{"id":11175,"date":"2015-09-03T03:19:55","date_gmt":"2015-09-03T03:19:55","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11175"},"modified":"2015-09-03T03:19:55","modified_gmt":"2015-09-03T03:19:55","slug":"don-joseph-nassi-duc-de-naxos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/don-joseph-nassi-duc-de-naxos\/","title":{"rendered":"Don Joseph Nassi \u2013 Duc de Naxos"},"content":{"rendered":"<div id=\"id_55c4497b00e880271913935\">\n<div>\n<div>\n<div>\n\t\t\t\tDon Joseph Nassi &ndash; Duc de Naxos<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t(Environ 5265-5339 ; 1505-1579)<\/p>\n<div id=\"byline\">\n\t\t\tpar Nissan Mindel<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"co_content_container\">\n<div>\n<div>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/w3.chabad.org\/media\/images\/152\/NQqL1523536.gif\" vspace=\"5\" \/><co:body xmlns:co=\"www1.chabadonline.com\/alpha1\"><\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tL&#39;histoire de Don Joseph Nassi est fascinante. Riche en aventures, elle est l&#39;histoire du courage et de l&#39;endurance. Mais elle nous rappelle &eacute;galement combien tragique fut la vie des Juifs en ce temps-l&agrave;, vers la fin du sombre Moyen-&acirc;ge.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJoseph naquit en Espagne &agrave; l&#39;&eacute;poque o&ugrave; la cruelle Inquisition &eacute;tait au pouvoir. Les Juifs n&#39;&eacute;taient plus libres de servir le Dieu de leurs p&egrave;res. La plupart de ceux qui d&eacute;siraient demeurer ouvertement fid&egrave;les &agrave; leur foi &ndash; ce fut le cas du plus grand nombre &ndash; avaient &eacute;t&eacute; expuls&eacute;s (1492). N&eacute;anmoins, quelques familles feignirent d&#39;embrasser le catholicisme et furent autoris&eacute;es &agrave; rester dans le pays. On les appela les Marranos. En secret et dans la crainte constante d&#39;&ecirc;tre d&eacute;couverts, ils pratiquaient et observaient les coutumes et la foi juives. Parmi eux se trouvait la famille de Nassi&nbsp;; elle avait chang&eacute; de nom et pris celui de Mendez.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tElle se composait de trois fr&egrave;res. Le plus jeune fut le p&egrave;re de Joseph. Il mourut quand ce dernier &eacute;tait en bas &acirc;ge. Le petit orphelin fut &eacute;lev&eacute; par ses deux oncles qui avaient pris des pr&eacute;noms espagnols&nbsp;: Francisco et Diego. La vie devenant intol&eacute;rable en Espagne, les deux fr&egrave;res s&#39;enfuirent &agrave; Lisbonne, emmenant avec eux leur jeune neveu. Ils avaient sauv&eacute; de la d&eacute;b&acirc;cle leur immense fortune. Ils durent cependant continuer &agrave; dissimuler leur vraie confession et feindre de n&#39;&ecirc;tre pas juifs. Mais ils s&#39;attach&egrave;rent &agrave; leur foi avec d&#39;autant plus de force que cet attachement devait demeurer secret. Et cette foi, ils l&#39;inculqu&egrave;rent &agrave; leur beau et brillant neveu Joseph. Le gar&ccedil;on apprit ainsi combien grands avaient &eacute;t&eacute; ses anc&ecirc;tres. &Agrave; l&#39;exemple de ses oncles, il caressait l&#39;espoir qu&#39;un jour ils pourraient tous jeter le masque d&eacute;test&eacute; et revenir ouvertement &agrave; la religion de leur peuple. Joseph fit, de plus, le v&oelig;u de consacrer toute son existence &agrave; aider ses pauvres fr&egrave;res sans d&eacute;fense, et qui vivaient dans un monde o&ugrave; ils n&#39;avaient point d&#39;amis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes Mendez &eacute;taient des banquiers c&eacute;l&egrave;bres dans le monde entier. Avec le concours d&#39;un membre de la