{"id":11857,"date":"2016-01-17T06:46:50","date_gmt":"2016-01-17T06:46:50","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11857"},"modified":"2016-01-17T06:47:55","modified_gmt":"2016-01-17T06:47:55","slug":"tunisie-la-guerre-de-succession-est-ouverte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tunisie-la-guerre-de-succession-est-ouverte\/","title":{"rendered":"Tunisie : la guerre de succession est ouverte"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tTunisie : la guerre de succession est ouverte<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tLe pr&eacute;sident Beji Ca&iuml;d Essebsi vient de promouvoir son fils Hafedh Ca&iuml;d Essebsi &agrave; la t&ecirc;te du parti Nidaa Tounes. Une nomination qui ne passe pas.<\/p>\n<p>\n\t\tPAR MIREILLE DUTEIL<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;Le Point.fr<\/p>\n<\/div>\n<div data-sticky-wrap=\"\">\n<div data-sticky=\"0px\" itemprop=\"articleBody\">\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tCinq ans apr&egrave;s une r&eacute;volution de Jasmin r&eacute;ussie, tout du moins &agrave; l&#39;aune des Printemps arabes qui partout ailleurs ont capot&eacute; ou sombr&eacute; dans la violence, la<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/tunisie\">Tunisie<\/a>&nbsp;est de nouveau taraud&eacute;e par les d&eacute;mons de la politique politicienne. Alors que l&#39;&eacute;conomie ne s&#39;est pas redress&eacute;e, que les touristes ne sont pas revenus, que le ch&ocirc;mage et la pauvret&eacute; s&#39;accroissent, que les djihadistes frappent r&eacute;guli&egrave;rement le pays, et que Daech se renforce dans la&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/libye\">Libye<\/a>&nbsp;voisine, faut-il que la fragile Tunisie se lance dans une guerre de succession&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPour &ecirc;tre tabou, le sujet n&#39;en est pas moins sur la table. Le chef de l&#39;&Eacute;tat,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/beji-caid-essebsi\">Beji Ca&iuml;d Essebsi<\/a>, aura 90 ans en novembre prochain. Tr&egrave;s populaire, il est malgr&eacute; tout le plus &acirc;g&eacute; des chefs d&#39;&Eacute;tat. Qui pourrait lui succ&eacute;der en 2019, date des &eacute;lections l&eacute;gislatives et de la pr&eacute;sidentielle&nbsp;? Ce vieux routier de la politique tunisienne vient de placer son fils en pole position. Le 10 janvier, le premier congr&egrave;s de Nidaa Tounes (qui signifie &laquo; L&#39;Appel de la Tunisie &raquo;), le parti au pouvoir fond&eacute; en 2012 par Beji Ca&iuml;d Essebsi, a nomm&eacute; &agrave; sa t&ecirc;te le fils du pr&eacute;sident, Hafedh Ca&iuml;d Essebsi, d&eacute;sormais directeur ex&eacute;cutif. Congr&egrave;s qui s&#39;est d&eacute;roul&eacute; en pr&eacute;sence du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, qui ainsi l&#39;adoubait de fait. &Eacute;moi dans une Tunisie r&eacute;publicaine et r&eacute;tive &agrave; l&#39;id&eacute;e de voir s&#39;installer un syst&egrave;me h&eacute;r&eacute;ditaire (toutes les tentatives pass&eacute;es depuis l&#39;ind&eacute;pendance ont d&eacute;bouch&eacute; sur de graves crises politiques). En fait, l&#39;affaire ferait moins de bruit si Ca&iuml;d Essebsi Junior n&#39;&eacute;tait pas, &agrave; 53 ans, un novice en politique. Il n&#39;est qu&#39;un &laquo;&nbsp;fils de &raquo;, persiflent ses opposants.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>En 2014 d&eacute;j&agrave;, Essebsi Junior avait &eacute;chou&eacute; &agrave; s&#39;emparer de Nidaa Tounes<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIl aura au moins r&eacute;ussi &agrave; semer la zizanie dans un parti qui dirige la Tunisie depuis 2014, apr&egrave;s avoir gagn&eacute; les &eacute;lections. Voil&agrave; plusieurs mois que Nidaa Tounes tangue. Deux clans s&#39;y affrontaient. D&#39;un c&ocirc;t&eacute;, Ca&iuml;d Essebsi, appuy&eacute; par d&#39;anciens du RCD (le parti de Zine el-Abidine Ben Ali) et des hommes d&#39;affaires de plus ou moins bonne r&eacute;putation. De l&#39;autre, le