{"id":11621,"date":"2015-12-08T00:38:12","date_gmt":"2015-12-08T00:38:12","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11621"},"modified":"2015-12-08T00:38:12","modified_gmt":"2015-12-08T00:38:12","slug":"bellevile-nani-fait-renaitre-la-patisserie-juive-tunisienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/bellevile-nani-fait-renaitre-la-patisserie-juive-tunisienne\/","title":{"rendered":"A Bellevile, Nani fait renaitre la p\u00e2tisserie juive tunisienne\u2026"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tA Bellevile, Nani fait renaitre la p&acirc;tisserie juive tunisienne&hellip;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\tPar&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.webdo.tn\/author\/hatem-bourial\/\" itemprop=\"author\">Hatem Bourial<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<div>\n<p>\n\t\tParis &ndash;&nbsp;A Belleville, la synagogue Michkenot Yaacov semble pos&eacute;e au centre de la vie d&rsquo;une petite communaut&eacute; tranquille de juifs tunisiens qui, pour certains, ont &eacute;migr&eacute; ici depuis les ann&eacute;es cinquante.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Draches, chlochims et nostalgies&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tIl y a quelques jours, cette petite salle de pri&egrave;res accueillait le drache du mois de Betty Rachel, l&rsquo;&eacute;pouse de Maurice Assous, l&rsquo;un des membres respect&eacute;s de cette communaut&eacute; qui navigue entre nostalgie d&rsquo;une Tunisie perdue et maintien d&rsquo;un lien solide entre ses membres.<\/p>\n<p>\n\t\tPour cela, les draches du mois, ceux de l&rsquo;ann&eacute;e, ainsi que les chlochims &agrave; la m&eacute;moire des d&eacute;funts, sont des moments de grande intensit&eacute; car ils conjuguent recueillement et retrouvailles, consacrent les liens solides de cette poign&eacute;e de Tunisiens qui continuent &agrave; parler arabe et vivre ensemble, comme si Belleville &eacute;tait l&rsquo;Ariana, la Goulette ou Lafayette.<\/p>\n<p>\n\t\tEntre le boulevard et la petite rue Lemon, la synagogue, imperturbable et discr&egrave;te, semble veiller sur ces enfants de la Tunisie parmi lesquels certains sont n&eacute;s en France mais continuent &agrave; cultiver la flamme d&rsquo;un pays perdu que, parfois, ils n&rsquo;ont jamais connu.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>En 1962, Nani Djabali cr&eacute;e la premi&egrave;re p&acirc;tisserie &laquo;&nbsp;tune&nbsp;&raquo; de Paris<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tComme &agrave; chacune de mes vadrouilles parisiennes, ma premi&egrave;re visite bellevilloise est pour Nani, le ma&icirc;tre p&acirc;tissier dont les g&acirc;teaux sont un pur d&eacute;lice. La vitrine ruisselle de miel avec ses &laquo;&nbsp;zlabia&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;makharek&nbsp;&raquo; qu&rsquo;on dirait tout droit sortis d&rsquo;une soir&eacute;e de Ramadan ou bien des fourneaux de Victor &agrave; la rue des Tanneurs.<\/p>\n<p>\n\t\tStrictement cacher, la maison est sp&eacute;cialiste de la &laquo;&nbsp;debla&nbsp;&raquo; que l&rsquo;on appelle aussi &laquo;&nbsp;manicotti&nbsp;&raquo; ou, par d&eacute;rision, les oreilles du cadi. Dans le magasin, des &laquo;&nbsp;makroudhs&nbsp;&raquo; faits au four, des &laquo;&nbsp;freschk&nbsp;&raquo; aux amandes rebaptis&eacute;s &laquo;&nbsp;mendiants&nbsp;&raquo; pour sacrifier &agrave; la terminologie gourmande des Parisiens, du &laquo;&nbsp;boulou&nbsp;&raquo;, des&nbsp;&raquo;yoyo&nbsp;&raquo; et d&rsquo;autres friandises qui fleurent bon les enfances sixties.