famille, Rabbi Abraham Benveniste, ils avaient fond&eacute; une succursale &agrave; Anvers. L&agrave; la vie &eacute;tait relativement plus facile pour les Juifs, et la famille Mendez avait pens&eacute; qu&#39;elle pourrait un jour &ecirc;tre contrainte d&#39;y chercher refuge. Ce jour ne tarda pas &agrave; arriver. L&#39;Inquisition tant redout&eacute;e &eacute;tendit son action jusqu&#39;en Portugal, rendant la vie intol&eacute;rable aux Marranos. Les Mendez d&eacute;cident de se transf&eacute;rer &agrave; Anvers. Entre temps Francisco, l&#39;a&icirc;n&eacute; des fr&egrave;res, meurt. Sa femme, l&#39;habile et illustre Do&ntilde;a Gracia lui succ&egrave;de &agrave; la t&ecirc;te de la fortune familiale et de la banque. Son affection et ses soins feront du petit Joseph un jeune homme d&#39;une &eacute;ducation accomplie tant sur le plan du savoir que des bonnes mani&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPeu apr&egrave;s leur installation &agrave; Anvers, Diego, le dernier des fr&egrave;res Nassi-Mendez mourut lui aussi. Don Joseph Nassi-Mendez &eacute;tait maintenant en &acirc;ge d&#39;assurer la rel&egrave;ve et d&#39;assumer la difficile direction de la banque. &Agrave; l&#39;occasion de ses activit&eacute;s directoriales, Don Joseph eut des contacts avec la plus haute noblesse et m&ecirc;me avec des maisons royales de beaucoup de pays d&#39;Europe. Son charme personnel et sa sagacit&eacute; lui furent d&#39;un grand secours. Le roi de France emprunta une somme consid&eacute;rable &agrave; la Banque Mendez. Un autre client fut la R&eacute;gente des Pays-Bas, la Reine Marie, s&oelig;ur de l&#39;Empereur Charles V. Elle prodigua les honneurs &agrave; Don Joseph.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn pourrait conclure de ces pr&eacute;misses que ce dernier fut heureux. Il ne l&#39;&eacute;tait point&nbsp;; pas plus d&#39;ailleurs que sa tante. L&#39;Inquisition avait le bras long. Ses agents &eacute;taient actifs en Belgique, ils entretenaient les Marranos dans une terreur constante. La famille Mendez r&eacute;pugnait aux d&eacute;guisements. En secret, elle avait sa propre synagogue et venait en aide aux malheureux r&eacute;fugi&eacute;s d&#39;Espagne et de Portugal.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes contacts nombreux que le travail de la banque valait aux Mendez leur permettaient d&#39;&ecirc;tre inform&eacute;s avec pr&eacute;cision sur la vie des Juifs dans diff&eacute;rents pays. C&#39;est ainsi qu&#39;ils savaient que dans l&#39;Empire ottoman, o&ugrave; r&eacute;gnaient des princes musulmans, leurs coreligionnaires vivaient mieux que partout ailleurs. Ceux-ci &eacute;taient parmi les conseillers les plus proches du Sultan, et les commer&ccedil;ants isra&eacute;lites jouissaient d&#39;une grande libert&eacute;. Do&ntilde;a Gracia et Don Joseph Nassi d&eacute;cid&egrave;rent de se transf&eacute;rer en Turquie o&ugrave; ils auraient la possibilit&eacute; de revenir ouvertement &agrave; la foi de leurs p&egrave;res.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMettre &agrave; ex&eacute;cution un tel plan n&#39;&eacute;tait pas chose ais&eacute;e. Il ne fallut pas moins de plusieurs ann&eacute;es pour que les Mendez pussent r&eacute;gler leurs affaires et quitter Anvers sans se ruiner financi&egrave;rement. N&eacute;anmoins, ils durent accepter de perdre une bonne partie de leur fortune avant de pouvoir partir pour Venise en 1549. Ils avaient con&ccedil;u leur projet et travaillaient &agrave; sa r&eacute;alisation dans le plus grand, secret.