{"id":12005,"date":"2016-02-09T00:11:26","date_gmt":"2016-02-09T00:11:26","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12005"},"modified":"2016-02-09T00:12:56","modified_gmt":"2016-02-09T00:12:56","slug":"un-sioniste-a-la-tete-du-ministere-tunisien-des-affaires-etrangeres-par-jacques-benillouche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/un-sioniste-a-la-tete-du-ministere-tunisien-des-affaires-etrangeres-par-jacques-benillouche\/","title":{"rendered":"Un \u00ab\u00a0sioniste\u00a0\u00bb \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re tunisien des affaires \u00e9trang\u00e8res &#8211; Par Jacques BENILLOUCHE"},"content":{"rendered":"<p>\n\tUn &quot;sioniste&quot; &agrave; la t&ecirc;te du minist&egrave;re tunisien des affaires &eacute;trang&egrave;res<\/p>\n<div id=\"post-body-1572720448356199412\" itemprop=\"articleBody\">\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPar Jacques BENILLOUCHE<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tcopyright &copy; Temps et Contretemps<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<span style=\"font-size: 1.2em; line-height: 1.7em;\">&nbsp; &nbsp;<\/span> &nbsp; &nbsp; &nbsp; On ne peut pas dire que la Tunisie fasse beaucoup d&rsquo;efforts pour apaiser ses relations avec Isra&euml;l. D&rsquo;ailleurs le nouveau r&eacute;gime avait un temps voulu l&eacute;gif&eacute;rer pour introduire dans la Constitution l&rsquo;interdiction de nouer des relations avec l&rsquo;&Eacute;tat juif. Peu d&rsquo;observateurs comprennent cet acharnement de la Tunisie &agrave; se radicaliser au point de devenir d&rsquo;ailleurs le pays qui envoie le plus de djihadistes en Syrie. Il n&rsquo;est pas impossible que le pr&eacute;sident Ca&iuml;d Essebsi, sous une apparence trompeuse de mod&eacute;r&eacute;, orchestre en sous-main la politique intransigeante vis-&agrave;-vis d&rsquo;Isra&euml;l, pour ne pas dire des Juifs.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-V71He6te6LI\/VrRFzdesnaI\/AAAAAAAA8JA\/6xY3op-uYuA\/s1600\/Caid-Essebsi-Bourguiba.jpg\" imageanchor=\"1\"><img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-V71He6te6LI\/VrRFzdesnaI\/AAAAAAAA8JA\/6xY3op-uYuA\/s640\/Caid-Essebsi-Bourguiba.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tCaid Essebsi et Bourguiba<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est vrai qu&rsquo;une p&eacute;riode trouble entache sa vie politique et il en fait peu r&eacute;f&eacute;rence. En effet il avait &eacute;t&eacute; nomm&eacute; ministre de l&rsquo;int&eacute;rieur, le 5 juillet 1965, le premier minist&egrave;re qu&rsquo;il occupa dans sa carri&egrave;re, ceci expliquant cela. Lors du d&eacute;clenchement le 5 juin 1967 de la Guerre des Six-Jours, de violentes manifestations ont &eacute;clat&eacute; dans la capitale tunisienne. Pour un pays r&eacute;put&eacute; policier, les Tunisiens ont agi en toute impunit&eacute; pour incendier des boutiques et des voitures, le centre d&rsquo;informations des &Eacute;tats-Unis&nbsp; et l&rsquo;ambassade du Royaume-Uni.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ca&iuml;d Essebsi avait laiss&eacute; faire alors que plusieurs membres du gouvernement l&rsquo;exhortaient &agrave; faire appel &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e pour remettre de l&rsquo;ordre. Durant deux jours les manifestants ont pill&eacute; les magasins de Juifs et ont br&ucirc;l&eacute; la Grande synagogue de Tunis en criant des slogans hostiles &agrave; Isra&euml;l. Il avait laiss&eacute; la peur s&rsquo;emparer des derniers Juifs qui avaient jou&eacute; la carte de la Tunisie.