{"id":1207,"date":"2011-03-13T15:58:09","date_gmt":"2011-03-13T15:58:09","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=1207"},"modified":"2011-03-13T15:58:09","modified_gmt":"2011-03-13T15:58:09","slug":"la-presse-de-tunisie-fete-aujourdhui-ses-75-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-presse-de-tunisie-fete-aujourdhui-ses-75-ans\/","title":{"rendered":"La Presse de Tunisie f\u00eate aujourd\u2019hui ses 75 ans"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"liens-header\">\n<dl>\n<dd>\n\t\t\t<span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: Georgia, 'Times New Roman', Times, serif; font-size: 20px; font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 0); \">La Presse f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans<\/span><\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n<div id=\"contenu\">\n<div id=\"colonne-1\">\n<div class=\"titre-article\">\n<h1>\n\t\t\t\tUne tradition et un respect pour le lecteur<\/h1>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"art\">\n<p>\n\t\t\t\tQue dire de l&rsquo;anniversaire d&rsquo;un journal ? Surtout un quotidien comme La Presse de Tunisie qui, pendant 75 ans, a accompagn&eacute; l&rsquo;histoire de la Tunisie r&eacute;cente. Et a occup&eacute; une place privil&eacute;gi&eacute;e dans la presse tunisienne. Certes, &ecirc;tre un t&eacute;moin et un acteur de 44 ans de la vie de ce journal est un avantage et un privil&egrave;ge; mais aussi un honneur et une responsabilit&eacute;. Et il y a tellement de choses &agrave; dire et &agrave; relater. Cela implique des &eacute;v&eacute;nements, des personnalit&eacute;s, des responsables politiques, &eacute;conomiques, sociaux, culturels, sportifs, nationaux, r&eacute;gionaux, tous ceux qui, hommes et femmes, ont v&eacute;cu et contribu&eacute; &agrave; cette histoire. Et ceux qui, &agrave; des degr&eacute;s divers, ont fait La Presse. Mais on peut donner un aper&ccedil;u, aussi honn&ecirc;te que possible mais succinct et subjectif de ces quelques 44 ann&eacute;es.<br \/>\n\t\t\t\tLa premi&egrave;re difficult&eacute; pour un t&eacute;moin est de s&rsquo;impliquer, de parler de lui-m&ecirc;me, de ses subjectivit&eacute;s. Or, &agrave; La Presse, on nous a inculqu&eacute; certains principes professionnels immuables. Le premier d&rsquo;entre eux est, justement, d&rsquo;&eacute;viter de s&rsquo;impliquer, directement, d&rsquo;utiliser le &laquo; je &raquo;. Un journaliste ne s&rsquo;implique pas : il n&rsquo;est pas acteur, il est juste observateur, et il doit respecter l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, le fait, et en rendre compte le plus honn&ecirc;tement possible. Tout le monde parle d&rsquo;objectivit&eacute;. Les journalistes professionnels, eux, savent que l&rsquo;objectivit&eacute; n&rsquo;existe pas. Un m&ecirc;me &eacute;v&eacute;nement n&rsquo;est pas vu de la m&ecirc;me mani&egrave;re par tous les t&eacute;moins. Mais les journalistes professionnels sont tenus &agrave; une certaine honn&ecirc;tet&eacute;, celle qui leur commande, m&ecirc;me en d&eacute;pit de leur propre avis, de leur propre tendance, de rendre compte de tous les points de vue, de toutes les sensibilit&eacute;s, de tous les avis. Il n&rsquo;existe pas de journalisme objectif (c&rsquo;est impossible), il n&rsquo;y a que le journalisme honn&ecirc;te. Cela veut dire que l&rsquo;on doit garder une certaine distance par rapport &agrave; l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, aux faits ou aux d&eacute;clarations, fussent-elles officielles. Cela &eacute;vite d&rsquo;&ecirc;tre manipul&eacute;, d&rsquo;&ecirc;tre porte parole des uns ou des autres, de tomber dans la d&eacute;sinformation, d&rsquo;&ecirc;tre complice de la diffamation. Il faut toujours v&eacute;rifier l&rsquo;information, la recouper, en chercher la v&eacute;racit&eacute; : &laquo;Le fait est sacr&eacute; mais le commentaire est libre&raquo;.