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCharles V soup&ccedil;onna-t-il ce qui se tramait en silence ? Il faut le croire, car il s&#39;appr&ecirc;tait &agrave; saisir toute la fortune des Mendez quand Don Joseph et sa tante r&eacute;ussirent de justesse &agrave; fuir d&#39;Anvers et &agrave; prendre le large &agrave; la faveur de la nuit, emportant avec eux une part tr&egrave;s importante de leurs richesses.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIls arriv&egrave;rent &agrave; Venise sains et saufs sous les noms d&#39;emprunt de Juan Miguel et B&eacute;atrice de Luna. L&agrave; ils tent&egrave;rent, afin de venir en aide &agrave; leurs fr&egrave;res dans le malheur, d&#39;acheter aux V&eacute;nitiens l&#39;une des petites &icirc;les avoisinantes. Mais une remarque imprudente &eacute;chapp&eacute;e un jour &agrave; un parent de Do&ntilde;a Gracia r&eacute;v&eacute;la leur secret. L&#39;identit&eacute; de Don Joseph et de sa tante fut connue. On d&eacute;couvrit que la famille Nassi-Mendez pratiquait clandestinement le juda&iuml;sme et nourrissait le projet de le faire ouvertement aussit&ocirc;t qu&#39;elle aurait pass&eacute; la derni&egrave;re fronti&egrave;re chr&eacute;tienne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDo&ntilde;a Gracia fut prise et jet&eacute;e en prison. Tout ce qu&#39;ils poss&eacute;daient, elle et son neveu, fut confisqu&eacute;. Toutefois, Don Joseph et le reste de la famille r&eacute;ussirent &agrave; fuir en direction de Ferrare o&ugrave; r&eacute;gnait le bon et noble duc d&#39;Est&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&#39;histoire de Do&ntilde;a Gracia et de Don Joseph, d&egrave;s qu&#39;elle fut connue, fit sensation dans les milieux influents de plusieurs pays. Le roi de France qui devait &agrave; la Banque Mendez une somme &eacute;norme d&eacute;clara nulle sa dette. Il avait emprunt&eacute; &agrave; des Chr&eacute;tiens, dit-il, non &agrave; des Juifs. Suivant son exemple, d&#39;autres notabilit&eacute;s qui avaient b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de pr&ecirc;ts substantiels de la Banque Mendez reni&egrave;rent elles aussi leurs signatures.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPour le moment, Don Joseph avait &agrave; faire face &agrave; des probl&egrave;mes plus urgents. Il envoya &agrave; son ami Rabbi Moch&eacute; Hamon, m&eacute;decin personnel du grand sultan Soliman, un message o&ugrave; il le priait d&#39;implorer le souverain afin qu&#39;il d&eacute;livr&acirc;t Do&ntilde;a Gracia. Soliman vit aussit&ocirc;t tout le parti qu&#39;il pourrait tirer de l&#39;affaire. Installer en Turquie tous ces nobles juifs s&#39;accompagnerait d&#39;un grand profit pour le pays. Il envoya un ambassadeur sp&eacute;cial &agrave; Venise pour demander la relaxe de Do&ntilde;a Gracia et la restitution de sa fortune&nbsp;; faute de quoi il entreprendrait une exp&eacute;dition contre la R&eacute;publique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe Conseil de Venise rel&acirc;cha aussit&ocirc;t Do&ntilde;a Gracia. Quant aux biens confisqu&eacute;s &agrave; la famille Mendez il ne lui fallut pas moins de deux ans pour se d&eacute;cider &agrave; les restituer. Entre temps tous les Mendez revenaient ouvertement &agrave; la foi juive et rejetaient leurs noms d&#39;emprunt. Un grand nombre de Marranos qui s&#39;&eacute;taient group&eacute;s autour d&#39;eux suivirent leur exemple. Le duc, d&#39;esprit lib&eacute;ral et plein de droiture, les prot&eacute;gea et s&#39;opposa &agrave; l&#39;extension jusque dans son pays de l&#39;action odieuse de l&#39;Inquisition. En 1552 la communaut&eacute; enti&egrave;re que composaient les ex-Marranos fr&eacute;t&egrave;rent des