{"id":11227,"date":"2015-09-13T19:45:51","date_gmt":"2015-09-13T19:45:51","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11227"},"modified":"2015-09-13T19:45:51","modified_gmt":"2015-09-13T19:45:51","slug":"loasis-de-gabes-un-patrimoine-a-sauver-et-a-valoriser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/loasis-de-gabes-un-patrimoine-a-sauver-et-a-valoriser\/","title":{"rendered":"L\u2019oasis de Gab\u00e8s, un patrimoine \u00e0 sauver et \u00e0 valoriser"},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&rsquo;oasis de Gab&egrave;s, un patrimoine &agrave; sauver et &agrave; valoriser<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa cause de l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s n&rsquo;est pas encore perdue. Elle reste d&eacute;fendable. Alors d&eacute;fendons-l&agrave;. C&rsquo;est notre int&eacute;r&ecirc;t.<\/p>\n<p>\n\tPar&nbsp;Abdellatif Mrabet*<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn 2008, le minist&egrave;re tunisien de l&rsquo;Environnement et du D&eacute;veloppement durable a fait inscrire l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s en tant que site de cat&eacute;gorie mixte &ndash; &agrave; la fois naturel (crit&egrave;res Unesco VII et X) et culturel (crit&egrave;re IV) &ndash; sur la liste indicative de l&rsquo;Unesco.<\/p>\n<p>\n\tCependant,&nbsp; sept ans apr&egrave;s en avoir proclam&eacute; &ndash; et revendiqu&eacute; &ndash; la valeur universelle exceptionnelle, ce m&ecirc;me minist&egrave;re n&rsquo;a toujours pas propos&eacute; l&rsquo;inscription d&eacute;finitive de cette oasis sur la liste du patrimoine mondial. Qu&rsquo;en est-il? Comment relancer ce dossier, honorer notre engagement vis-&agrave;-vis de l&rsquo;Unesco et, surtout, proc&eacute;der &agrave; la protection d&rsquo;un important pan de notre patrimoine national?<\/p>\n<p>\n\t<strong>Des potentialit&eacute;s patrimoniales remarquables<\/strong><\/p>\n<p>\n\tLes atouts et les caract&eacute;ristiques de la candidature de l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s tels que soulign&eacute;s dans le dossier soumis &agrave; l&rsquo;Unesco renvoient &agrave; des potentialit&eacute;s patrimoniales remarquables qui justifient pleinement l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du site tant au plan national qu&rsquo;&agrave; celui international.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Ce sont:<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&ndash; une remarquable position m&eacute;diterran&eacute;enne, celle d&rsquo;un ensemble d&rsquo;oasis littorales de dimensions variables qui bordent le rivage de la Petite Syrte et s&rsquo;&eacute;gr&egrave;nent en une dizaine d&rsquo;&icirc;lots de verdure dont le chapelet forme un paysage unique au monde anciennement d&eacute;crit par Pline l&rsquo;Ancien, au 1er si&egrave;cle de notre &egrave;re;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; une riche biodiversit&eacute; soutenue par un &eacute;cosyst&egrave;me original bas&eacute; sur un microclimat oasien ainsi que sur une bonne exploitation des ressources naturelles en eau et en sol; d&eacute;clin&eacute;e en trois &eacute;tages de cultures, la flore y associe le palmier en hauteur, des arbres fruitiers &agrave; l&rsquo;&eacute;tage m&eacute;dian &ndash; grenadier, olivier, figuier, vigne &ndash; et des cultures mara&icirc;ch&egrave;res et des c&eacute;r&eacute;ales &agrave; fleur de sol&hellip; Aussi vari&eacute;e, &agrave; la fois aquatique et terrestre, la faune y est &eacute;galement riche avec &ndash; entre autres esp&egrave;ces &ndash; une importante diversit&eacute; d&rsquo;oiseaux aussi bien migrateurs que s&eacute;dentaires&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; un patrimoine aux expressions diverses, en bonne ad&eacute;quation tant avec le milieu oasien qu&rsquo;avec l&rsquo;histoire et la culture mat&eacute;rielle de ses habitants; dans ce champ, la dimension culturelle principale est inh&eacute;rente &agrave; l&rsquo;eau, autour de pratiques