{"id":11629,"date":"2015-12-09T01:16:42","date_gmt":"2015-12-09T01:16:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11629"},"modified":"2015-12-09T01:16:42","modified_gmt":"2015-12-09T01:16:42","slug":"los-angeles-la-nouvelle-capitale-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/los-angeles-la-nouvelle-capitale-du-monde\/","title":{"rendered":"Los Angeles : la nouvelle capitale du monde"},"content":{"rendered":"<div>\n\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<header>\n<p>\n\t\tLos Angeles : la nouvelle capitale du monde<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tForte de son dynamisme, de sa douceur de vivre et de son patrimoine architectural, la m&eacute;galopole californienne se r&eacute;invente. L&#39;ex-&quot;parking&quot; g&eacute;ant se m&eacute;tamorphose en ville post-ethnique, post stress. Bienvenue dans l&#39;anti-New York<\/p>\n<p>\n\t\tVous venez de passer une semaine &agrave;&nbsp;Los Angeles&nbsp;et vous en avez pris plein les mirettes. Le soleil brillait, comme toujours, vous avez d&eacute;couvert un centre-ville ressuscit&eacute;, un Art District vibrant d&rsquo;&eacute;nergie, un East L.A. latino-bobo d&eacute;tonnant, vous avez m&ecirc;me fait un crochet par&nbsp;Hollywood&nbsp;et Malibu, villes dans la ville. Vous avez pris un verre au mythique h&ocirc;tel Ch&acirc;teau Marmont et vous &ecirc;tes senti tout chose en vous rappelant la derni&egrave;re fois &ndash; la seule&nbsp;! &ndash; o&ugrave; vous y aviez dormi, pour ouvrir les rideaux le matin et tomber nez &agrave; nez, si l&rsquo;on peut dire, avec&nbsp;Milla Jovovich&nbsp;seins nus sur son balcon.<\/p>\n<\/header>\n<div>\n<div id=\"js-article-body\" itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\t\tVous vous &ecirc;tes gav&eacute; de nourritures du monde entier, vous avez chass&eacute; les meilleurs&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/food\/20150729.OBS3377\/le-tacos-nouveau-roi-de-la-finger-food.html\" target=\"_blank\">tacos<\/a>&nbsp;de la ville, trois dollars les deux. Et, bien entendu, sacrifi&eacute; au p&eacute;ch&eacute; mignon du bon gros film catastrophe avec&nbsp;San Andreas&nbsp;et son tremblement de terre&nbsp;mano a mano, montagne de muscle (Dwayne Johnson) contre montagne d&rsquo;eau (Mr. Tsunami,&nbsp;I presume).&nbsp;Great fun !<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVous voil&agrave; &agrave;&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/mode-beaute\/20151006.OBS7174\/la-folle-ironie-du-sort-du-tarmac-du-defile-chanel.html\" target=\"_blank\">l&rsquo;a&eacute;roport<\/a>, pr&ecirc;t &agrave; repartir. Pour tuer le temps vous vous plongez dans une pile d&rsquo;articles que vous n&rsquo;aviez pas lus. L&rsquo;un fait le point sur le risque d&rsquo;un tremblement de terre &agrave; Los Angeles. Un vrai. Selon un r&eacute;cent rapport, la probabilit&eacute; d&rsquo;un&nbsp;s&eacute;isme&nbsp;aussi fort que celui de 1994, qui avait fait 57 morts et caus&eacute; plus de 20 milliards de dollars de d&eacute;g&acirc;ts &agrave; L.A., est de&hellip; 93%. &quot;Les gens devraient vivre chaque jour comme s&rsquo;il risquait d&rsquo;&ecirc;tre celui du &quot;Big One&quot;&quot;,&nbsp;&eacute;crit un auteur du rapport. Votre avion d&eacute;colle vers l&rsquo;oc&eacute;an carte postale et vous ne pouvez vous emp&ecirc;cher de jeter un coup d&rsquo;&oelig;il au hublot. La mer est d&rsquo;huile, le sable des plages peign&eacute; comme un acteur le soir des&nbsp;Oscars, les&nbsp;freeways&nbsp;et leurs &eacute;changeurs en tr&egrave;fle &agrave; quatre feuilles sont intacts. Jusqu&rsquo;ici tout va bien&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn dit&nbsp;Los Angeles&nbsp;narcissique