{"id":12253,"date":"2016-03-20T18:07:45","date_gmt":"2016-03-20T18:07:45","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=12253"},"modified":"2016-03-20T18:07:45","modified_gmt":"2016-03-20T18:07:45","slug":"hans-et-le-petit-chaperon-rouge-de-therese-zrihen-dvir-revue-de-jean-marc-desanti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/hans-et-le-petit-chaperon-rouge-de-therese-zrihen-dvir-revue-de-jean-marc-desanti\/","title":{"rendered":"Hans et le petit chaperon rouge de Th\u00e9r\u00e8se Zrihen-Dvir revue de Jean-Marc Desanti"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tHans et le petit chaperon rouge de Th&eacute;r&egrave;se Zrihen-Dvir revue de Jean-Marc Desanti<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAinsi, je viens de tourner, &agrave; regret, la derni&egrave;re page du dernier livre de Th&eacute;r&egrave;se Zrihen-Dvir&nbsp;:&nbsp;Hans et le petit chaperon rouge.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEt c&#39;est Aragon qui s&#39;impose en ces paroles immortalis&eacute;es par L&eacute;o Ferr&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&laquo;&nbsp;C&#39;&eacute;tait un temps d&eacute;raisonnable<br \/>\n\t\t\t\tOn avait mis les morts &agrave; table<br \/>\n\t\t\t\tOn faisait des ch&acirc;teaux de sable<br \/>\n\t\t\t\tOn prenait les loups pour des chiens<br \/>\n\t\t\t\tTout changeait de p&ocirc;le et d&#39;&eacute;paule<br \/>\n\t\t\t\tLa pi&egrave;ce &eacute;tait-elle ou non dr&ocirc;le<br \/>\n\t\t\t\tMoi si j&#39;y tenais mal mon r&ocirc;le<br \/>\n\t\t\t\tC&#39;&eacute;tait de n&#39;y comprendre rien<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEst-ce ainsi que les hommes vivent &hellip;&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOui, c&#39;est un livre de musiques, de mouvements, de couleurs, c&#39;est une &eacute;pop&eacute;e cin&eacute;matographique o&ugrave; l&#39;on r&ecirc;ve de David Lean comme r&eacute;alisateur. Autant le dire d&#39;entr&eacute;e,&nbsp;Hans et le petit chaperon rouge&nbsp;est un ouvrage pour tous, limpide, facile &agrave; appr&eacute;hender, tr&egrave;s distrayant et instructif mais cependant d&#39;une extr&ecirc;me complexit&eacute;. Nous le savons, il existe des auteurs qui &eacute;crivent pour un c&eacute;nacle. Les mots y sont biscornus, les phrases distordues, les id&eacute;es confuses pour les profanes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tChez Th&eacute;r&egrave;se Zrihen-Dvir, rien de tout ce fatras, le dessein comme le dessin d&#39;Herg&eacute; est une &laquo;&nbsp;ligne claire&nbsp;&raquo;. Cependant les personnages, les situations, les actions sont porteurs de petits cailloux sem&eacute;s comme des pi&egrave;ces de puzzle qui, &agrave; la fin, donnent de la r&eacute;alit&eacute; une perception plus intense. Sans s&#39;en rendre compte, par notre lecture, nous participons &agrave; l&#39;&eacute;laboration d&#39;un gigantesque plan g&eacute;n&eacute;ral. Les choses sont troubles, la vie est une &eacute;nigme mais nous pourrons au moins nous rep&eacute;rer dans le labyrinthe.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tNotre initiation commence &agrave; Ha&iuml;fa dans le monast&egrave;re qui jouxte Stella Maris. Un lieu chr&eacute;tien dans la patrie juive, on y fait des rencontres et l&#39;esprit s&#39;abandonne &agrave; la sacralit&eacute; du site. Un juif parle, une juive l&#39;&eacute;coute et, en d&eacute;tective du pass&eacute;, traduira par la magie de l&#39;&eacute;crit son histoire si intens&eacute;ment personnelle et pourtant universelle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tNous sommes en Bucovine dans le &laquo;&nbsp;tara de Sus&nbsp;&raquo; le Haut pays.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLes Carpates, inqui&eacute;tantes de tant de l&eacute;gendes, veillent sur les terres o&ugrave; les nazis font la loi, aid&eacute;s par les derniers membres de la &laquo;&nbsp;Garde de fer&nbsp;&raquo; int&eacute;gr&eacute;s par Himmler dans les Waffen SS. Et pourtant ce sera Heinrich, un officier allemand qui facilitera la fuite de la m&egrave;re et de l&#39;enfant. Un nazi sauvant les juifs Galina et Hans,&nbsp;&laquo;&nbsp;elle ressemble tant &agrave; ma jeune s&oelig;ur&nbsp;&raquo; pensera-t-il. Il y a du&nbsp;Ponce Pilate&nbsp;dans ce jeune chef qui, sans le vouloir vraiment &ndash; mais sait-on jamais&nbsp;? &#8211; vient d&#39;&eacute;crire une nouvelle page des &Eacute;vangiles en permettant &agrave; Hans c&#39;est &agrave; dire &agrave; Jean de perp&eacute;tuer la l&eacute;gende de l&#39;enfant J&eacute;sus.