{"id":11949,"date":"2016-01-31T21:37:37","date_gmt":"2016-01-31T21:37:37","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=11949"},"modified":"2016-01-31T21:37:37","modified_gmt":"2016-01-31T21:37:37","slug":"usa-pourquoi-les-elites-republicaines-preferent-trump-a-cruz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/usa-pourquoi-les-elites-republicaines-preferent-trump-a-cruz\/","title":{"rendered":"USA : Pourquoi les \u00e9lites r\u00e9publicaines pr\u00e9f\u00e8rent Trump \u00e0 Cruz"},"content":{"rendered":"<header>\n<p>\n\t\tUSA : Pourquoi les &eacute;lites r&eacute;publicaines pr&eacute;f&egrave;rent Trump &agrave; Cruz<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.slate.fr\/source\/90829\/jamelle-bouie\">Jamelle Bouie<\/a>&nbsp;&#8211; Slate.fr<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/header>\n<div>\n<p>\n\t\tLe magnat de l&rsquo;immobilier semble mall&eacute;able, tandis que le s&eacute;nateur du Texas incarne une menace existentielle pour le parti.<\/p>\n<p>\n\t\tDonald Trump est un d&eacute;magogue nativiste qui n&rsquo;a de cesse de s&rsquo;en prendre aux minorit&eacute;s raciales et religieuses, loue les m&eacute;rites des dirigeants &eacute;trangers autoritaires, emprunte sans vergogne aux supr&eacute;macistes blancs et fait appel aux pires penchants de la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine. C&rsquo;est un opportuniste sans r&eacute;el lien avec le parti r&eacute;publicain ou le mouvement conservateur.<\/p>\n<p>\n\t\tS&rsquo;il a bien un rival s&eacute;rieux chez les R&eacute;publicains dans la course &agrave; la nomination pour l&#39;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, c&rsquo;est Ted Cruz, le tr&egrave;s caustique s&eacute;nateur texan. Cruz est un v&eacute;ritable id&eacute;ologue, qui jouit d&rsquo;un soutien au sein de l&rsquo;&laquo;<a href=\"http:\/\/www.slate.com\/articles\/news_and_politics\/politics\/2015\/12\/ted_cruz_is_the_counter_establishment_candidate.html\">anti-establishment<\/a>&raquo;&nbsp;des activistes conservateurs et des millionnaires de droite. Mais il s&rsquo;est aussi &eacute;rig&eacute; comme une sorte de procureur, bl&acirc;mant les autres R&eacute;publicains pour toute entorse (r&eacute;elle ou imaginaire) &agrave; la ligne orthodoxe et a conduit le parti dans une charge presque autodestructrice contre la r&eacute;forme de la sant&eacute; d&#39;Obama et son administration en g&eacute;n&eacute;ral.<\/p>\n<p>\n\t\tTrump est vulgaire, mais il est singulier &ndash;il ne repr&eacute;sente que lui-m&ecirc;me. Cruz, en revanche, repr&eacute;sente une faction des R&eacute;publicains qui a de v&eacute;ritables ennemis &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du parti. Et s&rsquo;il gagne, il am&egrave;nera cette faction au pouvoir.<\/p>\n<p>\n\t\tCe qui signifie que pour les officiels &agrave; Washington (o&ugrave; Cruz est un paria), le choix est simple.&nbsp;&laquo;J&rsquo;ai un peu chang&eacute; d&rsquo;avis sur Trump,&nbsp;a dit le s&eacute;nateur Orrin Hatch lors d&rsquo;une interview pour CNN. Je ne suis pas si certain qu&rsquo;il perdrait s&rsquo;il &eacute;tait notre nomin&eacute;, parce qu&rsquo;il pla&icirc;t &agrave; des gens auxquels beaucoup de candidats re&eacute;publicains n&rsquo;ont pas plu par le pass&eacute;.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&laquo;On peut coacher Donald&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;On peut vivre avec Trump, a d&eacute;clar&eacute; un lobbyiste r&eacute;publicain au New York Times.&nbsp;Est-ce qu&rsquo;on l&rsquo;adore tous? Non. Mais les gens ont le sentiment qu&rsquo;il ne va pas s&rsquo;imposer sur le parti ou installer sa petite personne. Alors que s&rsquo;il est nomm&eacute;, Cruz va imposer son appareil.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;On peut coacher Donald. S&rsquo;il est nomin&eacute;, il aura la frousse de sa vie,&nbsp;a expliqu&eacute; au New York Times Charles Black, un ancien cadre des R&eacute;publicains.&nbsp;Il appellera quelqu&rsquo;un du parti et lui dira &ldquo;Il faut qu&rsquo;on se parle&rdquo;&raquo;.&nbsp;John Feehery, un ancien attach&eacute; parlementaire r&eacute;publicain, l&rsquo;explique clairement:&nbsp;&laquo;Trump ne fera pas de mal &agrave; long terme aux R&eacute;publicains,&nbsp;a-t-il d&eacute;clar&eacute;.