en pensant &agrave;&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/tag\/hollywood\">Hollywood<\/a>, mais c&rsquo;est une erreur. La ville se fout de ce que les autres pensent d&rsquo;elle. &Agrave;&nbsp;vrai dire, Los Angeles ne sait m&ecirc;me pas trop quoi penser d&rsquo;elle-m&ecirc;me&nbsp;souligneDana Cuff, prof d&rsquo;architecture et directrice du CityLAB de l&rsquo;Universit&eacute; de Californie<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tElle se regarde un peu comme si elle se voyait d&rsquo;avion, c&rsquo;est une r&eacute;gion plus qu&rsquo;une ville &agrave; proprement parler, un bassin coinc&eacute; entre la mer et les montagnes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPendant longtemps, le monde entier s&rsquo;est moqu&eacute; de cette m&eacute;galopole m&eacute;galo, superficielle, soumise au joug de la bagnole. Une ville dont les habitants &quot;pensent qu&rsquo;il resteront &eacute;ternellement jeunes et beaux m&ecirc;me si la plupart ne le sont pas, jeunes et beaux&quot;,&nbsp;ricanait l&rsquo;intellectuel&nbsp;Christopher Hitchens. &quot;Pas plus de personnalit&eacute; qu&rsquo;un gobelet en papier&quot;&nbsp;(Raymond Chandler), &quot;juste un grand parking&quot;&nbsp;(<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/people\/20150921.OBS6187\/une-video-de-john-lennon-imitant-les-personnes-handicapees-fait-le-bad-buzz.html\" target=\"_blank\">John Lennon<\/a>).&nbsp;Elle fut ainsi longtemps la pi&ntilde;ata favorite des intellos et artistes, comme il sied &agrave; &quot;une ville o&ugrave; la masse de la classe moyenne &eacute;tait la plus vaste de toute la plan&egrave;te&quot;,&nbsp;rappelle l&rsquo;essayisteDon Waldie. La classe moyenne avait le droit de r&ecirc;ver, pas celui de faire r&ecirc;ver.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEt puis, tout a progressivement chang&eacute; sans qu&rsquo;on y prenne garde. Dans cette ville o&ugrave; l&rsquo;immensit&eacute; et la lenteur de la circulation cachent ais&eacute;ment la vitesse des transformations en cours,&nbsp;Downtown&nbsp;s&rsquo;est r&eacute;veill&eacute;e, Silicon Beach &eacute;merge au point de faire la nique aux start-ups de&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/high-tech\/20131027.OBS2842\/google-construirait-un-centre-flottant-a-san-francisco.html\" target=\"_blank\">San Francisco<\/a>, East L.A. est devenue une destination,&nbsp;Los Feliz&nbsp;etSilver Lake&nbsp;attirent bobos et artistes&hellip; Los Angeles, soudain, estint&eacute;ressante. Pas trop famili&egrave;re mais pas trop exotique non plus.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tQui irait se promener &agrave;&nbsp;Lakewood, la municipalit&eacute; du comt&eacute; de L.A. o&ugrave; vit Don Waldie&nbsp;? Personne, &agrave; part ses habitants et votre serviteur. En seulement trois ans, au tournant des ann&eacute;es 50, soixante-dix mille maisons construites. Un concentr&eacute; de banlieue sans histoire. Maisdowntown, c&rsquo;est autre chose comme le rappelle&nbsp;Ken Bernstein, en charge des b&acirc;timents historiques de la ville.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLos Angeles compte plus de 1000 immeubles class&eacute;s, nous avons l&rsquo;un des centre-ville historiques les mieux pr&eacute;serv&eacute;s de tout le pays. Et Broadway affiche la plus large collection de vieux th&eacute;&acirc;tres du monde entier.