{"id":11535,"date":"2015-11-19T23:51:46","date_gmt":"2015-11-19T23:51:46","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11535"},"modified":"2015-11-19T23:51:46","modified_gmt":"2015-11-19T23:51:46","slug":"suis-je-le-gardien-de-mon-frere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/suis-je-le-gardien-de-mon-frere\/","title":{"rendered":"SUIS-JE LE GARDIEN DE MON FR\u00c8RE ?"},"content":{"rendered":"<header>\n<section>\n<p>\n\t\tPARIS ATTAQU&Eacute;E: RELIRE LE R&Eacute;CIT DE CA&Iuml;N ET ABEL<\/p>\n<\/section>\n<\/header>\n<div data-animate-down=\"hi-header-box\" data-animate-up=\"hi-header-large\">\n<aside>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/aside>\n<section>\n<p>\n\t\tSUIS-JE LE GARDIEN DE MON FR&Egrave;RE&nbsp;?<br \/>\n\t\tPenser la fraternit&eacute;<\/p>\n<p>\n\t\tExtraits de l&rsquo;intervention du Rabbin Delphine Horvilleur le 16 novembre 2015 &agrave; Lyon au cours du d&eacute;bat &laquo;&nbsp;Suis-je le gardien de mon fr&egrave;re?&nbsp;&raquo; organis&eacute; par la Villa Gillet<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Suis-je le gardien de mon fr&egrave;re&nbsp;&raquo;&hellip; Depuis le mois de janvier dernier, il me semble que tout, absolument tout ce que je fais, ce que j&rsquo;&eacute;cris, pense ou travaille, me ram&egrave;ne immanquablement &agrave; cette question et &agrave; ce r&eacute;cit fondateur-l&agrave; sur lequel, je vais revenir dans un instant.<\/p>\n<p>\n\t\tAvant de vous en proposer une lecture, qui n&rsquo;en est qu&rsquo;une lecture possible parmi d&rsquo;autres, j&rsquo;aimerais dire deux choses en pr&eacute;ambule &agrave; mon propos&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\tLa premi&egrave;re, c&rsquo;est que bien entendu, toute discussion sur la fraternit&eacute;, le meurtre et la violence prend une dimension particuli&egrave;re aujourd&rsquo;hui. Parce qu&rsquo;en cette heure de deuil, nous savons qu&rsquo;une fraternit&eacute; v&eacute;ritable ne peut &ecirc;tre une simple solidarit&eacute; de l&rsquo;&eacute;motion, mais qu&rsquo;il nous faudra red&eacute;finir ce que nous entendons vraiment par cette devise qui orne les frontons de nos &eacute;difices&hellip; Depuis vendredi, ou plus exactement depuis qu&rsquo;est tomb&eacute;e cette ignoble revendication des attentats par l&rsquo;&Eacute;tat islamique, je ne peux m&rsquo;emp&ecirc;cher de remarquer combien ils sont eux, &agrave; l&rsquo;aise, avec ce vocable, au point d&rsquo;en faire le leitmotiv de leur ignoble &laquo;&nbsp;prose&nbsp;&raquo;. Dans chacune de leurs d&eacute;clarations, comme en r&eacute;alit&eacute; au c&oelig;ur de tous les discours fanatiques, le mot qui revient en boucle est celui l&agrave;&nbsp;: nos fr&egrave;res ont agi, nos fr&egrave;res ont lev&eacute; l&rsquo;&eacute;p&eacute;e, voil&agrave; comment nos fr&egrave;res ont veng&eacute; etc., comme si leur d&eacute;finition de la fraternit&eacute;, c&oelig;ur de leur projet assassin, pouvait &ecirc;tre ainsi r&eacute;sum&eacute;&nbsp;: mon fr&egrave;re est celui qui est pr&ecirc;t &agrave; tuer pour moi et &agrave; se faire tuer pour moi. Dans cette d&eacute;finition, mon fr&egrave;re ne l&rsquo;est que dans la mort qu&rsquo;il donne ou qu&rsquo;il se donne.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est d&rsquo;autant plus int&eacute;ressant, parce que dans le texte de la&nbsp;Gen&egrave;se, le fr&egrave;re dont il est question, le fr&egrave;re de Ca&iuml;n l&rsquo;assassin, ce n&rsquo;est pas celui qui tue mais c&rsquo;est celui que j&rsquo;ai violent&eacute;. C&rsquo;est celui dont la mort soudain doit m&rsquo;interpeller et non pas celle que je revendique (s&rsquo;il nous faut en cet instant nous mettre dans la peau de Ca&iuml;n)<\/p>\n<p>\n\t\tVous me direz peut-&ecirc;tre qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; certains ont fanatis&eacute; cette fraternit&eacute; pour en faire le