{"id":11075,"date":"2015-08-13T22:48:36","date_gmt":"2015-08-13T22:48:36","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11075"},"modified":"2015-08-13T22:48:36","modified_gmt":"2015-08-13T22:48:36","slug":"tunisie-il-faudrait-un-miracle-pour-que-le-tourisme-reprenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-il-faudrait-un-miracle-pour-que-le-tourisme-reprenne\/","title":{"rendered":"Tunisie : \u00ab Il faudrait un miracle \u00bb pour que le tourisme reprenne"},"content":{"rendered":"<article itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/NewsArticle\">\n<p>\n\t\tTunisie&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il faudrait un miracle&nbsp;&raquo; pour que le tourisme reprenne<\/p>\n<p data-component=\"meta-byline\" data-link-name=\"byline\">\n\t\tPar Khansa Ben Tarjem (contributrice Le Monde Afrique, Tunis)<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<figure data-target=\"this\" data-toggle=\"popover\"><\/figure>\n<p><\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;&nbsp;Depuis l&rsquo;attaque de Sousse, une semaine peut passer sans que je voie un seul client. Je paie le loyer et les charges, je perds de l&rsquo;argent et je ne gagne rien&nbsp;&raquo;, pour Fakhri, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;espoir. Ce commer&ccedil;ant &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de la m&eacute;dina fortifi&eacute;e de Hammamet continue &agrave; esquisser un large sourire artificiel et aborde les passants en esp&eacute;rant trouver la perle rare&nbsp;: un client.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans sa boutique, il vend de tout&nbsp;: des &eacute;pices, des objets souvenirs, de la c&eacute;ramique, mais aussi des bijoux et des montres. Pour ce trentenaire, la seule issue c&rsquo;est l&rsquo;Europe.&nbsp;&laquo;&nbsp;Si je n&rsquo;y arrive pas par les moyens l&eacute;gaux, je partirai clandestinement, d&eacute;clare-t-il, la gorge nou&eacute;e.&nbsp;Je suis commer&ccedil;ant, j&rsquo;avais une bonne situation. Jamais je n&rsquo;aurais imagin&eacute; en arriver l&agrave;, &agrave; penser &agrave; la&nbsp;harga&nbsp;[immigration clandestine].&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLire aussi&nbsp;:&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/international\/article\/2015\/06\/27\/les-terroristes-visent-le-secteur-du-tourisme-poumon-de-la-tunisie_4663205_3210.html\">Les terroristes visent le secteur du tourisme, poumon de la Tunisie<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\tM&ecirc;me d&eacute;sarroi &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des remparts. Les ruelles tortueuses de la m&eacute;dina sont d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment vides. C&eacute;ramiques, bijoux, sacs en cuir, tissus, les marchandises s&rsquo;entassent dans les boutiques d&rsquo;artisanat, sans trouver acqu&eacute;reur.<\/p>\n<h2>\n\t\t\tTourisme de masse<\/h2>\n<p>\n\t\t\tA une dizaine de kilom&egrave;tres au sud de la vieille ville de Hammamet, Yasmine Hammamet est une enfilade d&rsquo;h&ocirc;tels sur le front de mer sur 2&nbsp;kilom&egrave;tres. Cette ville artificielle est cens&eacute;e r&eacute;pondre &agrave; la demande suppos&eacute;e toujours croissante du tourisme de masse. Tout y est pour satisfaire l&rsquo;&laquo;&nbsp;Occidental type&nbsp;&raquo; venu passer la semaine au soleil&nbsp;: marina, parc d&rsquo;attraction patinoire&hellip; Il y a m&ecirc;me une r&eacute;plique kitsch de la m&eacute;dina, avec une s&eacute;curit&eacute; renforc&eacute;e &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSur la place centrale de cette m&eacute;dina&nbsp;&laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo;, Naoufel, 25&nbsp;ans, travaille comme serveur dans un caf&eacute; maure. La terrasse est vide.&nbsp;&laquo;&nbsp;Avant Sousse, notre chiffre d&rsquo;affaires pouvait atteindre 7&nbsp;000&nbsp;dinars&nbsp;[3&nbsp;200&nbsp;euros]&nbsp;par jour. Aujourd&rsquo;hui, il nous faut une semaine pour gagner autant,&nbsp;affirme Naoufel, cr&acirc;ne ras&eacute;, le visage affable.&nbsp;M&ecirc;me au moment de la r&eacute;volution et du couvre-feu, on gagnait mieux&nbsp;&raquo;, ajoute-il.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans la marina, c&rsquo;est le m&ecirc;me d&eacute;sarroi. Install&eacute; sur les quais, Imed organise des excursions en mer. Polo blanc et b&eacute;ret marin, il s&rsquo;occupe des r&eacute;servations.