{"id":11801,"date":"2016-01-10T06:17:18","date_gmt":"2016-01-10T06:17:18","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11801"},"modified":"2016-01-10T06:17:18","modified_gmt":"2016-01-10T06:17:18","slug":"cette-guerre-quatorze-siecles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/cette-guerre-quatorze-siecles\/","title":{"rendered":"Cette guerre a quatorze si\u00e8cles"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<strong><u>Cette guerre a quatorze si&egrave;cles&nbsp;<\/u><\/strong><u>(info # 010801\/16)<\/u><u>[Analyse]<\/u><\/p>\n<p>\n\tPar St&eacute;phane Juffa&nbsp;<strong>&copy; Me<\/strong><strong>tula<\/strong><strong>N<\/strong><strong>ews<\/strong><strong>A<\/strong><strong>gency<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAux Etats Unis et en Europe, il est ringard et m&ecirc;me politiquement incorrect d&rsquo;invoquer les questions religieuses ou ethniques qui sont le plus souvent &agrave; l&rsquo;origine des conflits. On pr&eacute;f&eacute;rera chercher les causes des disputes dans le r&eacute;pertoire politique.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl y a plusieurs raisons &agrave; cela&nbsp;: d&rsquo;une part, parce qu&rsquo;en Europe il semble particuli&egrave;rement incompr&eacute;hensible de se battre &quot;encore&quot; pour des religions, ces derni&egrave;res ayant pratiquement tout perdu de leur influence sur l&rsquo;Etat&nbsp;; de l&rsquo;autre, au vu des probl&egrave;mes migratoires et des minorit&eacute;s, on a tr&egrave;s arbitrairement choisi de pr&eacute;tendre que les religions sont des vecteurs de paix, et qu&rsquo;il n&rsquo;existait rien de si stimulant pour un pays que d&rsquo;&ecirc;tre habit&eacute; par des individus provenant d&rsquo;origines diverses et vari&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans ces pays d&eacute;velopp&eacute;s, le seul culte que l&rsquo;on cultive au contraire est celui de la causalit&eacute;&nbsp;: on passe son temps &agrave; chercher dans les actions des uns et des autres les &eacute;l&eacute;ments d&eacute;clencheurs des conflits. Pour cette raison, on n&rsquo;a jamais envisag&eacute; que la diff&eacute;rence de traditions religieuses et de croyances quotidiennes pouvait &ecirc;tre &agrave; la base de l&rsquo;incapacit&eacute; des Isra&eacute;liens et des Palestiniens &agrave; s&rsquo;entendre, des Libanais &agrave; vivre ensemble, des guerres civiles interminables en Syrie et en Irak, etc.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe causalisme &eacute;pargne ainsi aux Occidentaux la frayeur qu&rsquo;occasionnerait l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; selon laquelle l&rsquo;islam, sous ses acceptions actuelles &agrave; tout le moins, ne serait pas une religion de paix, qu&rsquo;elle chercherait &agrave; s&rsquo;imposer par la violence si cela &eacute;tait n&eacute;cessaire, et surtout, que cette derni&egrave;re finalit&eacute; pourrait oblit&eacute;rer et vider de leur sens les principes nobles et humanistes dans lesquelles les Europ&eacute;ens se contemplent.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLes journalistes et les dirigeants des Etats industrialis&eacute;s &eacute;vitent ainsi soigneusement de parler de l&rsquo;islam, qu&rsquo;ils remplacent par les termes islamisme, djihadisme, al Qaeda ou DAESH, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;ils minimisent la sp&eacute;cificit&eacute; du r&eacute;gime iranien, qui s&rsquo;est auto-intitul&eacute; &quot;R&eacute;publique Islamique d&rsquo;Iran&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVu de Bruxelles ou de Washington, o&ugrave; l&rsquo;on adore traduire les &eacute;quations dans un langage que l&rsquo;on maitrise, on pratique par des simplifications trompeuses permettant &quot;<em>d&rsquo;y voir clair<\/em>&quot;et de mat&eacute;rialiser, m&ecirc;me si c&rsquo;est terriblement arbitraire, ses amis et ses ennemis en leur donnant des noms et en leur pr&ecirc;tant des fonctions r&eacute;gionales et des ambitions politiques.