{"id":11537,"date":"2015-11-20T00:50:06","date_gmt":"2015-11-20T00:50:06","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11537"},"modified":"2015-11-20T00:50:06","modified_gmt":"2015-11-20T00:50:06","slug":"comment-les-jeunes-de-mon-quartier-dans-le-93-ont-ils-vecu-les-carnages-de-la-nuit-alexandra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/comment-les-jeunes-de-mon-quartier-dans-le-93-ont-ils-vecu-les-carnages-de-la-nuit-alexandra\/","title":{"rendered":"Comment les jeunes de mon quartier, dans le 93, ont-ils v\u00e9cu les carnages de la nuit ?Alexandra Laignel-Lavastine"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tComment les jeunes de mon quartier, dans le 93, ont-ils v&eacute;cu les carnages de la nuit ?Alexandra Laignel-Lavastine<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/header>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tFIGAROVOX\/T&Eacute;MOIGNAGE &#8211; La philosophe&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.danilette.com\/2015\/06\/alexandra-laignel-lavastine-denonce-l-inversion-des-valeurs-au-nom-d-un-anti-racisme-devoye.html\">Alexandra Laignel-Lavastine<\/a>, qui habite en Seine-Saint-Denis, a interrog&eacute; les jeunes de son quartier d&egrave;s le matin du 14 novembre. Les propos qu&#39;elle a recueillis sont gla&ccedil;ants.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tAlors qu&#39;en ce lugubre matin du samedi 14 novembre, la France &eacute;tait en &eacute;tat de choc et le monde glac&eacute; d&#39;effroi, comment les jeunes de mon quartier, dans le 93, avaient-ils v&eacute;cu, eux, les carnages de la nuit? Un vague espoir m&#39;avait saisi: et si les tueurs islamistes venaient, par ce bain de sang, de s&#39;ali&eacute;ner un peu leurs admirateurs de banlieue, g&eacute;n&eacute;ralement fascin&eacute;s par leurs &laquo;exploits guerriers&raquo;?<br \/>\n\t\t\tDans cet univers clos et &agrave; la d&eacute;rive, o&ugrave; la f&ecirc;lure morale est souvent vertigineuse, le principe qui pr&eacute;domine est en effet celui de la valeur contraire. Les d&eacute;capitations en ligne, les pri&egrave;res de rue et le voile int&eacute;gral horrifient ou d&eacute;rangent? Ils &laquo;kiffent&raquo; puisqu&#39;ils &laquo;niquent la France&raquo;. Mais cette fois? Se pouvait-il que les images atroces des tueries les laissent de marbre et ne suscitent pas l&#39;ombre d&#39;un &eacute;c&oelig;urement ou d&#39;une identification aux victimes? En s&#39;en prenant au public jeune et festif d&#39;un concert de rock ; pis, en ciblant les spectateurs d&#39;un match de foot, leur passion, de surcro&icirc;t au Stade de France, situ&eacute; &agrave; quelques encablures de l&agrave; et o&ugrave; ils auraient tous pu se trouver, les tueurs de Daech n&#39;avaient-ils pas commis une erreur d&#39;appr&eacute;ciation ?<br \/>\n\t\t\tJ&#39;avoue que je m&#39;attendais au moins &agrave; un vague: &laquo;L&agrave; quand m&ecirc;me, ils abusent!&raquo;. Je descends au bistrot du coin vers 10 heures.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPremi&egrave;re surprise: rien n&#39;y laisse deviner qu&#39;une trag&eacute;die vient de frapper le pays. La t&eacute;l&eacute; est pourtant allum&eacute;e au-dessus du comptoir, le film des &eacute;v&eacute;nements passe et repasse en boucle. La client&egrave;le, exclusivement masculine, regarde du coin de l&#39;&oelig;il, mais personne ne semble concern&eacute;. J&#39;interroge le patron, les yeux rougis par l&#39;absence de sommeil, un sympathique arabe chr&eacute;tien qui se d&eacute;finit comme &laquo;assyro-babylonien&raquo;:&nbsp;&laquo;J&#39;y crois pas&raquo;, me dit-il &agrave; voix basse. Depuis que j&#39;ai ouvert &agrave; 8 heures, les gens parlent de tout et de rien, mais surtout pas de ce qui vient de se passer. C&#39;est biz as usual: circulez, y&#39;a rien &agrave; voir&raquo;.