c&oelig;ur de leur croisade macabre, mieux vaudrait se garder de chercher quoi que ce soit dans nos textes religieux. &Agrave; quoi bon s&rsquo;imaginer qu&rsquo;on va y trouver une quelconque sagesse&nbsp;? Comment &eacute;viter d&rsquo;en faire nous aussi des supports id&eacute;ologiques mortif&egrave;res&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>ACCEPTER UNE BONNE FOIS POUR TOUTES QUE NOS TEXTES&nbsp;N&rsquo;ONT PAS PARL&Eacute; UNE BONNE FOIS POUR TOUTE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tEt bien justement, et c&rsquo;est l&agrave; le deuxi&egrave;me point de mon pr&eacute;ambule&nbsp;; je crois qu&rsquo;il est essentiel de revisiter nos textes, pour accepter une bonne fois pour toute, qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas fini de parler, accepter une bonne fois pour toutes qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas parl&eacute; une bonne fois pour toute. Voil&agrave; qui implique d&rsquo;abord de reconna&icirc;tre qu&rsquo;on peut leur faire dire tout et son contraire.<\/p>\n<p>\n\t\tJe suis extr&ecirc;mement troubl&eacute;e (et pour tout vous dire tr&egrave;s agac&eacute;e) par tous ceux qui disent que les lectures fanatiques des textes religieux n&rsquo;auraient rien &agrave; voir avec telle ou telle religion, qu&rsquo;ils seraient juste des pens&eacute;es-parasites n&eacute;fastes qui s&rsquo;en revendiquent, des lecteurs infid&egrave;les au sens v&eacute;ritable d&rsquo;une tradition. Je crois qu&rsquo;il faut avoir le courage de reconna&icirc;tre que nos textes, tous nos textes, abritent des lectures meurtri&egrave;res, des violences litt&eacute;rales, des interpr&eacute;tations criminelles. Ils abritent aussi d&rsquo;autres pistes de lecture, d&rsquo;autres germes de vie. La question, d&egrave;s lors, n&rsquo;est pas de savoir si un livre est criminel ou pas, mais plut&ocirc;t de savoir si on choisit de le lire pour la mort ou pour la vie. Et c&rsquo;est l&agrave; que se pose la question de la responsabilit&eacute; du lecteur et de l&rsquo;interpr&egrave;te ainsi formul&eacute;e&nbsp;: Vais-je lire pour la vie ou pas&nbsp;?&nbsp;Comment puis-je me faire le gardien de mon livre, de telle sorte qu&rsquo;il n&rsquo;assassine pas mon fr&egrave;re&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\tCette introduction me semble n&eacute;cessaire avant m&ecirc;me de commencer &agrave; lire pour vous l&rsquo;histoire de Ca&iuml;n et Abel, parce que la lecture que je vous propose l&agrave; n&rsquo;est rien qu&rsquo;une lecture possible. Elle n&rsquo;et pas et heureusement la seule chose que peut dire le texte, mais une possibilit&eacute; de dire qui peut aujourd&rsquo;hui nous guider dans une r&eacute;flexion &eacute;thique, politique et religieuse de responsabilit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tPermettez moi donc un petit retour vers le chapitre 4 de la&nbsp;Gen&egrave;se, sous la forme d&rsquo;un petit&nbsp;flash backbiblique. Monsieur Adam et Madame &Egrave;ve, a peine expuls&eacute;s du jardin d&rsquo;&Eacute;den, vont fonder une famille. Quelle bonne id&eacute;e&nbsp;! Et leur famille ressemble&nbsp;a priori&nbsp;&agrave; celle de beaucoup d&rsquo;entre nous, c&rsquo;est &agrave; dire &agrave; une entit&eacute; tr&egrave;s dysfonctionnelle.<\/p>\n<p>\n\t\tLa Bible dit que &Egrave;ve con&ccedil;ut et enfanta. Adam &eacute;tait sans doute parti faire des courses, il semble absent du texte et de la conception. Quand l&rsquo;enfant para&icirc;t, miracle, sa m&egrave;re dit&nbsp;: j&rsquo;ai acquis un homme avec Dieu et elle l&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;acquis&nbsp;&raquo; (Ca&iuml;n). Adam est absent, et &Egrave;ve parle de son fils comme si le p&egrave;re &eacute;tait en fait le divin. En gros, elle l&rsquo;appelle demi-Dieu, ou Superman. Et puis, dit la Torah, elle continue d&rsquo;enfanter, et l&rsquo;enfant suivant