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tMais vu de T&eacute;h&eacute;ran, de Riyad et du Caire, les choses sont terriblement plus &eacute;videntes&nbsp;: il y a, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; &ndash; celui de l&rsquo;Iran &ndash; les chiites, qui voient en Ali, le cousin du proph&egrave;te, et en sa famille les successeurs de Mahomet, qu&rsquo;il aurait lui-m&ecirc;me d&eacute;sign&eacute;s pour poursuivre son &oelig;uvre. Face &agrave; eux, les sunnites, qui repr&eacute;sentent 90 % du milliard et demi de musulmans, qui consid&egrave;rent que ce sont les disciples de Mahomet qui, &agrave; partir de sa mort en 632, &agrave; commencer par son confident Abou Bakr, doivent diriger l&rsquo;islam.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tA partir de l&agrave; c&rsquo;est le chiisme, qui a donn&eacute; le mot schisme en fran&ccedil;ais et en de nombreuses autres langues, qui a vu les deux communaut&eacute;s de croyants camper sur leurs positions et se livrer une guerre quasi-ininterrompue depuis 1 400 ans.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCette perspective remise &agrave; sa place donne acc&egrave;s &agrave; une grille de lecture des conflits autrement plus &quot;locale&quot;. Premi&egrave;rement, parce que, pour tous les musulmans du Moyen-Orient, il ne s&rsquo;agit pas de conflits mais bien DU conflit entre sunnites et chiites qui se prolonge et ne se terminera que par l&rsquo;&eacute;crasement d&eacute;finitif de l&rsquo;un des deux camps.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEnsuite, lorsqu&rsquo;au Caire, &agrave; Amman, &agrave; Riyad, &agrave; Ankara et dans les &eacute;mirats du Golfe l&rsquo;on consid&egrave;re DAESH, al Qaeda et les autres organisations combattantes sunnites, on distingue principalement le fait qu&rsquo;ils affrontent et contiennent l&rsquo;ennemi chiite et qu&rsquo;il tient du devoir sacr&eacute; de les aider &agrave; continuer &agrave; le faire.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi, dans quelques-uns de ces pays, on d&eacute;plore les m&eacute;thodes cruelles et barbares qu&rsquo;ont ces combattants sunnites de traiter leurs prisonniers et les femmes de ceux-ci, ce sont des consid&eacute;rations accessoires. N&rsquo;oublions pas que la population allemande, dans son &eacute;crasante majorit&eacute;, soutenait les divisions SS qui se battaient avec les Sovi&eacute;tiques et les alli&eacute;s, tout en connaissant les crimes industriels que ces unit&eacute;s perp&eacute;traient dans les camps d&rsquo;extermination. A part pour les &acirc;mes exceptionnellement &eacute;clair&eacute;es, le nationalisme, le clanisme et la supr&eacute;matie culturelle (ou religieuse) priment sur les consid&eacute;rations humanitaires.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEt puis, il n&rsquo;existe pas de grandes diff&eacute;rences entre les punitions d&rsquo;inspiration religieuse telles que DAESH les applique &agrave; ceux qui s&rsquo;&eacute;cartent de l&rsquo;islam sunnite, et celles, contre les apostats, les homosexuels et les femmes suppos&eacute;ment adult&eacute;rines, qui sont administr&eacute;es par la monarchie saoudienne, elle aussi sunnite.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAu risque de se tromper compl&egrave;tement de lecture, ne confondons pas nos valeurs et les leurs et n&rsquo;attendons pas qu&rsquo;ils s&rsquo;apitoient sur le sort de leurs victimes parce que nous le leur demandons ou parce que ce qu&rsquo;ils font nous d&eacute;goute et nous effraie.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;ailleurs, s&rsquo;il est un terrain sur lequel chiites et sunnites se rencontrent, c&rsquo;est celui des ch&acirc;timents que le Coran prescrit d&rsquo;infliger aux auteurs des crimes identiques. Sauf qu&rsquo;&agrave; T&eacute;h&eacute;ran, on pend les homos au fa&icirc;te des grues jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;ils &eacute;touffent, alors qu&rsquo;&agrave; Riyad, on leur coupe la t&ecirc;te au sabre, jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elle daigne se s&eacute;parer du tronc.