&nbsp; Ca&iuml;d Essebsi a permis aux Tunisiens de se d&eacute;fouler sur les Juifs, soit par man&oelig;uvre pour sauver le r&eacute;gime soit par conviction anti-isra&eacute;lienne. Les quelques saccageurs arr&ecirc;t&eacute;s pour la forme, ont &eacute;t&eacute; rel&acirc;ch&eacute;s aussit&ocirc;t. Le Conseil des Ministres lui ayant demand&eacute; des comptes face aux accusations de d&eacute;faillance et d&#39;atteinte &agrave; l&#39;ordre public, Ca&iuml;d Essebsi s&rsquo;&eacute;tait justifi&eacute; en expliquant qu&rsquo;il&nbsp;&laquo;ne peut pas massacrer son peuple alors que les Isra&eacute;liens massacrent les Arabes&raquo;. La haine d&rsquo;Isra&euml;l a alors transpir&eacute; dans ses propos. Le 8 septembre 1969, le pr&eacute;sident l&rsquo;avait &eacute;loign&eacute; aux &Eacute;tats-Unis comme ambassadeur tunisien.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-82HFPC6bPYU\/VrRGdM7eCpI\/AAAAAAAA8JM\/PtbPv1m_dqE\/s1600\/synagogue%2BTunis%2Boriginal.jpg\" imageanchor=\"1\"><img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-82HFPC6bPYU\/VrRGdM7eCpI\/AAAAAAAA8JM\/PtbPv1m_dqE\/s640\/synagogue%2BTunis%2Boriginal.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tGrande synagogue de Tunis<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourtant sous l&rsquo;impulsion de Bourguiba, les relations entre la Tunisie et Isra&euml;l avaient connu des beaux jours surtout apr&egrave;s les d&eacute;clarations du pr&eacute;sident tunisien sur l&rsquo;attitude inadmissible des pays arabes &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;Isra&euml;l. Il semble bien que le pr&eacute;sident Bourguiba ait compris qu&rsquo;il avait rat&eacute; le coche en 1948 en adoptant une politique n&eacute;gative vis-&agrave;-vis d&rsquo;Isra&euml;l. Il le paya cher au lendemain de l&rsquo;ind&eacute;pendance car les Juifs de Tunisie avaient perdu la confiance dans leur pays et avaient pr&eacute;f&eacute;r&eacute; entendre les sir&egrave;nes des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s sionistes envoy&eacute;s en Tunisie pour les pousser au d&eacute;part. Le risque de vivre dans un &Eacute;tat arabe ind&eacute;pendant &eacute;tait grand. La population juive qui comptait 110.000 personnes au lendemain de la guerre se vida subitement de la moiti&eacute; de sa population qui &eacute;migra en masse vers Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bourguiba avait anticip&eacute; l&rsquo;h&eacute;morragie et avait voulu rassurer les Juifs qui repr&eacute;sentaient alors le poumon &eacute;conomique du pays. Il avait mandat&eacute; en 1952 son tr&egrave;s proche confident, Bahi Ladgham, qui fr&eacute;quentait les milieux des Nations Unis, pour entrer en contact avec l&rsquo;isra&eacute;lien Guideon Rafael afin d&rsquo;obtenir un soutien pour l&rsquo;ind&eacute;pendance de la Tunisie. Bourguiba, d&eacute;j&agrave; &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, refusait les appels &agrave; l&rsquo;&eacute;radication d&rsquo;Isra&euml;l et pr&ocirc;nait la paix dans la r&eacute;gion. Il devait garder cette attitude discr&egrave;te pendant plusieurs ann&eacute;es avant de faire des d&eacute;clarations tonitruantes o&ugrave; il mettait en cause le comportement des pays arabes.<\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/3.bp.blogspot.com\/-tQM8k49OhnQ\/VrRHkSChZoI\/AAAAAAAA8JY\/SbsBSHekI20\/s1600\/tsur%2Bet%2Bgolda.jpg\" imageanchor=\"1\"><img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"https:\/\/3.bp.blogspot.com\/-tQM8k49OhnQ\/VrRHkSChZoI\/AAAAAAAA8JY\/SbsBSHekI20\/s640\/tsur%2Bet%2Bgolda.