<br \/>\n\t\t\tJe m&#39;attable avec Malik, en train de boire son caf&eacute;, le visage ferm&eacute;. Je lui dit qu&#39;il a une mine fatigu&eacute;e et qu&#39;il y a de quoi apr&egrave;s les massacres horribles des derni&egrave;res heures. &laquo;Pourquoi horribles?&raquo;, me lance-t-il d&#39;un air hostile, &laquo;tu crois quand m&ecirc;me pas ce qu&#39;ils nous racontent!&raquo;. Ma cr&eacute;dulit&eacute; lui fait m&ecirc;me &laquo;piti&eacute;&raquo;: &laquo;R&eacute;fl&eacute;chis trois secondes: un musulman, &ccedil;a tue pas. Tuer, chez nous, c&#39;est haram. C&#39;est marqu&eacute; dans le Coran&raquo;.<br \/>\n\t\t\tJe tente la carte bobo nunuche bien-pensante: l&#39;islam est certes une religion-de-tol&eacute;rance-et-de-paix, mais il peut y avoir de mauvais musulmans, des fanatiques qui le d&eacute;forment et s&#39;en servent &agrave; de vilaines fins politiques.<br \/>\n\t\t\t&laquo;C&#39;est quoi ces conneries?&raquo;, poursuit-il. &laquo;Un communiqu&eacute;, &ccedil;a se fabrique, c&#39;est comme les images: tout est bidon&raquo;. Et comme un musulman ne peut donc &ecirc;tre un meurtrier, il faut bien que &laquo;y&#39;ai un truc derri&egrave;re tout &ccedil;a&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe raisonnement est implacable. Aussi brillant que celui d&#39;Emmanuel Todd et d&#39;une bonne partie de la doxa de gauche politiquement correcte, pour qui il ne s&#39;agissait d&eacute;j&agrave; plus, quatre mois apr&egrave;s &laquo;Charlie&raquo;, de combattre l&#39;islamisme, mais le &laquo;la&iuml;cisme radical&raquo; port&eacute; par les n&eacute;o-r&eacute;actionnaires, tr&egrave;s vite tenus, en toute ind&eacute;cence, pour les coupables indirects des crimes de janvier.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEntre temps, les copains de Malik sont arriv&eacute;s et ils se m&ecirc;lent &agrave; la conversation. Nidal, passablement agressif, rench&eacute;rit: &laquo;La v&eacute;rit&eacute;, de toute fa&ccedil;on, on l&#39;a conna&icirc;t: c&#39;est un complot contre nous et contre l&#39;islam, comme avec Merah et le reste&raquo;. Le reste? Un autre m&#39;&eacute;claire de fa&ccedil;on assez pr&eacute;visible en m&#39;expliquant que les chambres &agrave; gaz seraient une &laquo;invention sioniste&raquo;, le 11-Septembre un complot du Mossad et le massacre de Charlie-Hebdo un coup mont&eacute; de la DCRI. &laquo;Tu vois, les Kouachi. J&#39;ai un copain qui les connaissait bien. Il m&#39;a dit que le deuxi&egrave;me fr&egrave;re &eacute;tait mort en 2009. C&#39;est pas une preuve, &ccedil;a? Le but, c&#39;est de salir les musulmans&raquo;.<br \/>\n\t\t\tAvant, m&#39;expliquent-ils, ils ne disposaient que de la version officielle que leur servaient &laquo;les m&eacute;dias&raquo;. D&eacute;sormais, ils poss&egrave;dent un savoir inaccessible au profane: &laquo;On peut plus nous enfumer&raquo;. &Agrave; ce propos, je leur demande quels sont leurs sites pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s: Dieudonn&eacute;, Soral, M&eacute;diapart,&nbsp;oumma.com, les Indig&egrave;nes de la R&eacute;publique?