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est en fonction des lignes qui pr&eacute;c&egrave;dent qu&rsquo;il convient de consid&eacute;rer la rupture des relations diplomatiques avec l&rsquo;Iran d&eacute;cid&eacute;e par les Saoudiens. Pour ceux qui veulent absolument y voir un acte causal et entendent continuer intentionnellement &agrave; inverser les causes et les effets, rappelons que le pr&eacute;texte qui a pr&eacute;sid&eacute; &agrave; cette d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; l&rsquo;attaque de l&rsquo;ambassade saoudienne &agrave; T&eacute;h&eacute;ran, elle-m&ecirc;me cons&eacute;cutive &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cution, samedi dernier dans le royaume, du cheikh chiite saoudien Nimr Baqer el-Nimr, en m&ecirc;me temps que quarante-six autres &quot;terroristes&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tBaqer el-Nimr enflammait par ses sermons contre la dynastie les membres de la minorit&eacute; chiite saoudienne, &eacute;tablie &agrave; l&rsquo;est de la monarchie&nbsp;; les autres chefs d&rsquo;accusation qui l&rsquo;ont men&eacute; au billot &eacute;taient &quot;la s&eacute;dition&quot;, &quot;la d&eacute;sob&eacute;issance au souverain&quot; et &quot;le port d&rsquo;armes&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDimanche, les&nbsp;<em>fils de Saoud<\/em>&nbsp;rompaient les relations diplomatiques avec la th&eacute;ocratie chiite, et &eacute;taient imit&eacute;s en cela par six autres Etats&nbsp;sous contr&ocirc;le sunnite : les Emirats Arabes Unis, le Kowe&iuml;t, le Soudan, le Bahre&iuml;n, Djibouti et le Qatar. En plus du rappel de leurs diplomates &agrave; T&eacute;h&eacute;ran, de la fermeture des ambassades et consulats perses sur leurs sols et du renvoi de leurs personnels, les sept Etats ont &eacute;galement d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;interrompre les liaisons a&eacute;riennes avec T&eacute;h&eacute;ran et d&rsquo;interdire &agrave; leurs ressortissants de se rendre en Iran.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour le Royaume de Bahre&iuml;n, dont les c&ocirc;tes se situent &agrave; 180 km de celles de l&rsquo;Iran, cette d&eacute;cision marque le d&eacute;but d&rsquo;une guerre froide. Idem pour les autres royaut&eacute;s et &eacute;mirats du Golfe&nbsp;: si le risque du d&eacute;clenchement imm&eacute;diat d&rsquo;une guerre r&eacute;gionale n&rsquo;est pas &agrave; l&rsquo;ordre du jour, chaque vol commercial, chaque appareillage de paquebot, chaque exercice militaire va devenir un casse-t&ecirc;te. Sans parler des risques d&rsquo;infiltrations d&rsquo;agents iraniens et des activit&eacute;s de d&eacute;stabilisation t&eacute;l&eacute;command&eacute;es par les ayatollahs.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa rupture des relations avec ceux-ci indique le franchissement d&rsquo;un nouveau palier entre le d&eacute;samour et la guerre&nbsp;; plus pr&egrave;s de la guerre. Pour les six pays qui ont suivi Riyad, cette d&eacute;cision n&rsquo;a &eacute;t&eacute; caus&eacute;e par aucun acte perse sp&eacute;cifique qui leur f&ucirc;t hostile&nbsp;; cela d&eacute;montre simplement qu&rsquo;ils ont d&eacute;cid&eacute; de respecter l&rsquo;alignement sunnite, et que ce dernier est suffisamment important pour qu&rsquo;ils prennent d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment le risque d&rsquo;&eacute;voluer dor&eacute;navant sous le r&eacute;gime d&rsquo;un &eacute;tat d&rsquo;alerte militaire permanent. &nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tSi le risque de l&rsquo;&eacute;clatement imm&eacute;diat d&rsquo;une guerre est faible, c&rsquo;est parce que l&rsquo;Arabie et ses alli&eacute;s de la p&eacute;ninsule n&rsquo;ont pas de vocation offensive, pas plus que de vis&eacute;es territoriales en Iran. Tout ce qui les int&eacute;resse consiste &agrave; veiller jalousement sur leurs avantages. Quant &agrave; Khamenei, il n&rsquo;a, d&rsquo;abord, pas la puissance militaire requise pour se lancer &agrave; l&rsquo;assaut des Etats arabes&nbsp;; il sait, de plus, que ses efforts en vue de se faire r&eacute;admettre dans le concert des nations s&rsquo;effondreraient sit&ocirc;t le premier missile tir&eacute; sur ses voisins. De plus, s&rsquo;il faisait cette immense b&ecirc;tise, il ferait l&rsquo;unanimit&eacute; contre l&rsquo;Iran, &agrave; commencer par les Arabes, mais &eacute;galement chez les Occidentaux, qui n&rsquo;h&eacute;siteraient pas vingt-quatre heures avant de leur pr&ecirc;ter main forte.