est nomm&eacute; Abel, c&rsquo;est &agrave; dire &laquo;&nbsp;Bu&eacute;e&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;souffle&nbsp;&raquo;, ou pour traduire son nom autrement, celui-la s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re&nbsp;&raquo; c&rsquo;est-&agrave;-dire &laquo;&nbsp;rien du tout&nbsp;&raquo;. Je vous pr&eacute;sente donc la premi&egrave;re famille biblique. Papa est parti, Maman s&rsquo;occupe &agrave; la maison de demi-Dieu et de clopinette. Un beau jour, demi-Dieu assassinera clopinette. Pourquoi cela nous &eacute;tonnerait-il&nbsp;? Est-ce vraiment bien grave?<\/p>\n<p>\n\t\tBien entendu, cette fa&ccedil;on de raconter l&rsquo;histoire de Ca&iuml;n et Abel, inspir&eacute;e de la polys&eacute;mie h&eacute;bra&iuml;que, pose imm&eacute;diatement pour le lecteur la question de la d&eacute;termination, la question du poids de nos h&eacute;ritages et des projets parentaux. Quelle part de libre-arbitre a donc Ca&iuml;n dans ce qui lui arrive ?<\/p>\n<p>\n\t\tEt c&rsquo;est exactement ainsi que se prolonge le r&eacute;cit. Un jour, Ca&iuml;n veut faire une offrande &agrave; l&rsquo;&Eacute;ternel et son fr&egrave;re en fait de m&ecirc;me mais l&rsquo;offrande de Ca&iuml;n n&rsquo;est pas agr&eacute;&eacute;e et, nous dit le texte, son visage en est abattu. Quelle injustice&nbsp;! Alors Dieu lui parle et lui dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Pourquoi ton visage est-il abattu&nbsp;? Tu peux te relever de ton pass&eacute;, et si tu ne le fais pas, &agrave; l&rsquo;ouverture une faute est cach&eacute;e mais toi tu la contr&ocirc;leras&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tLangage un peu &eacute;sot&eacute;rique&hellip; Toujours est il que Ca&iuml;n ne l&rsquo;entend pas, et plut&ocirc;t que de se relever, il descend son fr&egrave;re. La premi&egrave;re fratrie de l&rsquo;histoire biblique invente le fratricide. C&rsquo;est ainsi que d&eacute;bute, selon le texte, toute l&rsquo;histoire de notre famille, celle dont nous h&eacute;ritons.<\/p>\n<p>\n\t\tEt c&rsquo;est alors, seulement alors, que vont r&eacute;sonner ces mots&nbsp;: &laquo;&nbsp;O&ugrave; est ton fr&egrave;re Abel&nbsp;?&nbsp;&raquo; demande Dieu (a priori, si Dieu est Dieu, il le sait. Une telle question rh&eacute;torique est porteuse d&rsquo;une autre interrogation&nbsp;: o&ugrave; es-tu toi maintenant que tu as ainsi agi&nbsp;?). R&eacute;ponse de Ca&iuml;n, sous la forme d&rsquo;une question, sans doute tout aussi rh&eacute;torique&nbsp;: &laquo;&nbsp;Suis-je le gardien de mon fr&egrave;re&nbsp;?&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tLa r&eacute;ponse de l&rsquo;assassin, pour les commentateurs juifs traditionnels, est la d&eacute;finition m&ecirc;me de l&rsquo;hypocrisie. Pour l&rsquo;expliquer, ils utilisent une all&eacute;gorie et nous disent: imaginez un cambrioleur qui p&eacute;n&egrave;trerait dans une maison et en d&eacute;roberait les tr&eacute;sors. Lorsque le lendemain le gardien de la maison l&rsquo;arr&ecirc;te, il r&eacute;pond&nbsp;: &laquo;&nbsp;Mais je n&rsquo;ai fait que mon travail. Moi mon boulot c&rsquo;est de voler. Mais toi, le gardien de la maison, tu aurais d&ucirc; m&rsquo;en emp&ecirc;cher et tu n&rsquo;as pas su le faire. C&rsquo;est toi qui n&rsquo;a pas assur&eacute; ta fonction, et porte la pleine responsabilit&eacute; de mon acte&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>CA&Iuml;N NIE SA RESPONSABILIT&Eacute; PARCE QU&rsquo;IL A &Eacute;T&Eacute; VICTIME D&rsquo;UNE INJUSTICE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJ&rsquo;arr&ecirc;te l&agrave; un instant cet exercice d&rsquo;interpr&eacute;tation traditionnel, parce que je n&rsquo;ai pas besoin d&rsquo;en dire plus pour vous faire sentir &agrave; quel point, il nous invite &agrave; penser la situation que nous vivons, &agrave; quel point il fait &eacute;cho &agrave; des discours que nous avons si souvent entendu depuis quelques mois, apr&egrave;s Charlie, apr&egrave;s l&rsquo;Hyper-Casher, et que, je le crains, nous ne tarderons pas &agrave; entendre r&eacute;sonner.