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tJacob Tsur et Golda Meir<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bourguiba &eacute;tait impressionn&eacute; par la r&eacute;ussite isra&eacute;lienne qui ne l&rsquo;&eacute;tonnait pas compte tenu de la r&eacute;ussite de ses propres juifs tunisiens. Il persista dans sa volont&eacute; de nouer des relations apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance acquise en 1955. Ainsi, en 1956 il rencontra secr&egrave;tement l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Isra&euml;l en France, Jacob Tsur, puis il mandata son ministre des finances, Hedi Nouira, pour demander l&rsquo;assistance d&rsquo;Isra&euml;l dans la mise en place de coop&eacute;ratives agricoles &agrave; l&rsquo;image des kibboutzim ou des mochavim. Bourguiba &eacute;tait persuad&eacute; qu&rsquo;Isra&euml;l ne se comportait pas comme un pays colonial int&eacute;ress&eacute; uniquement &agrave; piller les ressources du colonis&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais le conflit palestinien pollua toutes les relations bilat&eacute;rales qui ne prirent aucun essor et qui s&rsquo;enfonc&egrave;rent dans la norme isra&eacute;lo-arabe. Elles se sont d&eacute;t&eacute;rior&eacute;es au lendemain de la Guerre des Six-jours pour s&rsquo;aligner sur la politique arabe moyen-orientale. Bourguiba n&rsquo;avait jamais voulu sauter le pas en faisant cavalier seul de crainte de m&eacute;contenter ses&nbsp;&laquo;fr&egrave;res arabes&raquo;.&nbsp;Et pourtant ses&nbsp;&laquo;fr&egrave;res&raquo;&nbsp;n&rsquo;h&eacute;sit&egrave;rent pas &agrave; le combattre. L&rsquo;&eacute;gyptien Nasser, en particulier, avait des vues sur la Tunisie pour placer des hommes qui lui &eacute;taient d&eacute;vou&eacute;s. Bourguiba n&rsquo;avait cependant jamais oubli&eacute; qu&rsquo;il devait une fi&egrave;re chandelle au Mossad qui l&rsquo;avait inform&eacute;, sans exiger de contrepartie, d&rsquo;un complot de militaires qui se tramait contre lui.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Des officiers et des g&eacute;n&eacute;raux, manipul&eacute;s par les Moukhabarates &eacute;gyptiens, voulurent imiter l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e des officiers libres &eacute;gyptiens. Soutenus par Nasser, ils avaient complot&eacute; contre le pr&eacute;sident Bourguiba. Le complot avait &eacute;t&eacute; &eacute;vent&eacute; par des agents du Mossad bas&eacute;s &agrave; Paris. En d&eacute;cembre 1962, le pr&eacute;sident tunisien d&eacute;capita son arm&eacute;e en fusillant ceux parmi les hauts officiers qui avaient os&eacute; songer &agrave; le remplacer. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs depuis ce temps que l&rsquo;arm&eacute;e tunisienne a &eacute;t&eacute; mise &agrave; l&rsquo;&eacute;cart du pouvoir sans espoir de modernisation. Elle en paie d&rsquo;ailleurs le prix aujourd&rsquo;hui contre les djihadistes.<\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-FmJNDOZ-hw8\/VrRIvYoRWHI\/AAAAAAAA8Jk\/dAMoaUfX7Ws\/s1600\/arafat%2Btunisie.jpg\" imageanchor=\"1\"><img decoding=\"async\" border=\"0\" src=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-FmJNDOZ-hw8\/VrRIvYoRWHI\/AAAAAAAA8Jk\/dAMoaUfX7Ws\/s640\/arafat%2Btunisie.