{"id":11869,"date":"2016-01-19T00:20:29","date_gmt":"2016-01-19T00:20:29","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11869"},"modified":"2016-01-19T00:20:29","modified_gmt":"2016-01-19T00:20:29","slug":"hyper-cache-quatre-heures-dans-la-tete-dun-otage-des-revelations-siderantes-par-yohann-dorai","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/hyper-cache-quatre-heures-dans-la-tete-dun-otage-des-revelations-siderantes-par-yohann-dorai\/","title":{"rendered":"Hyper cach\u00e9 &#8211; quatre heures dans la t\u00eate d&rsquo;un otage, des r\u00e9v\u00e9lations sid\u00e9rantes, par Yohann Dorai avec Michel Taubmann"},"content":{"rendered":"<p>\n\tHyper cach&eacute; &#8211; quatre heures dans la t&ecirc;te d&#39;un otage, des r&eacute;v&eacute;lations sid&eacute;rantes, par Yohann Dorai avec Michel Taubmann (*)<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"ancre_video\">\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t\tUn t&eacute;moignage remarquable et irrempla&ccedil;able.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\tUne recension de Jean-Pierre Allali<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tYohann Dorai qui fut l&#39;un des otages retenus le 9 janvier 2015 dans le supermarch&eacute; de la Porte de Vincennes, &laquo; Hyper Cacher &raquo;, donne dans cet ouvrage, avec le concours de Michel Taubmann (1), un pr&eacute;cieux t&eacute;moignage sur les &eacute;v&eacute;nements tragiques qui ont conduits &agrave; l&#39;assassinat de quatre hommes parce qu&#39;ils &eacute;taient juifs, par le terroriste islamiste Amedy Coulibaly.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tDans ce qu&#39;on peut consid&eacute;rer comme une v&eacute;ritable catharsis, Yohann Derai revient sur son enfance, au sein d&#39;une famille modeste d&#39;origine alg&eacute;rienne. Il raconte comment, dans la banlieue o&ugrave; il habitait, Juifs, Arabes et Africains vivaient en bonne entente. Les meilleurs amis de Yohann s&#39;appelaient, d&#39;ailleurs, Coulibaly, un nom assez r&eacute;pandu. Ce temps, h&eacute;las, est r&eacute;volu. &nbsp;Apr&egrave;s une adolescente turbulente, Yohann a fini par se ranger, par devenir entrepreneur de soci&eacute;t&eacute; et par opter pour un juda&iuml;sme religieux. Une femme, S&eacute;verine et quatre enfants, Avishai, Shiran, L&eacute;na et L&eacute;vi. La famille pr&eacute;pare, peu avant le drame, la bar mitsva de l&#39;a&icirc;n&eacute;, Avishai.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&#39;est vraiment par hasard que Yohann choisit l&#39; Hyper Cacher qu&#39;il n&#39;avait jamais fr&eacute;quent&eacute; jusqu&#39;ici, pour faire ses derni&egrave;res courses de Chabbat avec son ami Rudy. Il s&#39;agit d&#39;acheter une bouteille de bon vin et de la charcuterie. Sur place, tr&egrave;s vite, peu apr&egrave;s leur entr&eacute;e dans le supermarch&eacute;, la situation s&#39;envenime. C&#39;est l&#39;affolement. Le terroriste semble d&eacute;termin&eacute;. Par chance, Rudy conna&icirc;t le magasin car il y a travaill&eacute; une quinzaine d&#39;ann&eacute;es auparavant. Suivis par une dizaine de personnes, ils filent vers la sortie de secours. &laquo; Pris comme des mouches dans un bocal, nous puisons en nous-m&ecirc;mes l&#39;&eacute;nergie du d&eacute;sespoir &raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPas de chance, la sortie est verrouill&eacute;e de l&#39;ext&eacute;rieur ! Rudy a l&#39;id&eacute;e de diriger le groupe vers le sous-sol o&ugrave; se trouve un cong&eacute;lateur et une chambre froide. Parmi les fugitifs, Sarah qui serre contre elle le petit Noam, un b&eacute;b&eacute; de onze mois. R&eacute;guli&egrave;rement, envoy&eacute;e par le tueur, la caissi&egrave;re du magasin, Zarie Sibony, vient demander aux fuyards de remonter. Un jeune Juif tunisien, fils d&#39;un rabbin de la Grande Synagogue de Tunis, Yohav Hattab, accepte de suivre la caissi&egrave;re. Il le paiera, on le sait, de sa vie. Il avait, courageusement, essay&eacute; de s&#39;emparer d&#39;une kalachnikov qui &eacute;tait &agrave; terre, mais qui s&#39;enraya quand il la dirigea vers le terroriste. Plus tard, un autre otage, un certain Jean-Luc, viendra, toujours sur ordre du tueur, chercher &nbsp;des sacs de farine et de sucre pour &eacute;riger des barricades.