<br \/>\n\t\t\t\tA La Presse, il y a une tradition. Celle qui a &eacute;t&eacute; instaur&eacute;e d&egrave;s la cr&eacute;ation de ce journal. Pourquoi Henri Smadja, ce Tunisien de naissance et de c&oelig;ur, Fran&ccedil;ais de par le protectorat fran&ccedil;ais, de confession juive, docteur en m&eacute;decine et docteur en droit, a-t-il cru bon de cr&eacute;er un journal en Tunisie ? Lui qui, plus tard, devait diriger le journal fran&ccedil;ais Combat auquel collaboraient des prix Nobel comme Jean-Paul Sartre et Albert Camus. Son objectif &eacute;tait de contrecarrer le journal La D&eacute;p&ecirc;che Tunisienne, organe des colons fran&ccedil;ais et de donner la parole aux Tunisiens juifs, musulmans, italiens et autres. Il y avait aussi, Le Petit Matin, un quotidien en langue fran&ccedil;aise paru sous le protectorat fran&ccedil;ais puis durant une dizaine d&#39;ann&eacute;es apr&egrave;s l&#39;ind&eacute;pendance. Dirig&eacute; par Simon Zana, il &eacute;tait consid&eacute;r&eacute; comme l&#39;organe de la communaut&eacute; juive du pays en raison de &quot;la personnalit&eacute; de son propri&eacute;taire, l&#39;orientation de ses chroniques et la place qu&#39;il faisait aux informations juives&quot;. Dans l&#39;entre-deux-guerres, des probl&egrave;mes financiers le conduisent &agrave; un rapprochement avec La D&eacute;p&ecirc;che Tunisienne, alors dominante. Sous le r&eacute;gime de Vichy, il devient le &laquo;seul organe juif autoris&eacute;&raquo; en &eacute;tant contraint de porter d&egrave;s le 15 d&eacute;cembre 1940 la mention de &laquo;Journal isra&eacute;lite de Tunisie&raquo;. Il consacre alors une place au juda&iuml;sme et &agrave; l&#39;histoire du peuple juif, en s&#39;abstenant toutefois de prendre la d&eacute;fense des Juifs de Tunisie.<br \/>\n\t\t\t\tApr&egrave;s l&#39;ind&eacute;pendance, face &agrave; la concurrence grandissante de L&#39;Action Tunisienne et de La Presse de Tunisie, le journal cesse de para&icirc;tre &agrave; l&#39;&eacute;t&eacute; 1967.<br \/>\n\t\t\t\tD&egrave;s avant l&rsquo;ind&eacute;pendance, La Presse jouissait d&rsquo;une certaine cr&eacute;dibilit&eacute; que ses journalistes ont toujours essay&eacute; de perp&eacute;tuer. Un journal de famille que l&rsquo;on pouvait ramener chez soi et qui pouvait &ecirc;tre lu par tous les membres de la famille, jeunes, moins jeunes, femmes ou adultes. Ce qui voulait dire que l&rsquo;on &eacute;vitait le sensationnalisme. Il y avait bien une rubrique de faits divers, que l&rsquo;on appelait, entre nous, la rubrique &laquo;des chiens &eacute;cras&eacute;s&raquo; et qui &eacute;tait publi&eacute;e sous le titre &laquo;Le drame est quotidien&raquo;. On y relatait, sous forme de courts &eacute;chos, les accidents, les larcins&hellip; Puis vint feu Ma&icirc;tre Ammar Dakhlaoui, en cong&eacute; &agrave; ce moment l&agrave; (1967-68), qui tint une chronique &laquo;De chaque c&ocirc;t&eacute; du pr&eacute;toire&raquo;, dans laquelle il relatait des affaires en justice. Le succ&egrave;s de la chronique tenait au style et &agrave; la langue utilis&eacute;s (du vieux fran&ccedil;ais &agrave; la mani&egrave;re de Michel Durant du Canard Encha&icirc;n&eacute; dans sa rubrique &laquo;La Cour &raquo;). Mais cela ne dura pas longtemps et s&rsquo;arr&ecirc;ta le jour o&ugrave; Ma&icirc;tre Ammar reprit sa place au barreau. Pour le reste, on se devait de donner des informations v&eacute;rifi&eacute;es.