{"id":11201,"date":"2015-09-08T23:19:56","date_gmt":"2015-09-08T23:19:56","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11201"},"modified":"2015-09-08T23:19:56","modified_gmt":"2015-09-08T23:19:56","slug":"immigrants-syriens-pas-ceux-que-l-croit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/immigrants-syriens-pas-ceux-que-l-croit\/","title":{"rendered":"Immigrants syriens : pas ceux que l\u2019on croit"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>Immigrants syriens&nbsp;: pas ceux que l&rsquo;on croit<\/u><\/strong><u>(info # 010709\/15)<\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar <strong>Patricia La Mosca<\/strong> <strong>&copy; Me<\/strong><strong>tula<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews<\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe reviens &agrave; peine de trois jours en Hongrie, o&ugrave; j&rsquo;ai partag&eacute; une partie du sort des r&eacute;fugi&eacute;s syriens, en les accompagnant, notamment &agrave; pied sur une vingtaine de kilom&egrave;tres. Je n&rsquo;y suis &eacute;videmment pas all&eacute;e pour juger les gens mais pour essayer de comprendre ce qui se passe, assaillie par les non-dits des autres media que j&rsquo;ai appris &agrave; d&eacute;chiffrer presque instinctivement.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJe rentre h&eacute;b&eacute;t&eacute;e, &agrave; nouveau subjugu&eacute;e par la masse d&rsquo;informations erron&eacute;es qui emp&ecirc;chent le public de saisir le drame qui se d&eacute;roule actuellement. Ce que l&rsquo;on vous raconte s&rsquo;articule, comme toujours, sur une grille de lecture binaire&nbsp;: on aurait, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, des &eacute;migrants, priv&eacute;s de tout, qui fuiraient les conflits moyen-orientaux, en particulier la Guerre Civile Syrienne, et de l&rsquo;autre, les Hongrois, partag&eacute;s entre leur d&eacute;sir d&rsquo;aider les migrants et celui de pr&eacute;server leur authenticit&eacute; jud&eacute;o-chr&eacute;tienne, au demeurant mise en p&eacute;ril par l&rsquo;afflux de r&eacute;fugi&eacute;s musulmans.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa suite est &agrave; l&rsquo;avenant, le r&eacute;cit des journalistes d&eacute;pendant surtout de la sensibilit&eacute; du media pour lequel ils travaillent&nbsp;; humaniste pour les progressistes, qui trouvent scandaleux de traiter les d&eacute;port&eacute;s de la sorte, et conservateur pour ceux de droite, qui pr&eacute;viennent que si cela continue, l&rsquo;Europe va &ecirc;tre submerg&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe discours se retrouve dans celui de Marine Le Pen &agrave; l&rsquo;universit&eacute; du FN, avant-hier &agrave; Marseille, lorsqu&rsquo;elle mart&egrave;le, &agrave; plusieurs reprises, que la France ne peut plus en accepter un seul.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPlus encore que dans les autres situations que j&rsquo;ai couvertes, cette hyper-simplification caricaturale n&rsquo;a pas grand-chose &agrave; voir avec la r&eacute;alit&eacute;. Par exemple, quelqu&rsquo;un devrait dire &agrave; la fille de Jean-Marie, que notre pays est tr&egrave;s peu concern&eacute; par cette vague d&rsquo;immigration&nbsp;: je pense ainsi qu&rsquo;il y a moins de dix mille Syriens qui ont choisi l&rsquo;Hexagone comme terre de refuge depuis le d&eacute;but de la Guerre Civile.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa France n&rsquo;est pas du tout leur priorit&eacute; car ils sont tr&egrave;s bien renseign&eacute;s. Notre pays est surtout concern&eacute; par l&rsquo;immigration des pays du Maghreb et, marginalement, par celle en provenance de Libye. Comme dans le cas de la Hongrie, la France reste un territoire de transit pour ces r&eacute;fugi&eacute;s, en direction de l&rsquo;Angleterre et des Etats du nord de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe sont certainement moins de 3 000 participants &agrave; cet exode qui tenteront de s&rsquo;installer en Hongrie, ce qui ne repr&eacute;sente, avouons-le, qu&rsquo;une menace tr&egrave;s r&eacute;duite de saper ses fondements traditionnels.