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHans &laquo;&nbsp;Jean&nbsp;&raquo;, Daniel &laquo;&nbsp;Dieu est mon juge&nbsp;&raquo; par sa marque h&eacute;bra&iuml;que, celui que les lions n&#39;ont pas d&eacute;vor&eacute;, est d&#39;une beaut&eacute; de ch&eacute;rubin, cet angelot que l&#39;on retrouve dans les religions juive et chr&eacute;tienne. Il est l&#39;incarnation de toute puret&eacute; et par l&#39;&eacute;clat de son apparence il emportera la victoire sur les hommes et les animaux en les &laquo;&nbsp;apprivoisant&nbsp;&raquo; selon le rituel du Renard dans le&nbsp;Petit Prince.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tTr&egrave;s vite, au moment o&ugrave; nous le voyons, parmi les loups, dans une mis&eacute;rable grotte, nous nous interrogeons comme lui sur la r&eacute;alit&eacute; des apparences. Qui sont les b&ecirc;tes et qui sont les humains&nbsp;? &Agrave; le voir &eacute;voluer parmi &laquo;&nbsp;les animaux&nbsp;&raquo;, nous nous &eacute;loignons rapidement du dogme anthropol&acirc;trique, r&eacute;sultat naturel d&#39;une conception m&eacute;galomane, du d&eacute;lire de &laquo;&nbsp;la grandeur humaine&nbsp;&raquo;, d&rsquo;o&ugrave; r&eacute;sulte la si pr&eacute;cieuse croyance &agrave; certains dons ou attributions dont l&rsquo;homme-roi poss&eacute;derait l&rsquo;exclusif apanage. Dans sa Qu&ecirc;te identitaire qui commence, Hans saura d&#39;instinct que l&rsquo;homme n&rsquo;est pas le seul animal &agrave; penser, mais qu&#39;il est le seul &agrave; penser qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un animal. Sans doute songeons-nous alors que, plus tard, le petit homme m&eacute;ditera en notre compagnie sur les paroles de Russell&nbsp;dans&nbsp;If Animals Could Talk&nbsp;&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y a aucune raison objective de consid&eacute;rer que les int&eacute;r&ecirc;ts des &ecirc;tres humains sont plus importants que ceux des animaux. Nous pouvons d&eacute;truire les animaux plus facilement qu&rsquo;ils ne peuvent nous d&eacute;truire&nbsp;: c&rsquo;est la seule base solide de notre pr&eacute;tention de sup&eacute;riorit&eacute;. Nous valorisons l&rsquo;art, la science et la litt&eacute;rature, parce que ce sont des choses dans lesquelles nous excellons. Mais les baleines pourraient valoriser le fait de souffler et les &acirc;nes pourraient consid&eacute;rer qu&rsquo;un bon braiment est plus exquis que la musique de Bach. Nous ne pouvons le prouver, sauf par l&rsquo;exercice de notre pouvoir arbitraire. Tous les syst&egrave;mes &eacute;thiques, en derni&egrave;re analyse, d&eacute;pendent des armes de guerre.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDe l&#39;univers v&eacute;g&eacute;tal et min&eacute;ral, o&ugrave; les vraies b&ecirc;tes carnassi&egrave;res sont des hommes casqu&eacute;s, allemands ce jour, mais anglais bien plus tard, il faut bien sortir. Hans, par le miracle de la nature, sera conduit aux portes d&#39;un couvent o&ugrave; S&oelig;ur Tania le sauvera&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ses cheveux blonds, ses yeux bleus immenses, un ange tomb&eacute; du ciel peut-&ecirc;tre &hellip;&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tS&oelig;ur Tania, personnage embl&eacute;matique de la bont&eacute; en action, grande, fi&egrave;re, taille mince comme un roseau et l&#39;on se plait &agrave; croire que le hasard n&#39;existant d&eacute;finitivement pas, cet &ecirc;tre merveilleux m&eacute;ritait bien que l&#39;on donn&acirc;t son nom &agrave; une station, en Savoie, situ&eacute;e &agrave; 1 400 m&egrave;tres d&#39;altitude au c&oelig;ur d&#39;une for&ecirc;t d&rsquo;&eacute;pic&eacute;as. Et puis M&egrave;re Agn&egrave;s, &agrave; l&#39;identit&eacute; juive et chr&eacute;tienne voyant en Hans&nbsp;&laquo;&nbsp;un vrai petit ch&eacute;rubin&nbsp;&raquo; avec sa sempiternelle statuette de Marie &agrave; l&#39;enfant J&eacute;sus, se couchant dans un lit o&ugrave; &laquo;&nbsp;&eacute;tait pendue une grosse croix en bois noir&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEt tant d&#39;autres personnages encore, tant d&#39;autres personnes, allais-je &eacute;crire, d&#39;&ecirc;tres faits de sang et de chair, tous g&eacute;n&eacute;reux et d&eacute;chir&eacute;s, po&eacute;tiques et s&eacute;duisants, lucides et d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;s. Pavel le myst&eacute;rieux, le fermier Gabriel &laquo;&nbsp;Dieu est ma force&nbsp;&raquo;, &agrave; qui le sacrifice rendra son identit&eacute; premi&egrave;re, la belle Lilach et son fils le souverain et sublime Shalom &agrave; la destin&eacute;e christique par son dernier bapt&ecirc;me dans le lac de Tib&eacute;riade.