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;histoire est &eacute;tonnante&nbsp;: un quartier entier d&eacute;sert&eacute; apr&egrave;s la guerre sur fond de boom des banlieues, qui redevient le centre &ndash; si c&rsquo;est possible &ndash; d&rsquo;une ville tentaculaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn 1999, la ville change le plan d&rsquo;occupation des sols et facilite la r&eacute;novation des b&acirc;timents, m&eacute;lange de logements et de commerces. Quatre ans plus tard, la ville inaugure le&nbsp;Disney Concert Hall, imagin&eacute; par&nbsp;Frank Gehry, qui sera rejoint en septembre prochain par le mus&eacute;e d&rsquo;Eli et Edythe Broad, un couple de milliardaires passionn&eacute;s d&rsquo;art contemporain.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;orchestre philharmonique est plac&eacute; sous la direction d&rsquo;un jeune chef v&eacute;n&eacute;zu&eacute;lien, l&rsquo;op&eacute;ra fait parler de lui avec des cr&eacute;ations moins plan-plan que celles de&nbsp;New York. Surtout, le centre se repeuple. Les artistes s&rsquo;installent, les&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/le-verbe\/346-le-vintage-language-le-retour-vers-le-futur-hipster.html\" target=\"_blank\">hipsters<\/a>&nbsp;puis les bobos suivent. M&ecirc;me les seniors&nbsp;!&nbsp;Barbara Jacobs, directrice d&rsquo;exploitation de l&rsquo;Edison, le plus beau night-club de la ville pr&eacute;cise les chiffres.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Six mille personnes &acirc;g&eacute;es vivant downtown, qui aurait pu imaginer un truc pareil&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&Agrave;&nbsp;en croire les uns, la renaissance du centre historique est une s&eacute;rie de paris gonfl&eacute;s pris par des promoteurs passionn&eacute;s. Et c&rsquo;est souvent vrai&nbsp;: quand&nbsp;Andrew Meieran&nbsp;et&nbsp;Marc Smith&nbsp;rach&egrave;tent le Higgins Building, en 1998, ils trouvent un sous-sol immerg&eacute; dans trois m&egrave;tres d&rsquo;eau. Il leur faut un sacr&eacute; culot pour voir dans cette ancienne centrale &eacute;lectrique au charbon, turbines comprises, un futur night club.&nbsp;The Edison, d&rsquo;ailleurs, garde un c&ocirc;t&eacute; &eacute;ph&eacute;m&egrave;re typique de la ville&nbsp;: des pompes &agrave; eau fonctionnent en permanence et l&rsquo;eau qui suinte des murs part discr&egrave;tement dans une rigole planqu&eacute;e derri&egrave;re les fauteuils club en cuir&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;autre version du renouveau de&nbsp;downtown&nbsp;est moins&nbsp;glamour&nbsp;: &agrave; force de s&rsquo;&eacute;tendre, la ville a fini par buter sur le&nbsp;d&eacute;sert. &Agrave;&nbsp;court d&rsquo;espace, elle a red&eacute;couvert ces grands espaces vierges en plein centre. &quot;Ce n&rsquo;&eacute;tait plus &quot;Go west&quot;&nbsp;mais &quot;Go up&quot;, &quot;Va en hauteur&quot;&quot;, s&rsquo;amuse&nbsp;Don Waldie. Une ru&eacute;e vers l&rsquo;or nouveau si&egrave;cle, avec un c&ocirc;t&eacute;Wild West&nbsp;toujours tr&egrave;s pr&eacute;sent dans l&rsquo;ADN de la ville.&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/galeries-photos\/art-design\/20151008.OBS7302\/quelques-images-de-la-nouvelle-boutique-betonnee-de-rick-owens-a-los-angeles.html\" target=\"_blank\">L.A.<\/a>&nbsp;n&rsquo;est pas une ville fig&eacute;e, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui fait son int&eacute;r&ecirc;t. une vision partag&eacute;e par Dana Cuff<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tParis, New York&hellip; Les autres grandes m&eacute;tropoles sont pr&eacute;cieuses &agrave; propos d&rsquo;elles-m&ecirc;mes, Los Angeles ne l&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute;, elle s&rsquo;est construite sur l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un mouvement continu vers le futur. La pr&eacute;servation ne fait pas partie de l&rsquo;imaginaire de cette ville.