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tM&ecirc;me l&rsquo;Autriche, pourtant autrement plus riche que cet ancien membre du bloc sovi&eacute;tique, ne retiendra pas beaucoup plus de migrants, ceux-ci &eacute;tant, pour la plupart -19 sur 20 de ceux auxquels j&rsquo;ai parl&eacute; -fermement d&eacute;cid&eacute;s &agrave; s&rsquo;&eacute;tablir en Allemagne. En Allemagne, o&ugrave; Angela Merkel, faisant &agrave; nouveau preuve de courage politique, quitte &agrave; perdre des soutiens sur son flanc droit, vient d&rsquo;annoncer qu&rsquo;elle les accueillera tous.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe qui n&rsquo;est pas particuli&egrave;rement &eacute;tonnant, une fois qu&rsquo;on a tordu le cou &agrave; une autre fable concernant cet exode&nbsp;: ceux qui en font partie ne sont pas des mis&eacute;rables d&eacute;sargent&eacute;s. Pas du tout, m&ecirc;me.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls constituent en fait l&rsquo;&eacute;lite de la soci&eacute;t&eacute; syrienne. Parmi les cinq millions de personnes &agrave; avoir quitt&eacute; leur pays qui en comptait vingt-trois millions il y a cinq ans, celles-ci sont les plus ais&eacute;es. Les autres sont parqu&eacute;es dans des camps de toile en Turquie, deux millions, au Liban, un million cent-mille, et en Jordanie, six-cent-trente-mille. On s&rsquo;en convainc d&rsquo;abord en constatant que le budget en cash dont ils disposent est au minimum de quatre mille euros par personne, y compris les enfants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tContrairement &agrave; l&rsquo;impression donn&eacute;e par les images TV que l&rsquo;on vous montre, ils ont tous pay&eacute; leur p&eacute;riple jusqu&rsquo;&agrave; destination&nbsp;; ils sont tous d&eacute;tenteurs de titres de voyage, souvent achet&eacute;s &agrave; l&rsquo;avance, avant leur d&eacute;part, ou lors de leur passage en Turquie ou en Gr&egrave;ce. Leur principale revendication par rapport aux Hongrois est de leur fournir le transport dont ils se sont acquitt&eacute;s du prix, et rien d&rsquo;autre. Il n&rsquo;existe pas de vraie raison &agrave; une altercation violente entre les migrants et les autorit&eacute;s locales.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuant aux autorit&eacute;s hongroises, elles pestent contre les Etats &ndash; la Gr&egrave;ce et l&rsquo;Italie en particulier &#8211; par lesquels les migrants sont entr&eacute;s dans Schengen, qui avaient l&rsquo;obligation de les prendre en charge et qui ne l&rsquo;ont pas fait, s&rsquo;&eacute;vitant des frais et des tracas. Budapest r&eacute;clame aux autres Europ&eacute;ens un partage des d&eacute;bours de prise en charge et de gestion, avan&ccedil;ant que la Hongrie effectue un travail qui n&rsquo;est pas le sien. Sur quoi, elle a parfaitement raison, m&ecirc;me s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de quoi paniquer pour g&eacute;rer le transit de 54 000 migrants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;autre d&eacute;couverte quant aux migrants syriens est leur niveau d&rsquo;&eacute;ducation et de qualification professionnelle&nbsp;; beaucoup s&rsquo;expriment tr&egrave;s ais&eacute;ment en anglais, ce qui, en Syrie, n&rsquo;&eacute;tait pas donn&eacute; &agrave; tout le monde, une minorit&eacute; parle fran&ccedil;ais avec un accent qui ressemble &agrave; celui des francophones libanais.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tJ&rsquo;ai discut&eacute; avec un chirurgien, des ing&eacute;nieurs en &eacute;lectronique et en a&eacute;ronautique, un chercheur et des directeurs d&rsquo;entreprises. La plupart sont sunnites, craignant &agrave; la fois les forces du r&eacute;gime et DAESH, d&rsquo;autres sont alaouites, mais ne se reconnaissent pas dans le r&eacute;gime des al Assad ou n&rsquo;ont pas envie de se battre pour lui. Entre eux, je n&rsquo;ai pas constat&eacute; de tension perceptible. Les fanatiques religieux, &agrave; en juger par leur habillement, sont fort peu nombreux dans cet exode. On ne peut non plus exclure que cet exil compte &eacute;galement quelques centaines de sympathisants de l&rsquo;Etat Islamique, cela semblant in&eacute;vitable, mais, si c&rsquo;est le cas, on parlera d&rsquo;une petite minorit&eacute; non repr&eacute;sentative.