<br \/>\n\t\t\tIls ne comprennent pas le sens de ma question: &laquo;Internet, quoi, YouTube. Tu connais YouTube?&raquo;. Je n&#39;insiste pas, voyant que la notion m&ecirc;me de source leur &eacute;chappe. Je me r&eacute;signe aussi assez vite &agrave; laisser de c&ocirc;t&eacute; la question de la vraisemblance dudit complot &mdash; la parano&iuml;a conspirationniste &eacute;tant par d&eacute;finition immunis&eacute;e contre tout d&eacute;menti en provenance des faits &mdash;, pour m&#39;int&eacute;resser aux chefs d&#39;orchestres cach&eacute;s: un complot, mais orchestr&eacute; par qui ? &laquo;Justement, on le saura jamais&raquo;, dit Kevin d&#39;un air grave et dubitatif.<br \/>\n\t\t\t&laquo;Tu d&eacute;connes!&raquo;, s&#39;&eacute;nerve R&eacute;da qui prend &agrave; son tour la parole avec v&eacute;h&eacute;mence: &laquo;T&#39;s&eacute; quoi Madame, avec tout mon respect: les gros salauds, les barbares, les criminels qu&#39;faudrait r&eacute;gler &agrave; la kalach, c&#39;est les Juifs! Mais &ccedil;a, tu pourras pas l&#39;&eacute;crire dans ton journal vu qu&#39;ils contr&ocirc;lent tout&raquo;.<br \/>\n\t\t\tVraiment tout? &laquo;Nan, en fait, seulement 80 %&raquo;, estime Kamel, plus raisonnable et qui dispose de chiffres plus&hellip; exacts. Son voisin, un peu g&ecirc;n&eacute; devant moi, tient lui aussi &agrave;&hellip; nuancer: &laquo;Les Juifs, enfin les sionistes plut&ocirc;t. C&#39;est eux les grands ca&iuml;ds. M&ecirc;me l&#39;Etat fran&ccedil;ais est une marionnette entre leurs mains&raquo;. Tous acquiescent avec vigueur et consid&egrave;rent, pour de myst&eacute;rieuses raisons, que seul Poutine, &laquo;un mec g&eacute;nial&raquo;, pourrait nous &laquo;sauver&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>&laquo; M&ecirc;me les Fran&ccedil;ais en ont marre, ils sont plus chez eux avec ces Juifs pourris. Or on a quand m&ecirc;me le droit de se sentir chez soi, c&#39;est normal ! &raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLes trois mots magiques &mdash; &laquo;Juif&raquo;, &laquo;sioniste&raquo; et &laquo;complot&raquo; &mdash; &eacute;tant l&acirc;ch&eacute;s, ces vocables ont aussit&ocirc;t pour effet d&#39;&eacute;chauffer le groupe, toujours aussi peu dispos&eacute;, autour de midi, &agrave; verser une larme de compassion, m&ecirc;me une toute petite, envers les morts et les bless&eacute;s de la nuit. Une insensibilit&eacute; et une indiff&eacute;rence absolues. Tandis que je songe &agrave; la r&eacute;flexion d&#39;Hannah Arendt sur le fait que c&#39;est aussi dans le vide de la pens&eacute;e et l&#39;incapacit&eacute; d&#39;&ecirc;tre &eacute;mu que la barbarie se d&eacute;ploie, voil&agrave; que Toufik infl&eacute;chit avec succ&egrave;s la discussion sur les francs-ma&ccedil;ons, &laquo;les alli&eacute;s du grand ca&iuml;d&raquo; qui, manifestement, les passionnent. Et d&#39;ajouter: &laquo;De toute fa&ccedil;on, en France, c&#39;est simple: si tu fais pas partie d&#39;une loge, t&#39;as pas de boulot&raquo;. Son pote le coupe: &laquo;Faut pas oublier non plus Sarko et sa bande qui, apr&egrave;s avoir vendu cinq tonnes d&#39;or aux Am&eacute;ricains pour une bouch&eacute;e de pain, se sont tous tir&eacute;s &agrave; Tel-Aviv&raquo;. Son voisin compl&egrave;te: &laquo;M&ecirc;me les Fran&ccedil;ais en ont marre, ils sont plus chez eux avec ces Juifs pourris. Or on a quand m&ecirc;me le droit de se sentir chez soi, c&#39;est normal!&raquo;.