hydrauliques originales que ce soit par le juste partage du liquide pr&eacute;cieux entre les diff&eacute;rents usagers ou par la gestion savante de l&rsquo;irrigation et du drainage dans les jardins. Cependant, le patrimoine est aussi dans d&rsquo;autres savoir-faire et d&rsquo;autres usages, &eacute;l&eacute;ments d&rsquo;une v&eacute;ritable culture mat&eacute;rielle oasienne qui transpara&icirc;t jusque dans certaines&nbsp; activit&eacute;s artisanales, telles celles li&eacute;es au palmier &ndash; par l&rsquo;exploitation int&eacute;grale de l&rsquo;arbre, en fruits mais aussi en bois et en nervures &ndash;, &agrave; la vannerie, au travail de la laine &ndash; le margoum de Ouedhref &ndash;, &agrave; la p&ecirc;che, ou encore &agrave; travers des pratiques alimentaires et de conservation bien particuli&egrave;res&hellip;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Des d&eacute;gradations en s&eacute;rie<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCependant, ainsi bross&eacute; &agrave; grands traits, ce tableau patrimonial ne correspond&nbsp; plus aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;&eacute;tat r&eacute;el du site. Victime de l&rsquo;incurie administrative et de la grave pollution g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par les activit&eacute;s industrielles lourdes &ndash; chimiques &ndash; qui y ont &eacute;t&eacute; mises en place d&egrave;s les ann&eacute;es 1970, l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s a beaucoup perdu de son int&eacute;grit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\tParmi les&nbsp; multiples d&eacute;gradations qu&rsquo;elle a subies, il y a lieu de mentionner :<\/p>\n<p>\n\t&ndash; l&rsquo;urbanisation croissante &ndash; laisser-faire des municipalit&eacute;s et prolif&eacute;ration des constructions illicites, notamment depuis la r&eacute;volution &ndash; et la r&eacute;duction remarquable de la superficie cultiv&eacute;e dans les oasis de Jara, de Chott Essalem et de Menzel;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; la r&eacute;gression cons&eacute;quente de l&rsquo;activit&eacute; agricole;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; le tarissement des sources, l&rsquo;hydromorphie et la salinisation des eaux en raison de la surexploitation des nappes et faute d&rsquo;entretien des traditionnels drains en terre et leur remplacement par des canalisations en b&eacute;ton ou en PVC;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; la mise &agrave; mal de la biodiversit&eacute; notamment v&eacute;g&eacute;tale avec la diminution de plusieurs cultivars de palmier (selon certains rapports, il n&rsquo;en reste plus que 5 contre 45) et d&rsquo;arbres fruitiers suite &agrave; leur d&eacute;valorisation &eacute;conomique; de m&ecirc;me certaines esp&egrave;ces fauniques se trouvent &eacute;galement menac&eacute;es, victimes de la s&eacute;v&egrave;re pollution de l&rsquo;air, des sols et, aux dires de certains, m&ecirc;me des eaux&hellip;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Des projets &agrave; port&eacute;es diverses<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCertes, face &agrave; cette situation, l&rsquo;Etat tunisien n&rsquo;a pas manqu&eacute; de r&eacute;action, en diligentant des projets de port&eacute;es diverses, les uns nationaux, les autres, les plus nombreux, en coop&eacute;ration, &agrave; l&rsquo;international.<\/p>\n<p>\n\tParmi les grands projets, il y a lieu de mentionner celui tout r&eacute;cent de&nbsp;&laquo;gouvernance environnementale&raquo;&nbsp;financ&eacute; par l&rsquo;Union europ&eacute;enne (5 millions d&rsquo;euros sous forme de don) ainsi que celui relatif &agrave; la &laquo;gestion durable des syst&egrave;mes oasiens&raquo;&nbsp;(6 millions de dollars par le Fonds pour l&rsquo;environnement mondial).