navires et mirent le cap sur les rives hospitali&egrave;res de la Turquie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUne nouvelle vie commen&ccedil;ait pour Don Joseph. Plus de &laquo;&nbsp;Don Juan Miguel&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Mendez&nbsp;&raquo; d&eacute;sormais&nbsp;; il avait repris son vrai nom juif de Joseph Nassi. Il &eacute;pouse sa cousine, la belle et la pieuse Reyna, la fille de sa tante Do&ntilde;a Gracia. Son activit&eacute; de banquier international avait &eacute;t&eacute; interrompue depuis sa fuite d&#39;Anvers. Il ne tarde pas &agrave; renouer avec les grands centres d&#39;affaires qu&#39;il connaissait si bien. En Turquie m&ecirc;me, d&#39;excellentes lettres d&#39;introduction, auxquelles s&#39;ajoutait son charisme personnel, lui ouvrent les portes les plus difficiles du pays, y compris celle de la cour du sultan Soliman.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDon Joseph Nassi en avait assez des affaires pleines de risques qui &eacute;taient le propre du travail bancaire. Il se mit au commerce, d&eacute;veloppant &agrave; tel point le mouvement d&#39;importation et d&#39;exportation que le sultan se rendit compte bient&ocirc;t que le nouveau sujet qu&#39;il avait accueilli m&eacute;ritait toute sa bienveillante attention. Don Joseph usa de son influence aupr&egrave;s du souverain pour aider ses fr&egrave;res qui enduraient de grandes souffrances du fait des pers&eacute;cutions qu&#39;encourageait le pape Paul IV &agrave; Rome.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUne profonde amiti&eacute; devait tr&egrave;s vite unir Don Joseph et le prince S&eacute;lim, fils a&icirc;n&eacute; du sultan. Quand Bayazhid, un fils plus jeune, commen&ccedil;a &agrave; comploter pour la succession au tr&ocirc;ne, Nassi soutint S&eacute;lim. De plus, il r&eacute;ussit &agrave; persuader le sultan que seule &eacute;tait juste la cause de son fils a&icirc;n&eacute;. Une guerre &eacute;clata entre les deux fr&egrave;res. Bayazhid fut vaincu et s&#39;enfuit en Perse. L&agrave;, lui et ses fils furent assassin&eacute;s, ce qui mit fin &agrave; la lutte pour le tr&ocirc;ne. La succession pouvait ainsi &ecirc;tre facilement d&eacute;cid&eacute;e par Soliman, alors en pleine possession de ses forces et ma&icirc;tre incontest&eacute; de son grand empire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVainqueur, S&eacute;lim marqua sa gratitude &agrave; Don Joseph en le nommant membre de sa garde d&#39;honneur. De plus, il obtint de son p&egrave;re que f&ucirc;t accord&eacute; &agrave; son ami le territoire entourant le lac de Tib&eacute;riade en Terre Sainte, alors sous domination turque.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDon Joseph, qui avait toujours r&ecirc;v&eacute; d&#39;accomplir en faveur de ses fr&egrave;res pers&eacute;cut&eacute;s un geste &agrave; la mesure de leurs souffrances trouvait enfin l&#39;occasion d&#39;agir. Il d&eacute;cide de faire de ce don du sultan un lieu de refuge pour les Juifs en qu&ecirc;te d&#39;un foyer. Il envoya un ami en qui il avait pleine confiance, Joseph ibn Adereth (un descendant de Rabbi Chlomoh ibn Adereth) &agrave; Tib&eacute;riade avec mission d&#39;y &eacute;difier une colonie juive. En m&ecirc;me temps, il lan&ccedil;a un appel &agrave; tous les Juifs pers&eacute;cut&eacute;s d&#39;Europe. Un groupe d&#39;Isra&eacute;lites de Campanie y r&eacute;pondit avec joie. Ils vivaient en exil apr&egrave;s avoir connu d&#39;odieuses pers&eacute;cutions. On e&ucirc;t pu s&#39;attendre &agrave; voir leurs ennemis, qui les accablaient de leur haine, les laisser partir, trop heureux de se d&eacute;barrasser d&#39;eux &agrave; si bon compte. Ils pouss&egrave;rent, au contraire, la cruaut&eacute; jusqu&#39;&agrave; les emp&ecirc;cher d&rsquo;&eacute;migrer. N&eacute;anmoins, nombreux furent ceux qui, par des moyens d&eacute;tourn&eacute;s, r&eacute;ussirent &agrave; prendre le chemin du refuge promis. Toutefois, les dangers que le voyage comportait pour des Juifs sans d&eacute;fense &eacute;taient multiples.