{"id":11451,"date":"2015-11-05T00:45:21","date_gmt":"2015-11-05T00:45:21","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11451"},"modified":"2015-11-05T00:45:21","modified_gmt":"2015-11-05T00:45:21","slug":"martin-buber-et-le-hassidisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/martin-buber-et-le-hassidisme\/","title":{"rendered":"Martin Buber et le Hassidisme"},"content":{"rendered":"<p>\n\tMartin Buber et le Hassidisme<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Biographie<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&quot;La d&eacute;couverte par Buber de l&#39;univers du hassidisme &#8211; ce courant mystique qui parcourut l&#39;Europe orientale au XVIIIe si&egrave;cle &#8211; explique l&#39;influence consid&eacute;rable qu&#39;il devait exercer sur la pens&eacute;e religieuse contemporaine. En recueillant les contes hassidiques, Buber a mis en &eacute;vidence les sources de sa propre religiosit&eacute; &#8211; l&#39;id&eacute;e d&#39;un dialogue permanent entre l&#39;homme et Dieu &#8211; telle qu&#39;elle est expos&eacute;e dans son ouvrage classique&nbsp;Je et Tu&nbsp;(1923). Si les th&eacute;ologiens chr&eacute;tiens reconnaissent en Buber l&#39;interpr&egrave;te privil&eacute;gi&eacute; du juda&iuml;sme, de nombreux Juifs &#8211; dont l&#39;&eacute;minent penseur Gershom Scholem &#8211; lui reprochent d&#39;&ecirc;tre un anarchiste religieux, tandis que les Juifs lib&eacute;raux le consid&egrave;rent comme le principal porte-parole du juda&iuml;sme contemporain.<\/p>\n<p>\tCertains soutiennent que l&#39;enseignement de Buber &laquo;se cantonne dans des hauteurs &eacute;th&eacute;r&eacute;es&raquo;, que son mysticisme est r&eacute;serv&eacute; &agrave; un cercle limit&eacute; de disciples et d&#39;&eacute;rudits, que sa pens&eacute;e n&#39;a pas de rapport avec notre monde pragmatique. Buber se serait assur&eacute;ment oppos&eacute; &agrave; ce que l&#39;on consid&egrave;re son oeuvre comme une admirable pi&egrave;ce de mus&eacute;e. En fait, toute sa vie durant, non content de poursuivre sa propre aventure intellectuelle &#8211; philosophie, sociologie, recherches bibliques -, il se passionna aussi pour les grands d&eacute;bats de son temps: la signification de l&#39;existence humaine dans le monde moderne, le nationalisme, l&#39;essence du juda&iuml;sme, le socialisme des kibboutz, le sionisme, la confrontation jud&eacute;o-arabe.<\/p>\n<p>\tDans un premier temps, Buber se consacra, avec Franz Rosenweig (1885-1929), &agrave; la traduction de la bible h&eacute;bra&iuml;que en allemand. Il sut &eacute;galement appliquer ses th&eacute;ories abstraites &ndash; le principe du dialogue, par exemple &#8211; &agrave; la psychoth&eacute;rapie, &agrave; la politique, aux relations humaines et &agrave; l&#39;&eacute;ducation. Pendant une grande partie de sa vie, Buber fut aussi un p&eacute;dagogue et une figure marquante du mouvement sioniste. Enfin, il milita en faveur de la coexistence jud&eacute;o-arabe &#8211; essentiellement dans le cadre du mouvement&nbsp;Ihud&nbsp;[Union], qui visait &agrave; la cr&eacute;ation d&#39;un &eacute;tat binational jud&eacute;o-arabe en Palestine.<\/p>\n<p>\t<strong>&laquo;Toute vie r&eacute;elle est rencontre&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\tPour Buber, &laquo;au commencement est la relation&raquo;. Il part du principe que l&#39;&ecirc;tre humain est par essence un&nbsp;homo dialogus, que la personne est incapable de se r&eacute;aliser sans communier avec l&#39;humanit&eacute;, avec la cr&eacute;ation et avec le Cr&eacute;ateur. L&#39;&ecirc;tre bub&eacute;rien peut &eacute;galement se d&eacute;finir comme un&nbsp;homo religiosus, car l&#39;amour de l&#39;humanit&eacute; conduit &agrave; l&#39;amour de Dieu et r&eacute;ciproquement. La divine Pr&eacute;sence participe &agrave; toute rencontre authentique entre les &ecirc;tres humains et elle habite ceux qui instaurent un v&eacute;ritable dialogue: &laquo;Le c&eacute;leste et le terrestre sont li&eacute;s l&#39;un &agrave; l&#39;autre. La parole de qui souhaite parler avec l&#39;&ecirc;tre humain sans parler avec Dieu ne s&#39;accomplit pas; mais la parole de qui souhaite parler avec Dieu sans parler avec l&#39;homme se perd&raquo;.<\/p>\n<p>\tLe dialogue repose sur la r&eacute;ciprocit&eacute; et la responsabilit&eacute;. La responsabilit&eacute; existe uniquement l&agrave; o&ugrave; il y a r&eacute;ponse r&eacute;elle &agrave; la voix humaine. Les enseignements de Buber sur la r&eacute;ponse &agrave; la parole d&#39;autrui se r&eacute;f&egrave;rent toujours explicitement &agrave; une r&eacute;alit&eacute; qu&#39;il s&#39;agit d&#39;affronter et d&#39;assumer dans la &laquo;vie v&eacute;cue&raquo;. Cela est vrai aussi de la &laquo;parole de Dieu&raquo;, qui ne doit pas &ecirc;tre con&ccedil;ue uniquement comme une manifestation th&eacute;ologique mais comme une pr&eacute;sence r&eacute;elle &agrave; laquelle il faut r&eacute;pondre. Buber affirme que la Bible t&eacute;moigne d&#39;un dialogue permanent entre le Cr&eacute;ateur et ses cr&eacute;atures &#8211; une rencontre dans laquelle l&#39;homme est un partenaire authentique, capable de se faire entendre.<\/p>\n<p>\tDans son ouvrage c&eacute;l&egrave;bre,&nbsp;Je et Tu, Buber souligne l&#39;attitude duelle &agrave; l&#39;&eacute;gard du monde: la relation Je-Tu et la relation Je-cela. Ni le Je ni le Tu ne vivent s&eacute;par&eacute;ment, ils n&#39;existent que dans le contexte Je-Tu, qui pr&eacute;c&egrave;de la sph&egrave;re du Je et la sph&egrave;re du Tu. De m&ecirc;me, ni le Je ni le cela n&#39;existent s&eacute;par&eacute;ment, ils existent uniquement dans la sph&egrave;re du Je-cela. La relation Je-Tu n&#39;est absolue qu&#39;&agrave; l&#39;&eacute;gard de Dieu &#8211; le Tu &eacute;ternel &#8211; et ne peut &ecirc;tre pleinement r&eacute;alis&eacute;e dans les autres domaines de l&#39;existence, y compris dans les relations humaines qui, bien souvent, sombrent dans la sph&egrave;re du Je-cela.