&nbsp;Mais Cruz, oui.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tEn tant que cadres, responsables et parlementaires r&eacute;publicains, ces personnes se soucient de la sant&eacute; du parti et de la place qu&rsquo;elles y occupent. Elles veulent gagner et conserver leur influence. Trump semble mall&eacute;able. Qu&rsquo;il gagne ou qu&rsquo;il perde, il ne leur fait pas peur.<\/p>\n<p>\n\t\tCruz, en revanche, constitue une menace. Id&eacute;ologue d&eacute;complex&eacute;, il n&rsquo;a pas envie de plaire &agrave; ceux de l&rsquo;autre bord. Au contraire, il pense pouvoir gagner en suscitant une grande vague d&rsquo;enthousiasme conservateur. Si les Am&eacute;ricains sanctionnent, comme ils le font souvent, l&rsquo;extr&eacute;misme dans les urnes, Cruz pourrait co&ucirc;ter la Maison-Blanche aux R&eacute;publicains lors de la prochaine pr&eacute;sidentielle. Pire encore, comme le sugg&egrave;re Feehery, il pourrait nuire au parti lors des &eacute;lections au S&eacute;nat et &agrave; la Chambre des repr&eacute;sentants. Mais au-del&agrave; de la victoire ou de la d&eacute;faite, l&rsquo;ascension de Cruz risque surtout de marquer l&rsquo;arriv&eacute;e &agrave; Washington d&rsquo;une nouvelle classe d&rsquo;activistes conservateurs, qui pourraient faire bouger les lignes de l&rsquo;establishment actuel. Dans ce sens, Cruz repr&eacute;sente une menace existentielle pour le parti.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Pour vaincre un ennemi, il faut d&rsquo;abord le comprendre<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLes intellectuels conservateurs voient les choses d&rsquo;un autre &oelig;il. Pour eux, c&rsquo;est Trump (qui d&eacute;laisse le conservatisme pour un ethno-nationalisme agressif) qui repr&eacute;sente une menace existentielle. C&rsquo;est pourquoi, r&eacute;cemment, la National Review a publi&eacute; un ensemble intitul&eacute;&nbsp;&laquo;Contre Trump&raquo;, dans lequel plusieurs personnalit&eacute;s et auteurs conservateurs plaident contre Trump pour un public de droite. Que leur message soit entendu ou non (les supporters de Trump lisent-ils vraiment la National Review?), il s&#39;agit d&#39;un signal important en provenance d&rsquo;un autre type d&rsquo;&eacute;lite du parti.<\/p>\n<p>\n\t\tEn m&ecirc;me temps, c&rsquo;est un message qui pose probl&egrave;me. Pour vaincre un ennemi, il faut d&rsquo;abord le comprendre. Et il n&rsquo;est pas certain que les auteurs de la National Review comprennent Trump ou les forces de leur parti qui le soutiennent. Plus que tout, ils l&rsquo;ont attaqu&eacute; pour son id&eacute;ologie, ou plut&ocirc;t son manque d&rsquo;id&eacute;ologie.&nbsp;&laquo;Trump n&rsquo;est pas conservateur &mdash;il fait juste semblant de l&rsquo;&ecirc;tre pour les primaires&raquo;, a &eacute;crit Mona Charen.&laquo;Tous les R&eacute;publicains qui se soumettent au vote jurent devant Dieu qu&rsquo;ils sont conservateurs,&nbsp;a &eacute;crit Brent Bozell.&nbsp;Mais beaucoup ne sont que des charlatans cyniques et calculateurs&hellip; Trump est sans doute le plus grand charlatan de tous.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Trump et le &laquo;white backlash&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tDerri&egrave;re tout cela, il y a l&rsquo;hypoth&egrave;se que les &eacute;lecteurs r&eacute;publicains sont avant tout des conservateurs, mus par des principes conservateurs. Dans un certain sens, c&rsquo;est vrai. Mais l&rsquo;on aurait tort d&rsquo;ignorer, ou de nier, dans quelle mesure les &eacute;lecteurs R&eacute;publicains se sont rassembl&eacute;s et organis&eacute;s autour de la politique du&nbsp;white backlash&nbsp;(la r&eacute;action des Am&eacute;ricains blancs hostiles au mouvement pour les droits civiques) et le degr&eacute; d&rsquo;implication d&rsquo;organes conservateurs comme la National Review dans ce processus.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;exemple le plus c&eacute;l&egrave;bre est l&rsquo;&eacute;ditorial de William F. Buckley paru en 1957 et intitul&eacute;&laquo;Pourquoi il faut que le Sud l&rsquo;emporte&raquo;, dans lequel le fondateur de la National Review, premier intellectuel du mouvement conservateur, plaidait contre le mouvement pour les droits civiques.