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes pirates en haute mer guettaient&nbsp;; beaucoup tomb&egrave;rent entre leurs mains et furent vendus comme esclaves. Tel fut le sort, par exemple, de cent deux Juifs de Pesaro qui voguaient &agrave; destination de Tib&eacute;riade, qui furent captur&eacute;s et faits prisonniers jusqu&#39;&agrave; ce que la ran&ccedil;on fix&eacute;e pour chacun d&#39;eux fut pay&eacute;e. Don Joseph Nassi r&eacute;ussit &agrave; en lib&eacute;rer le plus grand nombre. Mais le succ&egrave;s de son entreprise fut gravement compromis par toutes sortes d&#39;obstacles. La n&eacute;cessit&eacute; de pourvoir les nouveaux venus de moyens de subsistance en fut un. Don Joseph essaya de le surmonter en cr&eacute;ant sur place une industrie de la soie. Dans ce but il fit planter des m&ucirc;riers dont les feuilles constituent la nourriture des vers &agrave; soie. Une autre difficult&eacute; fut l&#39;opposition d&#39;un Cheikh arabe du voisinage qui allait pr&ecirc;chant que le projet mettrait en danger rien moins que l&rsquo;Islam. Ces raisons ajout&eacute;es &agrave; plusieurs autres entra&icirc;n&egrave;rent peu &agrave; peu l&#39;&eacute;chec de la grandiose tentative.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe point culminant de la carri&egrave;re diplomatique et commerciale de Don Joseph fut atteint quand son ami S&eacute;lim monta sur le tr&ocirc;ne &agrave; la mort de son p&egrave;re. L&#39;un des premiers actes officiels du nouveau sultan fut de r&eacute;compenser son fid&egrave;le ami juif pour ses services. Il le fit duc de l&#39;&icirc;le de Naxos et lui offrit en toute propri&eacute;t&eacute; quelques autres &icirc;les. Celles-ci &eacute;taient habit&eacute;es par des Chr&eacute;tiens grecs&nbsp;; aussi Don Joseph ne fut-il pas enclin &agrave; y &eacute;tablir sa r&eacute;sidence. Il confia &agrave; un de ses amis le soin de gouverner ses possessions, et v&eacute;cut dans le beau ch&acirc;teau Belv&eacute;d&egrave;re &agrave; Constantinople, capitale de l&#39;Empire ottoman.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDon Joseph Nassi avait une grande influence sur S&eacute;lim II en d&eacute;pit de l&#39;obstruction syst&eacute;matique exerc&eacute;e par le grand vizir Sokolli. Originaire de Bosnie, c&#39;&eacute;tait un homme d&eacute;nu&eacute; de scrupules qui faisait ce qu&#39;il pouvait pour entamer la confiance qu&#39;avait le sultan en son conseiller juif. Les dirigeants des pays europ&eacute;ens ne tard&egrave;rent pas &agrave; se rendre compte de l&#39;importance de Don Joseph dans le puissant empire du sultan et recherch&egrave;rent son amiti&eacute;. Ainsi, l&#39;empereur Maximilien II, d&eacute;sirant la paix avec le souverain turc, donna des instructions &agrave; son ambassadeur afin qu&#39;il gagn&acirc;t les bonnes gr&acirc;ces de Joseph. Non seulement ce dernier refusa tout cadeau qui risquait d&#39;ali&eacute;ner son ind&eacute;pendance, mais il accorda &agrave; l&#39;ambassadeur un pr&ecirc;t &agrave; titre personnel.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUn autre monarque qui &eacute;tablit des relations amicales avec Don Joseph Nassi fut le roi Sigismond de Pologne. Gr&acirc;ce &agrave; cette amiti&eacute;, ce dernier traita avec bont&eacute; ses sujets juifs.