<\/p>\n<p>\n\t\tCa&iuml;n est l&rsquo;homme qui nie ou &agrave; qui on nie sa responsabilit&eacute;, parce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; victime d&rsquo;une injustice, parce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; le fils de ses parents, parce qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; &laquo;&nbsp;poss&eacute;d&eacute;&nbsp;&raquo; par d&rsquo;autres, parce qu&rsquo;il a eu &laquo;&nbsp;bobo&nbsp;&raquo;&hellip; Alors quand il agit, sa r&eacute;ponse consiste &agrave; dire&nbsp;: je n&rsquo;ai pas cette responsabilit&eacute; autant qu&rsquo;elle vous revient &agrave; vous&nbsp;: papa et maman, Dieu, le syst&egrave;me ou m&ecirc;me ma victime. Pour faire d&rsquo;elle un coupable. Pour lui faire porter la culpabilit&eacute; d&rsquo;avoir fait de lui un coupable. On ne pardonne soudain pas &agrave; la victime pour ce qu&rsquo;on lui a fait&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tCette posture victimaire qu&rsquo;incarne Ca&iuml;n d&egrave;s la&nbsp;Gen&egrave;se&nbsp;du texte est celle qu&rsquo;il nous faut tenter de contrer aujourd&rsquo;hui. Certainement pas en niant les douleurs, les h&eacute;ritages, et la menace d&eacute;terministe de nos histoires. Mais en &eacute;tant capable de r&eacute;habiliter la parole que Ca&iuml;n a entendu, mais mal, parole &agrave; laquelle il n&rsquo;a pas su r&eacute;agir&nbsp;: &laquo;&nbsp;Pourquoi ton visage est-il affaiss&eacute;&nbsp;? Tu peux te relever de ce pass&eacute;, et sinon, &agrave; l&rsquo;ouverture est tapie la faute mais toi tu peux la contr&ocirc;ler&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\n\t\t\t<strong>IL EST MORT MAIS SON SANG HURLE ET APPELLE ENCORE<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\n\t\tIl est possible de regagner du contr&ocirc;le. Le contr&ocirc;le, en h&eacute;breu, a toujours quelque chose &agrave; voir avec la possibilit&eacute; de se raconter autrement son histoire. C&rsquo;est ce dont il est question aujourd&rsquo;hui. Comment allons nous lutter contre la posture victimaire qui a rendu les uns malades et qui menace tout un chacun aujourd&rsquo;hui, si ce n&rsquo;est en op&eacute;rant des relectures de nos existences&nbsp;? Comment faire, malgr&eacute; nos douleurs, le choix de la vie&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\tUn tout dernier mot&nbsp;: &agrave; la fin de cet &eacute;pisode du chapitre 4, Dieu dit &agrave; Ca&iuml;n&nbsp;: &laquo;&nbsp;La voix des sangs de ton fr&egrave;re crie vers moi des profondeurs de la terre&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tAbel est mort mais son sang continue de hurler et appelle encore. Ce cri, selon nos commentateurs, c&rsquo;est le cri de toutes les g&eacute;n&eacute;rations qui auraient du na&icirc;tre de celui qui fut tu&eacute;, et qu&rsquo;on a assassin&eacute; avec lui.<\/p>\n<p>\n\t\tJe crois que chacun de nous entende aujourd&rsquo;hui ces cris. Nous les entendons en regardant les visages de cette jeunesse assassin&eacute;e, et en percevant depuis les profondeurs de nos &acirc;mes l&rsquo;immensit&eacute; du deuil qu&rsquo;il nous faudra faire, le deuil de tout ce qu&rsquo;ils auraient d&ucirc; apporter &agrave; notre monde.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/tenoua.org\/paris-attentat-cain\/\" rel=\"bookmark\" title=\"Paris attaqu\u00e9e: Relire le r\u00e9cit de Ca\u00efn et Abel\">PARIS ATTAQU&Eacute;E: RELIRE LE R&Eacute;CIT DE CA&Iuml;N ET ABEL<\/a><\/p>\n<\/section>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PARIS ATTAQU&Eacute;E: RELIRE LE R&Eacute;CIT DE CA&Iuml;N ET ABEL &nbsp; SUIS-JE LE GARDIEN DE MON FR&Egrave;RE&nbsp;? 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