{"id":1129,"date":"2012-10-11T18:31:16","date_gmt":"2012-10-11T18:31:16","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1129"},"modified":"2012-10-11T00:24:35","modified_gmt":"2012-10-11T00:24:35","slug":"woody-allen-rire-pour-survivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/woody-allen-rire-pour-survivre\/","title":{"rendered":"Woody Allen, rire pour survivre"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1 class=\"main-title\">\n\t<span>Woody Allen, rire pour survivre<\/span><\/h1>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"article\">\n<div class=\"clr\">\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<p class=\"chapeau\">\n\t\tCe digne h&eacute;ritier d&#39;une longue lign&eacute;e de juifs d&#39;Europe de l&#39;Est a apport&eacute; &agrave; la culture am&eacute;ricaine son humour corrosif, son sens de l&#39;autod&eacute;rision et sa capacit&eacute; &agrave; rire des pires calamit&eacute;s.<\/p>\n<div class=\"article-right\">\n<div class=\"article-pic\">\n<script><\/script>\t\t\t<\/p>\n<div class=\"pic\">\n\t\t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"Woody Allen est venu pr\u00e9senter \u00ab You Will Meet a Tall Dark Stranger \u00bb au festival de Cannes en 2010. Entre humour, amour, haine et sexe, ce long m\u00e9trage suit plusieurs histoires \u00e0 la fois\" id=\"visuel\" name=\"visuel\" src=\"http:\/\/www.paris-normandie.fr\/media\/imagecache\/article-taille-normale\/protec\/2011-02\/2011-02-25\/201102254d67095bc5245-0.jpg\" title=\"Woody Allen est venu pr\u00e9senter \u00ab You Will Meet a Tall Dark Stranger \u00bb au festival de Cannes en 2010. Entre humour, amour, haine et sexe, ce long m\u00e9trage suit plusieurs histoires \u00e0 la fois\" \/><\/div>\n<p id=\"legende\">\n\t\t\t\tWoody Allen est venu pr&eacute;senter &laquo; You Will Meet a Tall Dark Stranger &raquo; au festival de Cannes en 2010. Entre humour, amour, haine et sexe, ce long m&eacute;trage suit plusieurs histoires &agrave; la fois<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"oas-position1\">\n<script><\/script><!-- SDVG_PN\/AutoPB-EMPTY-P2-DEFAULT-1409 -->\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/memorix.sdv.fr\/5\/paris-normandie.fr\/loisirs\/divers_article\/L41\/1660304729\/Position1\/SDVG_PN\/AutoPB-EMPTY-P2-DEFAULT-1409\/EMPTY-P2-DEFAULT.html\/5446376f466b695a466b4141422b6955?_RM_EMPTY_&amp;rubrique=Cin%C3%A9mas&amp;\" \/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tLes nouvelles de Woody Allen nous plongent dans un univers loufoque o&ugrave; l&#39;absurde r&egrave;gne en ma&icirc;tre. Pourtant, ses films, dans lesquels il s&#39;amuse &agrave; camper les m&oelig;urs des intellectuels new-yorkais, n&eacute;vros&eacute;s et adeptes (comme lui) du divan du psychanalyste, sont d&#39;authentiques plong&eacute;es dans l&#39;&acirc;me humaine. Capable de provoquer le fou rire du spectateur, Woody Allen le m&egrave;ne simultan&eacute;ment aux limites du tragique. Car dans son &oelig;uvre, les grands probl&egrave;mes existentiels &#8211; Dieu, le malentendu entre les sexes, la maladie, la morsure de la culpabilit&eacute;, la tyrannie du doute et, bien s&ucirc;r, la mort &#8211; ne sont jamais tr&egrave;s loin. Heureusement, l&#39;humour lui permet de les tenir &agrave; distance.<\/p>\n<p>\t\t<strong>Du mystere des origines<\/strong><br \/>\n\t\tPour comprendre o&ugrave; l&#39;on va, il faut savoir d&#39;o&ugrave; l&#39;on vient ! La pens&eacute;e juive s&#39;interroge en permanence sur les origines, le point de d&eacute;part de la vie, de l&#39;&ecirc;tre. Etre juif, c&#39;est se poser des questions, nous dit-elle. Tout petit, Woody Allen a repris le flambeau de cette tradition. &laquo; Quand j&#39;&eacute;tais gosse, j&#39;ai demand&eacute; &agrave; ma m&egrave;re d&#39;o&ugrave; venaient les b&eacute;b&eacute;s. Elle a cru que je disais les