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVint le jour o&ugrave; Don Joseph tenta de r&eacute;cup&eacute;rer les sommes pr&ecirc;t&eacute;es pr&eacute;c&eacute;demment au roi de France. Celui-ci avait refus&eacute; de payer sa dette prenant pr&eacute;texte du retour du banquier &agrave; la pratique ouverte de la foi juive. Le sultan S&eacute;lim autorisa Don Joseph &agrave; arraisonner tous les navires battant pavillon fran&ccedil;ais et &agrave; saisir tous leurs chargements. Piqu&eacute; au vif, le roi de France envoya &agrave; son ambassadeur l&#39;ordre de comploter en vue de provoquer la chute de Joseph. Grandchamp, diplomate sans scrupules, faillit y r&eacute;ussir gr&acirc;ce &agrave; de hautes personnalit&eacute;s dont il avait pu acheter la complicit&eacute;. C&#39;&eacute;tait l&#39;intrigue classique tendant &agrave; convaincre l&#39;adversaire de haute trahison &agrave; l&#39;&eacute;gard du sultan. Don Joseph confondit ses ennemis en prouvant que toutes les accusations dont il fut l&#39;objet &eacute;taient fausses. Son amiti&eacute; avec le sultan en sortait renforc&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa mort de S&eacute;lim II fut le point de d&eacute;part des revers de Don Joseph. L&#39;influence de Mohammed Sokolli, son ennemi mortel, fut pr&eacute;pond&eacute;rante &agrave; la cour du nouveau sultan, le cruel Murat. Celui-ci n&#39;avait plus besoin des services de Don Joseph qui se retira dans son beau palais de Belv&eacute;d&egrave;re pour consacrer sa vie &agrave; l&#39;&eacute;tude et aux actions charitables.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDon Joseph prodigua son aide &agrave; la Y&eacute;chivah de Constantinople fond&eacute;e et soutenue par sa noble tante Do&ntilde;a Gracia. Il fit installer dans sa maison une imprimerie h&eacute;bra&iuml;que qui permit la publication d&#39;ouvrages importants. Il poss&eacute;dait une biblioth&egrave;que fort riche &agrave; laquelle avaient acc&egrave;s tous les &eacute;rudits. Pour un grand nombre de ceux-ci, il fut un m&eacute;c&egrave;ne d&#39;une grande g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIl &eacute;crivit en espagnol une d&eacute;fense de la religion juive. Un de ses prot&eacute;g&eacute;s la traduisit en h&eacute;breu sous le titre de &laquo;&nbsp;Ben Porath Yossef&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tQuand Don Joseph Nassi, duc de Naxos, mourut &agrave; Constantinople en l&#39;&eacute;t&eacute; de 1579, le monde juif tout entier le pleura. Un seul homme s&#39;en r&eacute;jouit, ce fut le sultan. Il confisqua l&#39;immense fortune de celui qui avait consacr&eacute; tant d&#39;efforts non seulement pour le bien de ses fr&egrave;res, mais pour celui du pays. Sa veuve, la g&eacute;n&eacute;reuse et pieuse Reyna, dut m&ecirc;me quitter le beau palais, et l&#39;imprimerie h&eacute;bra&iuml;que disparut.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&#39;&oelig;uvre de toute une vie &eacute;tait ainsi interrompue. Mais le souvenir des grandes actions de Don Joseph et des honneurs qu&#39;elles lui valurent demeura dans toutes les m&eacute;moires.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\t\t<\/co:body><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Don Joseph Nassi &ndash; Duc de Naxos (Environ 5265-5339 ; 1505-1579) par Nissan Mindel &nbsp; &nbsp; &nbsp; L&#39;histoire de Don Joseph Nassi est fascinante. Riche en aventures, elle est l&#39;histoire du courage et de l&#39;endurance. 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