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tS&rsquo;ils vont en Allemagne, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils savent que du travail les y attend. Cela fera les affaires de tous, des compatriotes de Madame Merkel, qui trouveront en eux des travailleurs qualifi&eacute;s dispos&eacute;s &agrave; accepter des traitements minimums&nbsp;; et les leurs, qui ont envie d&rsquo;une nouvelle vie. Ils vous expliquent que la Syrie cela ne veut rien dire, que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une mosa&iuml;que disparate d&rsquo;une trentaine de communaut&eacute;s, de langues, de cultures et de religions&nbsp;; que c&rsquo;est le fruit du d&eacute;coupage effectu&eacute; &agrave; la va-vite par les puissances coloniales, au d&eacute;but du si&egrave;cle pass&eacute;, sans se soucier le moins du monde des cons&eacute;quences futures de leurs d&eacute;cisions.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTant qu&rsquo;une dictature unique d&eacute;tenait le pouvoir, chacun devait se contenter de son sort et baisser la t&ecirc;te, mais maintenant, face aux exactions des uns et des autres, s&rsquo;accrocher &agrave; un bout de terre qui, ils le disent tous, ne redeviendra jamais un pays, n&rsquo;a aucun sens.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls partent pour ne jamais revenir. Ils parlent d&rsquo;une guerre qui peut encore durer dix ou quinze ans et qui ne les int&eacute;resse pas.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUn ex-pilote de ligne chr&eacute;tien, tr&egrave;s sympa, de la Syrian Airlines me pr&eacute;cise que tous les gens que je vois disposent d&rsquo;un t&eacute;l&eacute;phone mobile et de connaissances sup&eacute;rieures &agrave; la moyenne des Hongrois en informatique, en g&eacute;ographie et en &eacute;conomie. Pour nous, le dilemme, c&rsquo;&eacute;tait moisir dans un pays pauvre dans lequel notre vie &eacute;tait en danger, sans avenir, alors que nous distinguions, &agrave; l&rsquo;horizon, une montagne d&rsquo;or sur laquelle nous avons les capacit&eacute;s requises pour nous installer.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a aussi l&rsquo;exag&eacute;ration des chiffres, enfl&eacute;s pour faire le buzz ou pour cr&eacute;er la panique. Leur Eldorado absolu, l&rsquo;Allemagne, a accueilli 67 000 Syriens en tout jusqu&rsquo;en janvier 2015, soit 0.08% de sa population. Elle s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; en recevoir 150 000, y compris les r&eacute;fugi&eacute;s d&rsquo;autres provenances, jusqu&rsquo;&agrave; la fin de cette ann&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt m&ecirc;me s&rsquo;ils devaient hypoth&eacute;tiquement &ecirc;tre un million, sur une population de 82 millions, comme certains sp&eacute;cialistes allemands l&rsquo;envisagent, cela resterait un grain de sable profitable pour le march&eacute; du travail et, partant, pour l&rsquo;&eacute;conomie de la plus grande puissance europ&eacute;enne.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tConform&eacute;ment &agrave; la d&eacute;cision prise hier (lundi) par la Commission Europ&eacute;enne, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;est engag&eacute;e &agrave; accueillir 31 443 d&rsquo;entre les 120 000 r&eacute;fugi&eacute;s des zones de guerres arriv&eacute;s en Europe durant les trois derniers mois, et la France, 24 000.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA part les Pays-Bas, le Danemark, la Bulgarie, l&rsquo;Autriche et la Su&egrave;de (60 000&nbsp;!), aucun pays europ&eacute;en n&rsquo;a accueilli plus de dix mille r&eacute;fugi&eacute;s syriens jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent. L&rsquo;Arabie Saoudite n&rsquo;en a accueilli aucun, de m&ecirc;me que les &eacute;mirats du Golfe, dont les portes sont &eacute;galement demeur&eacute;es closes. La solidarit&eacute; panarabe demeure un mythe.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Egypte, malgr&eacute; le marasme dans lequel elle baigne, en a recueillis 130 000. L&rsquo;Irak, particuli&egrave;rement la r&eacute;gion kurde, 250 000.