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tMalgr&eacute; la peur et les r&eacute;ticences de certains, six adultes et un b&eacute;b&eacute; p&eacute;n&egrave;trent dans le cong&eacute;lateur dont la porte n&#39;est pas verrouill&eacute;e. Yohann, qui est chauffagiste, sait comment faire pour remonter la temp&eacute;rature insoutenable : il arrache les fils du moteur avant de refermer sur le groupe la porte du cong&eacute;lateur. Coup&eacute;s d&eacute;sormais du monde, les emmur&eacute;s du froid vont se livrer &agrave; une course contre le temps, une course contre le froid, une course contre la mort. Par le biais d&#39;un ami &agrave; l&#39;ext&eacute;rieur, David Malka, Yohann est l&#39;interlocuteur &nbsp;du colonel Jean-Michel Fauvergues, patron du RAID. De temps en temps, pour meubler et pour donner du courage aux prisonniers du cong&eacute;lo, il lance quelques blagues, parfois un peu limite : &laquo; Vous n&#39;auriez pas vu ma qu&eacute;quette ? Je ne la retrouve plus. &Agrave; cause du froid humide, elle est r&eacute;duite &agrave; cinq centim&egrave;tres &raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPour amuser le b&eacute;b&eacute;, qui semble inerte, il lui fait des grimaces. Comme c&#39;est l&#39;heure de la c&eacute;r&eacute;monie du chabbat, Yohann propose de prononcer le kiddoush, la pri&egrave;re sur le vin. Les naufrag&eacute;s du frigo n&#39;auront pas le temps de commencer. La police les avertit par t&eacute;l&eacute;phone:&laquo; Nous allons lancer l&#39;assaut dans quelques minutes. Pr&eacute;parez-vous ! &raquo;. Gr&acirc;ce aux clefs fournies par Lassana Bathily, les policiers parviennent &agrave; ouvrir le rideau de fer puis font sauter la porte. Les lib&eacute;rateurs, m&eacute;fiants, ne sont pas particuli&egrave;rement tendres avec &nbsp;les otages : &laquo; Ne bougez pas ! &raquo;, &laquo; Ferme ta gueule ! &raquo;, &laquo; Regardez droit devant vous ! &raquo;, &laquo; Ne regardez pas &agrave; terre ! &raquo;. Ce n &#39;est qu&#39;un mauvais moment &agrave; passer. Le dernier. Une fois &agrave; l&#39;air libre, les otages crient en direction des policiers : &laquo; Merci les gars ! Vive la France ! &raquo;. Mais ils n&#39;en ont pas encore termin&eacute;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe debriefing est de rigueur. Rendez-vous au Cr&eacute;dit Mutuel voisin transform&eacute; en QG de fortune de la police. Trois-quarts d&#39;heure d&#39;interrogatoire puis, direction l&#39;H&ocirc;tel Dieu. Il est vingt heures. &laquo; C&#39;est d&eacute;finitivement r&acirc;p&eacute; pour le repas familial du vendredi soir &raquo;. Enfin, derni&egrave;re &eacute;tape de ce &laquo; chemin de croix &raquo; : le 36, quai des Orf&egrave;vres. Il est vingt deux heures. C&#39;est seulement vers minuit que Yohann et les autres retrouvent enfin leurs foyers. Malgr&eacute; l&#39;heure tardive, la &laquo; hallah &raquo;, le sel et le vin attendent le prisonnier lib&eacute;r&eacute; et les pri&egrave;res traditionnelles fusent, plus &eacute;mouvantes qu&#39;&agrave; l&#39;accoutum&eacute;e. Shabbat Shalom.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tYohann Dorai, dans son t&eacute;moignage, pr&eacute;cise bien que contrairement &agrave; ce qui a pu &ecirc;tre dit, ici ou l&agrave;, Lassana Bathily n&#39;aura &eacute;t&eacute; pour rien dans l&#39;investissement du cong&eacute;lateur. &laquo; En tout cas, personnellement, je n&#39;ai pas fait attention &agrave; Lassana Bathily dans le sous-sol de l&#39;Hyper Cacher. J&#39;ai d&eacute;couvert plus tard, &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, le r&ocirc;le de h&eacute;ros qu&#39;on lui attribuait. J&#39;en ai &eacute;t&eacute; plus que surpris &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tD&eacute;sormais, avoue Yohann Dorai, &laquo; Quand je prends l&#39;avion le train ou le m&eacute;tro, je regarde en coin les autres passagers. Quand je marche dans une rue de Paris, un coup d&rsquo;&oelig;il &agrave; gauche, un autre &agrave; droite, je surveille les passants&#8230;Mais je vaincrai cette peur. Le Ha&iuml;m ! Vive la vie !<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn t&eacute;moignage remarquable et irrempla&ccedil;able. &Agrave; d&eacute;couvrir absolument.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tNotes :<\/p>\n<p>\n\t\t\t(*) &Eacute;ditions du Moment. Janvier 2016. 160 pages. 14,95 euros.<\/p>\n<p>\n\t\t\t(1) Journaliste franco-isra&eacute;lien, Michel Taubmann est l&#39;auteur de plusieurs ouvrages. En mars 2015,aux &Eacute;ditions du Moment, il a publi&eacute; une biographie de Philippe S&eacute;guin : &laquo; Le fils perdu de la R&eacute;publique &raquo;. Voir notre recension dans la Newsletter du 28 mai 2015.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hyper cach&eacute; &#8211; quatre heures dans la t&ecirc;te d&#39;un otage, des r&eacute;v&eacute;lations sid&eacute;rantes, par Yohann Dorai avec Michel Taubmann (*) &nbsp; &nbsp; &nbsp; Un t&eacute;moignage remarquable et irrempla&ccedil;able. 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