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tUne guerre ouverte contre le sunnisme constituerait probablement le premier et le dernier pas d&rsquo;un processus qui &eacute;vincerait dans la violence le clerg&eacute; chiite du pouvoir &agrave; T&eacute;h&eacute;ran. Le but des ayatollahs &eacute;tait de d&eacute;velopper la bombe atomique et des missiles balistiques afin de s&rsquo;imposer &ndash; d&rsquo;imposer les chiites &ndash; au sein du monde musulman comme la seule puissance capable de les repr&eacute;senter d&rsquo;&eacute;gal &agrave; &eacute;gal face au monde pa&iuml;en et &agrave; Isra&euml;l, et non de se lancer dans un affrontement qu&rsquo;ils n&rsquo;ont aucune chance de remporter.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tCe que je viens d&rsquo;&eacute;crire ne signifie pas que la th&eacute;ocratie ne va pas se livrer &agrave; des provocations arm&eacute;es dans les eaux du Golfe. Il y a quelques semaines, les Perses n&rsquo;avaient pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; tirer des roquettes &agrave; 1 500 m&egrave;tres d&rsquo;un porte-avions U.S et d&rsquo;une fr&eacute;gate fran&ccedil;aise&nbsp;; il n&rsquo;y a ainsi aucune raison pour qu&rsquo;ils s&rsquo;abstiennent de harceler leurs adversaires sunnites.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLa situation est s&eacute;rieuse. Hormis la guerre ouverte, on peut &ecirc;tre certain que les Saoudiens vont faire tout ce qu&rsquo;ils peuvent pour att&eacute;nuer le red&eacute;marrage de l&rsquo;&eacute;conomie de la dictature chiite, &agrave; commencer par maintenir le prix du p&eacute;trole &agrave; un niveau tr&egrave;s bas. C&rsquo;est ainsi que le Brent, le brut n&eacute;goci&eacute; &agrave; Londres, est pass&eacute; avant-hier au-dessous de 35 dollars le baril, pour la premi&egrave;re fois depuis douze ans.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tRiyad persiste dans son refus de r&eacute;duire sa production, qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve actuellement &agrave; 10.4 millions de barils par jour. Avec un march&eacute; noy&eacute; sous l&rsquo;or noir, les ayatollahs vont avoir du mal &agrave; augmenter leur propre production qui stagne toujours autour des 2.5 millions de barils\/jour. Pour atteindre l&rsquo;objectif des quatre millions que les dirigeants iraniens s&rsquo;&eacute;taient fix&eacute;, il leur faudra r&eacute;habiliter et r&eacute;nover l&rsquo;ensemble de leur appareil de pompage et de transport du brut&nbsp;; avec un baril &agrave; 34 dollars et peut-&ecirc;tre moins, cela va engloutir une bonne partie des fonds qui seront lib&eacute;r&eacute;s par les banques &eacute;trang&egrave;res en r&eacute;alisation de l&rsquo;Accord avec les 5+1. Relativement &agrave; un p&eacute;trole &agrave; 70 dollars, c&rsquo;est exactement comme si Khamenei toucherait la moiti&eacute; des fonds qui lui sont promis.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tLe maintien d&rsquo;une quantit&eacute; de production &eacute;lev&eacute;e permet aussi aux Saoudiens de pr&eacute;server leur emprise sur le march&eacute; europ&eacute;en ainsi que de limiter les revenus des Russes, qui produisent la m&ecirc;me quantit&eacute; quotidienne qu&rsquo;eux. Des Russes qui sont devenus leurs ennemis depuis qu&rsquo;ils ont invers&eacute; la tendance du conflit syrien et qu&rsquo;ils vendent des &eacute;quipements militaires avanc&eacute;s et de nouvelles centrales nucl&eacute;aires aux Iraniens.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tN&rsquo;oublions pas non plus, qu&rsquo;outre la Syrie, trois des fronts opposant directement les sunnites aux chiites sont actifs, s&rsquo;agissant du Y&eacute;men, de l&rsquo;Irak et du Liban. Dans les deux derniers pays cit&eacute;s, le regain de tension entre Riyad et T&eacute;h&eacute;ran peut rallumer ce que les confr&egrave;res nomment la &quot;guerre civile&quot;, mais qui est en fait une p&eacute;rip&eacute;tie de l&rsquo;interminable Guerre sunnites-chiites. A Beyrouth, on se dirige vers la p&eacute;rennisation de la disparition des institutions r&eacute;publicaines et de l&rsquo;absence d&rsquo;un gouvernement et d&rsquo;un pr&eacute;sident. L&rsquo;Iran soutient la milice chiite du Hezbollah qui ex&eacute;cute ses ordres, tandis que Riyad finance et conseille toutes les autres composantes du puzzle libanais, &agrave; commencer, &eacute;videmment, par les sunnites qui forment la plus nombreuse d&rsquo;entre elles.