&nbsp;&laquo;&nbsp;L&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, on organisait environ trois sorties par jour. En ce moment, on arrive &agrave; peine &agrave; remplir deux bateaux. Pourtant, on a d&ucirc; brader nos prix pour attirer les clients tunisiens et alg&eacute;riens.&nbsp;&raquo;&nbsp;De fait, ces derniers sont quasiment les seuls vacanciers pr&eacute;sents &agrave; Hammamet.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe tourisme maghr&eacute;bin occupe une part importante dans le march&eacute; tunisien. Pr&egrave;s de trois&nbsp;millions d&rsquo;Alg&eacute;riens et Libyens ont visit&eacute; la Tunisie en&nbsp;2014.<\/p>\n<p>\n\t\t\tGhalia, une jeune Alg&eacute;roise, porte un sac avec des objets souvenirs achet&eacute;s dans le souk. C&rsquo;est la premi&egrave;re fois qu&rsquo;elle vient avec sa famille en Tunisie&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Il est vrai qu&rsquo;au d&eacute;but, comme beaucoup d&rsquo;autres Alg&eacute;riens, nous avons h&eacute;sit&eacute; &agrave; venir. Mais au final on est l&agrave; car on peut tout aussi bien mourir en Alg&eacute;rie&nbsp;&raquo;, d&eacute;clare-t-elle en souriant.<\/p>\n<h2>\n\t\t\tTourisme int&eacute;rieur &agrave; la rescousse<\/h2>\n<p>\n\t\t\tLa peur a s&eacute;vi au lendemain de l&rsquo;attaque de Sousse, survenue le 26&nbsp;juin, qui a caus&eacute; la mort de 38&nbsp;touristes dont une majorit&eacute; de Britanniques. Un s&eacute;isme pour l&rsquo;industrie touristique. Dans le golfe de Hammamet, les h&ocirc;tels enregistraient 16&nbsp;000&nbsp;annulations quotidiennement pendant une dizaine de jours, selon la d&eacute;l&eacute;gation r&eacute;gionale du tourisme.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMahdi Allani, directeur d&rsquo;un h&ocirc;tel quatre &eacute;toiles, s&rsquo;en souvient encore&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;L&rsquo;attaque du Bardo a &eacute;t&eacute; un coup dur, mais c&rsquo;&eacute;tait du soft compar&eacute; &agrave; l&rsquo;apr&egrave;s Sousse.&nbsp;&raquo;&nbsp;Son h&ocirc;tel, Le&nbsp;Sultan, accueillait environ 400&nbsp;clients &ndash;&nbsp;des Occidentaux pour la plupart&nbsp;&ndash; avant l&rsquo;attaque, ils n&rsquo;&eacute;taient plus que 80 dans les semaines qui ont suivi.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCependant, difficile de trouver une chambre aujourd&rsquo;hui dans cet h&ocirc;tel nich&eacute; sur le bord d&rsquo;une falaise.&nbsp;&laquo;&nbsp;Quatre-vingt-quinze pour cent de nos clients sont tunisiens&nbsp;&raquo;, explique Mahdi Allani, qui a fait le pari du march&eacute; local, tr&egrave;s souvent d&eacute;nigr&eacute; par les h&ocirc;teliers.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPour Le Sultan, malgr&eacute; les bons r&eacute;sultats du mois d&rsquo;ao&ucirc;t, la saison est loin d&rsquo;&ecirc;tre sauv&eacute;e. Les pertes en juillet &eacute;taient trop importantes. L&rsquo;h&ocirc;tel envisage de fermer ses portes pour l&rsquo;hiver et de ne pas renouveler certains contrats de ses employ&eacute;s pour les mois &agrave; venir. Pour le directeur de l&rsquo;h&ocirc;tel,&nbsp;&laquo;&nbsp;tant que la Grande-Bretagne et la Belgique continuent &agrave; d&eacute;conseiller &agrave; leurs ressortissants de venir en Tunisie, il est impossible d&rsquo;envisager une reprise. Sinon, il faudrait un miracle&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/article>\n<div data-component=\"meta-byline\" data-link-name=\"byline\">\n<div itemprop=\"author\">\n<p>\n\t\t\tKhansa Ben Tarjemcontributrice Le Monde Afrique, Tunis<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\t<br \/>\n\tEn savoir plus sur http:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2015\/08\/11\/tunisie-il-faudrait-un-miracle-pour-que-le-tourisme-reprenne_4721107_3212.html#wGYDrmT2dCgOCpql.99<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tunisie&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il faudrait un miracle&nbsp;&raquo; pour que le tourisme reprenne Par Khansa Ben Tarjem (contributrice Le Monde Afrique, Tunis) &nbsp; &laquo;&nbsp;Depuis l&rsquo;attaque de Sousse, une semaine peut passer sans que je voie un seul client. 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