{"id":11321,"date":"2015-10-14T00:27:48","date_gmt":"2015-10-14T00:27:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11321"},"modified":"2015-10-14T00:27:48","modified_gmt":"2015-10-14T00:27:48","slug":"guy-sitbon-prix-nobel-un-besoin-de-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/guy-sitbon-prix-nobel-un-besoin-de-tunisie\/","title":{"rendered":"Guy Sitbon &#8211; Prix Nobel: Un besoin de Tunisie"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tGuy Sitbon &#8211; Prix Nobel: Un besoin de Tunisie<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tParis, onze heures cinq, la clochette du t&eacute;l&eacute;phone signale l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;un sms. Je verrai tout &agrave; l&rsquo;heure. Deux minutes plus tard, deuxi&egrave;me sms, troisi&egrave;me, quatri&egrave;me. Mais qu&rsquo;est ce qui se passe ? Inquiet, je tire mon t&eacute;l&eacute;phone de la poche de ma veste et je lis. Ma copine Laura de Rome : &laquo; Evviva la Tunisia. &raquo; Mon petit-fils de son bureau : &laquo; Tu l&rsquo;aurais imagin&eacute; toi ? La grande classe. &raquo;Nicole de Madrid : &laquo; Bravo Rad&egrave;s &raquo; (elle a pass&eacute; sa jeunesse &agrave; Rad&egrave;s) John, de San Francisco : &laquo; Congratulations, you really deserveit. &raquo; Boris, de Moscou : &laquo; Molodets, Slava Tunis (Bravo, vive la Tunisie). &raquo; Ma voisine Annie : &laquo; Tu vas encore nous emb&ecirc;ter avec ta Tunisie. &raquo;Je descends, mes voisins Ahmed, le marchand de kebab et Samuel, vendeur de chaussures, tous deux&nbsp; Tunes, trinquent au bar d&rsquo;en face. Un coup d&rsquo;&oelig;il sur Google news, tout s&rsquo;&eacute;claire : Je viens de recevoir le prix Nobel. Ou presque moi. Tous les Tunes ont &eacute;t&eacute; nob&eacute;lis&eacute;s. J&rsquo;imagine la nouba &agrave; Belleville, &agrave; Barb&egrave;s et dans les restaurants du 17e.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMoi, &ccedil;a ne m&rsquo;&eacute;tonne pas. Si pas la Tunisie, qui ? Obama ? Poutine ? Assad ? Le Pen ?<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa guerre d&rsquo;aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est sous nos cieux qu&rsquo;elle &eacute;gorge, nulle part ailleurs. Dans ce foutu &laquo; monde arabo-islamique &raquo; pr&eacute;cipit&eacute; dans une chakchouka sanguinaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Agrave; la jointure du bien-&ecirc;tre et de la mal&eacute;diction, une pastille &agrave; peine visible sur les planisph&egrave;res, la n&ocirc;tre. Ni la plus gracieuse ni la plus ing&eacute;nieuse, peut-&ecirc;tre la plus sympa. Ni p&eacute;trole, ni armes, tout juste l&rsquo;envie de vivre cette vie en sourire plut&ocirc;t qu&rsquo;en chagrin. En amour, pas en venin. En haine de la haine.<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans les parages du P&ocirc;le Nord, une poign&eacute;e de vieillards blondinets s&rsquo;adonne &agrave; une seule t&acirc;che : tenir &agrave; l&rsquo;&oelig;il les poings et les canons de la plan&egrave;te. Qui se tient mal, qui se tient bien. Qui croit au droit, qui croit au tordu. Qui tue et qui soigne. Rien ni personne n&rsquo;&eacute;chappe &agrave; l&rsquo;oculaire de leurs microscopes. Un ann&eacute;e enti&egrave;re, ils ont trifouill&eacute; l&rsquo;esp&egrave;ce humaine pour finalement d&eacute;nicher qui ? Vous, nous, moi. Je savais que j&rsquo;avais besoin de la Tunisie. Mais voil&agrave; que d&rsquo;Oslo m&rsquo;est parvenue une r&eacute;v&eacute;lation : le monde a besoin de la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe Quartet a bien m&eacute;rit&eacute; de la patrie. Oslo aurait pu c&eacute;der &agrave; l&rsquo;usage en couronnant B&eacute;ji Ca&iuml;d Essebsi et Rached Ghanouchi pour avoir conjur&eacute; la calamit&eacute; annonc&eacute;e en mariant l&rsquo;eau et le feu. Mais &agrave; Oslo, on a gard&eacute; un souvenir cruel de ces distinctions remises &agrave; des h&eacute;ros comme Kissinger et Le Duc Tho (1973), Arafat, Rabin et P&eacute;r&egrave;s (1993).Ils ont m&ecirc;me &eacute;limin&eacute; Merkel. Le Comit&eacute; Nobel aurait pu aussi &eacute;lire le peuple tunisien dans son entier. Beaucoup, &agrave; Damas ou &agrave; Sousse n&rsquo;en sont pas dignes. Au del&agrave; du Quartet, c&rsquo;est &agrave; l&rsquo;histoire enti&egrave;re de la Tunisie que revient l&rsquo;honneur. Histoire perp&eacute;tuellement entre les mains de chacun.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCe matin, Moncef explique &agrave; sa femme de m&eacute;nage ce qu&rsquo;est le prix Nobel. A l&rsquo;issue du long discours de son patron, Salha demande : Qu&rsquo;est-ce que &ccedil;a va changer pour moi ? En une r&eacute;plique, elle a tout dit Salha.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&eacute;sormais, chaque mot, chaque geste devra &ecirc;tre pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&rsquo;une question : ce que je vais faire, ce que je vais dire est-il &agrave; la hauteur d&rsquo;un prix Nobel de la Paix. Vous avez bien entendu, la Paix.<\/p>\n<p>\n\t\t\tGuy Sitbon<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Guy Sitbon &#8211; Prix Nobel: Un besoin de Tunisie &nbsp; &nbsp; Paris, onze heures cinq, la clochette du t&eacute;l&eacute;phone signale l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;un sms. Je verrai tout &agrave; l&rsquo;heure. Deux minutes plus tard, deuxi&egrave;me sms, troisi&egrave;me, quatri&egrave;me. Mais qu&rsquo;est ce qui se passe ? 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