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tIl est difficile de prendre connaissance sans pouffer du commentaire fait avant-hier (mercredi) par Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires Etrang&egrave;res. L&rsquo;homme qui rit avec Federica Mogherini et John Kerry et aux d&eacute;pens d&rsquo;iceux. Pour Zarif, l&#39;Arabie saoudite &quot;doit arr&ecirc;ter&quot; de s&#39;opposer &quot;aux efforts de paix&quot; de l&#39;Iran, comme elle le fait &quot;depuis deux ans et demi&quot;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; &nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Arabie, les Etats du Golfe et les autres r&eacute;gimes sunnites vont plut&ocirc;t renforcer leur arsenal militaire afin de dissuader les ayatollahs de faire des &acirc;neries. Pour cela, ils ont imp&eacute;rativement besoin du savoir-faire des Isra&eacute;liens. Ils ne peuvent en effet plus compter sur l&rsquo;alli&eacute; am&eacute;ricain et sur les Europ&eacute;ens, qui, en signant le Trait&eacute; de Lausanne et en continuant, depuis, de faire des concessions tr&egrave;s au-del&agrave; de celles d&eacute;j&agrave; octroy&eacute;es aux chiites aux termes de l&rsquo;Accord, ont consid&eacute;rablement augment&eacute; la menace militaire &agrave; laquelle ils sont maintenant expos&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tEn Egypte, l&rsquo;Etat arabe poss&eacute;dant la plus imposante force arm&eacute;e du camp sunnite, les dirigeants ne sauraient oublier que sans l&rsquo;appui et l&rsquo;ing&eacute;rence directs de Barack Obama, leur pair Hosni Moubarak n&rsquo;aurait pas &eacute;t&eacute; destitu&eacute;, et leur ennemi islamiste Morsi n&rsquo;aurait pas pris le pouvoir.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tOr les Arabes ont besoin des armes de derni&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration, de boucliers antimissiles, de la facult&eacute; de regarder derri&egrave;re les lignes ennemies, de celle de faire le meilleur usage des armes qu&rsquo;ils ont achet&eacute;es &agrave; l&rsquo;Occident, et des meilleurs experts pour les conseiller. Pour les Saoudiens et les Etats du Golfe, il s&rsquo;agit &agrave; la fois de se rassurer et de combler les lacunes dont ils ont connaissance au sein de leurs forces arm&eacute;es.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tDans ces conditions, le choix du voisin isra&eacute;lien s&rsquo;impose, qui est capable de fournir tous les &eacute;quipements et services en question et qui nourrit les m&ecirc;mes craintes face &agrave; l&rsquo;ennemi iranien. Pendant que les Europ&eacute;ens, les Russes et les Am&eacute;ricains vont continuer &agrave; s&rsquo;acharner sur le Califat sunnite d&rsquo;Irak et de Syrie, d&rsquo;une mani&egrave;re effectivement disproportionn&eacute;e et surtout, qui ne prend pas en compte la n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;server l&rsquo;&eacute;quilibre sunnites-chiites dans la r&eacute;gion, les sunnites vont se rapprocher encore un peu de l&rsquo;Etat h&eacute;breu.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;&eacute;pisode actuel de ce conflit vieux de quatorze si&egrave;cles n&rsquo;en &eacute;tant qu&rsquo;&agrave; ses d&eacute;buts, on peut s&rsquo;attendre, dans les prochains mois, &agrave; observer des manifestations visibles de la nouvelle entente isra&eacute;lo-sunnite. Et si les nouveaux partenaires font preuve d&rsquo;un peu de jugeote, cette alliance a &eacute;galement la capacit&eacute; n&eacute;cessaire pour mettre un terme d&eacute;finitif et satisfaisant &agrave; la question palestinienne. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette guerre a quatorze si&egrave;cles&nbsp;(info # 010801\/16)[Analyse] Par St&eacute;phane Juffa&nbsp;&copy; MetulaNewsAgency &nbsp; Aux Etats Unis et en Europe, il est ringard et m&ecirc;me politiquement incorrect d&rsquo;invoquer les questions religieuses ou ethniques qui sont le plus souvent &agrave; l&rsquo;origine des conflits. 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