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est Nani Djabali qui a cr&eacute;&eacute; cette p&acirc;tisserie en 1962. D&rsquo;ailleurs, cela fait de lui l&rsquo;un des pionniers des commerces de bouche tunisiens en France. &laquo;&nbsp;Nani&nbsp;&raquo; revendique en tous cas d&rsquo;&ecirc;tre la premi&egrave;re et plus ancienne des p&acirc;tisseries cacher de Belleville.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Un sirop d&rsquo;orgeat unique au monde&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAujourd&rsquo;hui, apr&egrave;s la dispartion du fondateur, ce sont Charlie &agrave; la moustache fleurie et Herv&eacute; qui tiennent la maison. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Herv&eacute; qui m&rsquo;accueille au seuil de la boutique. Nous entrons ensemble jusqu&rsquo;au saint des saints, la cuisine, o&ugrave; tout est fait &agrave; la main, dans le respect absolu des r&egrave;gles rigoureuses du Beth Din de Paris.<\/p>\n<p>\n\t\tHerv&eacute; me demande des nouvelles de Pascal qui, &agrave; Sousse, tient la derni&egrave;re des p&acirc;tisseries cacher de Tunisie, apr&egrave;s la disparition de celle de Victor, &agrave; Tunis. Je lui en donne et elles sont bonnes, puis a mon tour lui demande de me dire le secret de fabrication de son sirop d&rsquo;orgeat.<\/p>\n<p>\n\t\tBien entendu, il ne m&rsquo;en dit rien mais cette taquinerie continue &agrave; nous lier depuis de bien longues ann&eacute;es. Quant au secret de l&rsquo;orgeat, il demeure l&rsquo;un des mieux gard&eacute;s au monde&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tAvant de nous quitter, Herv&eacute; me tend un calendrier que la maison Nani a publi&eacute; &agrave; l&rsquo;av&egrave;nement du nouvel An. J&rsquo;en tourne rapidement les feuillets, jusqu&rsquo;&agrave; la date du prochain chabbat, celui du 27 novembre, ou si l&rsquo;on pr&eacute;f&egrave;re du 15 Kislev, qui fera son entr&eacute;e &agrave; 16h41 pour s&rsquo;achever le lendemain &agrave; 17h50.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>P&eacute;tri de respect au seuil de Michkenot Yaacov<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJ&rsquo;empoche mon calendrier puis je commence mon petit p&egrave;lerinage &agrave; Belleville, ce Tunis sur Seine, en repensant &agrave; une phrase qui a d&eacute;cid&eacute; de trotter dans mon esprit: &laquo;&nbsp;Quand tu enseignes &agrave; ton fils, tu enseignes au fils de ton fils&nbsp;&raquo;. Et ce sont les images, les voix et les visages de Tunis qui reviennent : Mardochee, Ygal, Hector, Saadani, Jacob et tous les autres dont les p&egrave;res furent comme le mien, p&eacute;tris de respect et de convivialit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tPuis, dans un Belleville que je connais sur le bout des doigts, je commence ma promenade nostalgique et gourmande, mon p&egrave;lerinage dans un Tunis virtuel, qui, toujours, commence &agrave; la synagogue Michkenot Yaacov pour se terminer par une partie de &laquo;&nbsp;chkoba&nbsp;&raquo;, chez Ren&eacute;, rue Desnoyez, au carrefour des juifs tunisiens de Paris&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\tH.B.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A Bellevile, Nani fait renaitre la p&acirc;tisserie juive tunisienne&hellip; Par&nbsp;Hatem Bourial &nbsp; Paris &ndash;&nbsp;A Belleville, la synagogue Michkenot Yaacov semble pos&eacute;e au centre de la vie d&rsquo;une petite communaut&eacute; tranquille de juifs tunisiens qui, pour certains, ont &eacute;migr&eacute; ici depuis les ann&eacute;es cinquante. 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