{"id":11295,"date":"2015-10-09T00:51:22","date_gmt":"2015-10-09T00:51:22","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11295"},"modified":"2015-10-09T00:51:22","modified_gmt":"2015-10-09T00:51:22","slug":"la-coexistence-juive-arabe-sur-les-bancs-de-lecole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-coexistence-juive-arabe-sur-les-bancs-de-lecole\/","title":{"rendered":"LA COEXISTENCE JUIVE-ARABE SUR LES BANCS DE L&rsquo;\u00c9COLE"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLA COEXISTENCE JUIVE-ARABE SUR LES BANCS DE L&#39;&Eacute;COLE<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;par&nbsp;Nathalie Hamou<br \/>\n\tPubli&eacute; dans Regards&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.cclj.be\/regards\/ndeg798\">n&deg;798<\/a><\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tEn d&eacute;pit de l&rsquo;impasse dans laquelle se trouvent les n&eacute;gociations isra&eacute;lo-palestiniennes, le r&eacute;seau d&rsquo;&eacute;coles &laquo;&nbsp;Main dans la Main&nbsp;&raquo; mise sur la coexistence des &eacute;coliers isra&eacute;liens juifs et arabes d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge.<\/p>\n<p>\n\t\tPerch&eacute;e sur les hauteurs du village arabe de Kfar Qara, situ&eacute; au sud-est de la ville de Ha&iuml;fa, l&rsquo;&eacute;cole primaire &laquo;&nbsp;Gesher al Hawadi&nbsp;&raquo; donne ce jour-l&agrave; le coup d&rsquo;envoi aux festivit&eacute;s marquant son 10e&nbsp;anniversaire. Comptant plus de 200 &eacute;l&egrave;ves &acirc;g&eacute;s de 5 &agrave; 12 ans, l&rsquo;&eacute;cole fonctionne sur un mod&egrave;le singulier&nbsp;: &agrave; raison de six heures par&nbsp;semaine, les &eacute;coliers travaillent s&eacute;par&eacute;ment dans leur langue maternelle. Mais la plupart du temps, ils &eacute;tudient ensemble, sous la houlette de deux ma&icirc;tresses&nbsp;: l&rsquo;une ne parlant qu&rsquo;h&eacute;breu et l&rsquo;autre, ne s&rsquo;exprimant qu&rsquo;en arabe. Nous sommes ici dans l&rsquo;&eacute;cole bilingue jud&eacute;o-arabe de Wadi Ara, dont le nom associe un mot h&eacute;bra&iuml;que &laquo;&nbsp;Gesher&nbsp;&raquo; (qui signifie le pont) au terme arabe &laquo;&nbsp;al Hawadi&nbsp;&raquo; (la vall&eacute;e). Cr&eacute;&eacute;e en 2004, l&rsquo;&eacute;cole fait partie des &eacute;tablissements alternatifs mis en place en Isra&euml;l par l&rsquo;association &agrave; but non lucratif &laquo;&nbsp;Main dans la main&nbsp;&raquo;&nbsp;(Hand by Hand), afin de promouvoir une &eacute;ducation bas&eacute;e sur la tol&eacute;rance.<\/p>\n<p>\n\t\tEn Isra&euml;l, l&rsquo;&eacute;ducation multiculturelle n&rsquo;est pas un sujet nouveau dans les pr&eacute;aux. L&rsquo;Etat h&eacute;breu s&rsquo;est construit par vagues d&rsquo;immigrations successives. Habitu&eacute;s &agrave; s&rsquo;asseoir sur les m&ecirc;mes bancs que des &eacute;l&egrave;ves &laquo;&nbsp;venus d&rsquo;ailleurs&nbsp;&raquo;, les petits Isra&eacute;liens b&eacute;n&eacute;ficient aussi d&rsquo;un enseignement &agrave; la carte. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;&eacute;ducation publique s&rsquo;organise autour de trois fili&egrave;res&nbsp;: les &eacute;tablissements la&iuml;ques, les &eacute;coles juives religieuses et celles du secteur arabe. Cette diversit&eacute; refl&egrave;te celle de la population nationale, qui compte une importante minorit&eacute; d&rsquo;Arabes isra&eacute;liens (20%).