<\/p>\n<p>\n\tA mentionner &eacute;galement d&rsquo;importants rapports et de diff&eacute;rentes &eacute;tudes ciblant des sujets fort divers tel que le changement climatique (&lsquo;&lsquo;Comment en prot&eacute;ger les oasis&rsquo;&rsquo;,&nbsp;&eacute;tude du minist&egrave;re de l&rsquo;Environnement\/GIZ, 2012), ou&nbsp;&lsquo;&lsquo;La gouvernance des ressources naturelles&rsquo;&rsquo;&nbsp;(l&rsquo;Union internationale pour la conservation de la nature, UICN, en 2010), ou encore le projet relatif &agrave; la gestion des aquif&egrave;res c&ocirc;tiers des oasis de Gab&egrave;s qui, initi&eacute; en 2009 pour trois ann&eacute;es, est soutenu par le Fonds fran&ccedil;ais pour l&rsquo;environnement mondial (FFEM)&hellip;<\/p>\n<p>\n\tToutefois, jusqu&rsquo;ici, lointaines, de faible visibilit&eacute; &ndash; malgr&eacute; une m&eacute;diatisation parfois assez&nbsp; soutenue &ndash;, non suivies de l&rsquo;engagement sur terrain et de l&rsquo;&eacute;nergie que n&eacute;cessite le traitement de la situation actuelle de l&rsquo;oasis, ces mesures n&rsquo;ont&nbsp; abouti &agrave; rien de concret&hellip; L&rsquo;environnement continue &agrave; se d&eacute;grader au grand dam des citoyens qui, de d&eacute;sespoir, en sont parfois venus &agrave; des&nbsp; r&eacute;actions&nbsp; extr&ecirc;mes, m&ecirc;l&eacute;es &agrave; la fois de contestation, d&rsquo;indignation et de fatalisme&hellip; Les associations, quant &agrave; elles, font ce qu&rsquo;elles peuvent en d&eacute;non&ccedil;ant et en appelant &agrave; l&rsquo;application de l&rsquo;article 45 de la nouvelle constitution&hellip; Cependant, jusqu&rsquo;ici, elles ne semblent pas plus entendues que les Gab&eacute;siens eux-m&ecirc;mes&hellip;<\/p>\n<p>\n\tSur le strict plan du patrimoine, la situation n&rsquo;est gu&egrave;re plus reluisante. Hormis cette d&eacute;claration d&rsquo;intention de 2008 enregistr&eacute;e aupr&egrave;s de l&rsquo;Unesco, l&rsquo;Etat, &agrave; notre connaissance, n&rsquo;a pas engag&eacute; la moindre action d&rsquo;envergure visant la sauvegarde ou la valorisation de l&rsquo;oasis en tant que telle! A vrai dire, rien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; fait pour la valorisation et la sauvegarde de ce patrimoine. L&rsquo;oasis se meurt &agrave; petit feu min&eacute;e par la pollution et d&eacute;laiss&eacute;e par les pouvoirs publics. Le minist&egrave;re de la Culture, &agrave; ce jour, n&rsquo;a pas&nbsp; de programme particulier pour cette oasis que l&rsquo;Etat souhaite inscrire sur la liste du patrimoine mondial.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Des actions &agrave; entreprendre<\/strong><\/p>\n<p>\n\tPourtant, sur terrain, m&ecirc;me &agrave; des niveaux modestes de gestion et de&nbsp;&laquo;minimum&raquo;&nbsp;patrimonial, que d&rsquo;actions &agrave; entreprendre. Ainsi, s&rsquo;agissant de patrimoine culturel mat&eacute;riel, on peut en urgence en envisager plusieurs qui concernent :<\/p>\n<p>\n\t&ndash; les sites arch&eacute;ologiques les plus vuln&eacute;rables parmi ceux d&eacute;j&agrave; r&eacute;pertori&eacute;s et signal&eacute;s pour protection urgente d&egrave;s l&rsquo;an 2000, lors de l&rsquo;&eacute;tablissement de la carte arch&eacute;ologique, feuille Gab&egrave;s (147) ;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; les monuments hydrauliques en rapport avec l&rsquo;oasis (le barrage romain de Chenini, la digue romaine de Erremathi&hellip;);<\/p>\n<p>\n\t&ndash; les mosqu&eacute;es, mausol&eacute;es et autres espaces cultuels, &agrave; l&rsquo;exemple de la mosqu&eacute;e Sidi Idriss de la Petite Jara ou de l&rsquo;&eacute;cole mouradite &agrave; Sidi Boulbaba;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; les vestiges des installations d&rsquo;&eacute;poque coloniale en rapport avec le projet de la mer int&eacute;rieure (la maison F. Lesseps &agrave; Chott Ouedhref, ses entrep&ocirc;ts) ou avec celui du chemin de fer transsaharien Gab&egrave;s-Ghadam&egrave;s (tron&ccedil;ons de rails et pont encore visible sur la route MC Gab&egrave;s-Matmata);<\/p>\n<p>\n\t&ndash; quelques constructions de l&rsquo;&eacute;poque coloniale, &agrave; l&rsquo;exemple de l&rsquo;h&ocirc;tel Atlantic dans la ville m&ecirc;me de Gab&egrave;s (o&ugrave; Rommel s&rsquo;installa&nbsp; pour quelque temps, en 1943) ou du camp en terre de Ras El-Oued\/Chenini, premier lieu de casernement de l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise apr&egrave;s son d&eacute;barquement en1881&hellip;<\/p>\n<p>\n\tPour le patrimoine culturel immat&eacute;riel, les propositions peuvent &ecirc;tre bien plus&nbsp; nombreuses tant riche est le patrimoine oasien et tant sont vari&eacute;s les pratiques, les savoirs, les techniques et les usages qui s&rsquo;y rapportent.