b&eacute;rets. Et elle m&#39;a r&eacute;pondu : Du Pays basque. Une semaine plus tard, une dame du quartier a donn&eacute; naissance &agrave; des tripl&eacute;s. J&#39;ai cru qu&#39;elle s&#39;&eacute;tait offert un long voyage &agrave; Biarritz. &raquo;<\/p>\n<p>\t\t<strong>De l&#39;existence de Dieu<\/strong><br \/>\n\t\t&laquo; Nous n&#39;avons qu&#39;un seul Dieu et nous n&#39;y croyons pas. &raquo; Woody Allen est pleinement en accord avec ce credo du juda&iuml;sme. &laquo; Je prenais du th&eacute; et des biscuits avec mon oncle. Subitement, il me posa cette question : crois-tu en Dieu. Et, si oui, combien crois-tu qu&#39;il p&egrave;se ? Je ne crois pas en Dieu, lui dis-je. Car, si Dieu existe, pourquoi ce monde conna&icirc;t-il tant de mis&egrave;re et de calvitie ? [&hellip;] &raquo;. En tout cas, &laquo; si Dieu existe, j&#39;esp&egrave;re qu&#39;il a une bonne excuse. &raquo;<\/p>\n<p>\t\t<strong>De l&#39;utilite de vivre<\/strong><br \/>\n\t\tLa vie m&eacute;rite-t-elle d&#39;&ecirc;tre v&eacute;cue ? Toute l&#39;&oelig;uvre de Woody Allen peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme la recherche d&#39;une r&eacute;ponse &agrave; cette question. &laquo; Un monument de souffrance, de mis&egrave;re et de solitude, et qui passe trop vite : grosso modo, c&#39;est comme &ccedil;a que je vois la vie &raquo;, confie-t-il dans Annie Hall. Pourtant, &agrave; l&#39;inverse du philosophe Arthur Schopenhauer, il n&#39;est pas totalement d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;. &laquo; Bon, certaines choses font qu&#39;elles m&eacute;ritent tout de m&ecirc;me d&#39;&ecirc;tre v&eacute;cues : je commencerai par Groucho Marx &raquo;, temp&egrave;re-t-il, avant d&#39;admettre avec sagesse : &laquo; Peut-&ecirc;tre qu&#39;au bout du compte, ce qu&#39;il faut, c&#39;est ne pas attendre trop de la vie. &raquo;<\/p>\n<p>\t\t<strong>des hommes et des femmes<\/strong><br \/>\n\t\tLucide, il constate &#8211; apr&egrave;s Freud &#8211; que l&#39;amour porte d&#39;embl&eacute;e en lui une contradiction qui rend compte de l&#39;impossibilit&eacute; d&#39;&ecirc;tre heureux &agrave; deux : &laquo; Lorsque nous tombons amoureux, nous cherchons &agrave; retrouver nos parents &agrave; travers l&#39;&ecirc;tre aim&eacute;. Mais en m&ecirc;me temps, nous lui demandons justement de r&eacute;parer les torts que ces m&ecirc;mes parents nous ont caus&eacute;s. &raquo; En outre, &laquo; le sexe et l&#39;amour sont compl&egrave;tement oppos&eacute;s. Le sexe all&egrave;ge les tensions, tandis que l&#39;amour les provoque &raquo;. Comment s&#39;&eacute;tonner alors du nombre de s&eacute;parations mises en sc&egrave;ne dans ses films ?<\/p>\n<p>\t\t<strong>De la peur de mourir<\/strong><br \/>\n\t\t&laquo; Il est difficile de faire l&#39;exp&eacute;rience de sa propre mort tout en fredonnant une chanson. &raquo; Bref, quand on est vivant, on n&#39;est pas encore mort ! &laquo; Ce n&#39;est pas que j&#39;aie vraiment peur de mourir, mais disons que je pr&eacute;f&egrave;re ne pas &ecirc;tre l&agrave; quand &ccedil;a arrivera &raquo;, pr&eacute;cise Woody Allen. La cr&eacute;ativit&eacute; est alors comme un pied de nez &agrave; cette mort qui r&ocirc;de, et le cin&eacute;aste-&eacute;crivain avoue : &laquo; Je ne tiens pas &agrave; atteindre l&#39;immortalit&eacute; gr&acirc;ce &agrave; mon &oelig;uvre, je pr&eacute;f&egrave;re y acc&eacute;der en ne mourant pas. &raquo;<\/p>\n<p>\t\tIsabelle TAUBES<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Woody Allen, rire pour survivre &nbsp; &nbsp; Ce digne h&eacute;ritier d&#39;une longue lign&eacute;e de juifs d&#39;Europe de l&#39;Est a apport&eacute; &agrave; la culture am&eacute;ricaine son humour corrosif, son sens de l&#39;autod&eacute;rision et sa capacit&eacute; &agrave; rire des pires calamit&eacute;s. 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