<\/p>\n<p>\n\t\tCens&eacute; offrir une libert&eacute; de choix, qui permet &agrave; chacun d&rsquo;&eacute;tudier en fonction de ses croyances, ce syst&egrave;me poss&egrave;de toutefois un inconv&eacute;nient majeur&nbsp;: en Isra&euml;l, &eacute;l&egrave;ves juifs et arabes n&rsquo;ont gu&egrave;re l&rsquo;occasion de se fr&eacute;quenter dans les cours de r&eacute;cr&eacute;ation. Et si l&rsquo;h&eacute;breu est obligatoire dans les &eacute;coles du secteur arabe, il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me pour l&rsquo;arabe que les lyc&eacute;ens isra&eacute;liens apprennent de moins en moins. Au total, ce syst&egrave;me &eacute;ducatif tr&egrave;s cloisonn&eacute; ne favorise pas l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une &eacute;ducation pour la paix qui fait si cruellement d&eacute;faut dans la r&eacute;gion.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Une lecture commune des &eacute;v&eacute;nements<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAu sein des classes du r&eacute;seau scolaire &laquo;&nbsp;Main dans la main&nbsp;&raquo;, le contraste est saisissant. A Wadi Ara, &eacute;l&egrave;ves juifs et arabes isra&eacute;liens -qui peuplent &agrave; part quasi &eacute;gale chacune des classes- s&rsquo;efforcent de ma&icirc;triser d&egrave;s la fin du Cours pr&eacute;paratoire les deux alphabets; tous doivent &eacute;tudier la Bible et le Coran; enfin, la plupart des f&ecirc;tes juives et musulmanes sont c&eacute;l&eacute;br&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;cole; sans oublier les f&ecirc;tes nationales, comme le jour de l&rsquo;Ind&eacute;pendance de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l, que les Arabes comm&eacute;morent sous le terme de &laquo;&nbsp;Nakba&nbsp;&raquo;, litt&eacute;ralement la catastrophe.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Lors de notre premi&egrave;re ann&eacute;e, ces deux &eacute;v&egrave;nements &eacute;taient comm&eacute;mor&eacute;s s&eacute;par&eacute;ment&nbsp;: les &eacute;l&egrave;ves juifs et arabes avaient chacun leur c&eacute;r&eacute;monie. Puis, nous avons jug&eacute; qu&rsquo;il &eacute;tait pr&eacute;f&eacute;rable de le faire en commun&nbsp;&raquo;, explique la direction de l&rsquo;&eacute;cole, compos&eacute; du tandem form&eacute; par Hasan Agbaria (le directeur) et Masha Krasnitsky (son adjointe). Dans la mesure o&ugrave; il n&rsquo;existait pas de curriculum jud&eacute;o-arabe bilingue dans le pays, l&rsquo;&eacute;cole a d&ucirc; innover&nbsp;: &eacute;laborer ses propres outils p&eacute;dagogiques et manuels scolaires, imposer son syst&egrave;me d&rsquo;enseignement en bin&ocirc;mes, et aussi allonger la journ&eacute;e d&rsquo;&eacute;tudes jusqu&rsquo;&agrave; 16h, trois heures de plus que les autres &eacute;coles isra&eacute;liennes.<\/p>\n<p>\n\t\tReste que l&rsquo;action de l&rsquo;association &agrave; but non lucratif &laquo;&nbsp;Main dans la main&nbsp;&raquo; s&rsquo;inscrit dans un cadre plus large. Lanc&eacute; par deux r&eacute;sidents de J&eacute;rusalem, Amin Khalaf et Lee Gordon, ce mod&egrave;le d&rsquo;&eacute;ducation bilingue et multiculturelle, agr&eacute;&eacute; par le minist&egrave;re isra&eacute;lien de l&rsquo;Education (ce qui ram&egrave;ne les frais de scolarit&eacute; &agrave; 5.000 shekels par an), s&rsquo;est d&rsquo;abord d&eacute;ploy&eacute; dans la Ville Sainte, avant d&rsquo;essaimer en Galil&eacute;e. En 1997, un second &eacute;tablissement a &eacute;t&eacute; lanc&eacute; &agrave; Misgav, pr&egrave;s de la ville arabe de Sakhnin. Mais c&rsquo;est l&rsquo;ouverture de l&rsquo;&eacute;cole &laquo;&nbsp;Gesher al Hawadi&nbsp;&raquo;, qui a donn&eacute; toute sa dimension &agrave; ce projet p&eacute;dagogique, puisque cet &eacute;tablissement a permis de scolariser des enfants juifs au c&oelig;ur d&rsquo;une ville arabe. Une premi&egrave;re dans l&rsquo;histoire du pays.