{"id":11115,"date":"2015-08-20T23:53:15","date_gmt":"2015-08-20T23:53:15","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11115"},"modified":"2015-08-21T00:04:00","modified_gmt":"2015-08-21T00:04:00","slug":"juda-hagege-notre-chagall-de-la-rue-sidi-bou-hdid-par-avraham-bar-shay-ben-attia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juda-hagege-notre-chagall-de-la-rue-sidi-bou-hdid-par-avraham-bar-shay-ben-attia\/","title":{"rendered":"Juda Hag\u00e8ge, notre Chagall de la rue Sidi Bou-Hdid &#8211; Par Avraham Bar-Shay (Ben-Attia)"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tJuda Hag&egrave;ge, notre Chagall de la rue Sidi Bou-Hdid<\/p>\n<p>\n\t\tPar Avraham Bar-Shay (Ben-Attia)<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQui sait combien de savants, d&#39;ing&eacute;nieurs, d&#39;artistes, vivaient cach&eacute;s dans le corps de ces gosses qui couraient dans les ruelles du quartier Juif de Tunis,&nbsp; pas moins que dans toute autre communaut&eacute;: mais ils n&#39;avaient pas pu r&eacute;aliser leurs r&ecirc;ves.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;L&#39;ignorance, les conditions difficiles et l&#39;insuffisante empathie des certaines associations philanthropiques qui existaient, n&#39;avaient pas beaucoup aid&eacute; &agrave;&nbsp; l&#39;&eacute;panouissement de ces jeunes talentueux. Certains chanceux et de parents obstin&eacute;s, ont quand m&ecirc;me pu b&eacute;n&eacute;ficie de ses aides, et&nbsp; forcer les obstacles.<\/p>\n<p>\n\tTous mes amis qui avaient &eacute;migr&eacute; en France, o&ugrave; les conditions sociales &eacute;taient tr&egrave;s avantageuses, ont tout fait pour donner &agrave; leurs enfants ce qu&#39;ils n&#39;avaient pu recevoir dans leur jeunesse. La grande majorit&eacute; de la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration sont aujourd&#39;hui des universitaires, et certains occupent des postes importants dans leurs m&eacute;tiers et. Le commerce et le &quot;sentier&quot; qui exigeait un capital important pour d&eacute;marrer, fut laiss&eacute; aux fils de familles plus favoris&eacute;es, qui &agrave; leur tour n&#39;avaient pas manqu&eacute; &agrave; faire de la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration de jeunes universitaires.. &nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans <a href=\"http:\/\/www.harissa.com\/news\/article\/james-dean-le-palmarium-et-moi-par-jean-pierre-chemla\">l&#39;article de Jean-Pierre Chemla,&nbsp; paru ici&nbsp; il y a quelques jours, l&#39;&eacute;pisode du Palmarium accompagn&eacute;e de James Dean<\/a>, notre &#39; h&eacute;ro&#39;, m&#39;a rappel&eacute; celle d&#39;un ami d&#39;enfance sur lequel je voulais, depuis longtemps, &eacute;crire quelques lignes.<\/p>\n<p>\n\tIl nous avait quitt&eacute;s il y a quelques ann&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\tIl s&#39;appelait Juda Hag&egrave;ge. Il habitait une des ruelles, int&eacute;rieures, derri&egrave;re la rue Sidi Bou Hdid. Je crois qu&#39;il &eacute;tait fils unique et avait perdu son p&egrave;re. Il &eacute;tait un peu bossu, on n&#39;en parlait presque jamais, mais on avait pens&eacute;, dans notre na&iuml;ve jeunesse, que comme il y avait la bosse des Maths, Juda avait celle de l&#39;Art, car il avait un talent de dessinateur que personne n&#39;avait vu pareil.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Un des quotidiens Tunisiens qui avait vu ses dessins d&#39;enfant, au d&eacute;but des ann&eacute;es 50, lui avait consacr&eacute;, un article et l&#39;avait surnomm&eacute; &quot;Le petit Chagall tunisien&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;Il nous invitait souvent chez lui pour voir des films anciens. Il avait un appareil de projection 8 mm, et plusieurs bobines de films muets, bien entendu.&nbsp; Chez lui, j&#39;avais vu pour la premi&egrave;re fois, des films d&#39;Harold Loyd, Budd Abbott et Lou Costello, Charlot et bien d&#39;autres.<\/p>\n<p>\n\tAdolescent, il entra travailler dans un atelier qui pr&eacute;parait les grandes affiches des films qu&#39;on voyait &agrave; l&#39;entr&eacute;e des cin&eacute;mas. Eh oui, ces panneaux en couleurs, accroch&eacute;s au dessus de l&#39;entr&eacute;e,&nbsp; n&#39;&eacute;taient pas fournies par&nbsp; Hollywood, mais &eacute;taient pr&eacute;par&eacute;es&nbsp; pour chaque salle, sur place, apr&egrave;s des pourparlers entre l&#39;artiste en chef de l&#39;atelier et le patron du cin&eacute;ma. Ces affiches pouvaient r&eacute;apparaitre &agrave; la fa&ccedil;ade d&#39;un autre cin&eacute;ma, g&eacute;n&eacute;ralement plus petit, qui reprenait le m&ecirc;me film.