<br \/>\n\t\t\t\tA la suite d&rsquo;un proc&egrave;s, Smadja perdit le journal qui passa sous la tutelle de l&rsquo;Etat tunisien. Durant plus de 5 ann&eacute;es, le quotidien fut &laquo; sous s&eacute;questre &raquo;. Le directeur de la r&eacute;daction &eacute;tait le directeur de l&rsquo;information au Secr&eacute;tariat d&rsquo;Etat &agrave; la Culture et &agrave; l&rsquo;Information. La gestion du journal &eacute;tait confi&eacute;e au P.D.G. de l&rsquo;Imprimerie officielle. Une ann&eacute;e plus tard, on nomma un directeur, M. Amor Belkhairia, un ancien diplomate, licenci&eacute; d&rsquo;arabe, qui occupait le poste de directeur de l&rsquo;information &agrave; la R.T.T. (Radio T&eacute;l&eacute;vision Tunisienne). Celui-ci essaya de garder cette tradition de journalisme tout en enrichissant la r&eacute;daction en personnel arabe tunisien, les journalistes fran&ccedil;ais, italiens, de confession juive, quittant le journal pour la France. A l&rsquo;&eacute;poque, il n&rsquo;y avait comme permanant qu&rsquo;un seul journaliste arabe (moi-m&ecirc;me) et un autre pigiste, feu Mahmoud Aslan. S&rsquo;y ajout&egrave;rent Mahmoud Fadhel qui faisait des &eacute;tudes en langue fran&ccedil;aise, Brahim Labassi, form&eacute; au journalisme en Belgique ; puis vinrent feu H&eacute;di Grioui, Noureddine Tabka (comme r&eacute;dacteur en chef), Slah Maaoui, feu Mohamed Mahfoud, Mary Badri et des pigistes dont Khaled Ben Sassi, H&eacute;di Mhenni, qui poursuivait des &eacute;tudes en m&eacute;decine, Issa Baccouche, Khaled Guezmir&hellip;et bien d&rsquo;autres. La r&eacute;daction sportive &eacute;tait la plus riche avec Zine Bach Hamba, Kamel Ghattas, Mondher Ben Dana, Hassen El Mekki&hellip;En 1973 fut cr&eacute;&eacute;e la Snipe (Soci&eacute;t&eacute; Nouvelle d&#39;Impression de Presse et d&#39;Edition, une S.A. sp&eacute;cialis&eacute;e dans l&rsquo;&eacute;dition des journaux et revues de presse notamment &laquo;La Presse&raquo;, &laquo;Essahfa&raquo; en langue arabe et l&rsquo;impression sur rotative et off-set pour son compte et celui d&rsquo;autrui des journaux et des travaux de ville, faire-part, cartes de v&oelig;ux, cartes de visite, papier en-t&ecirc;tes, factures, d&eacute;pliants etc&hellip;). Petit &agrave; petit la r&eacute;daction s&rsquo;enrichit de plusieurs autres Arabes tunisiens : Cherif Arfaoui, Manoubi Marouki, feu Moussa Farhat, Alya Bouhdiba et plus tard, Moncef Ben Amor, Mahmoud Ketatni, Samira Dami, Faouzia Mezzi, Fadhila Bargaoui, Mahmoud Hosni, Hassen Mzoughi, Sami Akrimi&#8230; Tout ce beau monde et ceux qui allaient suivre jusqu&rsquo;en 1975, &eacute;taient encadr&eacute;s par notre ami Flavio Ventura, un Tunisien d&rsquo;origine italienne, qui, profond&eacute;ment attach&eacute; &agrave; son pays, la Tunisie, inculquait &agrave; tous les arrivants, cette tradition de La Presse. Ceux ci respect&egrave;rent cette tradition et la transmirent aux autres nouveaux arrivants, Hmida Ben Romdhane (notre nouveau directeur), Sofiane Ben Farhat, Mhamed Jaibi, Mongi Gharbi (l&#39;actuel r&eacute;dacteur en chef)&hellip;L&rsquo;un des principes essentiels a &eacute;t&eacute; de respecter le lecteur. Un directeur qui censurait un de mes articles, me donna comme explication &laquo; votre article ne m&rsquo;a pas plu &raquo;. La r&eacute;ponse a &eacute;t&eacute; : &laquo; Monsieur, &agrave; La Presse on n&rsquo;&eacute;crit pas pour faire plaisir au directeur ou &agrave; tout autre responsable; on &eacute;crit pour le lecteur et c&rsquo;est &agrave; lui de juger de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;article&raquo;.