&nbsp;&laquo;La question centrale qui &eacute;merge,&nbsp;&eacute;crivait Buckley,&nbsp;est de savoir si la communaut&eacute; blanche du Sud a le droit de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour l&rsquo;emporter politiquement et culturellement dans des r&eacute;gions o&ugrave; elle ne domine pas num&eacute;riquement. La r&eacute;ponse est oui &mdash;la communaut&eacute; blanche a le droit de le faire parce que, pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est la race la plus avanc&eacute;e.&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tLa politique du&nbsp;white backlash&nbsp;a influenc&eacute; la campagne de Richard Nixon en 1968 (durant laquelle il avait repris&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.slate.com\/articles\/news_and_politics\/politics\/2015\/09\/donald_trump_is_a_modern_day_george_wallace_the_republican_front_runner.html\">toute la rh&eacute;torique de George Wallace<\/a>, un d&eacute;mocrate partisan de la s&eacute;gr&eacute;gation raciale), celle de Ronald Reagan en 1980 (durant laquelle il avait dit que le Voting Rights Act avait &eacute;t&eacute;&nbsp;&laquo;humiliant pour le Sud&raquo;) et celle de George H.W. Bush en 1988 (comme l&#39;illustra&nbsp;<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Willie_Horton#Horton_in_the_1988_presidential_campaign\" target=\"_blank\">l&#39;affaire Willie Horton<\/a>). Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, elle a aliment&eacute; la carri&egrave;re de Sarah Palin, ancienne gouverneure de l&rsquo;Alaska, amen&eacute;e sur le devant de la sc&egrave;ne nationale par d&rsquo;importants intellectuels conservateurs. D&rsquo;ailleurs, &agrave; de nombreux points de vue, Palin est un pr&eacute;lude &agrave; Trump.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Une force mall&eacute;able<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tCe qui nous conduit &agrave; l&rsquo;ironie de cette apparente division de l&rsquo;&eacute;lite du parti r&eacute;publicain, entre ceux qui soutiendraient Trump et ceux qui le rejettent. Niant totalement le r&ocirc;le du racisme dans leur mouvement, les intellectuels conservateurs ne parviennent pas &agrave; voir comment Trump d&eacute;coule naturellement de certains courants et strat&eacute;gies de la politique et de la rh&eacute;torique conservatrices. La politique du&nbsp;white backlash&nbsp;a construit le parti r&eacute;publicain moderne et, aujourd&rsquo;hui, dans sa forme la plus virulente, elle le d&eacute;truit &agrave; petit feu.<\/p>\n<p>\n\t\tLes &eacute;lus et les cadres du parti sont, en revanche, bien plus clairvoyants. En bons praticiens de la politique, ils voient en Trump une force mall&eacute;able, qui fait appel &agrave; une rh&eacute;torique qui n&rsquo;est pas si &eacute;loign&eacute;e de la leur. S&rsquo;il faut faire appel au racisme pour gagner, peu importe. Et si jamais Trump va trop loin, ils pourront toujours le d&eacute;savouer. Ou, du moins, c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils esp&egrave;rent.<\/p>\n<p>\n\t\tSur ce point, la National Review a raison. Si les R&eacute;publicains &eacute;lisent Trump, il n&rsquo;y aura pas de retour en arri&egrave;re possible. Sa politique nativiste fera son chemin au sein du parti et fera passer le conservatisme d&rsquo;un mouvement de principes (qui fait appel au ressentiment) au seul ressentiment, et tout cela face &agrave; un public en majeure partie tol&eacute;rant et h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne. Tel un symbiote extraterrestre, Trump va grandir au sein des R&eacute;publicains juste avant que le Trumpisme &mdash;en tant que force politique&mdash; n&rsquo;ait le dernier mot.<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.slate.fr\/source\/90829\/jamelle-bouie\">Jamelle Bouie<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>USA : Pourquoi les &eacute;lites r&eacute;publicaines pr&eacute;f&egrave;rent Trump &agrave; Cruz Jamelle Bouie&nbsp;&#8211; Slate.fr &nbsp; &nbsp; Le magnat de l&rsquo;immobilier semble mall&eacute;able, tandis que le s&eacute;nateur du Texas incarne une menace existentielle pour le parti. 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