<br \/>\n\tQue l&#39;attitude envers le monde rel&egrave;ve du Je-Tu ou du Je-cela d&eacute;pend non pas de la nature de l&#39;objet, mais du rapport que le sujet &eacute;tablit avec cet objet. L&#39;&ecirc;tre humain ne peut &ecirc;tre transfigur&eacute; et acc&eacute;der &agrave; la vie authentique que s&#39;il entre dans la relation Je-Tu, confirmant ainsi &laquo;l&#39;alt&eacute;rit&eacute; de l&#39;autre&raquo;. &Agrave; la diff&eacute;rence de ce qui se passe dans la sph&egrave;re du Je-cela, la relation Je-Tu exige un engagement total: &laquo;La parole premi&egrave;re Je-Tu ne peut &ecirc;tre dite qu&#39;avec l&#39;&ecirc;tre tout entier, alors que la parole premi&egrave;re Je-cela ne peut jamais &ecirc;tre dite avec l&#39;&ecirc;tre tout entier&raquo;. Au coeur du dialogue figure la rencontre entre deux &ecirc;tres souverains dont aucun ne cherche &agrave; impressionner l&#39;autre ni &agrave; l&#39;utiliser. Selon Buber, l&#39;homme peut vivre sans dialogue mais qui n&#39;a jamais rencontr&eacute; un Tu n&#39;est pas v&eacute;ritablement un &ecirc;tre humain. Cependant, celui qui p&eacute;n&egrave;tre dans l&#39;univers du dialogue prend un risque consid&eacute;rable puisque la relation Je-Tu exige une ouverture totale du Je, qui s&#39;expose ainsi &agrave; un refus et &agrave; un rejet total.<\/p>\n<p>\tLa r&eacute;alit&eacute; subjective Je-Tu s&#39;enracine dans le dialogue, tandis que le rapport instrumental Je-cela s&#39;ancre dans le monologue, qui transforme le monde et l&#39;&ecirc;tre humain en objet. Dans l&#39;ordre du monologue, l&#39;autre est r&eacute;ifi&eacute; &#8211; il est per&ccedil;u et utilis&eacute; &#8211; alors que dans l&#39;ordre du dialogue, il est rencontr&eacute;, reconnu et nomm&eacute; comme &ecirc;tre singulier. Pour qualifier le monologue, Buber parle d&#39;Erfahrung&nbsp;(une exp&eacute;rience &laquo;superficielle&raquo; des attributs ext&eacute;rieurs de l&#39;autre) ou d&#39;Erlebnis&nbsp;(une exp&eacute;rience int&eacute;rieure insignifiante), qu&#39;il oppose &agrave;&nbsp;Beziehung&ndash; la relation authentique qui intervient entre deux &ecirc;tres humains.<\/p>\n<p>\tBuber r&eacute;cuse &agrave; la fois l&#39;approche totalement individualiste, o&ugrave; le sujet per&ccedil;oit l&#39;autre uniquement par rapport &agrave; lui-m&ecirc;me, et la perspective collective, qui occulte l&#39;individu et ne voit que la soci&eacute;t&eacute;. Pour lui, une personne ne peut vivre au sens plein du terme que dans la sph&egrave;re interhumaine: &laquo;Sur la cr&ecirc;te &eacute;troite o&ugrave; le Je et le Tu se rencontrent, dans la zone interm&eacute;diaire&raquo;. L&#39;acc&egrave;s &agrave; cette &laquo;zone interm&eacute;diaire&raquo; de Buber ne doit pas &ecirc;tre con&ccedil;u comme une communication banale ni comme une occurrence subjective, mais comme une r&eacute;alit&eacute; existentielle &#8211; un &eacute;v&eacute;nement ontique qui se produit r&eacute;ellement entre deux &ecirc;tres humains.<\/p>\n<p>\t<strong>La relation p&eacute;dagogique<\/strong><\/p>\n<p>\tLe dialogue authentique est un ph&eacute;nom&egrave;ne inhabituel, puisque seule la gr&acirc;ce permet au Je de rencontrer le Tu. Buber part du principe qu&#39;on peut rencontrer l&#39;autre en &laquo;le rendant effectivement pr&eacute;sent&raquo; &#8211; c&#39;est-&agrave;-dire en p&eacute;n&eacute;trant dans son &laquo;centre dynamique&raquo;. La &laquo;rencontre&raquo; d&#39;un &ecirc;tre humain ne rel&egrave;ve aucunement de l&#39;empathie. Pour Buber, l&#39;empathie consiste &agrave; se projeter dans l&#39;autre, et &agrave; perdre ainsi sa sp&eacute;cificit&eacute;; le dialogue, en revanche, est le contraire de l&#39;autolimitation &#8211; c&#39;est l&#39;&eacute;largissement du Je. Cette attitude est &agrave; l&#39;oppos&eacute; de celle de Johann Pestalozzi (1746-1827) ou de Janucz Korczak (1878-1942), &eacute;minents p&eacute;dagogues qui poussaient l&#39;empathie avec leurs &eacute;l&egrave;ves jusqu&#39;&agrave; une totale abn&eacute;gation. Pestalozzi a consacr&eacute; sa vie enti&egrave;re au bien-&ecirc;tre des enfants, et Korczak &#8211; &laquo;le p&egrave;re des orphelins&raquo; &#8211; a suivi les enfants dont il avait la charge jusqu&#39;au camp de la mort de Treblinka.<\/p>\n<p>\tBuber &eacute;tablit une distinction tr&egrave;s nette entre acceptation et confirmation dans une relation dissym&eacute;trique &#8211; p&eacute;dagogique ou psychoth&eacute;rapique, par exemple. D&#39;&eacute;vidence, l&#39;&eacute;ducation ne peut &ecirc;tre fond&eacute;e sur l&#39;acceptation inconditionnelle de l&#39;&eacute;l&egrave;ve tel qu&#39;il est effectivement; elle ne peut proc&eacute;der qu&#39;en affirmant l&#39;&ecirc;tre &laquo;qu&#39;il est appel&eacute; &agrave; devenir depuis qu&#39;il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;&raquo;. La confirmation n&#39;est pas n&eacute;cessairement synonyme de l&#39;acquiescement, pas plus qu&#39;elle n&#39;exempte le ma&icirc;tre du soin de guider son &eacute;l&egrave;ve dans &laquo;la bonne direction&raquo;. Buber fait observer que les gens qui sont incapables de faire la distinction entre acceptation et confirmation ne peuvent pas &ecirc;tre utiles &agrave; ceux qui ont besoin de leur concours. Dans son article &laquo;La rencontre, source de gu&eacute;rison&raquo;, il raconte comment il a d&ucirc; aider certains &agrave; trouver la voie qui &eacute;tait la leur, m&ecirc;me contre leur propre gr&eacute;. (&#8230;)<\/p>\n<p>\tLe dialogue suppose des partenaires souverains, ayant librement choisi d&#39;instaurer des relations. Cette double condition contraste fortement avec la r&eacute;alit&eacute; p&eacute;dagogique, qui repose sur la d&eacute;pendance des &eacute;l&egrave;ves &agrave; l&#39;&eacute;gard du ma&icirc;tre. La salle de classe est caract&eacute;ris&eacute;e par l&#39;absence de r&eacute;ciprocit&eacute; &#8211; le ma&icirc;tre y exerce son autorit&eacute;. La situation d&#39;inf&eacute;riorit&eacute; o&ugrave; se trouve l&#39;&eacute;l&egrave;ve le conduit &agrave; renoncer &agrave; exercer sa propre volont&eacute; et &agrave; accepter les choix du ma&icirc;tre. En outre, dans la plupart des cas, le programme est impos&eacute; par les autorit&eacute;s scolaires et ne prend pas en compte l&#39;opinion des &eacute;l&egrave;ves, ce qui est contraire au climat de libert&eacute; qu&#39;exige le dialogue. De surcro&icirc;t, en r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, le ma&icirc;tre ne choisit pas ses &eacute;l&egrave;ves, pas plus que ceux-ci ne le choisissent.