<br \/>\n\t\t\tJ&#39;ose faire remarquer que Nicolas Sarkozy a pourtant l&#39;air de se trouver physiquement &agrave; Paris. &laquo;Ben c&#39;est normal, vu que c&#39;est Rockefeller qui dirige BFM et iT&eacute;l&eacute;&raquo;. J&#39;admet que je n&#39;y avais pas pens&eacute;&hellip; De toute fa&ccedil;on, &laquo;ils sont tous islamophobes, faut arr&ecirc;ter de nous stigmatiser&raquo;, conclut un autre.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&agrave;, il me sid&egrave;re: ces jeunes esprits d&eacute;structur&eacute;s, abreuv&eacute;s aux discours de haine et aux fantasmes complotistes, ont en m&ecirc;me temps tr&egrave;s bien capt&eacute; le pr&ecirc;t-&agrave;-penser du jour et l&#39;int&eacute;r&ecirc;t qu&#39;ils pouvaient en retirer, entre chantage &agrave; l&#39;islamophobie, vulgate du padamalgame (les proc&egrave;s en d&eacute;rive &laquo;n&eacute;o-r&eacute;ac&raquo;, ils ne connaissent pas encore) et complaisance victimaire. Il est vrai que l&#39;axiome de Malik &mdash; &laquo;Un musulman, &ccedil;a tue pas&raquo; &mdash; rejoint le principe intangible de la bien-pensance contemporaine, &agrave; savoir que le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens &laquo;damn&eacute;s de la terre&raquo;. D&#39;o&ugrave; l&#39;exploit d&#39;Edwy Plenel qui, en 2013, osait encore parler d&#39;un &laquo;terrorisme dit islamiste&raquo;.<\/p>\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1447877035208_20942\">\n\t\t\tC&#39;est ainsi que sans ces territoires occup&eacute;s de la pens&eacute;e progressiste, toute &agrave; son d&eacute;ni id&eacute;ologique du r&eacute;el, Les Territoires perdus de la R&eacute;publique*, un livre qui r&eacute;unissait d&egrave;s 2002 les t&eacute;moignages alarm&eacute;s de professeurs du secondaire, aurait pu permettre de faire &mdash; &agrave; temps? &mdash; le bon diagnostic. La gauche, dont la l&acirc;chet&eacute; fut affligeante, a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; le bouder et le consid&eacute;rer comme raciste: comment osait-on constater une offensive salafiste dans certains quartiers? Scandaleux. R&eacute;sultat: la France enregistre quinze ans de retard &agrave; l&#39;allumage face &agrave; la menace repr&eacute;sent&eacute;e par un islam qui se radicalise.<\/p>\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1447877035208_20933\">\n\t\t\t&Agrave; se demander o&ugrave; r&eacute;side le plus horrifiant. Dans cette perte absolue de rep&egrave;res parmi une jeunesse pourtant n&eacute;e et &eacute;duqu&eacute;e en France? Ou dans le manque de courage de nos &eacute;lites somnambules qui, de renoncements en capitulations, ont contribu&eacute; &agrave; accuser cette fracture qu&#39;il &eacute;tait jusqu&#39;&agrave; pr&eacute;sent de mauvais go&ucirc;t de vouloir voir et sur laquelle il &eacute;tait donc de bon ton de ne rien savoir.<\/p>\n<p>\n\t\t\tTragique. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, mes interlocuteurs &eacute;taient encore enfants. Nos milliers de djihadistes de fabrication locale &mdash; dont les massacreurs du 13 novembre &mdash;, l&#39;&eacute;taient aussi.