{"id":11691,"date":"2015-12-21T01:33:00","date_gmt":"2015-12-21T01:33:00","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11691"},"modified":"2015-12-20T19:44:25","modified_gmt":"2015-12-20T19:44:25","slug":"en-tunisie-peut-etre-enferme-plus-dun-pour-avoir-fume-un-joint","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/en-tunisie-peut-etre-enferme-plus-dun-pour-avoir-fume-un-joint\/","title":{"rendered":"En Tunisie, \u00abon peut \u00eatre enferm\u00e9 plus d\u2019un an pour avoir fum\u00e9 un joint\u00bb"},"content":{"rendered":"<div>\n<header>\n<div>\n<p>\n\t\t\tL&#39;APR&Egrave;S R&Eacute;VOLUTION<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn Tunisie, &laquo;on peut &ecirc;tre enferm&eacute; plus d&rsquo;un an pour avoir fum&eacute; un joint&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPar&nbsp;Fanny Evrard&nbsp;&#8211; Liberation.fr<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<\/div>\n<div>\n<figure itemprop=\"image\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\"><figcaption itemprop=\"description\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>\n\t\t\t\tCinq ans apr&egrave;s le d&eacute;clenchement de la r&eacute;volution, la situation reste tendue dans le pays. Abus policiers et arrestations sont r&eacute;guli&egrave;rement d&eacute;nonc&eacute;s. La plus r&eacute;cente concerne trois artistes accus&eacute;s de fumer du cannabis.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/figcaption><\/figure>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tDans la banlieue de Tunis, le 19&nbsp;novembre, Ala Eddine Slim voit son appartement perquisitionn&eacute; &agrave; la suite de soup&ccedil;ons d&rsquo;activit&eacute;s terroristes&hellip; car il re&ccedil;oit des &laquo;individus barbus&raquo;,&nbsp;selon le PV de la police. Son &eacute;pouse, enceinte de huit&nbsp;mois, ainsi que le photographe et plasticien Fakhri El Ghezal et le peintre et dessinateur Atef Ma&acirc;tallah, qui passaient l&rsquo;apr&egrave;s-midi chez lui, sont arr&ecirc;t&eacute;s tandis que les policiers fouillent le logement, en vain. Son &eacute;pouse est rel&acirc;ch&eacute;e. Les trois&nbsp;amis sont inculp&eacute;s en vertu de la loi&nbsp;52, pour d&eacute;tention et consommation de cannabis. Cette loi promulgu&eacute;e sous Ben Ali en mai&nbsp;1992 dispose que&laquo;sera puni d&rsquo;un emprisonnement d&rsquo;un &agrave;&nbsp;cinq&nbsp;ans et d&rsquo;une amende de 1&nbsp;000&nbsp;&agrave; 3&nbsp;000&nbsp;dinars tout consommateur ou d&eacute;tenteur &agrave; usage de consommation personnelle, de plantes ou mati&egrave;res stup&eacute;fiantes, hors les cas autoris&eacute;s par la loi&raquo;. Pour l&rsquo;ONG Human Rights Watch,<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2015\/12\/11\/trois-artistes-tunisiens-condamnes-a-la-prison-pour-un-joint_4829863_3212.html\">interrog&eacute;e par&nbsp;le Monde<\/a>,&nbsp;&laquo;la loi&nbsp;52 sert d&rsquo;outil d&rsquo;incrimination par d&eacute;faut si on ne trouve rien contre la personne&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Prisons surcharg&eacute;es<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLes trois artistes passent six&nbsp;jours aux mains de la police. Ils n&#39;ont pas la possibilit&eacute; de recevoir de visites et leurs avocats ne peuvent avoir connaissance des charges retenues contre eux avant leur comparution devant le procureur, selon&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/notes\/isma%C3%ABl-l%C3%ABamsi\/artistes-emprisonn%C3%A9s-%C3%A0-cause-daccusations-infond%C3%A9es-de-d%C3%A9tention-de-stup%C3%A9fiants\/10153888128661869\">un communiqu&eacute; d&rsquo;un comit&eacute; de soutien<\/a>. Un proc&eacute;d&eacute; qui n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel en&nbsp;Tunisie. Les jeunes artistes vont refuser trois&nbsp;fois des tests d&rsquo;urine en pr&eacute;sence de policiers, et non de m&eacute;decins, au nom du respect de leur int&eacute;grit&eacute; physique. Face &agrave; l&rsquo;absence de preuves de