<br \/>\n\t\t\t\tBien entendu, d&egrave;s sa &laquo;tunisification&raquo;, La Presse allait perdre, petit &agrave; petit, son &laquo;ind&eacute;pendance&raquo;, et devenir l&rsquo;organe, non de l&rsquo;Etat tunisien (ce qui aurait permis de donner des avis contradictoires) mais de son gouvernement. Le premier mot d&rsquo;ordre &eacute;tait de soutenir la politique du &laquo;coop&eacute;ratisme&raquo; ch&egrave;re &agrave; Ahmed Ben Salah, l&rsquo;homme tout-puissant de l&rsquo;&eacute;poque. La pression et la censure devenaient quotidiennes. Dans un r&eacute;flexe d&rsquo;autod&eacute;fense, les journalistes s&rsquo;abstenaient de faire des commentaires commandit&eacute;s. Ils se content&egrave;rent de transmettre l&rsquo;information provenant de la TAP, en b&acirc;tonnant des d&eacute;p&ecirc;ches et en les titrant. On s&rsquo;amusait d&rsquo;ailleurs &agrave; faire des titres qui, s&rsquo;ils avaient &eacute;t&eacute; publi&eacute;s, nous auraient valu le licenciement, voire la prison. On faisait des articles d&rsquo;informations &eacute;conomiques, sociales, juste celles qu&rsquo;on voulait bien nous transmettre. Il faut savoir que le principal probl&egrave;me des journalistes (tous et pas seulement ceux de La Presse) &eacute;tait, et est toujours, la r&eacute;tention de l&rsquo;information. On ne peut avoir que l&rsquo;information qu&rsquo;on veut bien nous donner. Et nous devons la transmettre , tout en sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;est que partielle et sans pouvoir v&eacute;rifier sa v&eacute;racit&eacute;. Exemple: au d&eacute;but des ann&eacute;es 70, on savait qu&rsquo;il y avait un d&eacute;but d&rsquo;&eacute;pid&eacute;mie de chol&eacute;ra. On en avait la preuve par les h&ocirc;pitaux. On a voulu en conna&icirc;tre la v&eacute;racit&eacute; et l&rsquo;ampleur. Impossible d&rsquo;avoir l&rsquo;information officielle ; motif : il ne fallait pas paniquer la population et il ne fallait pas faire fuir les touristes. Ce genre d&rsquo;arguments, on en a v&eacute;cu des dizaines de fois.<br \/>\n\t\t\t\tIl y avait toutefois trois domaines o&ugrave; l&rsquo;on pouvait exercer le m&eacute;tier avec quelque libert&eacute; : la politique &eacute;trang&egrave;re, la culture et le sport. Mais l&agrave; aussi, il y avait des limites. On pouvait se d&eacute;fouler en condamnant l&rsquo;apartheid en Afrique du Sud ; on pouvait insulter les Isra&eacute;liens pour leurs agressions en Palestine. On pouvait fustiger la politique des USA au Vietnam, en Palestine et ailleurs ; mais sans trop exag&eacute;rer. Mais il fallait faire attention avec les pays arabes, maghr&eacute;bins. On pouvait critiquer la politique culturelle en Tunisie, mais cela tenait surtout &agrave; l&rsquo;esprit lib&eacute;ral du ministre de l&rsquo;&eacute;poque, Chedli Klibi, qui acceptait la critique. Mais l&agrave; aussi, et avec d&rsquo;autres ministres il fallait faire attention et savoir ne pas aller trop loin. Sinon&hellip;Dans le sport aussi, on pouvait &eacute;crire beaucoup de choses mais &agrave; un moment donn&eacute;, il fallait faire attention et ne pas dire que l&rsquo;Etoile a mal jou&eacute; ou que l&rsquo;Esp&eacute;rance de Tunis ne m&eacute;ritait pas de gagner (sous la pr&eacute;sidence