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe&nbsp;Los Angeles Conservancy, une ONG, a &eacute;tabli une carte minutieuse des lieux historiques de L.A., mais cela ne garantit pas leur protection. Au n&deg;21514 de Malibu Road, une maison de plage b&acirc;tie dans les ann&eacute;es 50 par un associ&eacute; du c&eacute;l&egrave;bre architecte&nbsp;Craig Ellwood&nbsp;risque d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;molie. Ce pur joyau minimaliste a pourtant &eacute;t&eacute; acquis par une architecte&hellip;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVoil&agrave; pourquoi il ne faut pas visiter&nbsp;downtown L.A.&nbsp;comme un mus&eacute;e mais comme un monde en basculement. Descendre&nbsp;Broadway, par exemple, en partant du Central Market, un march&eacute; couvert comme il en existe partout en Am&eacute;rique latine. Mais avec un m&eacute;lange &eacute;tonnant&nbsp;: &agrave; l&rsquo;ouest, le&nbsp;China Caf&eacute;&nbsp;sert depuis 1959 un succulent&nbsp;chop suey&nbsp;aux ouvriers latinos du quartier, qui l&rsquo;avalent sur le zinc sans piper mot.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&Agrave;&nbsp;l&rsquo;est, un nouveau stand de saucisses satisfait l&rsquo;&eacute;trange passion duhipster&nbsp;pour la&nbsp;bratwurst&nbsp;berlinoise. Juste &agrave; c&ocirc;t&eacute;, le vendeur asiatique de spiritueux, que les&nbsp;SDF&nbsp;venaient supplier de leur vendre de la gn&ocirc;le quand il leur manquait quelques&nbsp;pennies, vient de mettre la cl&eacute; sous la porte.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn sort du&nbsp;Central Market, c&ocirc;t&eacute; Broadway, pour trouver en face leBradbury, le plus beau lobby d&rsquo;immeuble de toute la ville. Sur l&rsquo;avenue, les magasins de robes de princesse brillent de leurs strass et paillettes pour la&nbsp;quincea&ntilde;era,&nbsp;la f&ecirc;te incontournable des&nbsp;latinas&nbsp;de 15 ans. La prochaine hausse de loyer fera d&eacute;camper ces boutiques, tout comme les vendeurs de tacos et&nbsp;pupusas&nbsp;salvadoriens, mais pour le moment ils s&rsquo;accrochent &agrave; leurs pas-de-porte.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu n&deg; 745, un magasin de fringues s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; ouvrir et son nom, Chic, pardon,&nbsp;Shiek, annonce l&rsquo;arriv&eacute;e en force de la branchouille. Mais quelques m&egrave;tres plus loin,&nbsp;The State, l&rsquo;un des rares th&eacute;&acirc;tres non abandonn&eacute;s, sert toujours de lieu de pri&egrave;re et affiche son programme immuable&nbsp;: &quot;Jesuschristo es el Se&ntilde;or&quot;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPlus loin encore, un bar sans &acirc;me est tenu par un blondinet au sourire niais, mais la fa&ccedil;ade en c&eacute;ramique bleue de l&rsquo;immeuble, l&rsquo;Eastern Building, est l&rsquo;une des plus belles de la ville. Encore un minuscule stand de tacos et c&rsquo;est le Ace Hotel, &eacute;tablissement qui abrite branch&eacute;s et stars de passage capable d&rsquo;accueillir dans son th&eacute;&acirc;tre des ann&eacute;es 20 une projection en 3D de&nbsp;Love, le film de&nbsp;Gaspard No&eacute;, un op&eacute;ra ou un concert de&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/people\/20131009.OBS0339\/marilyn-monroe-refaite-marilyn-manson-sans-fard.html\" target=\"_blank\">Marilyn Manson<\/a>&nbsp;&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBroadway est un pr&eacute;cipit&eacute; de la ville, mais on ne compte plus les balades en contraste que l&rsquo;on pourrait faire dans les quartiers de ce paysage convulsif qu&rsquo;est Los Angeles, sans cesse changeant, toujours remodel&eacute;. Combien de villes sont all&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; raser