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/vox\/societe\/2015\/11\/18\/31003-20151118ARTFIG00289-alexandra-laignel-lavastine-les-attentats-vus-de-seine-saint-denis.php\">Source<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n\t\t<a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/42\/73\/28\/20151118\/ob_df68d3_ob-7d907b-9782246857112-x-0.jpg\" rel=\"fancybox\" style=\"color: rgb(102, 102, 102); text-decoration: underline; outline: none;\"><img decoding=\"async\" alt=\"Comment les jeunes de mon quartier, dans le 93, ont-ils v\u00e9cu les carnages de la nuit ?Alexandra Laignel-Lavastine\" src=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/42\/73\/28\/20151118\/ob_df68d3_ob-7d907b-9782246857112-x-0.jpg\" \/><\/a><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&bull; La Pens&eacute;e &eacute;gar&eacute;e. Islamisme, populisme, antis&eacute;mitisme. Essai sur les penchants suicidaires de l&rsquo;Europe,&nbsp;Grasset, 220 pages, 18 &euro;.<\/p>\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1433799505997_118324\">\n\t\t\t&quot;Par quel chemin de capitulation en est-on arriv&eacute; aux sanglantes journ&eacute;es de Janvier-2015&nbsp;? Pour comprendre l&rsquo;&eacute;garement de notre d&eacute;but de si&egrave;cle, cet essai vigoureux explore plus d&rsquo;une d&eacute;cennie de &laquo;&nbsp;trahison des clercs&nbsp;&raquo;. Celle d&rsquo; intellectuels pass&eacute;s ma&icirc;tres dans l&rsquo;art de s&rsquo;aveugler par incapacit&eacute; &agrave; admettre que le Mal puisse parfois surgir du camp du camp des anciens damn&eacute;s de la terre- r&eacute;put&eacute; &ecirc;tre celui du Bien. Entre illusions politiquement correctes et tentations politiquement abjectes, nous faisons le lit d&rsquo;une Europe d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Bien-pensants et mal-pensants, qui s&rsquo;imaginent croiser le fer, ne voient-ils pas qu&rsquo;ils ne cessent de faire monter ensemble les deux plus grands p&eacute;rils de l&rsquo;&eacute;poque&nbsp;: le national-populisme d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, l&rsquo;islamisme de l&rsquo;autre&nbsp;? Deux mondes en crise se retrouvent aux prises sur le Vieux Continent : l&rsquo;europ&eacute;en, d&eacute;sempar&eacute; par son basculement dans la mondialisation et le musulman, hant&eacute; par sa grandeur perdue. L&agrave; r&eacute;side l&rsquo;explosive nouveaut&eacute; de notre temps. Si nous ne renouons pas avec la part lumineuse de la culture europ&eacute;enne, c&rsquo;est un monde de cendres que nous l&egrave;guerons &agrave; nos enfants. &Agrave; moins qu&rsquo;on ne pr&eacute;f&egrave;re &eacute;crire avec Kafka au premier jour de la Grande Guerre&nbsp;: &laquo;&nbsp;Cet apr&egrave;s-midi&nbsp;: piscine&nbsp;&raquo;. Avec un autre sens de la trag&eacute;die qui s&rsquo;annon&ccedil;ait&hellip;&quot;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment les jeunes de mon quartier, dans le 93, ont-ils v&eacute;cu les carnages de la nuit ?Alexandra Laignel-Lavastine &nbsp; FIGAROVOX\/T&Eacute;MOIGNAGE &#8211; La philosophe&nbsp;Alexandra Laignel-Lavastine, qui habite en Seine-Saint-Denis, a interrog&eacute; les jeunes de son quartier d&egrave;s le matin du 14 novembre. Les propos qu&#39;elle a recueillis sont gla&ccedil;ants. &nbsp; Alors qu&#39;en ce lugubre matin du&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20096,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,1],"tags":[],"class_list":["post-11537","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11537","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11537"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11537\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20096"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11537"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11537"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11537"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}