{"id":11225,"date":"2015-09-13T19:37:43","date_gmt":"2015-09-13T19:37:43","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11225"},"modified":"2015-09-13T19:37:43","modified_gmt":"2015-09-13T19:37:43","slug":"lhistoire-de-louise-par-louise-attia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lhistoire-de-louise-par-louise-attia\/","title":{"rendered":"L&rsquo;histoire de Louise, par Louise Attia"},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&#39;histoire de Louise, par Louise Attia<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"ancre_video\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tUne recension de &nbsp;Jean-Pierre Allali<\/p>\n<p>\n\t\t\tLouise, c&#39;est Ourida Louise Attia, n&eacute;e le 2 avril 1939 &agrave; M&#39;sila dans le d&eacute;partement de Constantine, en Alg&eacute;rie. Fille de Mo&iuml;se Attia dit Mouchy et d&#39;Esther Bounan. Alors qu&#39;elle est hospitalis&eacute;e &agrave; Clamart, elle d&eacute;cide de r&eacute;diger ses m&eacute;moires. Ce qui nous vaut ce livre. Un livre de souvenirs qui fleure bon l&#39;Alg&eacute;rie de papa o&ugrave; les Juifs, portaient la &laquo; djubba &raquo; et o&ugrave; les femmes arabes se d&eacute;pla&ccedil;aient en &laquo; cabcabes &raquo;, des sabots de bois. On y retrouve les &laquo; blis-blis &raquo;, pois chiches s&eacute;ch&eacute;s, le pain &laquo; matloh &raquo;, &agrave; la semoule et les &laquo; kanouns &raquo; du chabbat, &laquo; platas &raquo; de l&#39;&eacute;poque. Mais ce qui frappe, surtout, dans le r&eacute;cit de Louise, c&#39;est la succession de malheurs qui ont marqu&eacute; sa vie. On a peine &agrave; croire qu&#39;une telle d&eacute;veine puisse exister.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa petite Louise n&#39;a que sept mois quand sa m&egrave;re est emport&eacute;e par une fi&egrave;re intestinale. D&egrave;s lors, elle sera confi&eacute;e &agrave; une nourrice arabe, Fatima, puis &agrave; sa tante paternelle, Raymonde. En 1940, comme tous les Juifs d&#39;Alg&eacute;rie, elle perd la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise. Tr&egrave;s vite, elle r&eacute;alise que son p&egrave;re n&#39;est pas tr&egrave;s recommandable : &laquo; Mon p&egrave;re ne respecte rien ni personne, il profite sans vergogne de l&#39;argent de ses parents d&eacute;c&eacute;d&eacute;s, oublieux de la peine qu&#39;ils ont eu &agrave; b&acirc;tir leur fortune, et il est a terreur de ses fr&egrave;res et s&oelig;urs &raquo;. Pire, &laquo; Amateur de femmes, il a de nombreuses ma&icirc;tresses &raquo;. Mo&iuml;se Atlan, violent, n&#39;h&eacute;site pas &agrave; corriger sa fille &agrave; la cravache &agrave; la moindre incartade.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1945, Louise est mise en pension chez une autre tante, Rosalie, &agrave; Alger. L&agrave;, elle devient le souffre douleur et la servante de la famille jusqu&#39;en 1946 o&ugrave; la voil&agrave; &agrave; Djelfa, chez la tante Esther puis, &agrave; nouveau, &agrave; Alger. L&agrave; aussi, on en fait la petite bonne, l&#39;esclave m&ecirc;me, charg&eacute;e de vider les pots de chambre et de s&#39;occuper des chats.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn 1947, Louise accompagne sa famille d&#39;adoption &agrave; Marseille en vue d&#39;un d&eacute;part en Palestine. Mais comme elle attrape une gale tenace, l&#39;alyah est annul&eacute;e et tout le monde se retrouve &agrave; Paris. De retour &agrave; Alger Louise est &agrave; nouveau plac&eacute;e chez Rosalie : bonne &agrave; tout faire le matin, cireuse de chaussures l&#39;apr&egrave;s-midi.<\/p>\n<p>\n\t\t\t1949. Mouchy, qui a &eacute;t&eacute; embauch&eacute; comme m&eacute;canicien et gardien chez Citr&ouml;en, part avec Louise pour Paris. Ils habitent le quartier de la Goutte d&#39;Or, un h&ocirc;tel de passes. Louise a dix ans, mais ne sait pratiquement ni lire ni &eacute;crire car elle n&#39;a pas &eacute;t&eacute; scolaris&eacute;e. Son p&egrave;re boit et joue au poker tandis qu&#39;elle fait les poubelles. Souvent, Mouchy finit ses soir&eacute;es en cellule de d&eacute;grisement au commissariat. En 1950, de peur de perdre la garde de son enfant, il la confie &agrave; une autre de ses s&oelig;urs, Fortun&eacute;e. Litt&eacute;ralement trimbal&eacute;e d&#39;une parente &agrave; une autre et de foyers d&#39;accueil en maisons d&#39;enfants, Louis croisera un jour le Grand rabbin Kaplan qui lui trouvera un g&icirc;te &agrave; Neuilly.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa vie de Louise, on l&#39;aura compris, ne sera jamais de tout repos. En 1959, elle &eacute;pousera un coiffeur, Alfred Joseph Sarfati, de Bousa&acirc;da dont elle divorcera en 1995. Joseph Sarfati est mort en 2001. Il avait &eacute;t&eacute; op&eacute;r&eacute;, quelques ann&eacute;es avant, d&#39;une tumeur au cerveau.<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn sympathique cahier iconographique illustre agr&eacute;ablement ce livre qui nous raconte une histoire invraisemblable et pourtant vraie. &Agrave; d&eacute;couvrir.<\/p>\n<p>\n\t\t\tNote:<\/p>\n<p>\n\t\t\t(*) &Eacute;ditions Glyphe. Avec la collaboration de Fran&ccedil;oise Dachy. Juin 2015. 156 pages. 14 euros.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#39;histoire de Louise, par Louise Attia &nbsp; &nbsp; Une recension de &nbsp;Jean-Pierre Allali Louise, c&#39;est Ourida Louise Attia, n&eacute;e le 2 avril 1939 &agrave; M&#39;sila dans le d&eacute;partement de Constantine, en Alg&eacute;rie. Fille de Mo&iuml;se Attia dit Mouchy et d&#39;Esther Bounan. Alors qu&#39;elle est hospitalis&eacute;e &agrave; Clamart, elle d&eacute;cide de r&eacute;diger ses m&eacute;moires. 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