clan du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du parti, Mohsen Marzouk, 50 ans. Farouchement la&iuml;que, ancien militant de la gauche &eacute;tudiante, puis impliqu&eacute; dans la lutte pour les droits de l&#39;homme, Mohsen Marzouk, pass&eacute; par la case prison sous Ben Ali, a travaill&eacute; aupr&egrave;s de Beji Ca&iuml;d Essebsi lors de son &eacute;lection &agrave; la pr&eacute;sidence. Appr&eacute;ci&eacute; des Am&eacute;ricains, il s&#39;est farouchement oppos&eacute; &agrave; la mainmise du fils du pr&eacute;sident sur le parti. En 2014 d&eacute;j&agrave;, Essebsi Junior avait &eacute;chou&eacute; &agrave; s&#39;emparer de Nidaa Tounes. En 2016, il a r&eacute;ussi et &eacute;limin&eacute; tous ses adversaires et rivaux du bureau politique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tD&egrave;s d&eacute;cembre dernier, Mohsen Marzouk avait d&eacute;missionn&eacute; de son poste de secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du parti, accompagn&eacute; de quelques grosses pointures de Nidaa Tounes. Ils estimaient que les d&eacute;s seraient pip&eacute;s lors du congr&egrave;s, mais pas seulement. L&#39;&eacute;vidente rivalit&eacute; entre Hafedh Ca&iuml;d Essebsi et Mohsen Marzouk pour la conqu&ecirc;te du parti et&hellip; du pays se double d&#39;une querelle id&eacute;ologique. Marzouk, de m&ecirc;me que les d&eacute;put&eacute;s qui ont quitt&eacute; Nidaa Tounes, refuse la politique de &laquo;&nbsp;consensus&nbsp;&raquo; entre partis, y compris les islamistes, pr&ocirc;n&eacute;e par le chef de l&#39;&Eacute;tat. Une politique qui a entra&icirc;n&eacute; le d&eacute;part de vingt et un d&eacute;put&eacute;s de Nidaa Tounes. R&eacute;sultat&nbsp;: Essebsi Junior dirige un parti &laquo;&nbsp;au pouvoir&nbsp;&raquo; qui a perdu la majorit&eacute; &agrave; l&#39;Assembl&eacute;e nationale au profit d&#39;Ennahda, le parti islamiste.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Un rapprochement entre Nidaa Tounes et Ennahda<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMohsen Marzouk veut donc lancer un nouveau mouvement soucieux de respecter les id&eacute;aux r&eacute;publicains et &laquo;&nbsp;la&iuml;ques&nbsp;&raquo; qui ont fait gagner Nidaa Tounes en 2014. Pour lui, les islamistes d&#39;Ennahda sont des adversaires, pas des partenaires. Certains militants de Nidaa Tounes ont cru s&#39;&eacute;trangler au congr&egrave;s du parti lorsqu&#39;ils ont entendu l&#39;invit&eacute; d&#39;honneur, Rached Ghannouchi, fondateur d&#39;Ennahda, d&eacute;clarer &agrave; la tribune que &laquo;&nbsp;Nidaa Tounes et Ennahda sont les deux ailes de la colombe Tunisie&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEst-ce un pas en arri&egrave;re pour la Tunisie&nbsp;? Une politique pragmatique de Beji Ca&iuml;d Essebsi qui sait qu&#39;il ne peut gouverner sans la composante islamiste (qui de plus est d&eacute;sormais majoritaire au Parlement)&nbsp;? Le chef de l&#39;&Eacute;tat sait aussi qu&#39;&agrave; l&#39;&eacute;t&eacute; 2013, lorsque le pays &eacute;tait en crise profonde, c&#39;est l&#39;accord qu&#39;il a pass&eacute; avec Ghannouchi (alors que tout s&eacute;parait les deux adversaires qui ont depuis appris &agrave; s&#39;estimer) qui a permis de sauver la Tunisie. Essebsi a sans doute besoin de Ghannouchi pour venir &agrave; bout des islamistes violents. Ghannouchi est probablement le seul &agrave; pouvoir faire admettre une politique d&#39;accommodement avec un parti &laquo;&nbsp;s&eacute;culier&nbsp;&raquo; aux plus rigoristes de ses troupes. C&#39;est une entente qui repose sur l&#39;accord entre deux hommes. Elle ne sera pas &eacute;ternelle. Reste &agrave; savoir qui sera, au final, le gagnant&nbsp;?<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Tunisie : la guerre de succession est ouverte Le pr&eacute;sident Beji Ca&iuml;d Essebsi vient de promouvoir son fils Hafedh Ca&iuml;d Essebsi &agrave; la t&ecirc;te du parti Nidaa Tounes. Une nomination qui ne passe pas. 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