<\/p>\n<p>\tBien que le processus p&eacute;dagogique se d&eacute;roule apparemment sous le signe de la relation hi&eacute;rarchique, Buber soutient que l&#39;univers p&eacute;dagogique est enti&egrave;rement celui du dialogue. L&#39;absence de r&eacute;ciprocit&eacute; dans l&#39;&eacute;ducation peut &ecirc;tre compens&eacute;e, selon lui, par l&#39;inclusion unilat&eacute;rale que pratiquera l&#39;&eacute;ducateur. L&#39;enseignant doit se situer simultan&eacute;ment aux deux p&ocirc;les de la r&eacute;alit&eacute; p&eacute;dagogique: celui qu&#39;il occupe et celui des &eacute;l&egrave;ves. Il est en effet capable d&#39;appr&eacute;hender l&#39;&ecirc;tre de l&#39;&eacute;l&egrave;ve, tandis que ce dernier n&#39;est pas en mesure de saisir la complexit&eacute; de la personnalit&eacute; de celui qui l&#39;instruit. Le grand p&eacute;dagogue Ernst Simon (1899-1988), nourri de la pens&eacute;e de Buber, disait: &laquo;le ma&icirc;tre qui se sent offens&eacute; par ses &eacute;l&egrave;ves est un pi&egrave;tre &eacute;ducateur, car il n&#39;a pas conscience qu&#39;il doit comprendre ses &eacute;l&egrave;ves alors que ceux-ci sont incapables de le comprendre. Lorsque ce rapport dissym&eacute;trique est modifi&eacute;, la r&eacute;alit&eacute; p&eacute;dagogique entre dans une nouvelle phase, qui peut &ecirc;tre celle de l&#39;amiti&eacute; ou de l&#39;amour&raquo;.<\/p>\n<p>\tPour Buber, le dialogue pr&eacute;suppose l&#39;instauration d&#39;une distance entre soi et l&#39;autre. En introduisant cette distance, on fait exister des entit&eacute;s oppos&eacute;es et ind&eacute;pendantes, et on cr&eacute;e ainsi &laquo;un monde&raquo; avec lequel &eacute;tablir des liens. On peut ensuite soit accro&icirc;tre la distance jusqu&#39;&agrave; ce que l&#39;autre soit transform&eacute; en objet (en cela), soit la r&eacute;duire jusqu&#39;&agrave; ce qu&#39;il devienne un Toi impr&eacute;visible. La distance est particuli&egrave;rement indispensable aux relations d&#39;ordre hi&eacute;rarchique. L&#39;art d&#39;enseigner se manifeste dans la souplesse impartie aux fronti&egrave;res p&eacute;dagogiques: il faut savoir imposer le minimum de distance pour maintenir la discipline et tendre au maximum d&#39;intimit&eacute; pour favoriser le dialogue indispensable &agrave; un v&eacute;ritable apprentissage.<\/p>\n<p>\tDans son article &laquo;Para&icirc;tre et &ecirc;tre&raquo;, Buber d&eacute;nonce les faux-semblants qui impr&egrave;gnent la vie de ceux dont l&#39;existence est d&eacute;termin&eacute;e non pas par leur &ecirc;tre authentique mais par la volont&eacute; d&#39;impressionner autrui. Qui se soucie de sa propre image est absolument incapable d&#39;&eacute;couter ses fr&egrave;res humains. L&#39;&eacute;ducateur doit &ecirc;tre v&eacute;ritablement pr&eacute;sent dans la salle de classe. Buber soutient en effet que l&#39;enseignement en soi n&#39;&eacute;duque pas: c&#39;est l&#39;enseignant qui &eacute;duque quand il se tait, quand il parle, &agrave; la pause entre deux cours ou dans les &eacute;changes occasionnels. Mais c&#39;est avant tout par son comportement, par son &ecirc;tre m&ecirc;me que l&#39;enseignant &eacute;duque &#8211; d&egrave;s lors qu&#39;il est effectivement pr&eacute;sent et disponible.<\/p>\n<p>\t<strong>L&#39;&eacute;ducateur exemplaire et l&#39;enfant<\/strong><\/p>\n<p>\tUne des principales interrogations auxquelles Buber s&#39;est efforc&eacute; de r&eacute;pondre est celle de la finalit&eacute; de l&#39;&eacute;ducation. Pour lui, l&#39;&eacute;ducateur exemplaire est &agrave; l&#39;image du chef religieux hassidique &ndash; le Zaddik, &laquo;qui fait tout ce qu&#39;il a &agrave; faire comme il convient et dont l&#39;enseignement principal r&eacute;side en ceci qu&#39;il permet &agrave; ses &eacute;l&egrave;ves de participer &agrave; sa vie et, ce faisant, de s&#39;initier au secret de son activit&eacute; &raquo;. L&#39;&eacute;troite interaction entre l&#39;artisan et son apprenti, au moyen &acirc;ge, offre &eacute;galement pour Buber un mod&egrave;le classique de l&#39;influence exerc&eacute;e dans toutes les sph&egrave;res de l&#39;existence par l&#39;&eacute;ducateur d&#39;autrefois, personnage aujourd&#39;hui disparu. Il rel&egrave;ve que c&#39;est seulement &agrave; l&#39;&eacute;poque o&ugrave; existaient des figures repr&eacute;sentatives &#8211; le Chr&eacute;tien, le Gentilhomme, le Citoyen, l&#39;Ex&eacute;g&egrave;te des textes bibliques ou le Hassid &#8211; qu&#39;on pouvait r&eacute;pondre &agrave; la question fondamentale de la finalit&eacute; de l&#39;&eacute;ducation.&nbsp;Buber d&eacute;finit l&#39;&eacute;ducation comme &laquo;la s&eacute;lection par un &ecirc;tre du monde affectif&raquo;. C&#39;est &agrave; l&#39;&eacute;vidence la fonction que remplit l&#39;&eacute;ducateur dont le r&ocirc;le consiste &agrave; mettre de l&#39;ordre dans les r&eacute;alit&eacute;s chaotiques qui s&#39;imposent &agrave; l&#39;&acirc;me de l&#39;enfant. L&#39;&eacute;ducateur peut donc &ecirc;tre d&eacute;crit comme un &laquo;filtre&raquo;, auquel il incombe de faire le tri des divers messages transmis par l&#39;environnement. Cette noble t&acirc;che ne peut &ecirc;tre men&eacute;e &agrave; bien que si l&#39;&eacute;ducateur est pr&eacute;sent en personne pour rencontrer l&#39;&eacute;l&egrave;ve, lui permettre de s&#39;exprimer et le former &agrave; travers le dialogue. Cette mani&egrave;re de voir, qui assigne &agrave; l&#39;enseignant le r&ocirc;le de &laquo;s&eacute;lecteur&raquo; s&#39;oppose &agrave; la fois &agrave; la &laquo;vieille&raquo; repr&eacute;sentation du ma&icirc;tre &#8211; personnage qui (&agrave; la mani&egrave;re d&#39;un &laquo;entonnoir&raquo;) accepte passivement la tradition et la d&eacute;verse sur les &eacute;l&egrave;ves &#8211; et &agrave; la &laquo;nouvelle&raquo; conception de l&#39;&eacute;ducation &#8211; qui, telle une &laquo;pompe&raquo; extrairait les forces latentes de l&#39;&ecirc;tre.