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tYasser arafat en Tunisie au c&ocirc;t&eacute;s de Bourguiba vieillissant<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Isra&euml;l a peut-&ecirc;tre ses torts de n&rsquo;avoir pas exploit&eacute; &agrave; fond les possibilit&eacute;s d&rsquo;un pays &agrave; l&rsquo;&eacute;poque le plus mod&eacute;r&eacute; du monde arabe. Avec un Bourguiba vieillissant, d&eacute;pass&eacute; par son entourage, la Tunisie, par d&eacute;pit, prit fait et cause pour le peuple palestinien au point de devenir le lieu d&rsquo;exil de Yasser Arafat lors de son expulsion du Liban. Les Palestiniens en Tunisie pollu&egrave;rent l&rsquo;atmosph&egrave;re pour la Tunisie plus palestinienne que les Palestiniens.&nbsp;<br \/>\n\t\t&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; La situation avec Isra&euml;l empira &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;op&eacute;ration&nbsp;jambe de bois&nbsp;men&eacute;e par Isra&euml;l le 1er&nbsp;octobre 1985 pour d&eacute;truire le si&egrave;ge de l&rsquo;OLP &agrave; Hammam Chott, &agrave; vingt kilom&egrave;tres de Tunis faisant entre 100 &agrave; 271 morts selon les sources. Cela ne d&eacute;couragea pas Bourguiba dans la voie de la paix. Il fut de ceux qui ont jou&eacute; un r&ocirc;le primordial dans les pourparlers secrets entre l&rsquo;OLP et Isra&euml;l qui ont abouti aux accords d&rsquo;Oslo de septembre 1993. &nbsp;Ces accords d&eacute;bloqu&egrave;rent la situation puisque, Yossi Beilin, alors vice-ministre isra&eacute;lien des Affaires &eacute;trang&egrave;res, visita la Tunisie. Des liens t&eacute;l&eacute;phoniques directs furent &eacute;tablis. Apr&egrave;s la fermeture des bureaux de l&rsquo;OLP en Tunisie en juin 1994, les premiers touristes isra&eacute;liens commenc&egrave;rent &agrave; entrer en Tunisie librement.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des canaux de communication furent ouverts avec Isra&euml;l &agrave; travers les ambassades de Belgique &agrave; Tel Aviv et &agrave; Tunis. Le ministre tunisien des Affaires &eacute;trang&egrave;res, Habib Ben Yahia, et le ministre isra&eacute;lien des Affaires &eacute;trang&egrave;res, Ehud Barak, se rencontr&egrave;rent &agrave; Barcelone en 1995 pour &eacute;largir les relations officielles entre les deux pays. Le 15 avril 1996, Isra&euml;l ouvrit un bureau d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t en Tunisie et, six semaines plus tard, en mai 1996, le diplomate tunisien Khemaies Jhinaoui arriva en Isra&euml;l pour ouvrir le bureau d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de son pays &agrave; Tel Aviv.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est ce qui nous am&egrave;ne au pr&eacute;sent car l&rsquo;ancien&nbsp;&laquo;ambassadeur&raquo;&nbsp;tunisien vient d&rsquo;&ecirc;tre nomm&eacute; ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res de Tunisie. Il semble que sa biographie officielle laisse dans l&rsquo;ombre son passage &agrave; Tel-Aviv car de nombreux int&eacute;gristes tunisiens le critiquent d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; en poste &agrave; Tel Aviv sous la pr&eacute;sidence de Ben Ali. Le 11 janvier 2016, &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale et au cours de la pl&eacute;ni&egrave;re consacr&eacute;e au vote de confiance pour le gouvernement Habib Essid, un d&eacute;put&eacute; d&rsquo;un micro-parti s&rsquo;en est violemment pris &agrave; Kh&eacute;ma&iuml;es Jhinaoui dont il conteste la d&eacute;signation &agrave; la t&ecirc;te du minist&egrave;re des Affaires &eacute;trang&egrave;res. Il l&rsquo;accuse d&rsquo;avoir accept&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre le chef du bureau des int&eacute;r&ecirc;ts tunisiens dans la capitale isra&eacute;lienne. Il osa m&ecirc;me une comparaison audacieuse :&nbsp;&laquo;S&rsquo;il y avait au sein de l&rsquo;&Eacute;tat isra&eacute;lien et sioniste un ancien nazi ou collaborateur de Vichy, est-ce qu&rsquo;on lui permettrait d&rsquo;en &ecirc;tre membre ?