<br \/>\n\tPourquoi alors tant d&rsquo;immobilisme ? Est-ce du renoncement ?<\/p>\n<p>\n\t<strong>Plus de fermet&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des pollueurs &nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCertes, il ne fait pas de doute que l&rsquo;&eacute;tat de l&rsquo;oasis s&rsquo;est beaucoup d&eacute;grad&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es. Toutefois, son cas n&rsquo;est pas d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; et son sauvetage demeure possible pour peu qu&rsquo;on y mette la volont&eacute; n&eacute;cessaire.<\/p>\n<p>\n\tLa pollution, aussi s&eacute;v&egrave;re soit-elle, peut&nbsp; toujours trouver rem&egrave;de dans des&nbsp; mesures justes et r&eacute;paratrices que l&rsquo;Etat se doit de prendre, en urgence et avec la fermet&eacute; qui s&rsquo;impose. Les rapports et &eacute;tudes d&eacute;j&agrave; mentionn&eacute;s font &eacute;tat d&rsquo;une panoplie de solutions techniques dont il faut choisir les plus efficaces et arr&ecirc;ter en cons&eacute;quence les d&eacute;cisions qui s&rsquo;imposent !<\/p>\n<p>\n\tCependant, autant qu&rsquo;elle en appelle &agrave; la responsabilit&eacute; et au courage des &laquo;politiques&raquo;, la situation de l&rsquo;oasis exige la mobilisation et la solidarit&eacute; de tous les acteurs. En l&rsquo;esp&egrave;ce, s&rsquo;agissant de ce dossier, le minist&egrave;re de l&rsquo;Environnement &ndash; ou la direction g&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;environnement et de la qualit&eacute; de la vie au sein de l&rsquo;actuel minist&egrave;re de l&rsquo;Equipement, de l&rsquo;Am&eacute;nagement du territoire et du D&eacute;veloppement durable &ndash; doit imp&eacute;rativement&nbsp; mobiliser et s&rsquo;associer un certain nombre de partenaires, car la protection du patrimoine interpelle et concerne une multitude d&rsquo;instances, &agrave; commencer, au sein de ce m&ecirc;me d&eacute;partement minist&eacute;riel, de l&rsquo;Agence de protection et d&rsquo;am&eacute;nagement du littoral (Apal) et de l&rsquo;Agence nationale de protection de l&rsquo;environnement (ANPE). Ces deux institutions, de par leur objet, sont en effet appel&eacute;es &agrave; intervenir davantage dans ce dossier. Il y va de leur cr&eacute;dibilit&eacute;. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que r&eacute;clament les associations qui, &agrave; l&rsquo;instar d&rsquo;Al-Oufok pour le d&eacute;veloppement durable, les appellent &agrave; plus de fermet&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des pollueurs (colloque international de janvier 2012)!<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le r&ocirc;le du d&eacute;partement de la Culture<\/strong><\/p>\n<p>\n\tS&rsquo;agissant du partenariat, on s&rsquo;&eacute;tonne que le minist&egrave;re de la Culture, d&eacute;partement, officiellement en charge de la gestion du patrimoine culturel et, &agrave; ce titre, repr&eacute;sentant de l&rsquo;Etat tunisien aupr&egrave;s de l&rsquo;Unesco pour le patrimoine mondial, n&rsquo;ait pas &eacute;t&eacute; d&rsquo;entr&eacute;e associ&eacute; &agrave; ce projet. En &eacute;tant enregistr&eacute;e dans la cat&eacute;gorie dite site mixte &ndash; &agrave; la fois culturel et naturel &ndash;, la candidature m&ecirc;me de l&rsquo;oasis exige &ndash; ipso facto &ndash; le recours au partenariat et ce tant en amont, &agrave; la constitution du dossier par l&rsquo;Etat partie, qu&rsquo;en aval, au moment de sa soumission &agrave; l&rsquo;&eacute;valuation au sein de l&rsquo;Unesco, par les soins du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) pour le culturel et l&rsquo;Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour le naturel.