<\/p>\n<p>\tQuand toutes les autres d&eacute;marches &eacute;chouent, s&#39;ouvre alors la vraie voie de l&#39;homme &#8211; celle qui m&egrave;ne &agrave; l&#39;esprit cr&eacute;ateur de Dieu. Buber est convaincu que l&#39;homme ne peut garder l&#39;image de Dieu qu&#39;en marchant dans ses traces &#8211; parl&#39;Imitatio Dei&nbsp;(l&#39;imitation de Dieu). Dans notre monde de confusion et de malaise, la seule voie qui reste &agrave; l&#39;&ecirc;tre humain est celle de l&#39;attachement aux attributs du Dieu cach&eacute; mais non inconnu, que d&eacute;crit la Bible h&eacute;bra&iuml;que: &laquo;Le Seigneur est mis&eacute;ricordieux et bienveillant, il est plein de patience et sa grandeur abonde&raquo; (Ex. 44, 6). &Agrave; la diff&eacute;rence du chr&eacute;tien, qui est en mesure d&#39;imiter la vie de J&eacute;sus, le Juif est confront&eacute; &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; paradoxale d&#39;imiter un Dieu sans image dans son effort pour pr&eacute;server la parcelle de divin que Dieu lui a confi&eacute;e. Dans le dernier chapitre de son essai sur l&#39;&eacute;ducation, Buber &eacute;crit: &laquo;L&#39;homme, la cr&eacute;ature, qui forme et transforme la Cr&eacute;ation, ne peut pas cr&eacute;er lui-m&ecirc;me; mais il peut s&#39;exposer et exposer autrui &agrave; l&#39;esprit cr&eacute;ateur. Et il peut requ&eacute;rir le Cr&eacute;ateur de sauver et parfaire son image&raquo;. (&#8230;)<\/p>\n<p>\tBuber soutient que &laquo;la libert&eacute; authentique, c&#39;est la communion&raquo;, et non cette permissivit&eacute; excessive de l&#39;&eacute;ducation moderne, n&eacute;e en r&eacute;action contre la contrainte traditionnelle. Il r&eacute;cuse aussi bien la contrainte l&eacute;gitim&eacute;e par l&#39;adage inspir&eacute; de la Bible &laquo;Qui aime bien ch&acirc;tie bien&raquo; que le &laquo;laissez-faire&raquo; de l&#39;&eacute;ducation moderne. Il recommande que l&#39;autorit&eacute; et la critique s&#39;exercent sous une autre forme &#8211; par &laquo;un doigt lev&eacute;&raquo; ou par &laquo;un regard interrogateur&raquo;. La &laquo;libert&eacute;&raquo;, cette panac&eacute;e de l&#39;&eacute;ducation moderne, n&#39;est qu&#39;un moyen et non une fin en soi. &Agrave; la contrainte doit se substituer la communion, et non la libert&eacute; sans limite de l&#39;&eacute;ducation contemporaine. &Agrave; une volont&eacute; purement &eacute;gocentrique de se r&eacute;aliser, Buber oppose l&#39;accomplissement de soi fond&eacute; sur le sens de l&#39;engagement et la responsabilit&eacute; sociale. La libert&eacute; centr&eacute;e sur soi, qui ne laisse pas d&#39;espace pour un autre &ecirc;tre humain, condamne &agrave; un splendide isolement.<\/p>\n<p>\t(&#8230;)<\/p>\n<p>\tBuber voit dans l&#39;image de l&#39;homme que v&eacute;hicule le hassidisme un mod&egrave;le pour l&#39;&eacute;ducation juive. Le&nbsp;Hassid&nbsp;bub&eacute;rien se caract&eacute;rise par son authentique religiosit&eacute; &#8211; qui lui permet d&#39;acc&eacute;der &agrave; Dieu par l&#39;amour de l&#39;humanit&eacute;. &Agrave; la diff&eacute;rence de l&#39;&eacute;rudit talmudique, qui vit en dehors du monde r&eacute;el, le&nbsp;Hassidvisionnaire est dot&eacute; de joie de vivre, de na&iuml;vet&eacute; et de simplicit&eacute;. Autre personnage pour lequel Buber manifestait un grand respect, le&nbsp;Halutz&nbsp;asc&eacute;tique &#8211; le pionnier Juif qui consacre sa vie &agrave; l&#39;&eacute;dification de Sion. Buber voit dans leHalutz&nbsp;un &laquo;nouveau type d&#39;homme&raquo;, m&ucirc; par une vocation &agrave; la fois nationale et sociale.<\/p>\n<p>\tBuber en vint cependant &agrave; se rendre compte que ni le&nbsp;Halutz&nbsp;ni le&nbsp;Hassid&nbsp;ne pouvaient &ecirc;tre pris comme mod&egrave;les pour l&#39;&eacute;ducation juive moderne. La mission du&nbsp;Halutz&nbsp;dans l&#39;&eacute;dification d&#39;une patrie du peuple Juif avait pris fin avec la cr&eacute;ation de l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l &#8211; et avec le renforcement des particularismes au d&eacute;triment des &eacute;l&eacute;ments universels. Le m&ecirc;me constat valait pour le hassidisme institutionnalis&eacute; qui, selon Buber, avait d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; au fil du temps. &laquo;L&#39;humanisme h&eacute;bra&iuml;que&raquo; ou &laquo;biblique&raquo; demeurait l&#39;id&eacute;al que l&#39;&eacute;ducation devait se proposer d&#39;atteindre.<\/p>\n<p>\tC&#39;est en effet &agrave; l&#39;&laquo;humanisme h&eacute;bra&iuml;que&raquo; &#8211; dans lequel il cherchait &agrave; ancrer le sionisme, le mouvement de la renaissance juive &#8211; que Buber attribuait la plus haute valeur &eacute;ducative. Il concevait le sionisme comme &laquo;le chemin de la saintet&eacute;&raquo;, par opposition &agrave; &laquo;l&#39;&eacute;go&iuml;sme sacr&eacute;&raquo; du monde. Il mettait en garde contre le chauvinisme juif, soutenant que la question de l&#39;attitude d&#39;Isra&euml;l &agrave; l&#39;&eacute;gard de ses voisins arabes n&#39;&eacute;tait pas seulement d&#39;ordre politique; elle faisait aussi partie int&eacute;grante du juda&iuml;sme. De m&ecirc;me que l&#39;antis&eacute;mitisme mettait en question la cr&eacute;dibilit&eacute; des principes chr&eacute;tiens, devenant de ce fait un probl&egrave;me chr&eacute;tien, de m&ecirc;me l&#39;attitude juive envers les Arabes &eacute;tait une mise en question du juda&iuml;sme et devenait par l&agrave;-m&ecirc;me un probl&egrave;me juif. &Agrave; maintes reprises, il exhorta les Juifs isra&eacute;liens &agrave; la coexistence pacifique avec leurs voisins arabes.<\/p>\n<p>\tL&#39;h&eacute;ritage juif classique &#8211; &laquo;la force de la m&eacute;moire vivante&raquo; &#8211; &eacute;tait pour Buber la principale source du juda&iuml;sme. Il fondait son enseignement essentiellement sur les valeurs universelles du grand texte de l&#39;antiquit&eacute; juive &#8211; la Bible -, d&eacute;clarant: &laquo;Ce que la Bible nous enseigne avec tant de simplicit&eacute; et de force, et qui ne peut s&#39;apprendre dans aucun autre livre, c&#39;est qu&#39;il y a la v&eacute;rit&eacute; et le mensonge et que l&#39;existence humaine se tient inexorablement du c&ocirc;t&eacute; de la v&eacute;rit&eacute;; c&#39;est qu&#39;il y a la justice et l&#39;injustice et que le salut de l&#39;humanit&eacute; r&eacute;side dans le choix de la justice et le rejet de l&#39;injustice&raquo;.