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Un succ&egrave;s en d&eacute;pit des obstacles<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa cr&eacute;ation de ce troisi&egrave;me projet pilote n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; simple. L&rsquo;id&eacute;e a surgi au lendemain des &eacute;meutes d&rsquo;octobre 2000, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du d&eacute;but de la seconde intifada, et plus particuli&egrave;rement dans la foul&eacute;e d&rsquo;une manifestation d&rsquo;Arabes isra&eacute;liens organis&eacute;e dans les villes de Wadi Ara et de Sakhnin, qui s&rsquo;est termin&eacute;e par la mort de treize d&rsquo;entre eux. Soucieux de surmonter ces &eacute;v&egrave;nements traumatiques, un groupe de parents juifs et arabes a eu l&rsquo;id&eacute;e de se tourner vers l&rsquo;association &laquo;&nbsp;Main dans la main&nbsp;&raquo; pour promouvoir l&rsquo;&eacute;galit&eacute; scolaire entre Juifs et Arabes &agrave; Kfar Qara.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tSelon l&rsquo;association des parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves de l&rsquo;&eacute;cole &laquo;&nbsp;Gesher al Hawadi&nbsp;&raquo;, les attentes sont tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;es. &laquo;&nbsp;Les familles arabes sont particuli&egrave;rement exigeantes en termes de quantit&eacute; de travail et veulent des r&eacute;sultats, car cette minorit&eacute; doit se battre et &ldquo;en faire plus&rdquo; pour s&rsquo;int&eacute;grer&nbsp;&raquo;, souffle une repr&eacute;sentante. &laquo;&nbsp;Les familles juives sont plut&ocirc;t port&eacute;es sur les activit&eacute;s sociales et extrascolaires. Comme elles ont un vaste choix sur le plan &eacute;ducatif dans la r&eacute;gion, nous devons faire davantage d&rsquo;efforts pour les convaincre d&rsquo;inscrire leurs enfants dans notre &eacute;cole&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tEn d&eacute;pit de ces difficult&eacute;s, l&rsquo;exp&eacute;rience de Wadi Ara est consid&eacute;r&eacute;e comme un succ&egrave;s. Tandis que le r&eacute;seau &laquo;&nbsp;Main dans la main&nbsp;&raquo; affiche de nouvelles ambitions. L&rsquo;association totalise 1.100 enfants r&eacute;partis dans cinq &eacute;coles&nbsp;avec l&rsquo;ouverture r&eacute;cente de deux jardins d&rsquo;enfants &agrave; Ha&iuml;fa (septembre 2012) et Jaffa (septembre 2013). Et son nouveau directeur ex&eacute;cutif, Shalom Dichter, qui a longtemps pilot&eacute; l&rsquo;ONG&nbsp;Sikkuy&nbsp;pour l&rsquo;&eacute;galit&eacute; civique entre Juifs et Arabes, estime qu&rsquo;il y a de la place pour dix &agrave; quinze &eacute;tablissements de ce type au plan national.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tAu-del&agrave; des chiffres, les initiateurs du projet esp&egrave;rent transformer la r&eacute;alit&eacute;&nbsp;isra&eacute;lienne. &laquo;&nbsp;Notre ambition est de permettre&nbsp;aux enfants des deux bords de se c&ocirc;toyer d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge&nbsp;&raquo;, explique Noa Yammer, en charge de la communication de &laquo;&nbsp;Main dans la main&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Nos &eacute;coles sont fond&eacute;es sur la cr&eacute;ation de v&eacute;ritables communaut&eacute;s&nbsp;: les &eacute;l&egrave;ves s&rsquo;invitent les uns et autres apr&egrave;s les cours, les parents se fr&eacute;quentent; et en classe, les professeurs mettent tout sur la table&nbsp;&raquo;. Y compris les in&eacute;vitables questions li&eacute;es au conflit isra&eacute;lo-palestinien&hellip;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA COEXISTENCE JUIVE-ARABE SUR LES BANCS DE L&#39;&Eacute;COLE &nbsp; &nbsp; &nbsp;par&nbsp;Nathalie Hamou Publi&eacute; dans Regards&nbsp;n&deg;798 En d&eacute;pit de l&rsquo;impasse dans laquelle se trouvent les n&eacute;gociations isra&eacute;lo-palestiniennes, le r&eacute;seau d&rsquo;&eacute;coles &laquo;&nbsp;Main dans la Main&nbsp;&raquo; mise sur la coexistence des &eacute;coliers isra&eacute;liens juifs et arabes d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge. 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