<\/p>\n<p>\n\tNous sugg&eacute;rons en cons&eacute;quence que le dossier soit trait&eacute; en partage avec ce minist&egrave;re via son Institut national du patrimoine (INP), institution rest&eacute;e anormalement non impliqu&eacute;e alors qu&rsquo;elle est juridiquement et techniquement comp&eacute;tente pour tout ce qui &agrave; trait &agrave; l&rsquo;inventaire et &agrave; l&rsquo;&eacute;tude du patrimoine culturel. L&rsquo;INP doit &ecirc;tre imp&eacute;rativement saisi de ce dossier. Les actions &agrave; entreprendre &eacute;num&eacute;r&eacute;es ci-haut doivent &ecirc;tre inscrites au plus t&ocirc;t dans ses priorit&eacute;s. Idem, au sein m&ecirc;me du minist&egrave;re de la Culture, pour la direction g&eacute;n&eacute;rale du patrimoine qui doit veiller au suivi et veiller &agrave; ce que l&rsquo;engagement de l&rsquo;Etat soit honor&eacute;. Il est, par ailleurs, recommand&eacute; que cette instance ait parmi ses services un bureau en charge de tels dossiers patrimoine mondial\/Unesco. Quant &agrave; la Commission nationale du patrimoine, nous l&rsquo;appelons &agrave; se prononcer d&egrave;s que possible&nbsp; sur l&rsquo;opportunit&eacute; de classer les monuments d&eacute;j&agrave; indiqu&eacute;s, notamment le barrage romain de Chenini et l&rsquo;h&ocirc;tel Atlantique qui r&eacute;clament un sauvetage et une protection d&rsquo;extr&ecirc;me urgence !<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les autres d&eacute;partements concern&eacute;s<\/strong><\/p>\n<p>\n\tDe par sa complexit&eacute; et parce qu&rsquo;il est par d&eacute;finition pluridisciplinaire, ce dossier exige aussi la participation d&rsquo;autres actants, eux aussi, habilit&eacute;s &ndash; chacun dans sa sp&eacute;cialit&eacute; &ndash; &agrave; intervenir pour en permettre le traitement dans de bonnes conditions. Ici, faute de pouvoir les &eacute;num&eacute;rer tous, &eacute;voquons-en ceux qui peuvent d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; r&eacute;pondre &agrave; l&rsquo;urgence&nbsp; et aux exigences du dossier :<br \/>\n\t&ndash; le minist&egrave;re de l&rsquo;Enseignement sup&eacute;rieur et de la Recherche scientifique dont l&rsquo;action au travers de ses laboratoires de recherche et par ses &eacute;coles doctorales peut prolonger et compl&eacute;ter celles des autres intervenants : Institut national du patrimoine (INP\/ minist&egrave;re de la Culture), Apal, ANPE&hellip;<\/p>\n<p>\n\t&ndash; le minist&egrave;re du Tourisme et de l&rsquo;Artisanat dont l&rsquo;action est attendue pour ce qui est de la promotion de l&rsquo;artisanat oasien, &agrave; savoir la vannerie locale &agrave; base de feuilles de palmier tress&eacute;es pour la confection de chapeaux, de couffins, de couvercles de plats, d&rsquo;&eacute;ventails, autant de produits qui, issus de traditions s&eacute;culaires, r&eacute;sistent &agrave; la concurrence des produits modernes. Il en va de m&ecirc;me, d&rsquo;une autre activit&eacute; de production de paniers de toutes formes &agrave; partir de tiges de roseau savamment agenc&eacute;es. L&rsquo;action du minist&egrave;re est &eacute;galement souhaitable pour la relance de ce tourisme aujourd&rsquo;hui dit culturel et que l&rsquo;oasis avait d&eacute;j&agrave; connu dans les ann&eacute;es 1960, avant que ne viennent s&rsquo;y implanter les activit&eacute;s industrielles du Groupe chimique tunisien (GCT);<\/p>\n<p>\n\t&ndash; il faut de m&ecirc;me solliciter le minist&egrave;re de l&rsquo;Agriculture dont on attend la r&eacute;habilitation du travail de la terre et la remise en selle des activit&eacute;s agricoles d&eacute;pr&eacute;ci&eacute;es&hellip;<\/p>\n<p>\n\tCertes, parmi les minist&egrave;res, il y a d&rsquo;autres partenaires tels que l&rsquo;Int&eacute;rieur, le D&eacute;veloppement (notamment par le biais de l&rsquo;Office de d&eacute;veloppement du Sud\/ODS ) ou les Domaines de l&rsquo;Etat, autant d&rsquo;instances qui doivent travailler en r&eacute;seau et veiller &agrave; faire de leur mieux pour honorer les engagements de l&rsquo;Etat en mati&egrave;re de patrimoine.