des collines pour faire place &agrave; leurs autoroutes&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJuste &agrave; l&rsquo;est de&nbsp;downtown, les nouveaux citadins s&rsquo;installent dans des immeubles comme le&nbsp;One Santa Fe, une longue barre blanche &agrave; l&rsquo;architecture r&eacute;ussie, tandis que les peintres et graphistes de l&rsquo;Art District r&acirc;lent contre l&rsquo;envol&eacute;e des loyers, tout en se serrant les coudes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tC&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une caract&eacute;ristique que l&rsquo;on retrouve souvent &agrave; L.A.&nbsp;: la solidarit&eacute; entre habitants d&rsquo;une communaut&eacute;. Peut-&ecirc;tre parce qu&rsquo;il ne faut pas trop compter sur l&rsquo;entraide publique comme le fait&nbsp;remarquerHamish Robertson, un designer et photographe britannique qui a rejoint la cohorte impressionnante des transfuges de New-York, une ville o&ugrave; il a v&eacute;cu dix ans.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLos Angeles est coop&eacute;rative, l&agrave; o&ugrave; New York est concurrentielle. Les gens sont pr&ecirc;ts &agrave; aider, &agrave; faciliter votre activit&eacute; et ils vous laissent le temps de r&eacute;ussir ou d&rsquo;&eacute;chouer &ndash; on ne vous juge pas tout de suite.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tComment tout ce beau monde se m&eacute;lange-t-il&nbsp;? Quelle est la&nbsp;glue&nbsp;qui soude ces 18 millions de personnes, venant de 140 pays et parlant 224 langues&nbsp;? Toujours la m&ecirc;me&nbsp;: &quot;&Ecirc;tre Angeleno, c&rsquo;est une identit&eacute; que l&rsquo;on prend en arrivant ici, dit rappelle&nbsp;Don Waldie.&nbsp;Les premiers arriv&eacute;s venaient de petits bleds du Middle West o&ugrave; ils &eacute;taient d&eacute;finis par leur race, leur classe sociale, les gens qu&rsquo;ils connaissaient et leur propre histoire. Arriv&eacute;s ici, ils se sont d&eacute;barrass&eacute;s de tous ces marqueurs et en ont pris de nouveaux. Il y avait cette id&eacute;e que si personne ne connaissait votre pass&eacute;, vous pouviez communiquer avec les autres plus facilement. Et cela n&rsquo;a pas chang&eacute;.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHamish Robertson, le photographe-designer, a r&eacute;cemment v&eacute;cu un moment impensable &agrave;&nbsp;New York. &quot;J&rsquo;&eacute;tais dans une soir&eacute;e d&rsquo;anniversaire avec un ami que je connais depuis un an, et soudain il se tourne vers moi&nbsp;: &quot;Au fait, Hamish, qu&rsquo;est-ce que tu fais dans la vie&nbsp;?&quot;&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMelting pot&nbsp;? La ville est &agrave; l&rsquo;image de la&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/people\/20151016.AFP3239\/etats-unis-le-heros-du-thalys-poignarde-en-californie-est-sorti-de-l-hopital.html\" target=\"_blank\">Californie<\/a>, un Etat o&ugrave; les hispaniques viennent de d&eacute;passer en nombre les blancs non-hispaniques, o&ugrave; les latinos de moins de 18 ans sont deux fois plus nombreux que les jeunes blancs, et o&ugrave; la minorit&eacute; asiatique progresse rapidement. Cette &quot;grande exp&eacute;rimentation&quot; pourrait pr&eacute;figurer une m&eacute;tropole post-ethnique et post-raciale apais&eacute;e, sorte d&rsquo;&icirc;le de la R&eacute;union g&eacute;ante version c&ocirc;te Ouest.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>&quot;Vivre et d&icirc;ner &agrave; L.A.&quot;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&Agrave;&nbsp;la biblioth&egrave;que centrale,&nbsp;Josh Kun&nbsp;fait visiter l&rsquo;expo &quot;Vivre et d&icirc;ner &agrave; L.A.