consommation de cannabis, Atef, Fakhri et Eddine sont condamn&eacute;s &agrave; un&nbsp;an de prison et 1&nbsp;000&nbsp;dinars (environ 500&nbsp;euros) d&rsquo;amende pour possession de substances illicites. Mais l&agrave; encore, des doutes demeurent&nbsp;: les PV indiquent un morceau de 10&nbsp;grammes puis 37&nbsp;grammes de cette substance. Seule la condamnation a &eacute;t&eacute; rendue publique. Ni les familles ni&nbsp;Lib&eacute;ration&nbsp;n&rsquo;ont pu avoir acc&egrave;s au document officiel pr&eacute;cisant les preuves. Interrog&eacute; par&nbsp;Lib&eacute;ration, le minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur tunisien a renvoy&eacute; la balle dans le camp du procureur du tribunal de premi&egrave;re instance de Nabeul. De son c&ocirc;t&eacute;, Nada Ouederni, la compagne de Fakhri El Ghezal, affirme avoir re&ccedil;u des &laquo;consignes de la part de la police&nbsp;: ne pas venir le voir avant la comparution, ne pas rester devant le poste ni parler de cette affaire, m&ecirc;me au t&eacute;l&eacute;phone&raquo;. Elle d&eacute;nonce ensuite des conditions de d&eacute;tention particuli&egrave;rement difficiles&nbsp;: &laquo;Les prisons sont surcharg&eacute;es et les conditions de vie catastrophiques. Pas d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;eau chaude, 50&nbsp;personnes par cellules pour une seule&nbsp;toilette&hellip;&nbsp;On peut &ecirc;tre enferm&eacute; dans ces conditions pendant plus d&rsquo;un&nbsp;an juste pour avoir fum&eacute; un joint&nbsp;!&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\tA Tunis, un comit&eacute; de soutien constitu&eacute; de la famille et des amis des artistes emprisonn&eacute;s s&rsquo;est constitu&eacute; assez naturellement, pour &laquo;faire parvenir des m&eacute;dicaments &agrave;&nbsp;Atef, qui est atteint de la maladie de Crohn, et rechercher des avocats&raquo;, indique Nidhal Chamekh, lui aussi plasticien. Rejoints par &laquo;les familles des prisonniers&nbsp;52&raquo;, des avocats et des citoyens,&nbsp;le collectif organise le 18&nbsp;d&eacute;cembre&nbsp;une exposition et un point presse en soutien aux trois jeunes emprisonn&eacute;s. La mobilisation citoyenne autour des trois artistes a commenc&eacute; sur les r&eacute;seaux sociaux, mais assez peu dans l&rsquo;espace public&nbsp;: &laquo;L&rsquo;affaire est encore mal vue, d&rsquo;un point de vue moral et &eacute;thique dans la soci&eacute;t&eacute; civile, explique Nidhal Chamekh,&nbsp;m&ecirc;me au sein de la gauche.&nbsp;Les gens revendiquent rarement le fait de fumer comme un acte de libert&eacute; individuelle dont l&rsquo;Etat ne devrait pas se m&ecirc;ler.&raquo; Nada Ouederni, elle, pointe &eacute;galement l&rsquo;absurdit&eacute; de la loi&nbsp;52, qui favorise cette surpopulation carc&eacute;rale&nbsp;: &laquo;Ben Ali a instaur&eacute; cette loi pour contrer ses adversaires.&nbsp;Mais la prison est un terrain fertile pour le terrorisme, les fumeurs de &quot;zlata&quot; n&rsquo;ont rien &agrave; faire l&agrave;. Ce n&rsquo;est pas grave si mes amis artistes servent de pr&eacute;texte &agrave; cette lutte, m&ecirc;me s&rsquo;ils repr&eacute;sentent la Tunisie dans le monde de l&rsquo;art &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger&nbsp;[Fakhri El-Ghezal a &eacute;t&eacute; expos&eacute; au Mus&eacute;e des civilisations de l&rsquo;Europe et de la M&eacute;diterran&eacute;e &agrave;&nbsp;Marseille, ndlr].&nbsp;Il faut r&eacute;former la loi&nbsp;52, qui est anticonstitutionnelle.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/16251-fanny-evrard\" itemprop=\"name\">Fanny Evrard<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#39;APR&Egrave;S R&Eacute;VOLUTION En Tunisie, &laquo;on peut &ecirc;tre enferm&eacute; plus d&rsquo;un an pour avoir fum&eacute; un joint&raquo; Par&nbsp;Fanny Evrard&nbsp;&#8211; Liberation.fr &nbsp; Cinq ans apr&egrave;s le d&eacute;clenchement de la r&eacute;volution, la situation reste tendue dans le pays. 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