de Slim Chiboub). Plusieurs journalistes ont &eacute;t&eacute; sanctionn&eacute;s. A La Presse, on souffrait comme les journalistes d&rsquo;autres journaux. Il faut rappeler que depuis l&rsquo;ind&eacute;pendance, la presse tunisienne a connu 4 &laquo;printemps&raquo;. Le premier au lendemain de l&rsquo;Ind&eacute;pendance o&ugrave; la disparition du colonialisme a lib&eacute;r&eacute; la parole. Mais cela s&rsquo;arr&ecirc;ta avec le congr&egrave;s du Parti unique de Bizerte en 1964. La censure s&rsquo;installa jusqu&rsquo;&agrave; la chute de Ben Salah en 1969. Le second printemps avec H&eacute;di Nouira qui permit une certaine lib&eacute;ralisation et l&rsquo;&eacute;mergence de nouveaux titres s&rsquo;acheva avec la crise avec l&rsquo;Ugtt. Une autre p&eacute;riode vint avec les premi&egrave;res ann&eacute;es de Mzali (au d&eacute;but des ann&eacute;es 80) et s&rsquo;acheva tr&egrave;s rapidement. Vint ensuite l&rsquo;euphorie du 7 novembre 1987 qui trompa tout le peuple tunisien. Ce 4e printemps s&rsquo;acheva rapidement d&egrave;s 1990. Mais la plupart du temps les journalistes vivaient dans un &eacute;tat de schizophr&eacute;nie. Les plus sombres ann&eacute;es ont &eacute;t&eacute; celles v&eacute;cues sous Ben Ali et Abdelwahab Abdallah.<br \/>\n\t\t\t\tLes diff&eacute;rents directeurs de La Presse &eacute;taient tri&eacute;s sur le volet. A deux exceptions pr&egrave;s, Slah Ma&acirc;oui et Mohamed Mahfoud, on les choisissait &eacute;trangers au journalisme. Ils ob&eacute;issaient aux ordres sans discuter. Ils n&rsquo;&eacute;taient pas capables d&rsquo;&eacute;crire un commentaire, ni un &eacute;ditorial. Mais il leur fallait justifier leur nomination &agrave; un poste qu&rsquo;ils ne m&eacute;ritaient pas. Certains (comme Abdelwahab Abdallah) faisaient appel &agrave; des &laquo; n&egrave;gres &raquo;. D&rsquo;autres amenaient des mercenaires pr&ecirc;ts &agrave; tous les &eacute;crits, pr&ecirc;ts &agrave; encenser une id&eacute;e, un fait et son contraire. Mais malgr&eacute; cela, il y avait ce &laquo;noyau dur&raquo; &agrave; La Presse qui luttait pour pr&eacute;server une certaine tradition d&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute;. Plusieurs motions et autres p&eacute;titions ont attir&eacute; l&rsquo;attention sur la situation lamentable du journal et sur la censure &eacute;touffante. Cela explique mais ne disculpe pas. M&ecirc;me s&rsquo;il n&rsquo;y avait rien &agrave; faire, on subissait, comme tous les Tunisiens, une situation intenable.<br \/>\n\t\t\t\tM.\u2008Hmida Ben Romdhane a eu le courage de publier un &laquo;nostra culpa&raquo;, conform&eacute;ment &agrave; cette tradition de respect pour le lecteur. Et il a pris l&rsquo;engagement suivant, partag&eacute; par tout le personnel : &laquo;Les seuls rappels &agrave; l&#39;ordre que nous tol&egrave;rerons d&eacute;sormais sont ceux qui nous viendraient de nos lecteurs et c&#39;est &agrave; eux, et eux seuls, que nous chercherons &agrave; plaire&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPar Abdelhamid Gmati<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; La Presse f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans Une tradition et un respect pour le lecteur Que dire de l&rsquo;anniversaire d&rsquo;un journal ? Surtout un quotidien comme La Presse de Tunisie qui, pendant 75 ans, a accompagn&eacute; l&rsquo;histoire de la Tunisie r&eacute;cente. Et a occup&eacute; une place privil&eacute;gi&eacute;e dans la presse tunisienne. 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