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHans-Daniel nous transporte avec lui comme sa petite valise de nourriture terrestre et spirituelle o&ugrave; se m&ecirc;lent papiers, photos, documents, souvenirs et viande s&eacute;ch&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCe gar&ccedil;on &laquo;&nbsp;beau comme une petite fille&nbsp;&raquo; bien plus que mille et une th&eacute;ories politiques, nous apprend &agrave; accepter nos illusions qui nous tiennent lieu de mythes et &agrave; voir en l&#39;autre ce qu&#39;il est, seulement par la preuve de ses actes et de sa g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAlors &agrave; la fin du r&eacute;cit, cette longue, mais trop courte, m&eacute;ditation romanesque ne nous apprend pas qui est v&eacute;ritablement Hans-Daniel. Nous voudrions, selon notre histoire, nos fanatismes, notre paresse ou nos faiblesses le r&eacute;duire &agrave; Hans ou &agrave; Daniel.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tTout ceci est finalement assez &laquo;&nbsp;relatif&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIl y a beaucoup de juifs qui pr&ecirc;tent &agrave; la discussion voire &agrave; la pol&eacute;mique&nbsp;: Marx, Freud, Chagall, Kafka, &nbsp;Pasternak, Pinter, Zuckerberg &hellip; Et tant d&#39;autres. Mais Hans-Daniel et J&eacute;sus&nbsp;? Nous serions peut-&ecirc;tre tent&eacute;s de dire&nbsp;: &laquo;&nbsp;Eux&nbsp;? Plus que tous les autres non&nbsp;?&nbsp;&raquo; .<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHans-Daniel nous r&eacute;pondrait&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous ? Un cercle inachev&eacute; &#8230; qui demande mon intervention.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCe &agrave; quoi, comme un &eacute;cho, arrivent jusqu&#39;&agrave; nous les mots d&rsquo;Albert Einstein, le ma&icirc;tre de toute &laquo;&nbsp;relativit&eacute;&nbsp;&raquo;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je suis Juif, mais l&#39;image rayonnante du Nazar&eacute;en a une influence puissante sur moi. Est-ce que j&#39;accepte l&#39;existence historique du Christ&nbsp;? Sans doute. Personne ne peut lire les &eacute;vangiles sans &eacute;prouver la pr&eacute;sence r&eacute;elle de J&eacute;sus. Sa personnalit&eacute; ressort de chaque mot.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHans-Daniel, poursuis donc, avec vaillance, ton chemin vers la forme parfaite et p&eacute;rilleuse du cercle et de ses d&eacute;clinaisons disque, sph&egrave;re et plan&egrave;te. Il est des hommes dont la destin&eacute;e est de r&eacute;veiller, d&#39;&eacute;clairer les chemins de ronces qui nous servent de pens&eacute;e magique.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tParions que dans la poursuite de cette ambition nietzsch&eacute;enne quelques loups aux noms germaniques seront tes compagnons fid&egrave;les.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;Jean-Marc DESANTI<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hans et le petit chaperon rouge de Th&eacute;r&egrave;se Zrihen-Dvir revue de Jean-Marc Desanti &nbsp; &nbsp; &nbsp; Ainsi, je viens de tourner, &agrave; regret, la derni&egrave;re page du dernier livre de Th&eacute;r&egrave;se Zrihen-Dvir&nbsp;:&nbsp;Hans et le petit chaperon rouge. Et c&#39;est Aragon qui s&#39;impose en ces paroles immortalis&eacute;es par L&eacute;o Ferr&eacute;. &laquo;&nbsp;C&#39;&eacute;tait un temps d&eacute;raisonnable On avait&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20400,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[23,1],"tags":[],"class_list":["post-12253","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12253","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12253"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12253\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20400"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12253"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12253"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12253"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}