<\/p>\n<p>\tBuber souligne l&#39;importance capitale de l&#39;&eacute;ducation morale, celle qui permet de forger un temp&eacute;rament fort, autrement dit de donner &agrave; l&#39;individu le sens de la responsabilit&eacute; sociale. La connaissance du &laquo;bien&raquo; et du &laquo;mal&raquo; ne peut selon lui &ecirc;tre inculqu&eacute;e par l&#39;enseignement de l&#39;&eacute;thique; elle peut seulement &ecirc;tre communiqu&eacute;e indirectement &#8211; &agrave; travers la fa&ccedil;on dont le ma&icirc;tre se comporte avec ses &eacute;l&egrave;ves. Pour que le sens &eacute;thique de l&#39;&eacute;l&egrave;ve puisse se former, il faut que celui-ci ait la conviction que son ma&icirc;tre ne cherche pas &agrave; le manipuler mais qu&#39;il prend v&eacute;ritablement part &agrave; sa vie. L&#39;&eacute;ducation morale &#8211; que Buber appelle &laquo;une bataille pour la v&eacute;rit&eacute;&raquo; &#8211; porte in&eacute;vitablement en elle des germes de conflit, mais ces conflits potentiels peuvent &ecirc;tre surmont&eacute;s s&#39;il<br \/>\n\texiste fondamentalement un rapport de confiance entre le ma&icirc;tre et ses &eacute;l&egrave;ves.<\/p>\n<p>\tLa notion de &laquo;ligne de d&eacute;marcation&raquo; a &eacute;t&eacute; l&#39;une des contributions majeures de Buber &agrave; la r&eacute;flexion sur l&#39;&eacute;ducation morale. Il avait conscience que l&#39;injustice est inh&eacute;rente &agrave; la vie m&ecirc;me &ndash; en particulier dans les rapports entre communaut&eacute;s. Confront&eacute; &agrave; cette tragique r&eacute;alit&eacute;, l&#39;&ecirc;tre humain est contraint de se d&eacute;terminer constamment au regard du minimum de mal qu&#39;il doit commettre pour assurer sa survie et du maximum de bien qu&#39;il doit faire pour pr&eacute;server son image d&#39;&ecirc;tre humain. Pris dans cette contradiction entre le souhaitable et le r&eacute;alisable, l&#39;&ecirc;tre humain doit sans cesse tracer une ligne de d&eacute;marcation entre des exigences imp&eacute;ratives et la possibilit&eacute; &#8211; forc&eacute;ment relative &#8211; de les satisfaire dans la vie quotidienne. Buber insiste pour qu&#39;&agrave; l&#39;heure des d&eacute;cisions fatidiques, nous nous demandions quelle est la dose de mal absolument indispensable &agrave; la survie de la communaut&eacute;: tout ce qui se situe au-del&agrave; ne doit pas &ecirc;tre tol&eacute;r&eacute;.<\/p>\n<p>\tCette notion de ligne de d&eacute;marcation prend toute sa pertinence lorsqu&#39;on l&#39;applique au combat acharn&eacute; qu&#39;a men&eacute; Isra&euml;l pour sa survie sur la terre biblique. Buber avait conscience que le triomphe de la cause sioniste entra&icirc;nerait in&eacute;vitablement une certaine injustice &agrave; l&#39;&eacute;gard des Arabes de Palestine; mais il insistait pour que ces torts soient limit&eacute;s au strict minimum. Tiraill&eacute; entre la n&eacute;cessit&eacute; de sauver les rescap&eacute;s de l&#39;holocauste et le souci &eacute;thique de ne pas commettre d&#39;injustice envers les Arabes de Palestine, Buber demandait qu&#39;on minimise ces torts potentiels en vivant sur place avec les Arabes, et non pas &agrave; leur place. Il d&eacute;clarait: &laquo;Nous n&#39;aspirons pas &agrave; rentrer dans notre antique patrie pour en chasser un autre peuple ni pour le dominer&raquo;.<\/p>\n<p>\t<strong>L&#39;&eacute;ducation des adultes<\/strong><\/p>\n<p>\tDe 1909 &agrave; 1911, Buber fit &agrave; Prague ses fameuses conf&eacute;rences sur le juda&iuml;sme, pour l&#39;organisation &eacute;tudiante juive Bar Kochba dont les membres voulaient red&eacute;couvrir leurs racines. M&ecirc;me sous forme imprim&eacute;e, les textes de ces conf&eacute;rences donnent une id&eacute;e de l&#39;extraordinaire &eacute;loquence de Buber lorsqu&#39;il pr&eacute;sentait le juda&iuml;sme comme une r&eacute;alit&eacute; culturelle de port&eacute;e universelle et en perp&eacute;tuel renouvellement. Pareille conception contrastait singuli&egrave;rement avec le juda&iuml;sme orthodoxe fond&eacute; sur le strict respect de la&nbsp;Halacha, la loi rabbinique. La plus grande r&eacute;ussite de Buber, sur le plan &eacute;ducatif, c&#39;est peut-&ecirc;tre&nbsp;d&#39;avoir su convaincre deux ou trois g&eacute;n&eacute;rations de Juifs parfaitement assimil&eacute;s de revenir au juda&iuml;sme et &agrave; Sion, envisag&eacute;s dans la perspective de l&#39;humanisme biblique.<\/p>\n<p>\tCette id&eacute;e d&#39;un renouveau spirituel juif, ch&egrave;re &agrave; Buber, a fortement impr&eacute;gn&eacute; sa conception de l&#39;&eacute;ducation des adultes. D&egrave;s 1902, il avait con&ccedil;u un mod&egrave;le d&#39;&eacute;cole populaire juive d&#39;&eacute;ducation des adultes, fond&eacute; sur l&#39;humanisme biblique. Par la suite, il adressa &agrave; l&#39;Universit&eacute; h&eacute;bra&iuml;que de J&eacute;rusalem une recommandation &eacute;crite pour lui demander d&#39;accorder dans ses programmes une place centrale &agrave; l&#39;&eacute;ducation des adultes. Il participa aussi &agrave; l&#39;exp&eacute;rience de l&#39;Acad&eacute;mie d&#39;&eacute;tudes juives pour adultes (Freies J&uuml;disches Lehrhaus) fond&eacute;e par Franz Rosenzweig &agrave; Francfort en 1920.<\/p>\n<p>\tPar les conf&eacute;rences qu&#39;il donna &agrave; la Lehrhaus sur la religion comme Pr&eacute;sence et l&#39;univers du hassidisme, il exer&ccedil;a une influence puissante sur la vie juive en Allemagne avant l&#39;av&egrave;nement du nazisme, renfor&ccedil;ant l&#39;identit&eacute; et la coh&eacute;sion de la communaut&eacute; juive. L&#39;arriv&eacute;e des Nazis au pouvoir bouleversa la vie de cette communaut&eacute;. Bien avant l&#39;extermination des Juifs en Europe, les Juifs d&#39;Allemagne se virent exclus des fonctions &eacute;conomiques importantes et des charges publiques et maintenus compl&egrave;tement &agrave; l&#39;&eacute;cart de la vie culturelle du pays. L&#39;isolement spirituel auquel la communaut&eacute; juive &eacute;tait r&eacute;duite exigeait qu&#39;elle se r&eacute;organise sur des bases radicalement autres. C&#39;est ainsi que Buber fonda en 1933 le Centre juif d&#39;&eacute;ducation des adultes, dont il fut le directeur jusqu&#39;en 1938, ann&eacute;e o&ugrave; il &eacute;migra en Palestine. Le Centre entendait renforcer dans la communaut&eacute; juive le r&eacute;flexe identitaire et la solidarit&eacute; de groupe en donnant &agrave; ses membres les instruments de la r&eacute;sistance spirituelle &agrave; la tyrannie nazie. Le message &eacute;ducatif de Buber ne tendait pas &agrave; un retour au juda&iuml;sme orthodoxe. Il encourageait les Juifs allemands &agrave; retourner dans le pays de la Bible afin d&#39;y accomplir la grande mission &#8211; &laquo;&ecirc;tre une lumi&egrave;re pour les nations&raquo;.