&quot;, que le prof de l&rsquo;Universit&eacute; de Californie du sud a mont&eacute;e en plongeant dans les menus anciens de la ville. Un voyage dans unkal&eacute;idoscope&nbsp;gastronomique, depuis les&nbsp;drive-in jusqu&rsquo;aux&nbsp;taqueriasen passant par un restaurant recr&eacute;ant le frisson d&rsquo;un d&icirc;ner en prison. Pourtant, Josh Kun apporte un b&eacute;mol au clich&eacute; de la-grande-ville-multiculturelle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIci, vous montez dans votre bagnole, allez d&icirc;n&eacute; dans un autre quartier et en repartez aussit&ocirc;t apr&egrave;s. C&rsquo;est une exp&eacute;rience urbaine, mais qu&rsquo;est-ce que cela a &agrave; voir avec la diversit&eacute;&nbsp;? Cette tension entre promesse et r&eacute;alit&eacute; est tellement caract&eacute;ristique de Los Angeles, capitale des films et de l&rsquo;image de synth&egrave;se&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;Loin d&rsquo;&ecirc;tre un mod&egrave;le d&rsquo;harmonie,&nbsp;L.A. pourrait tout aussi bien pr&eacute;figurer la ville &eacute;go&iuml;ste du XXIe&nbsp;si&egrave;cle, une r&eacute;gion de plus en plus in&eacute;galitaire o&ugrave; une famille sur dix ne mange pas &agrave; sa faim. Dans les quartiers d&rsquo;East L.A., les bobos chassent sans &eacute;tat d&rsquo;&acirc;me les familles hispaniques modestes. Skid Row, le quartier des&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/tag\/sans-domicile-fixe\">SDF<\/a>&nbsp;coinc&eacute; entredowntown&nbsp;et l&rsquo;Art District, est assi&eacute;g&eacute; par la&nbsp;gentrification. La municipalit&eacute; ne cache pas son impatience de voir les&nbsp;homelessd&eacute;guerpir, sans pour autant leur fournir de points de chute&#8230; &quot;Depuis la fin de la deuxi&egrave;me guerre mondiale, Los Angeles a accompli un travail fantastique pour s&rsquo;inventer comme ville d&rsquo;individus, mais le r&eacute;sultat est terrible sur le plan collectif&quot;,&nbsp;note&nbsp;Christopher Hawthorne, le subtil critique d&rsquo;architecture du&nbsp;Los Angeles Times.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn y est &quot;chez soi&quot;, depuis l&rsquo;habitacle de sa voiture, sur le&nbsp;freeway,jusqu&rsquo;&agrave; sa maison et son arri&egrave;re-cour. Ce qui n&rsquo;est pas sans son charme. &quot;Vous retrouvez vos amis dans leur jardin, c&rsquo;est quelque chose d&rsquo;idyllique, de tr&egrave;s priv&eacute;, dit&nbsp;Eric Avila, historien &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/tag\/californie\">Californie<\/a>.&nbsp;Et c&rsquo;est le r&ecirc;ve sur lequel a &eacute;t&eacute; fond&eacute; cette ville&nbsp;: un monde salubre aux antipodes de la violence urbaine, de la salet&eacute;, de la prostitution&hellip;&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMais elle est aussi une m&eacute;taphore des tares de l&rsquo;individualisme&nbsp;: &eacute;puisement des ressources en eau, pollution atmosph&eacute;rique, congestion des autoroutes, &eacute;meutes raciales&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn un sens, la ville s&rsquo;est assagie. Elle commence enfin &agrave; tirer partie de la culture californienne &eacute;colo, l&rsquo;immigration a nettement ralenti et la plupart des jeunes&nbsp;Angelenos, n&eacute;s dans cette ville qui les voit grandir, s&rsquo;int&eacute;ressent moins &agrave; l&rsquo;histoire mexicaine qu&rsquo;au&nbsp;street art&nbsp;chicano d&rsquo;East L.A.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/tag\/los-angeles\">Los Angeles<\/a>&nbsp;se penche sur elle-m&ecirc;me, elle&nbsp;ralentit,&nbsp;quelque chose qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais su bien faire. &quot;Que devenons-nous, maintenant&nbsp;?s&rsquo;interroge Chris Hawthorne.