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;La nature provisoire de ces toiles, quand j&#39;y pense aujourd&#39;hui, classait ses peintres comme artistes de l&#39;Art Eph&eacute;m&egrave;re Contemporain.<\/p>\n<p>\n\tJe ne sais pas ce que devenaient ces toiles quand le cin&eacute;ma changeait de films, je crois qu&#39;on r&eacute;utilisait le canevas dont le prix n&#39;&eacute;tait pas n&eacute;gligeable, et adieu les belles peintures qui &eacute;taient dessus.<\/p>\n<p>\n\tJuda rejoignait souvent notre &quot;bande&quot; et personnellement je prenais plaisir &agrave; visiter son lieu de travail et le photographiais ainsi que ses &oelig;uvres, car il devint vite pro. et signait de son&nbsp; nom des panneaux entiers.<\/p>\n<p>\n\tJuda avait racont&eacute; une fois qu&#39;il voulait se lancer dans le &quot;Dessin anim&eacute;&quot;,&nbsp; pour faire ce qu&#39;on appelle aujourd&#39;hui un clip, de publicit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tIl disait aussi qu&#39;il voulait aller &agrave; Paris &eacute;tudier &agrave; l&#39;Ecole des Beaux Arts.<\/p>\n<p>\n\tMais les &eacute;v&eacute;nements en Tunisie durant la moiti&eacute; des ann&eacute;es 50, ont pr&eacute;cipit&eacute; l&#39;exode de notre communaut&eacute; et notre ami se retrouva &agrave; Paris. Pour nourrir sa petite famille, il ouvrit un atelier de &quot;Peintre en Lettres&quot;. Il dessinait des lettres sur les fa&ccedil;ades et vitrines de diff&eacute;rents magasins.<\/p>\n<p>\n\tJe l&#39;avais revu, dans les ann&eacute;es 60 et 70, dans son atelier, durant mes visites &agrave; Paris. Il gagnait bien sa vie, jusqu&#39;&agrave; l&#39;apparition de nouvelles mati&egrave;res plastiques et des Tables &agrave; coordonn&eacute;es contr&ocirc;l&eacute;es&nbsp; par ordinateur qui remplac&egrave;rent le reste de talent qui &eacute;tait exig&eacute; du Peintre de Lettres. Je pense qu&#39;&agrave; cette &eacute;poque il a du sentir que le monde moderne ne voulait plus de ses talents que nous admirions, &eacute;tant jeunes, d&#39;autant plus que l&#39; Art Contemporain avait d&eacute;pass&eacute; le stade de la peinture figurative. Je crois que dans de meilleures conditions, Juda Hag&egrave;ge aurait pu &ecirc;tre un grand artiste.<\/p>\n<p>\n\tAinsi, presqu&#39;&agrave; l&#39;&acirc;ge de la retraite, il se consacra &agrave; son amour de jeunesse et repris ses pinceaux pour le plaisir des amis et de la famille.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCes lignes ont &eacute;t&eacute; &eacute;crites de m&eacute;moire sans aucune consultation de la famille, avec qui j&#39;ai perdu contact, apr&egrave;s son d&eacute;c&egrave;s.<\/p>\n<p>\n\tJe m&#39;excuse si j&#39;ai omis un d&eacute;tail ou si, apr&egrave;s plus d&#39;un demi si&egrave;cle j&#39;ai du exag&eacute;r&eacute; certains faits , mais son histoire n&#39;&eacute;tait pas invraisemblable dans la Hara de Tunis dans les ann&eacute;es d&#39;avant l&#39;Exode.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAvraham Bar-Shay (Ben-Attia)<\/p>\n<p>\n\t<a href=\"mailto:Absf@netvision.net.il\" target=\"_blank\">Absf@netvision.net.il<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juda Hag&egrave;ge, notre Chagall de la rue Sidi Bou-Hdid Par Avraham Bar-Shay (Ben-Attia) &nbsp; Qui sait combien de savants, d&#39;ing&eacute;nieurs, d&#39;artistes, vivaient cach&eacute;s dans le corps de ces gosses qui couraient dans les ruelles du quartier Juif de Tunis,&nbsp; pas moins que dans toute autre communaut&eacute;: mais ils n&#39;avaient pas pu r&eacute;aliser leurs r&ecirc;ves. &nbsp;L&#39;ignorance,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19908,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[213,10,20,17,1],"tags":[],"class_list":["post-11115","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bou","category-france","category-juif","category-souvenirs","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11115"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11115\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19908"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}