<\/p>\n<p>\tSa propre exp&eacute;rience en Allemagne (ainsi que l&#39;histoire du Danemark pendant le conflit du Schleswig-Holstein au XIXe si&egrave;cle) avait enseign&eacute; &agrave; Buber que les temps de crise sont propices &agrave; l&#39;&eacute;ducation des adultes. De fait, c&#39;est pendant la sombre p&eacute;riode du nazisme que Buber exer&ccedil;a la plus grande influence en tant qu&#39;&eacute;ducateur. Il d&eacute;montra par ses enseignements th&eacute;oriques et pratiques que l&#39;&eacute;ducation des adultes pouvait apporter un soutien dans les moments de d&eacute;sespoir. P&eacute;n&eacute;tr&eacute; de l&#39;optimisme fondamental du peuple juif malgr&eacute; les vicissitudes de son histoire, Buber apprit aux Juifs &agrave; affronter la catastrophe sans se faire d&#39;illusions &#8211; en s&#39;accrochant &agrave; leur foi dans le&nbsp;Rocher&nbsp;d&#39;Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s avoir &eacute;migr&eacute; en Palestine, Buber se consacra surtout &agrave; l&#39;&eacute;ducation des adultes, parall&egrave;lement &agrave; ses travaux universitaires et &agrave; ses activit&eacute;s politiques. Son travail d&#39;&eacute;ducateur fut centr&eacute; essentiellement sur les colonies juives (les Kibboutz et les Moshav) dont les membres, engag&eacute;s dans des activit&eacute;s agricoles, souhaitaient n&eacute;anmoins maintenir le contact avec le monde intellectuel. D&#39;&eacute;minents professeurs et chercheurs de l&#39;Universit&eacute; h&eacute;bra&iuml;que, sous la direction de Buber, proposaient des s&eacute;minaires &laquo;hors les murs&raquo; aux colons-agriculteurs des diff&eacute;rentes r&eacute;gions de l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l. C&#39;est pour assurer la continuit&eacute; de cette entreprise que fut cr&eacute;&eacute; &agrave; l&#39;Universit&eacute; h&eacute;bra&iuml;que l&#39;Institut d&#39;&eacute;ducation des adultes, auquel le nom de Buber devait &ecirc;tre donn&eacute; apr&egrave;s la mort de ce dernier en 1965.<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s son retour et la cr&eacute;ation de l&#39;&Eacute;tat juif, Buber milita en faveur d&#39;un renouveau spirituel Juif. Pour lui, le nom de &laquo;Sion&raquo; &eacute;tait li&eacute; &agrave; l&#39;id&eacute;e de justice telle que l&#39;envisageaient les proph&egrave;tes h&eacute;bra&iuml;ques: &laquo;Sion sera rachet&eacute;e par la droiture et ses convertis par la justice&raquo; (Isa&iuml;e, 1, 27). Il appliquait plus particuli&egrave;rement cette conviction &agrave; la relation entre les Juifs et les Arabes de Palestine. Dans ses conf&eacute;rences, il mettait en garde contre l&#39;ethnocentrisme juif, en rappelant la &laquo;r&egrave;gle d&#39;or&raquo; de Rabbi Hillel l&#39;Ancien: &laquo;Ne fais pas &agrave; ton prochain ce que tu ne voudrais pas que l&#39;on te fasse &agrave; toi&raquo;. Il commentait aussi de fa&ccedil;on approfondie la signification du pr&eacute;cepte &laquo;Aime ton prochain comme toi-m&ecirc;me&raquo;, en expliquant que c&#39;est par l&#39;amour de l&#39;humanit&eacute; que nous rencontrons Dieu.<\/p>\n<p>\tLa cr&eacute;ation &agrave; J&eacute;rusalem, en 1949, de l&#39;Ecole de formation d&#39;&eacute;ducateurs d&#39;adultes fut sans conteste la r&eacute;alisation majeure de Buber dans ce domaine en Isra&euml;l. L&#39;&eacute;cole formait des personnels appel&eacute;s &agrave; faciliter l&#39;int&eacute;gration culturelle des immigrants qui arrivaient par vagues successives dans le pays depuis la cr&eacute;ation de l&#39;&Eacute;tat d&#39;Isra&euml;l en 1948. Isra&euml;l devint ainsi l&#39;un des premiers pays &agrave; proposer une formation sp&eacute;cialis&eacute;e dans le domaine de l&#39;&eacute;ducation des adultes. L&#39;&eacute;tablissement s&#39;inspirait des hautes &eacute;coles populaires fond&eacute;es par le grand p&eacute;dagogue danois N.F.S. Grundtvig (1783-1872). Buber fut particuli&egrave;rement sensible &agrave; la notion de &laquo;parole vivante&raquo;, propos&eacute;e par Grundtvig, qui rejoignait sa propre philosophie du dialogue dans l&#39;&eacute;ducation. Il adopta &eacute;galement le mod&egrave;le danois de l&#39;internat &#8211; un espace de vie et d&#39;apprentissage &#8211; qui allait dans le m&ecirc;me sens que son id&eacute;e d&#39;une &laquo;communaut&eacute; spirituelle&raquo;.<\/p>\n<p>\tNombre des &eacute;l&egrave;ves de l&#39;&Eacute;cole &eacute;taient eux-m&ecirc;mes des immigrants de fra&icirc;che date, venus pour la plupart de pays islamiques. Le personnel enseignant &eacute;tait compos&eacute; d&#39;&eacute;minents humanistes: Gideon Freudenberg (directeur), Ernst Simon, Gershom Scholem, Hugo Bergman, Avraham Halevy Fraenkel et Martin Buber lui-m&ecirc;me. Les enseignants &eacute;taient particuli&egrave;rement r&eacute;ceptifs au pluralisme culturel du corps &eacute;tudiant &#8211; nourri non seulement des valeurs occidentales mais aussi de la culture traditionnelle du Moyen-Orient. L&#39;enseignement dispens&eacute;, qui reposait sur un dialogue v&eacute;ritablement pluriculturel, comprenait des cours sur le juda&iuml;sme et les humanit&eacute;s, et visait &agrave; faire acqu&eacute;rir des comp&eacute;tences professionnelles. L&#39;&eacute;tude de l&#39;h&eacute;breu &#8211; con&ccedil;u non seulement comme langue v&eacute;hiculaire, mais aussi comme support de la culture isra&eacute;lienne &#8211; occupait une place importante dans le programme. L&#39;enseignement de Buber sur &laquo;La Bible h&eacute;bra&iuml;que apr&egrave;s l&#39;Holocauste&raquo; a exerc&eacute; une profonde influence sur les &eacute;tudiants. (&#8230;)<\/p>\n<p>\t<strong>Le message de Buber en mati&egrave;re d&#39;&eacute;ducation<\/strong><\/p>\n<p>\tL&#39;apport de Buber &agrave; l&#39;&eacute;ducation, s&#39;articulant autour de sa philosophie du dialogue, lui a valu une notori&eacute;t&eacute; mondiale, en particulier dans le domaine de l&#39;&eacute;ducation des adultes ax&eacute;e sur les valeurs humanistes. Le mouvement isra&eacute;lien pour l&#39;&eacute;ducation des adultes a &eacute;t&eacute; profond&eacute;ment influenc&eacute; par sa pens&eacute;e. Aujourd&#39;hui, plus de 40 ans apr&egrave;s la cr&eacute;ation &agrave; J&eacute;rusalem de l&#39;&Eacute;cole de formation des &eacute;ducateurs d&#39;adultes, cette influence est encore sensible. Plusieurs &eacute;tablissements s&#39;inspirant de ses enseignements fonctionnent encore actuellement en Isra&euml;l, dont&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.ulpan-akiva.org.il\/\">Ulpan Akiva<\/a>&nbsp;&agrave; Nataniya et l&#39;<a href=\"http:\/\/www.huji.ac.il\/unew\/buber.html\">Institut Martin Buber d&#39;&eacute;ducation des adultes<\/a>&nbsp;&agrave; l&#39;<a href=\"http:\/\/www.huji.ac.il\/\">Universit&eacute; h&eacute;bra&iuml;que de J&eacute;rusalem<\/a>&nbsp;&ndash; deux institutions qui oeuvrent notamment au rapprochement jud&eacute;o-arabe.<\/p>\n<p>\tLa th&eacute;orie &eacute;ducative de Buber s&#39;enracine dans sa philosophie anthropologique. M&ecirc;me si l&#39;on ne peut tirer de ses travaux un mod&egrave;le syst&eacute;matique d&#39;enseignement, sa vision embrasse l&#39;existence humaine dans sa globalit&eacute; et sa complexit&eacute;. Ses enseignements sur le hassidisme offrent une r&eacute;f&eacute;rence pour l&#39;&eacute;ducation morale et religieuse; quant &agrave; son humanisme h&eacute;bra&iuml;que, il est une<br \/>\n\tincitation &agrave; la solidarit&eacute; humaine en m&ecirc;me temps qu&#39;une source d&#39;inspiration pour l&#39;&eacute;ducation en faveur de la paix. &Agrave; ses yeux, l&#39;&eacute;ducation est un processus permanent, dans lequel l&#39;enseignant a essentiellement pour mission d&#39;inciter les &eacute;l&egrave;ves &agrave; apprendre et &agrave; se perfectionner par eux-m&ecirc;mes. L&#39;&eacute;ducateur est avant tout un guide qui doit aider ceux dont il a la charge &agrave; passer de la communion ma&icirc;tre-&eacute;l&egrave;ve &agrave; la communion universelle.<\/p>\n<p>\tLa contribution la plus originale de Buber &agrave; l&#39;&eacute;ducation est sans conteste l&#39;application du principe du dialogue &#8211; en particulier la notion d&#39;inclusion &#8211; au domaine p&eacute;dagogique. Autre apport fondamental, cette notion pragmatique de la &laquo;ligne de d&eacute;marcation&raquo;, cette distinction que nous sommes fr&eacute;quemment oblig&eacute;s d&#39;&eacute;tablir entre les valeurs &laquo;c&eacute;lestes&raquo; et les r&eacute;alit&eacute;s &laquo;terrestres&raquo; &#8211; entre les imp&eacute;ratifs cat&eacute;goriques et les possibilit&eacute;s concr&egrave;tes de leur donner effet dans un monde en attente de r&eacute;demption.&quot;<\/p>\n<p>\tSource: Kalman Yaron, &quot;Martin Buber, 1878-1965&quot;,&nbsp;Perspectives: revue trimestrielle d&#39;&eacute;ducation compar&eacute;e&nbsp;(Paris, UNESCO: Bureau international d&#39;&eacute;ducation), vol. XXIII, n&deg; 1-2, 1993, p. 135-147.<br \/>\n\t&copy;UNESCO: Bureau international d&#39;&eacute;ducation, 2000. Ce document peut &ecirc;tre reproduit librement, &agrave; condition d&#39;en mentionner la source (pr&eacute;cisant figurant sur l&#39;original)<\/p>\n<p>\n\t<strong>Oeuvres<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Traductions fran&ccedil;aises<\/strong><\/p>\n<p>\tJe et Tu. Paris, Aubier\/Montaigne, 1981.<\/p>\n<p>\tL&#39;&eacute;clipse de Dieu: consid&eacute;rations sur les relations entre la religion et la philosophie. Paris, Nouvelle cit&eacute;, 1987.<\/p>\n<p>\tLe chemin de l&#39;homme, d&#39;apr&egrave;s la doctrine hassidique. Paris, Le Rocher, 1989.<\/p>\n<p>\tLa relation, &acirc;me de l&rsquo;&eacute;ducation?&nbsp;Paris, Parole et Silence, 2001.<\/p>\n<p>\t&Eacute;crits sur la Bible&nbsp;(Schriften zur Bibel). Traduit de l&#39;allemand par Diane Meur. Paris, Bayard, 2003.<\/p>\n<p>\n\t<strong>Traductions anglaises<\/strong><\/p>\n<p>\tBetween man and man. Traduit par Ronald Gregor Smith, Londres, Kegan Paul, 1947.<\/p>\n<p>\tPaths in Utopia. Traduction de R. F. C. Hull. London: Routledge; Boston: Beacon Press; Syracuse, NY: Syracuse University Press (1949, 1958, 1996)<\/p>\n<p>\tPointing the way: Collected essays. Traduit par Maurice Friedman, New York: Schoken Books, 1957.<\/p>\n<p>\tA believing humanism: My testament. Traduction, introduction et commentaires de Maurice Friedman, New York: Simon and Schuster, 1967.<\/p>\n<p>\tIsrael and Palestine: The history of an idea. Traduit par Stanley Godman, New York , Schocken Books, 1976.<\/p>\n<p>\tThe Martin Buber-Carl Rogers Dialogue: A new transcript with commentary, New York, SUNY Press, 1977, 138 p.<\/p>\n<p>\tThe knowledge of man.&nbsp;Essai liminaire de Maurice Friedman (dir. publ.). Traduit par Maurice Freidman et Ronald Gregor Smith, New York: Humanities Press, 1988.<\/p>\n<p>\tOn Judaism.&nbsp;Nahum Glatzer (dir. publ.), New York, Schocken Books, 1989.<\/p>\n<p>\tOn intersubjectivity and cultural creativity. Introduction de S.N. Eisenstadt (dir. publ.), Chicago: University Press, 1992.<\/p>\n<p>\tNahum N. Glatzer et Paul Mendes-Flohr (&eacute;d.),&nbsp;The Letters of Martin Buber: A Life of Dialogue. Traduction de Richard et Clara Winston et de Harry Zohn. Schocken Books, 1994?), 722 p.&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.firstthings.com\/ftissues\/ft9403\/dann.html\">Compte rendu&nbsp;<\/a>de Werner J. Dannhauser,&nbsp;First Things, no 41, mars 1994, p. 42-44<\/p>\n<p>\n\t<strong>Documentation<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\t<a href=\"http:\/\/www.buber.de\/de\/bibliographie.html\">Riche bibliographie multilingue des &eacute;crits consacr&eacute;s &agrave; Martin Buber<\/a>&nbsp;(Martin Buber Homepage)<\/p>\n<p>\t<strong>Sur la pens&eacute;e &eacute;ducative de Martin Buber<\/strong><\/p>\n<p>\t* Cohen, Adir.