&raquo;.&nbsp;Le d&eacute;put&eacute; a conjur&eacute; le chef du gouvernement&nbsp;&laquo;au nom du nationalisme, de l&rsquo;arabisme et de l&rsquo;islam, de ne pas accepter un ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res qui a travaill&eacute; avec cette entit&eacute; sioniste&hellip;Il y a dans la fonction que vous venez de lui attribuer une humiliation de la Tunisie et une agression contre les Tunisiens&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce d&eacute;put&eacute; et ses amis ignorent que l&rsquo;ouverture d&rsquo;un Bureau d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; Tel Aviv, en 1996, &eacute;tait la cons&eacute;quence logique des accords d&rsquo;Oslo conclus entre les Palestiniens et le Isra&eacute;liens. Cette d&eacute;cision du gouvernement tunisien avait &eacute;t&eacute; prise avec l&rsquo;aval de Yasser Arafat, et &eacute;tait parfaitement compatible avec la vision bourguibienne de la diplomatie tunisienne.&nbsp; Il serait temps que les Tunisiens &eacute;vitent d&#39;&ecirc;tre plus royalistes que le roi&nbsp;et cessent de se substituent aux Palestiniens pour d&eacute;fendre leur cause. Ils devraient prendre exemple sur l&rsquo;&Eacute;gypte, la Jordanie, la Turquie et plus r&eacute;cemment le Qatar qui, malgr&eacute; les &eacute;v&eacute;nements, ont ouvert et gard&eacute; des relations avec Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Kh&eacute;ma&iuml;es Jhinaoui est un professionnel de la diplomatie qui a &eacute;t&eacute; en poste dans de grands pays &agrave; part Isra&euml;l. Un vrai serviteur de l&#39;Etat qui a appliqu&eacute; la politique de son gouvernement et qui ne fait pas de lui un&quot;sioniste&quot;&nbsp;m&ecirc;me s&#39;il a c&ocirc;toy&eacute; des Isra&eacute;liens en p&eacute;riode de paix. Il faut souhaiter qu&rsquo;il ait gard&eacute; un bon souvenir de son s&eacute;jour &agrave; Tel-Aviv o&ugrave; il a visionn&eacute; de pr&egrave;s la r&eacute;alit&eacute; isra&eacute;lienne. Pendant son s&eacute;jour, il s&#39;&eacute;tait attach&eacute; &agrave; renouer des liens avec les Juifs tunisiens qui sont rest&eacute;s attach&eacute;s &agrave; leur pays natal et qui n&#39;ont pas le droit de fouler le sol de leurs anc&ecirc;tres parce qu&rsquo;ils d&eacute;tiennent un passeport bleu. Jhinaoui peut marquer l&rsquo;histoire en &eacute;tant la passerelle entre deux pays qui devraient parler en termes de paix et non d&rsquo;invectives. Mais il est probable que des esprits revanchards ne lui pardonneront pas d&rsquo;avoir eu des accointances avec des sionistes qui, selon eux, l&#39;ont contamin&eacute;. &nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un &quot;sioniste&quot; &agrave; la t&ecirc;te du minist&egrave;re tunisien des affaires &eacute;trang&egrave;res &nbsp; Par Jacques BENILLOUCHE &nbsp; &nbsp; &nbsp; copyright &copy; Temps et Contretemps &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; On ne peut pas dire que la Tunisie fasse beaucoup d&rsquo;efforts pour apaiser ses relations avec Isra&euml;l. 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