<\/p>\n<p>\n\t<strong>La n&eacute;cessaire participation des Gab&eacute;siens<\/strong><\/p>\n<p>\n\tCependant, insuffisant de lui-m&ecirc;me &agrave; garantir la patrimonialisation requise, le travail &laquo;officiel&raquo; de tous ces organismes doit aussi s&rsquo;accompagner d&rsquo;une concertation ouverte et continue&nbsp; avec les populations locales. Or, il faut le dire, &agrave; Gab&egrave;s, celles-ci, ont &eacute;t&eacute; soigneusement tenues &agrave; l&rsquo;&eacute;cart du projet! De m&ecirc;me, furent ignor&eacute;es les associations, &agrave; l&rsquo;exemple de la dynamique Association pour la sauvegarde de l&rsquo;oasis de Chenini (Asoc) ainsi que l&rsquo;association Al-Oufok pour le d&eacute;veloppement durable qui, justement, d&rsquo;elles-m&ecirc;mes, militent en faveur de l&rsquo;inscription de l&rsquo;oasis sur la liste du patrimoine mondial.<\/p>\n<p>\n\tLa reprise du dossier exige donc qu&rsquo;on rem&eacute;die au plus vite &agrave; ce d&eacute;faut de concertation avec les Gab&eacute;siens eux-m&ecirc;mes car, c&rsquo;est de leur patrimoine qu&rsquo;il s&rsquo;agit et on ne peut valoriser et prot&eacute;ger l&rsquo;oasis de fa&ccedil;on efficace et durable sans leur concours.<\/p>\n<p>\n\tBien entendu, pour ce faire, les autorit&eacute;s&nbsp; locales sont aussi appel&eacute;es &agrave; assumer leurs charges de fa&ccedil;on &agrave; &oelig;uvrer &agrave; leur tour pour la protection, la valorisation et la promotion de ce patrimoine sis sur leurs territoires. Or, jusqu&rsquo;ici, s&rsquo;agissant de ce dossier de l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s, exception faite peut-&ecirc;tre de la commune de Chenini-Nahal qui, en tandem avec l&rsquo;association Asoc, est parvenue &agrave; quelques r&eacute;alisations de nature &agrave; servir l&rsquo;oasis locale, force est de constater l&rsquo;insuffisance g&eacute;n&eacute;rale et la faiblesse de l&rsquo;action municipale. L&agrave; aussi, donc, la mobilisation doit &ecirc;tre de r&egrave;gle. Les conseils municipaux, les associations et les citoyens doivent travailler la main dans la main pour sauvegarder ce bel h&eacute;ritage.<\/p>\n<p>\n\tNon encore perdue, la cause de l&rsquo;oasis reste d&eacute;fendable. D&eacute;fendons-l&agrave; ! C&rsquo;est notre int&eacute;r&ecirc;t !<\/p>\n<p>\n\t* Directeur du laboratoire de recherche &laquo;&nbsp;Occupation du sol, peuplement et modes de vie dans le Maghreb antique et m&eacute;di&eacute;val&nbsp;&raquo; &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Sousse (Tunisie).<\/p>\n<p>\n\tKapitalis.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;oasis de Gab&egrave;s, un patrimoine &agrave; sauver et &agrave; valoriser &nbsp; &nbsp; La cause de l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s n&rsquo;est pas encore perdue. Elle reste d&eacute;fendable. Alors d&eacute;fendons-l&agrave;. C&rsquo;est notre int&eacute;r&ecirc;t. Par&nbsp;Abdellatif Mrabet* &nbsp; En 2008, le minist&egrave;re tunisien de l&rsquo;Environnement et du D&eacute;veloppement durable a fait inscrire l&rsquo;oasis de Gab&egrave;s en tant que site de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19960,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[9,1,122],"tags":[],"class_list":["post-11227","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tunisie","category-uncategorized","category-united-nations-educational-scientific-and-cultural-organization"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11227","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11227"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11227\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19960"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}