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu Liban, l&rsquo;apport des Syriens sunnites (20% de la population libanaise totale) a sensiblement modifi&eacute; le rapport entre les communaut&eacute;s sunnite et chiite, cette derni&egrave;re s&rsquo;&eacute;tant constitu&eacute;e, avec l&rsquo;aide de T&eacute;h&eacute;ran, un Etat dans l&rsquo;Etat, disposant de sa propre arm&eacute;e, de ses tribunaux et de son syst&egrave;me de communications.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn Jordanie, les 630 000 Syriens &ndash; exactement 10% de la population du royaume &ndash; renforcent le pouvoir du roi et de ses b&eacute;douins au d&eacute;triment des Palestiniens, largement majoritaires jusqu&rsquo;alors. Suite &agrave; ce mouvement d&eacute;mographique, la Jordanie, gr&acirc;ce &agrave; sa &quot;nouvelle diversit&eacute;&quot;, va cesser de constituer le &quot;v&eacute;ritable Etat de Palestine&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl existe tr&egrave;s nettement une immigration &agrave; deux et m&ecirc;me &agrave; trois vitesses, celle des Syriens pauvres, qui franchissent une fronti&egrave;re et s&rsquo;installent dans une ville de tentes, celle qui fait l&rsquo;actualit&eacute;, ces jours-ci , du c&ocirc;t&eacute; de Budapest, et la troisi&egrave;me, celle des &quot;tr&egrave;s pauvres&quot; qui errent d&rsquo;une r&eacute;gion de Syrie &agrave; l&rsquo;autre, fuyant les combats.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIls seraient sept millions &agrave; avoir &eacute;t&eacute; contraints de quitter leur domicile, en &eacute;tant jet&eacute;s sur des routes dangereuses. En tout, c&rsquo;est la moiti&eacute; de la population qui est partie de chez elle, en plus des 340 000 morts et des deux millions de bless&eacute;s. La catastrophe a pris des proportions dantesques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOn s&rsquo;aper&ccedil;oit, en grattant un peu le politiquement correct, que l&rsquo;Europe n&rsquo;a rien &agrave; craindre de cette vague d&rsquo;immigration sp&eacute;cifique. Fran&ccedil;ois Hollande devrait d&rsquo;ailleurs temp&eacute;rer ses ardeurs guerri&egrave;res et bien penser &agrave; tout avant d&rsquo;envoyer nos soldats combattre DAESH en Syrie.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;abord, parce que la situation ne le justifie pas, ensuite, parce que notre arm&eacute;e ne peut rien changer en intervenant seule&nbsp;; enfin, parce que le pr&eacute;sident normal n&rsquo;est pas assez au fait des int&eacute;r&ecirc;ts r&eacute;els des puissances qui s&rsquo;affrontent, directement ou par suppl&eacute;tifs interpos&eacute;s, sur les champs de bataille syrien et irakien. La guerre, comme le reste, n&rsquo;est jamais ce qu&rsquo;elle para&icirc;t &ecirc;tre.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl dit vouloir se limiter &agrave; faire de l&rsquo;observation a&eacute;rienne, mais ce n&rsquo;est certes pas cela qui fera reculer DAESH. Cette d&eacute;claration de Hollande est d&rsquo;ailleurs surprenante&nbsp;: les Am&eacute;ricains, qui bombardent le califat islamique quotidiennement, le font-ils sans rep&eacute;rages pr&eacute;alables&nbsp;? La France ne se satisfait-elle pas des rep&eacute;rages r&eacute;alis&eacute;s par les Yankees&nbsp;? Ou est-ce que les <em>Boys<\/em> ne partagent pas les informations qu&rsquo;ils recueillent avec leurs alli&eacute;s fran&ccedil;ais, pourtant d&eacute;j&agrave; sur place et membres de la m&ecirc;me coalition&nbsp;? Chacune de ces hypoth&egrave;ses est inqui&eacute;tante et on risquerait la vie de nos aviateurs pour effectuer un travail qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; par d&rsquo;autres, avec des moyens plus sophistiqu&eacute;s et plus nombreux que les n&ocirc;tres. A moins qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse d&rsquo;un d&eacute;lire pr&eacute;sidentiel destin&eacute; &agrave; faire croire que l&rsquo;Arm&eacute;e ne reste pas inactive face aux probl&egrave;mes pos&eacute;s par cette vague d&rsquo;immigration. Dans ce cas, le plan d&rsquo;enfumage est loup&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPuis, en frappant les djihadistes sunnites, on laisserait le champ libre aux Iraniens. Et m&ecirc;me si je sais que des d&eacute;l&eacute;gations d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires font la queue sur le vol Paris-T&eacute;h&eacute;ran, je me demande si une rupture de l&rsquo;&eacute;quilibre pr&eacute;caire qui pr&eacute;vaut entre les satrapes sunnites et chiites servirait l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;Occident.