&nbsp;Nous n&rsquo;aimons pas que les &eacute;l&eacute;ments nous r&eacute;sistent, nous avons toujours v&eacute;cu avec l&rsquo;id&eacute;e que nous pouvions b&acirc;tir ce que nous voulions et construire dans n&rsquo;importe quel canyon, m&ecirc;me s&rsquo;il br&ucirc;le tous les dix ans.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSe poser, se demander comment passer du r&egrave;gne de la bagnole &agrave; un monde o&ugrave; la voiture est un handicap &ndash; on peut pas envoyer de&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/high-tech\/20130618.OBS3717\/b-you-les-appels-et-les-sms-illimites-depuis-l-etranger.html\" target=\"_blank\">SMS&nbsp;<\/a>en conduisant&nbsp;! Ne plus &quot;aller au bureau&quot;, puisque pour les jeunes le bureau est partout et nulle part, et ne plus se retrouver coinc&eacute; dans les embouteillages. Transformer, comme l&rsquo;a fait l&rsquo;architecte d&rsquo;int&eacute;rieurTim Gajewski, un cabinet (imaginaire) d&rsquo;avocates en &quot;lieu d&rsquo;interaction sociale&quot;, avec des tentes&nbsp;indoor&nbsp;pour les r&eacute;unions&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa ville cr&eacute;e, cogite, vibre et le reste du monde commence &agrave; s&rsquo;en apercevoir. Elle n&rsquo;est pas dou&eacute;e pour l&rsquo;introspection mais trace des pistes. Ses jeunes se m&eacute;langent (malgr&eacute; tout), ses ex-minorit&eacute;s s&rsquo;appr&ecirc;tent &agrave; rebattre les cartes d&rsquo;un pouvoir encore domin&eacute; par les Anglo-Saxons, ses cuistots jouent avec la palette des saveurs du monde, ses artistes inventent de nouvelles fa&ccedil;ons d&rsquo;absorber la fabuleuse lumi&egrave;re californienne&hellip; Pendant ce temps-l&agrave;, &agrave;&nbsp;New York, son anti-mod&egrave;le, ville de la concentration, de la vitesse et de la finance, on construit des buildings pour milliardaires. Et ceux-ci font de l&rsquo;ombre aux immeubles d&rsquo;habitations d&eacute;sert&eacute;s par les vieux habitants de&nbsp;Manhattan&nbsp;chers &agrave;&nbsp;<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/people\/20140202.OBS4731\/woody-allen-accuse-d-agression-sexuelle-par-l-une-de-ses-filles.html\" target=\"_blank\">Woody Allen<\/a>.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPhilippe Boulet-Gercourt<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/o.nouvelobs.com\/voyage\/20151105.OBS8959\/los-angeles-la-nouvelle-capitale-de-monde.html\" style=\"color: rgb(0, 0, 0);\">Source<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Los Angeles : la nouvelle capitale du monde &nbsp; &nbsp; Forte de son dynamisme, de sa douceur de vivre et de son patrimoine architectural, la m&eacute;galopole californienne se r&eacute;invente. L&#39;ex-&quot;parking&quot; g&eacute;ant se m&eacute;tamorphose en ville post-ethnique, post stress. Bienvenue dans l&#39;anti-New York Vous venez de passer une semaine &agrave;&nbsp;Los Angeles&nbsp;et vous en avez pris&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20137,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[1,31],"tags":[],"class_list":["post-11629","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","category-usa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11629","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11629"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11629\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20137"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11629"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11629"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11629"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}