&eacute;rusalem, les &eacute;chos du mellah, film de 2011 qui retrace la qu&ecirc;te des juifs disparus du village marocain de ses anc&ecirc;tres.<\/p>\n<p>\n\t\tLe dernier chapitre du documentaire de Karim Misk&eacute; ne laisse pas beaucoup de place &agrave; l&rsquo;espoir d&rsquo;une r&eacute;conciliation prochaine. Sous les dessins et derri&egrave;re les mots, on jurerait pourtant avoir entrevu l&rsquo;ombre d&rsquo;un raccommodage possible. Ce serait d&eacute;j&agrave; &ccedil;a.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Juifs et musulmans : si loin, si proches &raquo;, de Karim Misk&eacute; (Fr., 2013, 4 &times; 52 min). Rediffusion des 1er&nbsp;et 2e&nbsp;volets (Les Origines : 610-721&nbsp;et&nbsp;La Place de l&rsquo;autre : 721-1789) jeudi 6&nbsp;ao&ucirc;t, &agrave; 8 h 55 ; et des 3e&nbsp;et 4e&nbsp;volets (La S&eacute;paration : 1789-1945&nbsp;et&nbsp;La Guerre des m&eacute;moires : 1945-2013), vendredi 7&nbsp;ao&ucirc;t, &agrave; 8 h 55. Mardi 28 juillet &agrave; 20 h 55 sur Arte.<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tPar Olivier Zilbertin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juifs et musulmans, une m&eacute;moire si proche LE MONDE&nbsp; &nbsp; &nbsp; Un passionnant documentaire retrace quatorze si&egrave;cles de relations entre les deux religions. C&rsquo;est un calcul qui ne r&eacute;pond pas aux lois habituelles de l&rsquo;arithm&eacute;tique et qui donne comme une sorte de vertige. 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