&nbsp;The educational philosophy of Martin Buber, Rutherford, Madison, Teaneck, New Jersey: Fairleigh Dickinson Press, 1983.<br \/>\n\t* Friedenthal-Haase, Martha. &laquo;Martin Buber&#39;s and Ernst Simon&#39;s concept of adult education in crisis situations&raquo;, dans Franz Poeggeler et Kalman Yaron (dir. publ.),&nbsp;Adult education in crisis situation, Jerusalem: Magnes Press, 1991.<br \/>\n\t* Friedman, Maurice.&nbsp;Martin Buber&#39;s Life and Work&nbsp;(trois volumes), Detroit, Wayne State University Press, 1988.<br \/>\n\t* Gordon, Haim. &laquo;Buberian learning groups: Education for peace&raquo;, dansTeachers college record 84, Londres, 1982.<br \/>\n\t* Hodes, Aubrey,&nbsp;Martin Buber: An intimate portrait, New York: The Viking Press, 1973.<br \/>\n\t* Mendes Flohr, Paul.&nbsp;A land of two peoples: Buber on Jews and Arabs. New York\/Oxford : University Press, 1983.<br \/>\n\t* Simon, Ernst (en allemand).&nbsp;L&#39;&eacute;ducation des adultes Juifs comme r&eacute;sistance spirituelle dans l&#39;Allemagne nazie. T&uuml;bingen, 1939.<br \/>\n\t* Schremer, Oded. &laquo;Toward Understanding Buber&#39;s I-Thou\/I-It dichotomy in the context of education&raquo;,&nbsp;Studies in Jewish Education, n&deg; 2, 1984.<br \/>\n\t* Yaron, Kalman. &laquo;Hebrew humanism in the tradition of Martin Buber and Ernst Simon&raquo;, dans Manfred Kwiran (dir. publ.),&nbsp;Panorama: International Journal of Comparative Religious Education and Values,&nbsp;Braunschweig, 1990.<br \/>\n\t* Yaron, Kalman (en allemand). &laquo;Contact, dialogue et apprentissage: Exemples d&#39;une &eacute;ducation populaire juive&raquo;, dans Guenter Koch, Michael Nuechtern et Kalman Yaron (dir. publ.),&nbsp;L&#39;apprentissage dans les &eacute;tablissements d&#39;enseignement et les &eacute;coles, Koesel-Verlag, Munich, 1983.<\/p>\n<p>\tSource de la bibliographie: Kalman Yaron, &quot;Martin Buber, 1878-1965&quot;,&nbsp;Perspectives: revue trimestrielle d&#39;&eacute;ducation compar&eacute;e&nbsp;(Paris, UNESCO: Bureau international d&#39;&eacute;ducation), vol. XXIII, n&deg; 1-2, 1993, p. 135-147.<\/p>\n<p>\n\t* Avnon, D.&nbsp;Martin Buber. The hidden dialogue, Lanham, Rownman and Litterfield, 1998, 277 p.<br \/>\n\t*&nbsp;Shmuel Hugo Bergman,&nbsp;Dialogical Philosophy from Kierkegaard to Buber, Albany, SUNY Press, 1991, 257 p.&nbsp;<a href=\"http:\/\/theologytoday.ptsem.edu\/apr1992\/v49-1-booknotes15.htm\">Compte rendu<\/a>&nbsp;de Philip L. Quinn,&nbsp;Theology Today, vol. 49, no 1, avril 1992<br \/>\n\t* Cohen, A. A.&nbsp;Martin Buber,&nbsp;London, Bowes and Bowes, 1975<br \/>\n\t* Friedman, M.&nbsp;Encounter on the Narrow Ridge. A life of Martin Buber, New York, Paragon House, 1993, 496 p.<br \/>\n\t* Hodes, A.&nbsp;Encounter with Martin Buber, London,&nbsp;Allen Lane\/Penguin, 1972, 245 p. (aussi publi&eacute; sous le titre:&nbsp;Martin Buber: An Intimate Portrait,&nbsp;Viking Press, New York, 1971).<br \/>\n\t* Steven Kepnes,&nbsp;The Text as Thou: Martin Buber&#39;s Dialogical Hermeneutics and Narrative Theology, Bloomington, IN, Indiana University Press, 1992, 221 p.&nbsp;<a href=\"http:\/\/theologytoday.ptsem.edu\/jan1994\/v50-4-bookreview14.htm\">Compte rendu<\/a>&nbsp;de L. Gregory Jones,&nbsp;Theology Today, vol. 50, no 4, janvier 1994&nbsp;<br \/>\n\t* Schaeder, G.&nbsp;The Hebrew Humanism of Martin Buber,&nbsp;Wayne State University Press, 1973. Traduction de N. J. Jacobs.<br \/>\n\t* Schmidt, G. G.&nbsp;Martin Buber&#39;s Formative Years. From German culture to Jewish renewal, 1897-1909, University of Alabama Press, 1996, 184 p.<br \/>\n\t* Tillich, P. &quot;Martin Buber&quot;, in J. Bowden and J. Pichmond (&eacute;d.),&nbsp;A&nbsp;Reader in Contemporary Theology,&nbsp;London, SCM Press, 1967.<br \/>\n\t* Vermes, P.&nbsp;Buber, London, Peter Halban, 1988, 116 p.<br \/>\n\t* Vermes, P.&nbsp;Buber on God and the Perfect Man,&nbsp;Atlanta, Scholars Press, 1980<\/p>\n<p>\n\t<strong>Textes en ligne:&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>\tPete F. Spalding,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.buber.de\/material\/peacetalks.html\">It is Time to Invite Buber to the Peace Talks<\/a>&nbsp;<\/p>\n<p>\tHune E. Margulies,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.buber.de\/material\/urban.html\">Dialogue and Urbanism: On Buber, Naess, Spinoza and the Question of Diversity<\/a><\/p>\n<p>\tMark K. Smith,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.infed.org\/thinkers\/et-buber.htm\">Martin Buber and informal education<\/a>&nbsp;<\/p>\n<p>\tMaurice Friedman,&nbsp;<a href=\"http:\/\/muse.jhu.edu\/demo\/modern_judaism\/16.2friedman.html\">Martin Buber&#39;s Mystery Plan Elijah<\/a>, Modern Judaism, vol. 16, no 2, 1996, p. 135-146<\/p>\n<p>\tDan Leon,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.crosscurrents.org\/leon.htm\">Martin Buber and Jewish-Arab Peace<\/a>,&nbsp;CrossCurrents, vol. 49, no 1, hiver 1998-99<\/p>\n<p>\tMartin A. Bertman,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.findarticles.com\/m0411\/1_49\/61887410\/p1\/article.jhtml\">Buber: Mysticism Without Loss of Identity<\/a>,&nbsp;American Jewish Congress Magazine, hiver 2000<\/p>\n<p>\t<a href=\"http:\/\/www.geocities.com\/Athens\/Ithaca\/1180\/buber-heschel.htm\">Spirituality &amp; Religion : Martin Buber&#39;s and Abraham J. Heschel&#39;s Help for odern Man<\/a>&nbsp;(automne 1997)<\/p>\n<p>\tKenneth Rexroth,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.slip.net\/~knabb\/rexroth\/buber.htm\">The Hasidism of Martin Buber,&nbsp;<\/a>Bird in the Bush&nbsp;(1959). Reproduit dans:&nbsp;World Outside the Window: Selected Essays of Kenneth Rexroth&nbsp;(1987).&nbsp;<\/p>\n<p>\t<strong><a href=\"http:\/\/www.buber.de\/de\/elektronische_texte.html\">Textes en allemand<\/a>&nbsp;(Martin Buber Homepage)<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Martin Buber et le Hassidisme &nbsp; &nbsp; Biographie &quot;La d&eacute;couverte par Buber de l&#39;univers du hassidisme &#8211; ce courant mystique qui parcourut l&#39;Europe orientale au XVIIIe si&egrave;cle &#8211; explique l&#39;influence consid&eacute;rable qu&#39;il devait exercer sur la pens&eacute;e religieuse contemporaine. 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