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa &quot;crise hongroise&quot; est cependant un avatar d&rsquo;un probl&egrave;me terriblement plus pr&eacute;occupant. Celui de la montagne d&rsquo;or. Pour les jeunes Maghr&eacute;bins, les Africains en g&eacute;n&eacute;ral, et les populations des grands pays sunnites, elle brille de mille feux pendant qu&rsquo;ils ont les pieds profond&eacute;ment enlis&eacute;s dans la m&eacute;lasse.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tS&ucirc;r que pour emp&ecirc;cher que la situation nedevienne r&eacute;ellement incontr&ocirc;lable, il faudra &quot;aller faire de l&rsquo;ordre l&agrave;-bas&quot;. Et pas comme les amateurs qui nous gouvernent ont cru le faire en d&eacute;boulonnant Kadhafi et Moubarak au profit des islamistes et en s&rsquo;en prenant &agrave; la dictature d&rsquo;al Assad, qui avait l&rsquo;avantage, comme les experts de la M&eacute;na l&rsquo;avaient &eacute;crit des ann&eacute;es durant avant la Guerre Civile, d&rsquo;&ecirc;tre le m&eacute;chant flic qui maintenait le statu quo dans un pays ingouvernable.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQuant &agrave; l&rsquo;accord sur le nucl&eacute;aire iranien, il ne va qu&rsquo;accentuer les tensions, in&eacute;vitablement, en donnant acc&egrave;s aux ayatollahs &agrave; des sommes consid&eacute;rables et en levant le boycott qui les frappait sur les armes. Deux ingr&eacute;dients assur&eacute;s pour la cr&eacute;ation de la prochaine vague d&rsquo;immigrants.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est la fin de cette vue de l&rsquo;esprit qui laissait grossir un monde &agrave; deux vitesses. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, celui des nantis libres, de l&rsquo;autre, celui des pauvres brim&eacute;s par des autocraties. Les dictatures, c&rsquo;est comme le racisme, il n&rsquo;y en a pas d&rsquo;acceptables. Il n&rsquo;en existe pas, &agrave; terme, qui accouchent d&rsquo;autre chose que de la guerre, et de ses corollaires ins&eacute;parables que sont la mort, la mis&egrave;re et l&rsquo;immigration.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSurtout si on fait tomber les garde-fous pro-occidentaux du genre de Kadhafi, Moubarak et al Assad. Mais o&ugrave; en sont les Printemps arabes&nbsp;? C&rsquo;est la question qu&rsquo;il faut poser aux centaines d&rsquo;observateurs et de gouvernants europ&eacute;ens bon teint que la r&eacute;volution djihadiste avait fait verser dans l&rsquo;extase.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn fin de compte, il faudra aller imposer l&rsquo;ordre en Syrie-Irak-Liban-Iran, il en va de la sauvegarde de la montagne d&rsquo;or&nbsp;: soit on &eacute;largit sa surface, soit on l&rsquo;entoure d&rsquo;un mur de s&eacute;curit&eacute;. Il sera &eacute;galement n&eacute;cessaire d&rsquo;y maintenir le calme jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;&eacute;mergent des structures politiques fiables. Ne me demandez pas comment on doit s&rsquo;y prendre, car je n&rsquo;en ai pas la moindre id&eacute;e. Le drame, c&rsquo;est que nos responsables politiques non plus. Maisla diff&eacute;rence, c&rsquo;est que ce n&rsquo;est pas moi qui ai foutu le bordel. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Immigrants syriens&nbsp;: pas ceux que l&rsquo;on croit(info # 010709\/15)[Analyse] Par Patricia La Mosca &copy; MetulaNewsAgency &nbsp; Je reviens &agrave; peine de trois jours en Hongrie, o&ugrave; j&rsquo;ai partag&eacute; une partie du sort des r&eacute;fugi&eacute;s syriens, en les accompagnant, notamment &agrave; pied sur une vingtaine de kilom&egrave;tres. 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